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Gaz de schiste: Talisman recrute un ancien bras droit de Charest

Daniel Gagnier a été son chef de cabinet de 2007 à 2009

Gaz de schiste<br />
Photo : Yan Doublet - Le Devoir
Gaz de schiste
Un autre proche de Jean Charest s'investit dans le domaine des gaz de schiste: Daniel Gagnier, chef de cabinet du premier ministre de 2007 à octobre 2009, conseillera l'entreprise albertaine Talisman en tant que membre d'un comité consultatif pour «soutenir» les activités de la compagnie au Québec. Une nouvelle preuve de la collusion qui existe entre l'industrie et le gouvernement libéral, a réagi l'opposition.

Joint à Toronto hier, M. Gagnier a nié que sa nomination soit une preuve supplémentaire de la proximité du gouvernement avec l'industrie des gaz de schiste. «Je peux dire honnêtement que mes jupes sont complètement propres. Mes bords de pantalons sont propres!», a-t-il illustré. «Il y a des gens qui vont y penser», a-t-il admis en parlant de la proximité. Mais, insiste-t-il, il a quitté le bureau du premier ministre depuis 14 mois. «Et puis je ne suis pas retourné. Je ne me suis pas promené dans les corridors. Je n'ai pas été présent du tout. Je me suis éloigné pour être politiquement correct d'après les règlements du commissaire au lobbyisme.»

M. Gagnier a précisé qu'il ne ferait aucun lobbyisme pour l'entreprise et n'en serait pas non plus un porte-parole. «C'est [les gens de Talisman] qui posent les questions et, nous, on essaie de donner des conseils; parce que le Québec n'est pas comme l'Alberta. C'est une juridiction différente, c'est une réalité différente», a-t-il expliqué.

Même son de cloche du côté de la société basée à Calgary. Le responsable des relations publiques de Talisman au Québec, Stéphane Perrault, a d'ailleurs expliqué hier que l'entreprise avait formé ce «conseil consultatif» afin d'«obtenir des conseils sur les moyens à prendre pour mener des projets de grande envergure» comme celui du développement du gaz de schiste. Bref, il fallait recruter des individus «familiers avec les rouages». Quatre rencontres sont prévues au cours de la prochaine année. En plus des régimes fiscaux et de réglementation, les membres conseilleront la multinationale de l'énergie fossile sur les «observations à communiquer aux collectivités locales».

Outre Daniel Gagnier, ancien vice-président d'Alcan, l'entreprise basée à Calgary a recruté aussi James C. Cherry, président et chef des opérations d'Aéroports de Montréal, et Michel Patry, directeur et professeur à l'Institut d'économie appliquée de HEC Montréal.

L'entreprise, qui souhaite voir se développer la controversée filière des gaz de schiste au Québec, a fait parler d'elle début septembre. Le Devoir avait révélé alors que le Groupe GVM, propriété de François Pilote, grand ami de Jean Charest et qui fait des sondages internes pour le Parti libéral, avait obtenu un contrat de lobbying auprès de Talisman. C'est le vice-président des affaires publiques du Groupe GVM, Daniel Bernier, qui avait inscrit le mandat au registre des lobbyistes. M. Bernier a été de 2003 à 2005 chef de cabinet de la ministre du Tourisme du gouvernement Charest.

Par ailleurs, on apprenait dimanche que Talisman Energy avait reçu fin octobre deux avis du ministère de l'Environnement du Québec pour des infractions commises à Bécancour. L'entreprise aurait eu recours l'été dernier à quatre millions de litres d'eau dans le cadre de travaux de fracturation hydraulique à son puits horizontal Gentilly. Mais plutôt que de faire traiter toute l'eau contaminée lors des travaux de fracturation hydraulique à Drummondville, comme le stipulait l'autorisation accordée par le gouvernement, la compagnie albertaine aurait entreposé une certaine quantité sur un de ses sites, toujours à Bécancour.

Un troisième cas

M. Gagnier n'est pas le premier libéral à passer du côté de l'industrie de l'exploitation de l'énergie fossile. Il est en fait le troisième proche de M. Charest à avoir fait le saut dans les derniers mois. À la fin du mois d'août dernier, Stéphane Gosselin, alors chef de cabinet du ministre du Développement économique, a démissionné un vendredi de son poste pour devenir directeur de l'Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ) le lundi suivant.

Stéphane Bertrand, qui a été le chef de cabinet de Jean Charest de 2003 à 2007, a participé l'an dernier à la création de l'APGQ. Ce lobby de l'énergie fossile est présidé par André Caillé. Un ancien ministre libéral du gouvernement de Robert Bourassa, Raymond Savoie, figure également parmi les membres du conseil exécutif de cette association, en plus de diriger la société Gastem. L'APGQ ne compte pas moins d'une trentaine de lobbyistes actifs auprès de différents ministères.

Collusion


Ce nouveau cas impliquant le parti au pouvoir a fait vivement réagir l'opposition hier, qui a dénoncé cette preuve supplémentaire de la «proximité» qui existe entre l'industrie et le gouvernement Charest.

Le porte-parole péquiste en matière de mines, Scott McKay, a souligné qu'il s'agissait en fait de «la suite d'une liste qui ne cesse de s'allonger». «Si Talisman embauche M. Gagnier, c'est parce qu'il a encore une "valeur ajoutée" et que l'entreprise a de bonnes raisons de croire qu'il continue à être près des rênes du pouvoir, a-t-il ajouté. Cette nouvelle nomination devrait donc renforcer l'impression de proximité entre le gouvernement et l'industrie, s'il est encore possible de la renforcer.»

La porte-parole de Québec solidaire (QS), Françoise David, a carrément qualifié ce cas de «grossier». «La collusion, la complicité, l'amitié même entre le gouvernement du Québec et l'industrie des gaz de schiste ne cessent d'être démontrées jour après jour. La population a raison d'être fâchée.» QS demande non seulement un moratoire sur l'exploration, mais aussi que l'on se questionne sur la pertinence de développer la filière gazière.

Le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement reprenait hier ses travaux. Mais en attendant l'adoption d'une loi qui fixera les règles pour l'exploitation du gaz de schiste au Québec, les travaux de forage prévus au cours des prochains mois seront menés sans encadrement législatif spécifique à cette filière. Une filière dont on ignore les impacts concrets sur l'environnement et sur la santé publique.

Mais la possibilité d'exploiter le gaz du sous-sol québécois ne fait aucun doute pour Daniel Gagnier. «Les gens pour le moment sont majoritairement contre parce qu'ils ne savent pas ce que c'est. Alors, on va voir, et moi, de mon point de vue, ça devrait être possible dans n'importe quelle situation liée aux ressources naturelles de faire l'extraction d'une manière qui est responsable vis-à-vis l'environnement et la durabilité.»
Gaz de schiste<br />
Daniel Gagnier<br />
 
 
 
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  • jacques gelineau - Abonné
    16 novembre 2010 06 h 29
    Et voila encore des magouilles
    Pourquoi pas après tout, mettre en place les dernières cartes du copinage avant d'être évincé pour de bon au prochaines élections. Je considère illégitime toute décisions de ce gouvernement concernant l'énergie et l'avenir de ce pays. Avant de détruire notre vrai richesse, c'est à dire notre capital naturel et nos rivières, monsieur Charest vous devriez déclencher des élections car visiblement tout ce que vous ferez dans l'avenir ne fera qu'aggraver les chose et votre image. Vous êtes devenu illégitime, faut le faire quand même. Vous et votre parti serez éradiqué de la scène politique québéçoise au prochain suffrage universel.
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  • François Dugal - Abonné
    16 novembre 2010 09 h 07
    Une promenade
    «Je ne me suis pas promené dans les corridors».
    Alors, où vous êtes-vous promené, M. Gagnier?
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  • Jacques Gagnon - Abonné
    16 novembre 2010 10 h 02
    Tout s'explique.
    Voilà enfin dévoilée la raison de la dérive actuelle du gouvernement, le premier ministre a perdu son bras droit et n'a plus qu'une seule main sur le volant, et il n'est pas gaucher.

    Misère !
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  • Claude Champagne - Abonné
    16 novembre 2010 10 h 34
    non, non et non

    Voici mon commentaire, depuis deux ans au moins les lecteurs, la population 78% insatisfait de lui ,80% demande une enquête, pétition, moratoire, magouille etc. tout et tout et toute la crotte qui sort du trou n'en fini plus, il en a trop la cour est pleine. Moi je suggère parce que nous tous ne sachant plus comment le dire, quoi dire parce que la nouvelle c'est la même seule les dates changent, maIs les magouilleurs restent, boycottons pour une période à votre discrétion le gouvernement, Charest, les bloges, peut être aussi à une date déterminée à la même heure on arrête tous pendant une minute, un silence de protestation non au bayon, non à l'omerta.
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  • Michel Leclaire - Abonné
    17 novembre 2010 00 h 39
    Une seule solution
    Il nous REPRENDRE la BASTILLE. 1768.

    La solution à toute cette corruption, c'est la RUE !
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  • Françoise Maertens - Inscrite
    16 novembre 2010 11 h 48
    Quand allons-nous sortir dans la rue pour dénoncer toute cette magouille???
    Que nous faut-il de plus pour sortir dans la rue et bloquer ce gouvernement???Où sont nos syndicats??? Quand vont-ils nous aider à organiser des opérations pour bloquer ce gouvernement?
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  • Hector - Inscrit
    17 novembre 2010 06 h 23
    Continuez à gueuler
    Qu'a fait le P.Q. au pouvoir? Pas de p'tits s'amis?
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  • Gilles Gagnon - Inscrit
    16 novembre 2010 17 h 47
    De la mogouille partout
    Ils ont enpruntés sur le do, de chacune des hopitaux 25 millions chacune.

    Il ont monté les pris de tous les services du gouvernement de 4 milliards par année.

    La plupart des hopitaux sont en difficite de 3 a 4 millions. 500 milles de plus pour la CSST pour presque tous les petits hopitaux, immaginé les gros.
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