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Gaz de schiste - Deux projets sur la glace, faute de main-d'oeuvre

Le manque de rentabilité pourrait aussi expliquer le report des travaux par les sociétés Talisman et Questerre

Deux sociétés albertaines détenant d'importants intérêts dans les gaz de schiste au Québec ont choisi de repousser de plusieurs mois les opérations de fracturation sur deux puits déjà forés, prétextant le manque d'effectifs pour effectuer le travail. Mais les prix dépréciés du gaz, combinés au manque d'expertise québécoise, pourraient aussi peser dans la balance en remettant en question, pour le moment, la rentabilité de l'exploitation de la ressource. De quoi fournir des arguments à ceux qui réclament un moratoire sur l'exploration.

Questerre et Talisman devaient au départ procéder à la fracturation de deux puits au cours de l'automne, l'un à Fortierville et l'autre nommé «Sainte-Gertrude no 1». Déjà forés, ils sont situés entre Trois-Rivières et Québec, sur la rive sud du Saint-Laurent, dans une zone très prometteuse du shale de l'Utica.

Mais les deux entreprises de Calgary ont, pour le moment, reporté le tout pour au moins quelques mois. Porte-parole pour Talisman au Québec, Stéphane Perrault a précisé hier que les travaux pourraient ne pas débuter avant le printemps prochain. Il a du même coup expliqué que la décision a été prise en raison de la difficulté à trouver une équipe spécialisée dans la fracturation qui soit disponible. Surtout, il a insisté pour dire qu'il n'est pas aisé de dénicher des travailleurs «pour seulement deux puits», compte tenu du fait que les équipes doivent impérativement provenir des États-Unis ou de l'Ouest canadien. Tout cela a un impact sur les coûts pour l'entreprise.

Mais la décision n'a rien à voir avec la vague de mécontentement dans la population au sujet du développement des gaz de schiste, selon M. Perrault. Encore hier, un sondage Léger Marketing indiquait que plus de 75 % des Québécois souhaitent que le gouvernement Charest décrète un moratoire sur l'exploration, le temps de faire toute la lumière sur une filière énergétique aux impacts environnementaux encore méconnus.

Le porte-parole de Talisman a également affirmé que les choix de développement de l'entreprise spécialisée dans les énergies fossiles n'ont «rien à voir avec les conditions économiques» qui prévalent sur le marché du gaz. Les prix tournent actuellement autour de 3,75 $ le millier de pieds cubes, soit bien en deçà de ce qui serait nécessaire pour rendre l'exploitation du gaz québécois rentable à court terme.

Plus tôt cette semaine, Hope Deveau-Henderson, directrice de Talisman et représentante de l'Association pétrolière et gazière du Québec, a même répété que la rentabilité du shale de l'Utica n'était toujours pas assurée. À l'heure actuelle, le seuil pour les puits forés au Québec est plus élevé qu'ailleurs sur le continent. Le prix sur le marché doit donc se situer à un minimum de «5,20 $ à 5,40 $», selon Mme Deveau-Henderson. L'étude produite par SECOR à la demande de l'industrie se base d'ailleurs sur un scénario où le prix du gaz se situerait à 6 $ pour quantifier les emplois et les retombées économiques. André Caillé utilise ces données depuis des mois pour tenter de convaincre les Québécois de la pertinence de développer dès maintenant cette filière gazière non traditionnelle.

Or, si les experts prévoient une remontée au cours des prochains mois, les prix devraient demeurer très bas, notamment en raison d'une hausse importante de l'offre continentale et de la lenteur de la reprise économique du côté américain.

M. Perrault a lui-même reconnu qu'au Québec, «les coûts [pour chaque puits foré] sont élevés compte tenu des prix courants, mais aussi des rendements qu'on a sur les puits». Selon son évaluation, il faut compter 10 à 15 millions par puits ici, contre de 4 à 5 millions dans l'Ouest canadien ou aux États-Unis. Des coûts de développement plus élevés, donc, dans un contexte de prix dépréciés. Rien pour stimuler l'appétit des investisseurs. Les entreprises ont pourtant besoin de rassembler d'importants capitaux afin de préciser le potentiel des hydrocarbures qui se trouvent dans les zones sous permis.

Pas d'urgence

Sans avancer d'autres justifications que les gens de chez Talisman pour expliquer le report des travaux, le président et chef de la direction de Questerre, Michael Binnion, a insisté pour dire qu'«il n'y a pas d'urgence» à pousser l'exploration pour le moment. «Nous avons beaucoup de temps pour mettre en place une nouvelle législation avant que nous commencions le développement», a-t-il expliqué au Devoir. Est-ce dire que le gouvernement pourrait imposer un moratoire, le temps de se donner un cadre réglementaire rigoureux? «Un moratoire enverrait un mauvais message», a tout de suite répliqué M. Binnion.

Il a du même coup répété que la rentabilité du shale de l'Utica — considéré comme l'un des 10 meilleurs du continent par Questerre — devait encore être démontrée. Il a aussi minimisé le nombre de puits qui pourraient être forés. Même en phase d'exploration et d'exploitation, a-t-il dit, «je ne crois pas qu'il y aura 150 puits de forés par année à court terme». Un tel nombre de puits, selon l'étude de SECOR, nécessiterait des investissements annuels de plus de 630 millions. Un financement qui pourrait être difficile à obtenir tant que les prix du gaz seront aussi bas.

Réagissant à l'annonce du report de projets de fracturation, le ministre de l'Environnement, Pierre Arcand, s'est par ailleurs dit malgré tout confiant en ce qui a trait à l'avenir de l'exploitation d'énergie fossile au Québec. Il a ainsi rappelé que bien d'autres entreprises convoitaient des projets d'exploitation de gaz de schiste.

Le ministre a aussi rejeté l'argument des opposants à l'exploitation de ce gaz, qui affirment que Québec précipite trop les choses, en plus de refuser encore une fois l'idée d'un moratoire. «Le processus a commencé en 2007 et il va se concrétiser, selon notre plan, en 2014. Je ne peux quand même pas vous dire qu'on est bien, bien pressé à ce niveau-là. Je ne vois pas, actuellement, ce qu'un moratoire pourrait apporter de plus», a-t-il ajouté.

***

Avec La Presse canadienne
 
 
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  • Guillaume L'altermontréaliste Blouin-Beaudoin Guillaume L'altermontréaliste Blouin-Beaudoin - Inscrit
    16 octobre 2010 09 h 00
    urgence sur la glace
    J'espère que les entreprises vont abandonner définitivement ce projet qui n'en vaut vraiment pas la peine.

    Maintenant la question du développement de l'énergie et de l'environnement demeure.

    Du gaz naturel (méthane) continue à s'échapper du pergélisol ( voir http://www.youtube.com/watch?v=kBcPl-wAIW0 ) ; contrairement au gaz de schiste qui restera la, il y a urgence à aller récupérer celui qui est sur la glace du grand nord.
    Celui qui le fera, et ce à moindre cout que forer, récoltera des crédits-kyoto en nous évitant une catastrophe environnementale.

    Guillaume Blouin-Beaudoin
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  • Marie-Eve Beaulieu - Abonnée
    16 octobre 2010 10 h 00
    Il nous faut un moratoire
    Voici une entrevue radio très intéressante et pertinente avec Louis-Gilles Francoeur qui nous explique ce que les résultats de l'étude Munk signifient quand à l'exploration des gaz de schiste au Québec.
    http://www.985fm.ca/audioplayer.php?mp3=81916

    Il semble que nous gouvernements, malgré qu'ils s'accordent tous pour dire qu'on n'a pas de connaissances suffisantes sur nos nappes phréatiques pour prédire l'impact de cette exploration/exploitation sur notre environnement, lésinent à se donner les moyens d'obtenir ces connaissances. C'est pour cela, entre autres qu'il nous faut un moratoire.

    On ne peut pas agir comme si l'utilisation et la pollution de l'équivalent de 2 piscines olympiques par fracturation x 18 fracturations par puits x une moyenne de 1 puits par km n'aura pas d'impacts sur notre eau! Ça serait irresponsable et c'est pourtant le message qu'envoie notre gouvernement en ce moment.

    Je ne fais pas confiance à notre gouvernement en matière d'environnement, il n'y a aucune raison de le faire. Où sont les projets de développement d'énergies propres? Et la récupération du méthane du pergélisol? Comment nier que le gaz de schiste ne diminuera en rien nos émissions de GES? Est-ce que son exploitation est même rentable au point de vue énergétique lorsqu'on considère l'investissement d'énergie et d'eau nécessaire à son exploitation?

    Le gaz de schiste n'est pas une énergie de transition, c'est une énergie qui ne sert qu'à maintenir la cadence actuelle de consommation et de pollution et d'enrichissement des pétrolières/gazières. Ce n'est pas l'héritage que je souhaite laisser aux générations futures. Il n'y a pas de raison de ne pas demander un moratoire. De toute manière, on a déjà donné nos claims, au pire, ces compagnies n'auront qu'à les revendre aux enchères pour ravoir leur sacro-saint argent.

    Demandons un moratoire.
    https://www.assnat.qc.ca/fr/exprimez-votre-opinion/petition/Petition-909/index.html
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  • Sanzalure Sanzalure - Inscrit
    16 octobre 2010 10 h 47
    Quelle outrecuidance !
    «Mais la décision n'a rien à voir avec la vague de mécontentement dans la population au sujet du développement des gaz de schiste», selon M. Perrault.

    Elles essaient de nous amadouer en faisant miroiter d'hypothétiques retombées économiques, mais en fait les corporations n'en ont rien à cirer des populations.

    Serge Grenier
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  • Michel Maheu - Inscrit
    16 octobre 2010 12 h 00
    Une Vision Globale s'il vous plaît
    Il est notoire que je suis contre l'EXPLORATION et l'exploitation des gaz de shistes en Zone Urbanisé et en Zone Écologiquement fragile.

    Comme plusierus d'entres vous je suis au courant des 600 substances chimiques utilisés lors de la phase d'exploration qui sont des plus nuisiles pour la Santé Publique et que les Cies d'explorations ne sont PAS tenus de révéler pour cause de secret professionnel,

    Il est notoire que les effets de ces prosuits non divulgués ont des effets dédastreux au niveau neurologique des habitants.

    Cf: Professionellement et dûment corroborés par des experts à
    http://www.endocrinedisruption.com/chemicals.video

    Mais oeuvrant à l'échelon international je suis au courant ce qui motive cet empressement en Amérique du Nord pour la recherche et l'exploitation des gaz de schistes.

    Conséquemment j'interpelle le gouvernement à constituer sans délai, un réserve stratégique de gaz raffiné. L'approvisionnement en pétrole n'est pas du tout assuré à des approvisionnements en pétrole rafinnés, essentiels aux transports de notre nourriture, médicament et pour nos premiers répondants.

    Il importe, à mon humble mais tellement convaincu qu'il importe d'instituer un moratoire sur l'exploration et l'exploitation des gaz de schistes, La seule solution pragmatiques en respect de la Santé publiques est de constituer rapidement une réserve stratégique d'essence raffinnés pour nos services essentiels. Il est impératif que la population se mobilise et exige une réserve stratégiques
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  • Carole Dionne - Inscrite
    17 octobre 2010 13 h 34
    MOI CE QUI ME FAIT SURTOUT PEUR...
    C'est de voir ce qu'il reste des mines lorsque les compagnies CLISSENT le camp. Et là, c'est le gouvernement qui doit payer pour remettre tout en ordre et le gouvernement , c'est nous.

    J'ai vue l'émission de jean René Dufort: INFOMAN C'est encore pareil. Très peu de protection. Non merci: un moratoire, suivi d'une loi sévère avant tout chose.
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  • eric - Inscrit
    17 octobre 2010 15 h 07
    je comprend pas votre problème??
    ok après lecture de plusieur de vos comentaire et voir même, visionnement de l'émission Découverte a propos des puits au États-Unis, bon je peux me faire une petite idée de tout cela, mais il y tu quelqu'uns d'assez intéligent pour arrêter de regarder au USA et regarder ici, dans notre propre cours(Canada) au US la règlementation n'est pas la même qu'au Canada, dans les 20 dernières année, ici en Alberta, et après une bref recherche; Sur plus d'une dizaine de milliers de puis forer et en explotation, seulement 4 puits on été répertorier comme défectueux, hummm, 4, et même après avoir comuniquer avec plusieur compagnie et demander accès a leur document, bien il s'avère que le nombre ne vas pas plus haut, donc et de plus la règlementation, ne fait que se renforcir années après années.

    Donc, inquietude le monde peuvent avoir vis à vis quelque chose d'inconue, mais tout de même, ne fermer pas la porte !

    Au Bc en plein expenssion, en Saskatchewan, aussi en pleine expenssion, leur porte non jamais été fermer, mais WOOOOOOOOOOO !!! au Québec on parle français et on est pas Canadien, et faut toujour faire différent, même si le même travaille est fait ailleur sans problème! sans problème excepter au États-Unis, qui eux non pas de règlementation aussi strick que ici!

    Donc au lieu de fermer la porte a des compagnies qui veulent faire de l'argent et investir beaucoup, et par le fait même créé des emploies.

    Les chiffres données par des évaluations ne sont que des chiffres, et les gouvernements vous aveugles volontairement, et voire surement, surement détourner quelques dollars ici et là !!!

    Au lieu de demander des études déjà existantes, certain, sur différents terrain, et au lieu de demander à quelqu'un de vous expliquer du pourquoi du comment ! faite donc vos devoir seul et vous trouverer vos réponse!

    Laisser la porte ouverts et demander plus de clareter de la part de vos gouvernement inconscient !!

    Pouvoir au peuple
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