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Libre opinion - Le piège de la complaisance

Hélène Desmarais et Michel Patry - Respectivement présidente du conseil et directeur de HEC Montréal  2 décembre 2010  Actualités économiques
En novembre, le magazine BusinessWeek reconnaissait HEC Montréal parmi les meilleures écoles de gestion au monde, tout comme Forbes, Financial Times et AméricaEconomia. Une fierté pour le Québec, une reconnaissance qui aide nos diplômés à œuvrer sur les marchés québécois et international.

De tels succès, tout comme les accréditations internationales que possède l'école, sont le fruit de beaucoup de travail et d'efforts de l'ensemble de la communauté. Or, le sous-financement chronique des universités québécoises pourrait venir compromettre ce statut acquis de haute lutte. Pour HEC Montréal, comme pour l'ensemble des universités, la qualité de la formation et notre capacité d'innover sont clairement menacées.

Une analyse récente de la Conférence des recteurs et principaux d'université du Québec (CREPUQ) chiffre à 600 millions par année le déficit du système universitaire québécois. Comment, de manière durable, peut-on offrir la même qualité au chapitre de l'environnement d'apprentissage que les autres universités avec des revenus annuels inférieurs, en moyenne, d'environ 3000 $ par étudiant?

Avons-nous la détermination, collectivement, de préparer une relève de classe mondiale? Une relève qui aura accès aux mêmes ressources humaines, informationnelles et physiques que celles mises à la disposition des étudiants de Vancouver, Calgary ou Toronto? Si nous avons cette détermination, il faut avoir le courage de redresser la situation.

Entre Québécois, nous pouvons toujours nous faire croire que tout va bien et que nous pouvons continuer sur cette lancée. Cependant, alors que les autres pays, notamment les pays émergents, investissent massivement dans la formation de pointe, continuer d'accepter un tel sous-investissement est socialement dangereux. Ce sous-investissement compromet le développement social et économique du Québec.

Faisons une analogie avec notre sport national. Nous savons que les Canadiens de Montréal ont plus de chances d'accéder aux séries éliminatoires s'ils disposent d'un budget annuel équivalent à celui des autres équipes du circuit. Sinon, à terme, l'équipe prendra du retard et sera incapable de se mesurer aux autres équipes de la Ligue. Accepterait-on cela? Bien sûr que non.

Pourtant, il en va ainsi de la formation universitaire. Pourquoi accepter que notre système universitaire périclite? Pourquoi nos futurs médecins, ingénieurs, architectes et gestionnaires ne pourraient-ils pas acquérir les mêmes compétences, se mesurer à leurs confrères et consoeurs des autres régions du Canada et d'ailleurs dans le monde? La qualité a un prix et c'est précisément cette qualité qui est compromise depuis plusieurs années par le sous-investissement chronique dans nos universités.

Or, le financement du gouvernement québécois se situe au-dessus de la moyenne canadienne. Autrement dit, les contribuables québécois, par le biais de la fiscalité, participent déjà largement. La source du sous-financement est connue: ce sont les droits de scolarité. De fait, en contrôlant pour l'inflation, les étudiants québécois paient aujourd'hui leur formation moins cher que ce que payaient leurs parents en 1985 et leurs grands-parents en 1968!

On ne peut plus tergiverser. Les droits de scolarité doivent être augmentés pour se rapprocher de la moyenne canadienne dans l'ensemble des domaines et des disciplines. La réglementation gouvernementale, elle, doit être revue en conséquence, tout en bonifiant l'aide financière aux étudiants.

D'autres innovations, comme la modulation par discipline ou la définition d'un corridor à l'intérieur duquel chaque université pourrait fixer ses droits, introduiraient une dose de souplesse, encourageraient l'expression de missions particulières et résulteraient dans une offre diversifiée de propositions de formation.

Aurons-nous le courage de poser les gestes qui freineront la fragilisation du système universitaire québécois? Si nous n'admettons ni la pertinence des actions à entreprendre ni l'urgence de la situation, si nous n'accordons pas un juste prix à la qualité, un piège guette notre société. Celui de la complaisance qui nous condamne, à terme, à la médiocrité.

 
 
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  • Marcel Bernier - Inscrit
    2 décembre 2010 01 h 14
    Mesquinerie à la sauce Power Corporation
    Il ne s'agit pas ici de complaisance mais bien de choix de société. Il peut même arriver que les études universitaires soient gratuites dans certains pays.
    Alors, pourquoi ce scénario n'est jamais envisagé sinon par pure mesquinerie.
    Alors, madame Desmarais et monsieur Patry : l'éducation une marchandise parmi tant d'autres!
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  • Sebastian Sajaroff - Inscrit
    2 décembre 2010 06 h 44
    Petite question...
    Pourquoi il n'y a jamais eu aucun Prix Nobel québécois?
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  • meme moi ici - Inscrite
    2 décembre 2010 07 h 44
    votre analogie
    je suis d'accord pour l'idée d'investir dans l'éducation, et pour offrir les hautes études gratuites à la population québécoise. Sur ce, votre texte est assez convainquant.
    Cependant, là ou vous me perdez, c'est avec votre analogie via le club de hockey... les joueurs de hockey ne sont premièrement pas des Québécois qui ont du coeur au ventre plutôt que des millions dans les poches. De plus, si leur performance n'est reliée qu'aux nombreux millions de dollars qu'ils croient valoir, c'est qu'ils ne méritent pas de réussir. Ils ne démontrent alors aucune fierté et ne nous représentent d'aucune façon... Si vous tenez à cette parallèle, je vous imposerai alors l'image de Maurice Richard, un exemple de performance des plus éloquent et si vous comparez à aujourd'hui son salaire était assez médiocre.. ce qui fait que votre discours ne tiendra plus la route...
    alors svp, ne faites pas cette comparaison, la formation de pointe n'a rien en commun avec un sport de moins en moins national
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  • Claude Archambault - Inscrit
    2 décembre 2010 09 h 14
    Marcel Bernier
    Choix de société? Mais qui a fait ce choix? quand a t on été consulté? Mon choix est celui de frais de scolarité raisonnable et compétitif. Des frais qui financeront bien nos université et qui attireront les étudiants pourquoi pas des frais égal à la moyenne national? Pourquoi le Québec, un province pauvre devrait continuer à s’appauvrir au nom de je ne sait pas quel mentalité socialiste.

    Choix de société, un terme usé pour décrire toutes mesures visant à niveler ver le bas et pour lequel il n'y a jamais eu de consultation populaire autre que des lobbys socialistes.
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  • Laurent Trempe - Inscrit
    2 décembre 2010 12 h 22
    La complaisance... ah bon ?
    Le piège de la complaisance OU comment tenter d'embobiner les gens avec d'énormes sophismes.

    Mme. Desmarais est assise sur une fortune évaluée a 4,28 milliards. Un étudiant moyen en fait quelques 13 000$ par année, tout au plus. Cette lettre est d'une arrogance infinie.
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  • Marcel Bernier - Inscrit
    2 décembre 2010 12 h 55
    Un choix de société...
    Je n'ai rien contre la pensée formatée par les économistes, nous sommes en démocratie n'est-ce pas, il reste que l'éducation, ses modalités ne sont pas du ressort d'une petite clique d'affairistes, d'opportunistes et de parvenus, c'est du ressort du politique et donc bel et bien un choix de société.
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  • Marc O. Rainville - Inscrit
    2 décembre 2010 14 h 12
    Mme. Desmarais est assise sur une fortune évaluée a 4,28 milliards.
    Mme Desmarais : ''Pourquoi accepter que notre système universitaire périclite?''
    L'avenir dans ce domaine passe à mon avis par la rémunération des étudiants dès le secondaire. Le salaire étudiant existe déjà dans certains pays. Au Vermont, les écoliers sont payés $ 0.90 par fiche de lecture. Notre société a certainement la possibilité de se donner les moyens de ses ambitions. Il suffit de nationaliser à 90% les Desmarais, Rizzotto et autres Hel's Angels qui se partagent l'assiette au beurre depuis quarante ans.
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  • MJ - Inscrite
    2 décembre 2010 17 h 30
    On mesure la grandeur d’un pays, non pas à la richesse de ses possédants, mais à l’accessibilité à l’éducation et à une disparité moindre entre les revenus
    Depuis 30 ans, les salaires ont stagné au Québec! Au moins 300 000 personnes vivent de l’aide sociale. La majorité des familles monoparentales avec enfants vit sous le seuil de la pauvreté. Il y a le décrochage scolaire qui se greffe au phénomène de la pauvreté. Les écarts entre riches et pauvres se creusent de plus en plus. Pas question de rendre inaccessible le droit à la scolarisation universitaire qui ouvre les portes à des emplois bien rémunérés et de qualité. La poursuite d’études supérieures (2e et 3e cycle) est souvent nécessaire pour parfaire ses connaissances et compétences et accéder à une carrière au long cours.

    Il n’est pas vrai que les travailleurs changeront de métier plusieurs fois dans leur vie! Si cela est, il en résultera un appauvrissement. Cette croyance a été introduite par les centres d’emploi pour faire accepter les licenciements et pertes d’emplois occasionnés par les crises cycliques du capitalisme qui touchent davantage les classes laborieuses et moins scolarisées.
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  • MJ - Inscrite
    2 décembre 2010 17 h 32
    On mesure la grandeur d'un pays ... (suite)
    La plupart des lois sont désuètes et avantagent l’Establishment! L’égalité de tous devant la loi est un mythe bien entretenu par la classe dirigeante et dominante! Tout se joue dans les débuts de la vie. L’égalité des chances est un concept abstrait qui ne se traduit pas dans les faits réels. Les études universitaires devraient être encore plus accessibles afin de relever le niveau éducatif de la population québécoise et des générations futures. C’est la meilleure garantie d’une population florissante. Car qui est affecté par le chômage et la pauvreté? Essentiellement, les travailleurs non qualifiés, sous-scolarisés qui se font exploiter au salaire minimum. Que les riches millionnaires et milliardaires du Québec subventionnent en mécènes les universités. Ce serait le retour de l’ascenseur maintenant qu’ils ont profité des subventions et des largesses de l’Etat!
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  • MJ - Inscrite
    2 décembre 2010 17 h 34
    On mesure la grandeur d'un pays ... (suite 3)
    Les premiers à profiter de ces ressources humaines formées par les HEC (administrateurs, comptables, etc.) sont les banques, les grandes entreprises et les multinationales, particulièrement depuis la mondialisation. Les multinationales, font-elles preuve d’éthique ou d’une quelconque responsabilité sociale à l’égard des populations locales, hormis la recherche d’une maximisation des profits? Non contentes de piller les ressources du tiers-monde et d’exploiter ces populations, elles revendent leurs produits dans les pays industrialisés pour plus de 100% de leurs coûts de production, maximisant plus que jamais leurs marges bénéficiaires et profits avec la mondialisation, ne payant presque pas d’impôts tandis que ces profits s’en vont dans les paradis fiscaux! Ces entreprises font-elles preuve d’un quelconque souci environnemental (l’accident de la compagnie Union Carbide en Inde)? Ces entreprises ont-elles une quelconque préoccupation pour les coûts sociaux qu’elles imposent à une population lors d’une délocalisation industrielle dans un autre pays où la main-d’oeuvre est moins chère?
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  • MJ - Inscrite
    2 décembre 2010 17 h 36
    On mesure la grandeur d'un pays ... (suite 4)
    Ces dirigeants embauchés par les multinationales pour rationaliser, licencier leurs employés et ensuite empocher des millions en boni, émoluments, options d’achat d’actions et avantages de toutes sortes, donnent-ils de la valeur ajoutée aux produits? Ou ne sont-ils pas plutôt des parasites utilisés pour licencier? Ceux qui donnent de la valeur ajoutée à un produit au cours de sa transformation, sont les producteurs et travailleurs, non pas les spéculateurs ou les marchés financiers. Ce qu’il faudrait, un impôt sur la fortune et sur les biens. Et encore, une limite à la fortune et à l’accumulation des capitaux. Il y a une certaine limite au-delà de laquelle une entreprise qui accroît sa taille devient une puissance qui surpasse celle d’un Etat par son budget et menace en fait la démocratie.
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  • François Beaulé - Abonné
    3 décembre 2010 17 h 20
    Le manque de rigueur intellectuelle d'Hélène Desmarais et Michel Patry
    La reconnaissance des HEC au niveau international prouve que son financement est adéquat. Il est plus qu'étonnant que les auteurs utilisent cet argument pour essayer de prouver le contraire.

    Et plus loin, si les frais de scolarité sont aujourd'hui moins élevés qu'en 1985 ou en 1968, cela ne prouve pas qu'il faille pour autant les relever jusqu'au niveau du reste du Canada.

    Les seules augmentations de rémunération des médecins spécialistes du Québec dépassent de beaucoup les 600 millions$ que la CREPUQ prétend nécessaires. Si les droits de scolarité augmentent de façon importante, le gouvernement devra hausser les rémunérations de ses professionnels et il perdra au change.
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  • Andre Lemay - Inscrit
    3 janvier 2011 08 h 49
    Toujours les mêmes inepties
    Quand va-t-on enfin comprendre le seul rôle que jouent tous ces sbires et séïdes du fric dictateur: Agiter des épouvantails et autres Bonhommes 7 heures et Croquemitaines.
    À quand l'éducation gratuite compensée par des niveaux et des champs de taxation équitables?
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