Le dollar flirte avec les 75 ¢US
Une baisse des taux américains devient incontournable
Photo : Agence Reuters
L’ajustement des dernières séances est le reflet d’un recul du billet vert face aux principales devises, euro en tête. La devise américaine a ainsi pâti hier de nouvelles statistiques venant soutenir la thèse déflationniste et soutenir un scé
Évoluant sur un sommet vieux de sept ans, le dollar canadien flirte désormais avec les 75 ¢US. La devise a répondu hier à de nouvelles statistiques décevantes pour l'économie américaine avec un bond de 83 centièmes, venant illustrer qu'une baisse des taux d'intérêt directeurs aux États-Unis devient incontournable.
Le dollar canadien a touché momentanément hier la barre des 75 ¢US (1,3332 dollar canadien pour un dollar américain), revenant à son niveau le plus élevé depuis octobre 1995. Il a reculé légèrement ensuite pour clôturer à 74,91 ¢US, en hausse de 83 centièmes par rapport à jeudi, de 1,2 ¢US en une semaine et de plus de 11 ¢US depuis le début de l'année, pour atteindre son cours de clôture le plus élevé depuis novembre 1996.
Recul du dollar US
Le mouvement des dernières séances est cependant davantage le reflet d'un recul du billet vert face aux principales devises, euro en tête. La devise américaine a ainsi pâti hier de nouvelles statistiques venant soutenir la thèse déflationniste et un scénario d'activité économique toujours anémique au sud de la frontière. Ces données renforcent l'hypothèse selon laquelle le comité monétaire de la Réserve fédérale américaine, qui se réunira les 24 et 25 juin prochains, commandera une baisse du taux sur les prêts au jour le jour, présentement à 1,25 %. Une baisse qui pourrait atteindre les 50 points à partir du niveau déjà le plus faible en 41 ans et qui prendrait la forme d'une police d'assurance contre la déflation.
Le renforcement continu du dollar canadien envers sa contrepartie américaine s'inscrit en anticipation d'un tel geste qui, s'il survient, haussera l'écart entre les taux des deux pays à 250 points de base. Pour François Dupuis, économiste adjoint et stratège au Mouvement Desjardins, un tel geste de la part de la Réserve fédérale placerait la Banque du Canada sous haute pression, avec un dollar canadien s'envolant alors pour toucher, voire dépasser, les 76 ¢US. Le scénario d'une banque centrale revenant sur le chemin de la détente monétaire est d'autant plus plausible que son gouverneur, David Dodge, reconnait désormais que l'épidémie du SRAS, le dossier de la vache folle et la forte envolée du dollar canadien depuis le début de l'année devraient peser sur la croissance canadienne.
Hier, les marchés ont réagi à une rechute de la confiance des consommateurs américains en juin et à un nouveau recul de l'indice des prix de production. Ainsi, l'indice de confiance des consommateurs — bon baromètre de l'évolution prochaine des dépenses de consommation, qui représentent les deux tiers de l'activité économique aux États-Unis — a reculé à 87,2 points à la mi-juin, contre 92,1 points en mai, selon des chiffres publiés hier par l'université du Michigan. Cette baisse a désagréablement surpris les analystes qui tablaient sur une nouvelle progression de l'indice de confiance en prévoyant en moyenne un niveau de 93,1 points en juin.
Les statistiques des prix à la production, publiées également hier, poussent aussi à une nouvelle baisse des taux d'intérêt en montrant des pressions inflationnistes toujours minimales. L'indice des prix à la production a reculé de 0,3 % en mai par rapport à avril, tandis que l'indice hors alimentation et énergie a augmenté de 0,1 %, a annoncé le département du Travail. Cet indice avait reculé de 19 % en avril.
En Bourse, ces données ont été accueillies par un recul de 79,43 points du Dow Jones, à 9117,12. Plus large et plus représentatif, le S&P 500 a reculé de 9,90 points hier, à 988,61. L'indice composé du Nasdaq a reculé de 27,13 points, à 1626,49.
À Toronto, le S&P/TSX s'est replié de 96,31 points, à 7010,55, plombé par les titres des secteurs de l'énergie, des finances et de la haute technologie.
Avec l'Agence France-Presse
Le dollar canadien a touché momentanément hier la barre des 75 ¢US (1,3332 dollar canadien pour un dollar américain), revenant à son niveau le plus élevé depuis octobre 1995. Il a reculé légèrement ensuite pour clôturer à 74,91 ¢US, en hausse de 83 centièmes par rapport à jeudi, de 1,2 ¢US en une semaine et de plus de 11 ¢US depuis le début de l'année, pour atteindre son cours de clôture le plus élevé depuis novembre 1996.
Recul du dollar US
Le mouvement des dernières séances est cependant davantage le reflet d'un recul du billet vert face aux principales devises, euro en tête. La devise américaine a ainsi pâti hier de nouvelles statistiques venant soutenir la thèse déflationniste et un scénario d'activité économique toujours anémique au sud de la frontière. Ces données renforcent l'hypothèse selon laquelle le comité monétaire de la Réserve fédérale américaine, qui se réunira les 24 et 25 juin prochains, commandera une baisse du taux sur les prêts au jour le jour, présentement à 1,25 %. Une baisse qui pourrait atteindre les 50 points à partir du niveau déjà le plus faible en 41 ans et qui prendrait la forme d'une police d'assurance contre la déflation.
Le renforcement continu du dollar canadien envers sa contrepartie américaine s'inscrit en anticipation d'un tel geste qui, s'il survient, haussera l'écart entre les taux des deux pays à 250 points de base. Pour François Dupuis, économiste adjoint et stratège au Mouvement Desjardins, un tel geste de la part de la Réserve fédérale placerait la Banque du Canada sous haute pression, avec un dollar canadien s'envolant alors pour toucher, voire dépasser, les 76 ¢US. Le scénario d'une banque centrale revenant sur le chemin de la détente monétaire est d'autant plus plausible que son gouverneur, David Dodge, reconnait désormais que l'épidémie du SRAS, le dossier de la vache folle et la forte envolée du dollar canadien depuis le début de l'année devraient peser sur la croissance canadienne.
Hier, les marchés ont réagi à une rechute de la confiance des consommateurs américains en juin et à un nouveau recul de l'indice des prix de production. Ainsi, l'indice de confiance des consommateurs — bon baromètre de l'évolution prochaine des dépenses de consommation, qui représentent les deux tiers de l'activité économique aux États-Unis — a reculé à 87,2 points à la mi-juin, contre 92,1 points en mai, selon des chiffres publiés hier par l'université du Michigan. Cette baisse a désagréablement surpris les analystes qui tablaient sur une nouvelle progression de l'indice de confiance en prévoyant en moyenne un niveau de 93,1 points en juin.
Les statistiques des prix à la production, publiées également hier, poussent aussi à une nouvelle baisse des taux d'intérêt en montrant des pressions inflationnistes toujours minimales. L'indice des prix à la production a reculé de 0,3 % en mai par rapport à avril, tandis que l'indice hors alimentation et énergie a augmenté de 0,1 %, a annoncé le département du Travail. Cet indice avait reculé de 19 % en avril.
En Bourse, ces données ont été accueillies par un recul de 79,43 points du Dow Jones, à 9117,12. Plus large et plus représentatif, le S&P 500 a reculé de 9,90 points hier, à 988,61. L'indice composé du Nasdaq a reculé de 27,13 points, à 1626,49.
À Toronto, le S&P/TSX s'est replié de 96,31 points, à 7010,55, plombé par les titres des secteurs de l'énergie, des finances et de la haute technologie.
Avec l'Agence France-Presse
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