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Le gazoduc sera prolongé jusqu'à Thetford Mines

Stephen Harper confirme la contribution de 18 millions de son gouvernement à ce projet de 24,7 millions

Stephen Harper a profité de son passage dans la région de l’amiante pour aller saluer quelques travailleurs dans une usine.<br />
Photo : Agence Reuters Shaun Best
Stephen Harper a profité de son passage dans la région de l’amiante pour aller saluer quelques travailleurs dans une usine.
Le gouvernement Harper a annoncé hier un investissement de 18 millions de dollars dans le projet de prolongement du réseau de distribution de Gaz Métro de Vallée-Jonction à Thetford Mines. Une aide «essentielle», a soutenu le ministre Christian Paradis, puisque des entreprises de la région menaçaient de déménager si on ne leur fournissait pas un accès au gaz naturel. Il en a d'ailleurs profité pour manifester son appui au développement du gaz de schiste.

Au total, ce projet de 24,7 millions de dollars permettra d'ajouter 72 kilomètres au réseau actuel d'ici 2012 et assurera un approvisionnement à plusieurs municipalités situées le long de la route 112. Surtout, il reliera Thetford Mines par gazoduc, «la seule grande région industrielle du sud de la province qui n'était pas encore desservie», a indiqué la présidente de Gaz Métro, Sophie Brochu. Dans un premier temps, on vise essentiellement la clientèle commerciale, institutionnelle et industrielle.

En entrevue au Devoir, le ministre Paradis, qui est aussi député de la région, a indiqué que l'investissement d'Ottawa était absolument nécessaire. «Deux entreprises de grande importance envisageaient de déménager, et les étapes étaient très avancées. D'autres étaient menacées», a-t-il assuré. «Sans accès au gaz naturel, plusieurs entreprises menaçaient de quitter votre région, a aussi dit le premier ministre Stephen Harper en conférence de presse. D'autres entreprises refusaient tout simplement de venir s'installer ici. C'était un problème.»

Ce gazoduc devrait donc constituer «un outil de développement crucial» pour une région qui cherche à diversifier son économie, a dit M. Paradis. C'est d'ailleurs ainsi que le gouvernement conservateur a justifié son implication financière. «La construction du gazoduc permettra de diversifier l'économie de la ville et contribuera également à créer des emplois et assurer la croissance économique en augmentant la compétitivité des entreprises locales, en attirant des investissements et en incitant d'autres entreprises à s'installer dans la région», a-t-on indiqué par voie de communiqué. On n'a toutefois pas précisé le nombre d'emplois qui pourraient en découler.

Oui au gaz de schiste

Christian Paradis n'a également pas caché qu'il aimerait bien que le Québec aille de l'avant avec l'exploitation des gaz de schiste. «Je crois que cette filière devrait être développée. Je pense que c'est l'avenir. On optimise les coûts de l'énergie et on diminue l'empreinte environnementale.» Le ministre a d'ailleurs demandé à des experts de la Commission géologique du Canada d'aller témoigner au Bureau d'audiences publiques sur l'environnement afin de présenter leur expertise dans le domaine. Mais il n'a pas voulu dire si Ottawa serait prêt à soutenir d'autres projets de prolongement du réseau de distribution de Gaz Métro.

Sophie Brochu a elle aussi réitéré que l'exploitation du gaz du sous-sol québécois favoriserait une réduction des coûts pour les clients. Qui plus est, la conversion du mazout au gaz naturel permettrait selon elle de diminuer les émissions de gaz à effet de serre de plus de 30 %.

Se disant par ailleurs sensible au dossier controversé de l'amiante — un dossier important pour les villes d'Asbestos et de Thetford Mines —, le ministre Paradis a souligné que son gouvernement était en faveur de l'extraction et de l'exportation de ce minerai, pour autant que cela se fasse de façon «sécuritaire». Il s'est par la même occasion dit déçu des critiques dont l'amiante chrysotile fait l'objet.

La très vaste majorité des experts du monde de la santé s'opposent à l'utilisation de ce minerai cancérigène. Mais du côté d'Asbestos, on attend depuis des mois que Québec accorde une garantie de prêt de 58 millions de dollars de façon à pouvoir relancer les activités de Mine Jeffrey.
 
 
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