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    Secteur scientifique - «Il faut donner aux universités les moyens de concurrencer ce qui se passe ailleurs»

    L'économiste Claude Montmarquette siégera à l'Académie

    17 novembre 2010 |Brigitte Saint-Pierre | Actualités économiques
    Claude Montmarquette est l’un des signataires du Pacte pour <br />
le financement concurrentiel de nos universités.<br />
    Photo: Université de Montréal Claude Montmarquette est l’un des signataires du Pacte pour
    le financement concurrentiel de nos universités.
    L'économiste Claude Montmarquette est nommé Grand Montréalais 2010 dans le secteur scientifique. La Chambre de commerce du Montréal métropolitain rendra hommage aujourd'hui aux personnalités qui font leur entrée cette année à l'Académie des Grands Montréalais, qu'elle a créée en 1988.

    «Il faut donner aux universités les moyens de concurrencer ce qui se passe ailleurs», estime Claude Montmarquette, nommé Grand Montréalais 2010 dans le secteur scientifique. Ce professeur émérite au Département de sciences économiques de l'Université de Montréal (UdM) souhaite que les établissements universitaires d'ici aient la capacité d'attirer les meilleurs chercheurs et les meilleurs étudiants et de les garder. «Sinon, on devient une université de deuxième ou de troisième ordre», dit-il.

    Également président-directeur général et vice-président, politiques publiques, du Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO), M. Montmarquette fait valoir que les universités québécoises sont sous-financées. «Le gouvernement a fait sa part. Il va être difficile de faire plus», croit-il. L'économiste mentionne que le vieillissement de la population réduira probablement le nombre de travailleurs et qu'on peut donc s'attendre à une diminution du taux de croissance. Il ajoute que les dépenses en santé deviendront aussi plus importantes. «L'étudiant, l'utilisateur-payeur, devra faire sa part», dit-il.

    M. Montmarquette est l'un des signataires du Pacte pour le financement concurrentiel de nos universités, rendu public en février dernier. Les diverses personnalités qui ont signé ce pacte, dont Lucien Bouchard, ancien premier ministre du Québec, proposaient notamment une hausse des droits de scolarité de l'ordre d'environ 2200 $ par année pour la majorité des étudiants, pouvant atteindre de 3000 $ à 10 000 $ dans certains domaines. Elles souhaitaient aussi «un engagement ferme du gouvernement à maintenir le niveau actuel de financement public en termes réels». Elles suggéraient également d'offrir des bourses substantielles à des étudiants provenant de milieux moins fortunés et de créer un système de remboursement des prêts étudiants proportionnel aux revenus des diplômés.

    Mentalités et transfert technologique


    Le président-directeur général du CIRANO croit que, pour favoriser le développement du secteur scientifique à Montréal, il importe d'assurer un meilleur financement aux universités, mais aussi par exemple de chercher à valoriser davantage l'éducation. Il indique qu'une de ses préoccupations concerne la traduction de percées scientifiques en innovations mises en marché. Il estime qu'il faut faire un effort particulier en ce sens au Québec. «On ne fait certainement pas notre part à cet égard», dit-il, tout en mentionnant qu'il n'est pas facile de déterminer pourquoi il en est ainsi. «Est-ce qu'on manque d'entrepreneurship au Québec? Est-ce qu'on n'a pas les incitations qu'il faut pour devenir entrepreneur? Est-ce qu'on ne valorise pas suffisamment l'entrepreneurship, qui ferait ce lien entre les développements scientifiques et la mise en marché de ces nouveautés scientifiques qu'on découvre?»

    Création de richesse et économie expérimentale


    M. Montmarquette estime en outre qu'il faut chercher à créer de la richesse. Il indique que cette préoccupation ainsi que celle relative à la réduction de la pauvreté l'ont incité à choisir l'économie comme champ d'études.

    Titulaire d'un doctorat de l'Université de Chicago, il a été professeur invité à plusieurs reprises à l'Université Paris-1 et à l'Université Lyon-2 ainsi que dans d'autres établissements universitaires. Il a prononcé des conférences dans différents pays et a écrit, seul ou avec des collègues, de nombreux textes publiés. Il est membre de la Société royale du Canada.

    M. Montmarquette est titulaire de la chaire Bell-Caisse de dépôt et placement du Québec en économie expérimentale de l'Université de Montréal. «On essaie, si vous voulez, de reprendre un peu ce que les autres disciplines plus scientifiques, dites dures, font en laboratoire. Donc, on fait venir des gens ou alors on va les chercher sur le terrain. On leur offre un protocole de jeu, ils sont rémunérés en fonction des décisions qu'ils prennent et on observe ce qu'ils font», explique-t-il.

    Les recherches de ce professeur émérite en sciences économiques à l'Université de Montréal portent notamment sur l'investissement en capital humain et sur la fraude fiscale. Dans le cadre d'une recherche sur le capital humain, des participants se sont fait offrir un montant d'argent immédiatement ou une bourse d'études. M. Montmarquette et ses collègues ont étudié leurs comportements et leurs motivations. Ils ont déterminé que les personnes impatientes de consommer tout de suite n'ont pas tendance à investir dans l'éducation. Les gens qui n'aiment pas trop le risque seraient aussi moins susceptibles de faire un tel investissement.

    L'économiste Claude Montmarquette a par ailleurs présidé des comités ou des groupes de travail mis sur pied par le gouvernement du Québec, au sujet des prêts étudiants, de l'assurance médicaments ou de la tarification des services publics. En 2009-2010, il a aussi été membre du comité consultatif sur l'économie et les finances publiques, créé par le gouvernement du Québec. Il mentionne que sa participation à ces comités lui a permis de s'exprimer, avec des collègues, sur des défis auxquels le Québec doit faire face. M. Montmarquette était également l'un des signataires du manifeste Pour un Québec lucide, publié en 2005.

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