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BP survivra à la pire marée noire de l'histoire des États-Unis

Un crabe englué de pétrole sur une plage à Grand Isle, en Louisiane. Selon une analyse de l’Associated Press, la pétrolière BP, qui est à l’origine de la marée noire du golfe du Mexique, serait tirée d’affaire. <br />
Photo : Agence France-Presse John Moore Un crabe englué de pétrole sur une plage à Grand Isle, en Louisiane. Selon une analyse de l’Associated Press, la pétrolière BP, qui est à l’origine de la marée noire du golfe du Mexique, serait tirée d’affaire.
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Alors que la gigantesque marée noire dans le golfe du Mexique devenait hors de contrôle, les pertes financières de la pétrolière BP semblaient assez imposantes pour faire couler la multinationale. Mais le géant de l'énergie fossile, responsable de la pire marée noire de l'histoire américaine, semble bel et bien tiré d'affaire en cette fin d'année.

Les coûts reliés au nettoyage et aux amendes, poursuites, frais judiciaires et requêtes en dommages devraient pourtant dépasser les 40 milliards $US projetés publiquement par BP, indique une analyse de l'Associated Press rendue publique hier. Mais ces coûts seront néanmoins bien en deçà des pires scénarios établis au cours de l'été par des experts et des institutions bancaires de Wall Street, telles que Goldman Sachs qui évaluait ceux-ci à près de 200 milliards $US.

Qui plus est, BP survivra à la pire marée noire de l'histoire des États-Unis pour plusieurs raisons: sa dette est mince; ses activités mondiales doivent générer 26 milliards $US en 2011; l'impact environnemental du déversement de pétrole ne serait pas aussi important que ce qu'on craignait et le gouvernement américain semble peu enclin à interdire à BP tout forage dans le golfe.

Pour soutenir ses finances, l'entreprise a aussi interrompu — pour le moment — le versement de son dividende, émis des titres de dette et vendu pour plus de

22 milliards de dollars d'actifs considérés comme non stratégiques, sur les 30 milliards prévus d'ici la fin de l'année prochaine.

BP peut même se targuer d'avoir opéré un spectaculaire retour aux profits, en dégageant au troisième trimestre 2010 un bénéfice net de 1,785 milliard de dollars. Et la remontée récente des cours du pétrole est de bon augure pour l'avenir à court terme. Surtout que le prix du baril d'or noir devrait continuer de croître, à la faveur de la reprise économique.

BP s'en sortira

Tyler Priest, historien du pétrole de l'Université de Houston, qui siège au comité d'enquête sur la marée noire du président Obama, a donc soutenu à l'Associated Press que la situation aurait pu être bien pire et que BP allait finalement s'en sortir indemne. Plusieurs investisseurs influents semblent du même avis. Selon Thomson Reuters, 23 firmes ayant investi un milliard de dollars ou plus sur les marchés ont plus que doublé leur nombre d'actions de BP de juillet à septembre.

À 44,11 $, le cours de l'action de BP s'est apprécié de 63 % par rapport au creux de 27,02 $ atteint le 25 juin. Il est cependant encore en recul de 27 % par rapport à son taux de clôture de 60,48 $ le 20 avril, le jour du début du déversement de pétrole.

Reste maintenant à voir quels pourraient être les impacts de la plainte déposée il y a deux semaines par le gouvernement américain contre le géant pétrolier. Le gouvernement Obama a en effet déposé à la mi-décembre, et ce pour la première fois, une plainte afin que la responsabilité civile du groupe soit établie et que celui-ci lui rembourse des milliards de dollars, en plus des 20 milliards déjà provisionnés dans un fonds spécial d'indemnisation.

«BP reçoit un nouveau coup au moment où la compagnie pouvait espérer avoir passé un cap dans ses efforts pour se remettre des suites de la marée noire», résumait alors un analyste financier, en rappelant la crainte principale des investisseurs: que BP reporte à nouveau le versement des dividendes, dont une reprise est attendue début 2011 après avoir été bloquée cet été à la demande expresse des autorités américaines.

Mais la plupart des experts refusaient de dramatiser, à l'instar de la compagnie elle-même qui, dans une première réaction, a souligné que le dépôt de la plainte américaine «n'équivaut d'aucune manière à une conclusion de culpabilité». Fidèle à sa stratégie conciliante depuis l'arrivée à sa tête de l'Américain Bob Dudley, BP avait aussitôt souligné sa volonté de «coopérer pleinement» avec les autorités américaines lors d'une procédure qui pourrait durer des années.

Selon les estimations, la plainte déposée par Washington pourrait coûter environ cinq milliards de dollars à la multinationale, soit largement dans les moyens d'une compagnie dont la valeur s'est suffisamment redressée depuis cet été pour faire taire les rumeurs de rachat un temps évoquées.

L'explosion de la plateforme Deepwater Horizon a provoqué le pire déversement de pétrole brut de l'histoire des États-Unis. Le puits a laissé s'échapper pas moins de cinq millions de barils de pétrole dans le golfe du Mexique. Les conséquences à long terme de ce drame environnemental disparu des écrans radars des médias demeurent difficiles à déterminer.

Depuis le naufrage de l'Exxon Valdez en 1989 — la pire marée survenue sur le territoire américain avant celle du golfe du Mexique —, plus de 500 déversements importants se sont produits dans le monde.

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Avec l'AFP et AP
 
 
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