samedi 26 mai 2012 Dernière mise à jour 00h05
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Accord économique et commercial entre l'Union européenne et le Canada - Les entreprises transnationales ne feront pas la loi!

Collectif d'auteurs  20 octobre 2010  Actualités économiques
Alors que la crise affecte toujours les populations, nos gouvernements persistent à vouloir imposer en catimini des règles de droit politiquement antidémocratiques et néfastes pour l'économie. Nous, qui vivons les uns au Canada, les autres en Europe et qui sommes près des préoccupations de la société civile, nous nous inquiétons ainsi du fait que ce soit encore dans l'opacité la plus complète que le gouvernement du Canada et la Commission de l'Union européenne (UE) négocient un accord appelé l'Accord économique et commercial global (AECG).

Quatre séances de négociations ont déjà eu lieu et la cinquième se déroule en ce moment à Ottawa, et jusqu'au 22 octobre, en vue d'une conclusion en 2011. Seuls les lobbys d'affaires sont consultés en bonne et due forme, alors que les enjeux dépassent de loin de strictes questions commerciales.

Malgré l'opacité des négociations, une fuite révélant le projet de l'accord et certains documents officiels ont permis de saisir les principales cibles de l'AECG. Cet accord libéralisera et déréglementera encore plus de secteurs de l'économie que les autres accords de libre-échange. Il risque entre autres de poser une menace pour nos services publics, d'autoriser massivement les OGM et d'entraver toute régulation sociale et environnementale sérieuse. Il constitue en outre un premier pas vers la formation d'une vaste zone de libre-échange regroupant les pays de l'ALENA et ceux de l'UE, qui se fera au sacrifice des protections sociales, des réglementations environnementales et des services publics.

Monstruosité juridique

Le but est essentiellement d'assurer le profit de court terme pour les entreprises transnationales des deux côtés de l'Atlantique. Le moyen: donner à ces entreprises la possibilité de faire interdire, par un organe de règlement des différends, toute réglementation qui pourrait diminuer leurs profits potentiels actuels et même futurs.

Une municipalité ou une collectivité locale voudrait-elle soutenir une activité pour lutter contre le chômage? Une réglementation sociale ou environnementale viendrait-elle limiter les profits potentiels d'une entreprise transnationale? Celle-ci pourra attaquer de telles mesures publiques allant contre ses intérêts. Un des 27 États de l'Union européenne voudrait-il interdire les OGM? En vertu de l'AECG, les firmes pourraient le poursuivre pour la même raison et obtenir l'annulation de cette décision.

On reconnaît le type de dispositif qui existe dans le chapitre 11 de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA). On peut voir là aussi une copie conforme de feu l'AMI, l'Accord multilatéral sur l'investissement, qu'une campagne internationale a vaincu en 1998. Il y a 12 ans, l'AMI portait la même monstruosité juridique, celle d'une loi faite par et pour les droits des entreprises transnationales avant tout autre. Les peuples en avaient été informés et les gouvernements avaient dû reculer.

Combat pour la démocratie


Comment peut-il être question d'accepter aujourd'hui ce que déjà, collectivement, nous avons su refuser? D'autres modèles d'échanges commerciaux sont non seulement possibles, mais souhaitables et urgents. Ils doivent être basés sur le respect des règles démocratiques et les besoins des populations (qui n'équivalent pas à ceux des transnationales), la coopération, le respect des droits de la personne, des droits des travailleurs et des droits des peuples autochtones, la protection et le développement des services publics, le droit inaliénable des États de réglementer dans l'intérêt public, la sauvegarde des écosystèmes.

Tant que nous ne verrons pas ces principes à l'oeuvre dans les négociations commerciales, nous poursuivrons le combat pour la démocratie et le bien commun, et appelons les citoyens et les mouvements sociaux du Canada et des pays d'Europe à se mobiliser.

***

Ont signé ce texte: Normand Baillargeon (professeur à l'UQAM), Maude Barlow (présidente du Conseil des Canadiens), José Bové (député européen), Gilles Dostaler (économiste), Susan George (auteure, présidente du Transnational Institute et présidente d'honneur d'Attac-France), Naomi Klein (journaliste, auteure), Peter Leuprecht (professeur de droit international public à l'UQAM, ancien secrétaire général adjointet directeur des droits de l'Homme au Conseil de l'Europe), Riccardo Petrella (président de l'Institut européen de recherche sur la politique de l'eau), Stephen Lewis (ancien ambassadeur du Canada à l'ONU), Aurélie Trouvé (économiste, coprésidente d'Attac-France), Claude Vaillancourt (auteur, coprésident d'Attac-Québec), Laure Waridel (sociologue).
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • Jean-Philippe Baillargeon - Abonné
    20 octobre 2010 09 h 24
    Charité bien ordonnée commence par soi-même
    Avant que des représentants commerciaux décident pour nous d'échanger notre patrimoine contre de l'argent intangible et des promesses, faisons-donc le ménage dans dans nos propres lois sur les mines et les ressources, débattons réellement entre-nous de ce que nous voulons comme économie et comme réalité territoriales avant de se lancer dans une aventure avec un autre éléphant dans notre lit, plus gros que les États-Unis en expérience de colonisation et de droit de cuissage.

    L'Europe est à sa façon sur bien des plans plus avancée dans le domaine d'élaboration de protocole de respect de l'environnement ou de responsabilité sociale, mais l'est-elle assez pour ne pas nous nuire, alors que ce que nous avons besoin le plus en ce moment c'est de sortir du joug de l'exportation de matières non-finies pour une économie pérenne qui intègre réellement les principes de viabilité ?

    L'Europe peut certainement être source d'inspiration, mais en ces moments troubles où elle ne sait même pas sur quels oeufs marcher...
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Françoise Breault - Abonnée
    20 octobre 2010 10 h 04
    Merci
    Vous avez fait ressortir clairement le caractère anti-démocratique de cet Accord économique et commercial entre l'Union européenne et le Canada.

    Ce qui est infiniment triste c'est que notre radio et TV publique ne soulèvent pas cet enjeu comme il se doit.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Marie-Claude Bélanger - Abonnée
    20 octobre 2010 10 h 17
    Rencontre d'information ce soir
    La préoccupation envers cet accord est un premier pas mais la responsabilité citoyenne, c'est tenter concrètement de s'y opposer.

    ATTAC-Québec organise une rencontre d'information ce soir, le 20 octobre à 19h au Bar populaire à Montréal (6584, boul. Saint-Laurent).

    Une manifestation aura lieu à Ottawa le 22 (vendredi). Voir le lien ci-joint pour les détails.

    http://www.quebec.attac.org/article.php3?id_articl

    Et les adresses courriel des députés fédéraux se trouvent sur cette page:

    http://webinfo.parl.gc.ca/MembersOfParliament/Main
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Françoise Breault - Abonnée
    20 octobre 2010 10 h 51
    Résister
    Bravo pour ce front de résistance que vous opposez à l'attitude dictatoriale de nos gouvernants qui se préparent à trahir, une fois de plus, le bien commun et l'ensemble de la société, en signant leur capitulation face aux transnationales.

    Cela montre une fois de plus que l'esprit de servitude de nos politiciens n'a de limite que le degré de résistance de la société civile organisée. De là l'importance de votre geste pour informer, réveiller et mobiliser la population.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Guillaume L'altermontréaliste Blouin-Beaudoin Guillaume L'altermontréaliste Blouin-Beaudoin - Inscrit
    20 octobre 2010 11 h 23
    constitutions et accords ratifiables par la population
    La France et plusieurs pays européens ont eu à faire ratifier la constitution de l'UE afin qu'elle soit effective.

    Pour être légitime, la même règle doit s'appliquer ici.

    Guillaume Blouin-Beaudoin
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Françoise Breault - Abonnée
    20 octobre 2010 13 h 40
    La démocratie bien malmenée
    Merci de faire ressortir clairement le caractère anti-démocratique de cet accord.

    Accord économique et commercial global. (AÉCG) Son nom décrit bien la nature de cet accord. Il englobera tout. Rien ne pourra plus échapper à ses tentacules. Rien et surtout pas les services publics. Rien et surtout pas les municipalités qui seront obligés de se plier à son pouvoir.

    Une enquête publique sur la corruption au Québec et tant réclamée par la population permettrait de dévoiler les ramifications d'un système qui plongerait possiblement un bon nombre de politiciens dans l'eau bouillante. Cette commission permettrait de mettre à jour ceux qui ont trompé grossièrement la population en s'organisant pour que les fonds publics soient détournées en direction de leurs poches.

    Il serait encore plus urgent d'instituer une commission d'enquête au niveau international dont le mandat et le pouvoir serait mettre au grand jour une corruption beaucoup subtile et insidieuse, corruption qui s'étendrait à des joueurs extrêmement puissants et qui à cause de leur puissance et de leurs milliards ont réussi à soudoyer nos gouvernements et à leur faire signer des accords de « libre-échange » s'attaquant aux fondations même même de notre démocratie.

    C'est comme si nos gouvernements, par inconscience ou complicité, avaient livré la démocratie pieds et poings liés à la cupidité des transnationales. Cela ne signifie pas que tous les députés sont corrompus. La plupart ne sont même pas conscients de la gravité des enjeux liés à ces accords et croient en toute honnêteté qu'ils peuvent encore servir l'intérêt public. Quelques-uns, plus informés, tâchent dans la mesure du possible de limiter les dégâts de ces accords pervers. Ceux-là ressentent autant d'indignation et d'impuissance que les citoyens qui ont le temps et l'énergie de s'informer. Ces accords internationaux font en sorte qu'un nouveau gouvernement qui serait axé véritab
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • MJ - Inscrite
    20 octobre 2010 20 h 39
    Encore des ententes en secret à l’encontre des intérêts des populations (1)
    Je me frotte les yeux pour être sûre d’avoir bien lu votre texte. Donc, si cet accord multilatéral de “libre-échange” intervient entre les pays de l’Union européenne et les pays de l’ALENA (Canada, Etats-Unis et Mexique) dans les secteurs de l’économie et du commerce, pour le seul profit des transnationales, et qu’il se négocie en coulisses présentement entre ces pays, cela m’apparaît comme un enjeu extrêmement important avec des répercussions multiples sur la vie future des citoyens de tous ces pays.

    Est-ce que des gouvernements auraient le culot de renier leur propre souveraineté pour donner prépondérance aux diktats des transnationales sur leur territoire, au détriment de l’environnement, des protections sociales chèrement acquises, des réglementations en matières diverses qui existent pour protéger la population?
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • MJ - Inscrite
    20 octobre 2010 20 h 42
    Encore des ententes en secret à l’encontre des intérêts des populations
    Et alors, haro sur les initiatives locales des municipalités, ou encore introduction de semences OGM dans notre agriculture contre la volonté des agriculteurs? Qu’est-ce que c’est que cette dictature des multinationales? Concernant les OGM, il y a eu un film ces dernières années sur la multinationale américaine “Monsanto” qui vend des semences OGM à des paysans dans les pays en voie de développement comme l’Inde. Ces paysans sont tenus de racheter d’autres semences pour chaque nouvelle récolte et à prix fort, sans compter les effets néfastes sur la terre à cultiver qui devient presque stérile. Les paysans sont acculés à la faillite et plusieurs se suicident.

    Je suis médusée par l’ineptie de nos gouvernements qui semblent travailler contre leur population, et ce, dans des pays présumément démocratiques! C’est un défi de taille à relever pour le simple citoyen. Les causes se multiplient en raison de l’irresponsabilité des gouvernements. Et le temps manque pour s’informer. Le citoyen se sent également impuissant devant cet imbroglio.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • MJ - Inscrite
    20 octobre 2010 20 h 46
    Encore des ententes en secret à l’encontre des intérêts des populations (3)
    Faudrait-il des organismes, chiens de garde des intérêts des citoyens dans ces différents secteurs? Pourrait-il y avoir, pour faire contrepoids à cet AECG non encore signé, un regroupement (style table de concertation) ou fédération d’organismes (ONG) représentant les secteurs d’activités touchés (ex. agriculteurs, écologistes, etc.) par cet accord multilatéral pour les divers pays concernés?
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Nelson - Inscrit
    20 octobre 2010 23 h 34
    CEUX QUI POSSÉDENT LES MOYENS ÉCONOMIQUES DOMINANTS POSSEDENT AUSSI LES MOYENS ESPIRITUELS DOMINANTS (POLITIQUE ET LOIS COMPRISES).
    Je suis absolument d'accord avec les auteurs de l'article :

    '' nous poursuivrons le combat pour la démocratie et le bien commun, et appelons les citoyens et les mouvements sociaux du Canada et des pays d'Europe à se mobiliser ''.

    Seulement la mobilisation réel et véritable des grands majorités peut créer un contre-pouvoir vis-à-vis des petites gangs des narcissiques sans scrupules avec des ambitions sans limites.

    LE RECUL DES SERVICES PUBLIQUES AU CANADA ET EN EUROPE EST PROVOQUÉ JUSTEMENT PAR LES SPÉCULATEURS ET REQUINS DE LA FINANCE TRANSNATIONAL, QU'AMÈNENT LES BANQUES AU BORD DES FAILLITES, ET QUE FORCENT LES GOUVERNEMENTS À UTILISER L'ARGENT DES SERVICES DE SANTÉ, ÉDUCATION, PROGRAMMES DE RETRAITE, ETC, POUR SAUVER LES BANQUES VOLÉS PAR CES SPÉCULATEURS SANS COEUR.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
10 réactions
9 votes Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012