Le déficit canadien atteint 55,6 milliards
Flaherty se targue tout de même d'être sur la voie de l'équilibre budgétaire
Photo : Agence Reuters Yuri Gripas
Jim Flaherty
Ottawa — L'économie canadienne est sur la «bonne voie», mais l'encre rouge va couler encore longtemps au pays. Le ministre des Finances, Jim Flaherty, a confirmé hier que les déficits totaux des cinq prochaines années seront plus élevés de 7 milliards de dollars par rapport à ce que prévoyait le dernier budget. Ottawa mise néanmoins sur un retour à l'équilibre budgétaire pour 2015-2016.
Dans sa mise à jour des projections économiques et financières présentée hier, M. Flaherty affirme qu'il «reste encore beaucoup à faire pour assurer la reprise de l'économie mondiale». Selon lui, «la situation du Canada est très encourageante», mais le pays n'est pas pour autant «à l'abri des conditions économiques qui prévalent à l'extérieur de ses frontières».
On note ainsi que «l'incertitude entourant les perspectives de l'économie mondiale demeure vive et [que] les risques de détérioration demeurent prépondérants, surtout à court terme». Pour contrer cette incertitude, Ottawa mise sur «l'emploi et la croissance» et place ses espoirs dans les effets bénéfiques du plan de relance économique, dont les mesures de stimulation atteindront 22 milliards cette année.
Le gouvernement prévoit toujours revenir à l'équilibre budgétaire en 2015-2016. M. Flaherty a situé hier pour la première fois l'excédent envisagé à 2,6 milliards. Le chemin pour y arriver sera toutefois long: l'addition des projections des déficits entre 2009-2010 et 2014-2015 donnait 158,2 milliards dans le dernier budget. La mise à jour prévoit maintenant des déficits totaux de 165,2 milliards.
Évalué à 53,8 milliards dans le dernier budget, le déficit réel pour 2009-2010 s'est finalement établi à 55,6 milliards. Il diminuera en 2010-2011 (45,4 milliards au lieu des 49,2 milliards prévus), essentiellement parce qu'un montant de 5,6 milliards consenti comme aide aux provinces qui ont décidé d'harmoniser leur taxe de vente a été comptabilisé en 2009-2010 — on prévoyait initialement l'échelonner.
Les déficits anticipés pour les autres années passent de 29,8 milliards en 2011-2012 à 21,2 milliards l'année suivante, puis à 11,5 milliards et
1,7 milliard en 2014-2015. La dette passera pour sa part de 519 milliards à 626 milliards d'ici 2016. Mais en proportion de la taille de l'économie, elle diminuera à partir de 2012-2013 pour s'établir à 30,8 % en 2015-2016.
Les prévisions de croissance du PIB pour 2010 sont revues à la hausse pour cette année (3 % au lieu de 2,6 %), mais légèrement à la baisse pour les suivantes. Au final de la période 2010-2014, on prévoit une croissance de 2,8 %, alors que le budget laissait miroiter un rendement de 2,9 %.
La mise à jour indique aussi que «tous les emplois perdus au cours de la récession ont été récupérés», grâce à la création de 423 000 emplois (temps plein et temps partiel) depuis juillet 2009, soit au plus creux de la crise. Le taux de chômage s'établit à 8 %, et on prévoit qu'il sera à 7,7 % en 2011.
Dans sa présentation faite à Mississauga, M. Flaherty a soulevé que «le Canada est le seul pays du G7 à avoir récupéré presque toute l'activité économique perdue depuis le début de la récession». Selon lui, «le plan d'action, jumelé aux solides facteurs économiques fondamentaux du Canada, dont la stabilité de son secteur financier et la robuste situation financière des entreprises, des ménages et des administrations publiques, a permis au Canada de mieux résister à la récession mondiale que la plupart des autres pays industrialisés».
Confiance?
Pour le critique libéral en matière de finances, Scott Brison, la mise à jour économique d'hier est venue illustrer que le ministre Flaherty «rate constamment les cibles qu'il se fixe». «M. Flaherty a augmenté de 18 % les dépenses gouvernementales depuis que les conservateurs sont au pouvoir. C'est le ministre des Finances le plus dépensier de l'histoire», a-t-il dit.
Selon le chef libéral, Michael Ignatieff, «les Canadiens vont se poser la question: "Peut-on faire confiance aux chiffres de ce gouvernement?" En 2008-2009, [le déficit appréhendé] était de 32 milliards. Puis, c'est passé à 54 milliards, et là c'est 56 milliards.»
Du côté des néodémocrates, le chef Jack Layton a noté que «le gouvernement a finalement admis que ses prévisions économiques étaient trop optimistes», avant de dénoncer le fait qu'Ottawa n'a «prévu aucune mesure pour aider à solidifier la reprise économique». Les trois partis d'opposition demandent que soit prolongé le plan de relance économique, qui doit prendre fin le 31 mars 2011.
Hier, M. Flaherty a réitéré que cela n'est pas dans les plans du gouvernement. Mais il a soutenu qu'Ottawa continue de surveiller la situation et que la porte n'est pas totalement fermée, au cas où l'économie se détériorerait dans les prochains mois.
M. Layton juge qu'à court terme «les conservateurs croient qu'il vaut mieux travailler à la réduction du déficit que de redonner un emploi au 1,5 million de Canadiens qui sont au chômage. Ça en dit long sur le peu d'importance qu'ils accordent aux travailleurs d'ici», a-t-il déclaré. Son critique en matière de finances, Thomas Mulcair, a pour sa part fait valoir que les emplois créés depuis 2009 sont surtout des emplois à temps partiel et qu'il en manque près de 200 000 à temps plein pour faire le compte.
Dans sa mise à jour des projections économiques et financières présentée hier, M. Flaherty affirme qu'il «reste encore beaucoup à faire pour assurer la reprise de l'économie mondiale». Selon lui, «la situation du Canada est très encourageante», mais le pays n'est pas pour autant «à l'abri des conditions économiques qui prévalent à l'extérieur de ses frontières».
On note ainsi que «l'incertitude entourant les perspectives de l'économie mondiale demeure vive et [que] les risques de détérioration demeurent prépondérants, surtout à court terme». Pour contrer cette incertitude, Ottawa mise sur «l'emploi et la croissance» et place ses espoirs dans les effets bénéfiques du plan de relance économique, dont les mesures de stimulation atteindront 22 milliards cette année.
Le gouvernement prévoit toujours revenir à l'équilibre budgétaire en 2015-2016. M. Flaherty a situé hier pour la première fois l'excédent envisagé à 2,6 milliards. Le chemin pour y arriver sera toutefois long: l'addition des projections des déficits entre 2009-2010 et 2014-2015 donnait 158,2 milliards dans le dernier budget. La mise à jour prévoit maintenant des déficits totaux de 165,2 milliards.
Évalué à 53,8 milliards dans le dernier budget, le déficit réel pour 2009-2010 s'est finalement établi à 55,6 milliards. Il diminuera en 2010-2011 (45,4 milliards au lieu des 49,2 milliards prévus), essentiellement parce qu'un montant de 5,6 milliards consenti comme aide aux provinces qui ont décidé d'harmoniser leur taxe de vente a été comptabilisé en 2009-2010 — on prévoyait initialement l'échelonner.
Les déficits anticipés pour les autres années passent de 29,8 milliards en 2011-2012 à 21,2 milliards l'année suivante, puis à 11,5 milliards et
1,7 milliard en 2014-2015. La dette passera pour sa part de 519 milliards à 626 milliards d'ici 2016. Mais en proportion de la taille de l'économie, elle diminuera à partir de 2012-2013 pour s'établir à 30,8 % en 2015-2016.
Les prévisions de croissance du PIB pour 2010 sont revues à la hausse pour cette année (3 % au lieu de 2,6 %), mais légèrement à la baisse pour les suivantes. Au final de la période 2010-2014, on prévoit une croissance de 2,8 %, alors que le budget laissait miroiter un rendement de 2,9 %.
La mise à jour indique aussi que «tous les emplois perdus au cours de la récession ont été récupérés», grâce à la création de 423 000 emplois (temps plein et temps partiel) depuis juillet 2009, soit au plus creux de la crise. Le taux de chômage s'établit à 8 %, et on prévoit qu'il sera à 7,7 % en 2011.
Dans sa présentation faite à Mississauga, M. Flaherty a soulevé que «le Canada est le seul pays du G7 à avoir récupéré presque toute l'activité économique perdue depuis le début de la récession». Selon lui, «le plan d'action, jumelé aux solides facteurs économiques fondamentaux du Canada, dont la stabilité de son secteur financier et la robuste situation financière des entreprises, des ménages et des administrations publiques, a permis au Canada de mieux résister à la récession mondiale que la plupart des autres pays industrialisés».
Confiance?
Pour le critique libéral en matière de finances, Scott Brison, la mise à jour économique d'hier est venue illustrer que le ministre Flaherty «rate constamment les cibles qu'il se fixe». «M. Flaherty a augmenté de 18 % les dépenses gouvernementales depuis que les conservateurs sont au pouvoir. C'est le ministre des Finances le plus dépensier de l'histoire», a-t-il dit.
Selon le chef libéral, Michael Ignatieff, «les Canadiens vont se poser la question: "Peut-on faire confiance aux chiffres de ce gouvernement?" En 2008-2009, [le déficit appréhendé] était de 32 milliards. Puis, c'est passé à 54 milliards, et là c'est 56 milliards.»
Du côté des néodémocrates, le chef Jack Layton a noté que «le gouvernement a finalement admis que ses prévisions économiques étaient trop optimistes», avant de dénoncer le fait qu'Ottawa n'a «prévu aucune mesure pour aider à solidifier la reprise économique». Les trois partis d'opposition demandent que soit prolongé le plan de relance économique, qui doit prendre fin le 31 mars 2011.
Hier, M. Flaherty a réitéré que cela n'est pas dans les plans du gouvernement. Mais il a soutenu qu'Ottawa continue de surveiller la situation et que la porte n'est pas totalement fermée, au cas où l'économie se détériorerait dans les prochains mois.
M. Layton juge qu'à court terme «les conservateurs croient qu'il vaut mieux travailler à la réduction du déficit que de redonner un emploi au 1,5 million de Canadiens qui sont au chômage. Ça en dit long sur le peu d'importance qu'ils accordent aux travailleurs d'ici», a-t-il déclaré. Son critique en matière de finances, Thomas Mulcair, a pour sa part fait valoir que les emplois créés depuis 2009 sont surtout des emplois à temps partiel et qu'il en manque près de 200 000 à temps plein pour faire le compte.
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