Du pétrole gaspésien à vendre
Pétrolia s'apprête à exploiter le premier puits au Québec
Photo : Source Pétrolia
Pétrolia compte investir entre huit et dix millions de dollars sur le site du projet Haldimand, en Gaspésie, d’ici la mise en production, l’automne prochain.
Une nouvelle source d'énergie fossile devrait bientôt être exploitée au Québec: le pétrole. Le Devoir a appris que l'entreprise Pétrolia, spécialisée dans la recherche du précieux liquide, compte déposer une demande pour la mise en production commerciale d'un premier puits situé près de Gaspé, et ce, d'ici quelques mois.
Le puits en question fait partie du projet Haldimand, situé à moins de cinq kilomètres de Gaspé. Les spécialistes des hydrocarbures savent depuis quelques années que le sous-sol gaspésien représente un potentiel intéressant pour la découverte d'or noir. Pétrolia y a déterminé la présence de «pétrole d'excellente qualité» en 2006. Elle avait alors pompé plus de 500 barils en 15 jours.
L'entreprise a mené, depuis ce temps, différents tests afin de préciser le potentiel. Elle extrait aujourd'hui une moyenne de 10 barils de pétrole par jour de ce puits, à titre de test de production. Le produit est ensuite transporté par camion jusqu'à la raffinerie d'Ultramar, près de Lévis. Fait à noter, aucune redevance n'a été versée jusqu'à maintenant à l'État québécois pour les quelque 2000 barils extraits, puisqu'il s'agit de la phase d'évaluation.
Reste maintenant à s'assurer avec précision des réserves contenues dans le sous-sol. Mais les ambitions sont d'ores et déjà grandes, puisque le président de l'entreprise, André Proulx, a indiqué que l'exploitation commerciale pourrait débuter d'ici quelques mois. «On veut aller chercher un bail de mise en production. C'est ce qu'on vise pour le mois de novembre [2011]. C'est notre priorité», a-t-il expliqué.
Preuve que ces prévisions sont réalistes, la pétrolière compte investir de huit à dix millions de dollars sur le site d'ici la mise en production, en partenariat avec Investcan Energy, une société qui possède des participations dans plusieurs projets d'exploration à Terre-Neuve-et-Labrador. Pétrolia est en voie de compléter une association avec elle. L'annonce devrait être faite sous peu.
Et, à la mise en service de ce premier puits, la production dépassera assurément les 10 barils par jour pompés lors de la production-test. «Ce sera beaucoup plus que ça», a assuré M. Proulx, sans préciser davantage. L'extraction de pétrole provenant de ce seul puits devrait également s'étendre sur un «minimum de 10 ans». Le président de Pétrolia a déjà évoqué 15 à 20 ans d'exploitation. La quantité de pétrole récupérable pourrait s'élever à plus de sept millions de barils dans ce secteur, selon ce qu'indique le site web de l'entreprise.
Pétrolia travaille aussi sur le projet Bourque, situé au nord-ouest de Gaspé. Celui-ci «revêt une grande importance, compte tenu de l'ampleur des découvertes qui pourraient y être faites et de l'intérêt que cela susciterait pour les autres propriétés de Pétrolia, où existent des conditions géologiques semblables». Une plate-forme de forage est prête, a dit M. Proulx. Mais il faudra trouver les fonds nécessaires pour les travaux.
L'entreprise possède également des permis qui débordent la côte pour s'étendre dans le milieu marin, dont la baie de Gaspé. Mais cette zone est soumise à un moratoire, pour le moment.
Une autre entreprise, Junex, a déjà indiqué que le sous-sol visé par son permis d'exploration de Galt, situé à l'ouest de Gaspé, pourrait receler plus de 180 millions de barils. De ce nombre, 13 750 000 barils de pétrole sont «potentiellement récupérables». Ces estimations «pourraient augmenter ou diminuer à la suite des opérations futures», selon ce qu'avait précisé Junex par voie de communiqué. Le potentiel du champ de Galt a été reconnu par Junex dès 2001 et plusieurs travaux d'exploration y ont depuis été complétés. Ceux-ci ont permis, lors d'opérations d'essais de production, de récupérer un total de 5828 barils de pétrole léger.
Objectif: 20 000 barils
Si l'exploitation d'un premier puits pourrait déjà en soi constituer une petite révolution dans le secteur énergétique au Québec, ce n'est que le début pour Pétrolia, qui ambitionne de produire 20 000 barils de pétrole léger par jour d'ici 2014, c'est-à-dire environ 5 % des besoins en or noir du Québec. L'entreprise est en fait la société la plus active dans l'exploration pétrolière dans la province. Elle possède au moins la moitié des droits sur plus de 80 % du territoire où existe un potentiel pétrolier. Ce domaine minier de plus de 15 000 km2 se situe essentiellement en Gaspésie et sur l'île d'Anticosti.
Cette île sise en plein coeur du Saint-Laurent, paradis de la chasse, présente en effet un potentiel intéressant. La plus grande île de la province se situe à l'extrémité nord-est d'une plate-forme qui compte plusieurs champs d'hydrocarbures mondialement reconnus. Pétrolia y travaille en partenariat avec Corridor Resources, l'entreprise qui exploitera le gisement d'Old Harry, à 80 kilomètres des îles de la Madeleine.
Les tests menés l'été dernier n'ont toutefois pas été à la hauteur des attentes. Mais la société d'exploration pétrolière a retiré près de 30 mètres de «carottes de forage» à partir d'un puits creusé dans l'est d'Anticosti. Celles-ci permettront d'évaluer le potentiel de cette zone pour l'exploitation de pétrole de schiste, une ressource non traditionnelle mais qui intéresse de plus en plus de spécialistes des sources d'énergie fossiles. «Ça intéresse beaucoup de monde en raison des capacités de production», a expliqué André Proulx.
Fait plutôt étonnant, les droits miniers sur ces zones si prometteuses aujourd'hui ont été rachetés à Hydro-Québec il y a près de trois ans, en contrepartie d'une «redevance prioritaire» sur la production pétrolière. Hydro, qui avait déjà effectué de l'exploration pétrolière sur Anticosti, n'a pas précisé le montant de ladite redevance. Pétrolia a ainsi raflé les droits sur 35 permis d'exploration, soit 6381 km2. Au moins un ancien employé de la société d'État fait partie de son équipe. Il s'agit d'Érick Adam, qui a agi comme géophysicien pour Hydro-Québec Pétrole et gaz, de septembre 2003 à février 2006. Il est administrateur de Pétrolia.
Selon le Registraire des entreprises du Québec, le premier actionnaire de l'entreprise est Pilatus Energy AG, une société qui a pignon sur rue en Suisse et dont le président réside aux Émirats arabes unis.
Le puits en question fait partie du projet Haldimand, situé à moins de cinq kilomètres de Gaspé. Les spécialistes des hydrocarbures savent depuis quelques années que le sous-sol gaspésien représente un potentiel intéressant pour la découverte d'or noir. Pétrolia y a déterminé la présence de «pétrole d'excellente qualité» en 2006. Elle avait alors pompé plus de 500 barils en 15 jours.
L'entreprise a mené, depuis ce temps, différents tests afin de préciser le potentiel. Elle extrait aujourd'hui une moyenne de 10 barils de pétrole par jour de ce puits, à titre de test de production. Le produit est ensuite transporté par camion jusqu'à la raffinerie d'Ultramar, près de Lévis. Fait à noter, aucune redevance n'a été versée jusqu'à maintenant à l'État québécois pour les quelque 2000 barils extraits, puisqu'il s'agit de la phase d'évaluation.
Reste maintenant à s'assurer avec précision des réserves contenues dans le sous-sol. Mais les ambitions sont d'ores et déjà grandes, puisque le président de l'entreprise, André Proulx, a indiqué que l'exploitation commerciale pourrait débuter d'ici quelques mois. «On veut aller chercher un bail de mise en production. C'est ce qu'on vise pour le mois de novembre [2011]. C'est notre priorité», a-t-il expliqué.
Preuve que ces prévisions sont réalistes, la pétrolière compte investir de huit à dix millions de dollars sur le site d'ici la mise en production, en partenariat avec Investcan Energy, une société qui possède des participations dans plusieurs projets d'exploration à Terre-Neuve-et-Labrador. Pétrolia est en voie de compléter une association avec elle. L'annonce devrait être faite sous peu.
Et, à la mise en service de ce premier puits, la production dépassera assurément les 10 barils par jour pompés lors de la production-test. «Ce sera beaucoup plus que ça», a assuré M. Proulx, sans préciser davantage. L'extraction de pétrole provenant de ce seul puits devrait également s'étendre sur un «minimum de 10 ans». Le président de Pétrolia a déjà évoqué 15 à 20 ans d'exploitation. La quantité de pétrole récupérable pourrait s'élever à plus de sept millions de barils dans ce secteur, selon ce qu'indique le site web de l'entreprise.
Pétrolia travaille aussi sur le projet Bourque, situé au nord-ouest de Gaspé. Celui-ci «revêt une grande importance, compte tenu de l'ampleur des découvertes qui pourraient y être faites et de l'intérêt que cela susciterait pour les autres propriétés de Pétrolia, où existent des conditions géologiques semblables». Une plate-forme de forage est prête, a dit M. Proulx. Mais il faudra trouver les fonds nécessaires pour les travaux.
L'entreprise possède également des permis qui débordent la côte pour s'étendre dans le milieu marin, dont la baie de Gaspé. Mais cette zone est soumise à un moratoire, pour le moment.
Une autre entreprise, Junex, a déjà indiqué que le sous-sol visé par son permis d'exploration de Galt, situé à l'ouest de Gaspé, pourrait receler plus de 180 millions de barils. De ce nombre, 13 750 000 barils de pétrole sont «potentiellement récupérables». Ces estimations «pourraient augmenter ou diminuer à la suite des opérations futures», selon ce qu'avait précisé Junex par voie de communiqué. Le potentiel du champ de Galt a été reconnu par Junex dès 2001 et plusieurs travaux d'exploration y ont depuis été complétés. Ceux-ci ont permis, lors d'opérations d'essais de production, de récupérer un total de 5828 barils de pétrole léger.
Objectif: 20 000 barils
Si l'exploitation d'un premier puits pourrait déjà en soi constituer une petite révolution dans le secteur énergétique au Québec, ce n'est que le début pour Pétrolia, qui ambitionne de produire 20 000 barils de pétrole léger par jour d'ici 2014, c'est-à-dire environ 5 % des besoins en or noir du Québec. L'entreprise est en fait la société la plus active dans l'exploration pétrolière dans la province. Elle possède au moins la moitié des droits sur plus de 80 % du territoire où existe un potentiel pétrolier. Ce domaine minier de plus de 15 000 km2 se situe essentiellement en Gaspésie et sur l'île d'Anticosti.
Cette île sise en plein coeur du Saint-Laurent, paradis de la chasse, présente en effet un potentiel intéressant. La plus grande île de la province se situe à l'extrémité nord-est d'une plate-forme qui compte plusieurs champs d'hydrocarbures mondialement reconnus. Pétrolia y travaille en partenariat avec Corridor Resources, l'entreprise qui exploitera le gisement d'Old Harry, à 80 kilomètres des îles de la Madeleine.
Les tests menés l'été dernier n'ont toutefois pas été à la hauteur des attentes. Mais la société d'exploration pétrolière a retiré près de 30 mètres de «carottes de forage» à partir d'un puits creusé dans l'est d'Anticosti. Celles-ci permettront d'évaluer le potentiel de cette zone pour l'exploitation de pétrole de schiste, une ressource non traditionnelle mais qui intéresse de plus en plus de spécialistes des sources d'énergie fossiles. «Ça intéresse beaucoup de monde en raison des capacités de production», a expliqué André Proulx.
Fait plutôt étonnant, les droits miniers sur ces zones si prometteuses aujourd'hui ont été rachetés à Hydro-Québec il y a près de trois ans, en contrepartie d'une «redevance prioritaire» sur la production pétrolière. Hydro, qui avait déjà effectué de l'exploration pétrolière sur Anticosti, n'a pas précisé le montant de ladite redevance. Pétrolia a ainsi raflé les droits sur 35 permis d'exploration, soit 6381 km2. Au moins un ancien employé de la société d'État fait partie de son équipe. Il s'agit d'Érick Adam, qui a agi comme géophysicien pour Hydro-Québec Pétrole et gaz, de septembre 2003 à février 2006. Il est administrateur de Pétrolia.
Selon le Registraire des entreprises du Québec, le premier actionnaire de l'entreprise est Pilatus Energy AG, une société qui a pignon sur rue en Suisse et dont le président réside aux Émirats arabes unis.
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