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    L'échec de l'industrie gazière

    Les promoteurs du gaz de schiste n'ont pas su écouter les préoccupations des citoyens, dit la présidente de Gaz Métro

    «N’envoie pas des avocats ou des firmes de relations publiques. Faut pas juste que tu investisses, mais que tu t’investisses» – Sophie Brochu<br />
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir «N’envoie pas des avocats ou des firmes de relations publiques. Faut pas juste que tu investisses, mais que tu t’investisses» – Sophie Brochu
    Les compagnies qui s'activent dans l'exploration des gaz de schiste au Québec n'ont pas bien expliqué la nature de ce qu'ils veulent faire et auraient tout intérêt à écouter la population davantage, a estimé hier la présidente de Gaz Métro.

    «Ce que je dis aux producteurs, c'est ceci: "Rendez-vous service et écoutez"», a dit Sophie Brochu dans le cadre d'une présentation au Congrès mondial de l'énergie. Le client n'est pas qu'un client, il est aussi un contribuable, un électeur et un citoyen de plus en plus informé au sujet de la source de l'énergie qu'il consomme, a-t-elle dit en substance.

    Mme Brochu participait à un panel réuni pour aborder le sujet délicat qu'est le rôle de la population dans les prises de décision. Y figuraient aussi, notamment, Julien Vincent, militant de Greenpeace, John Kim Bell, qui dirige les relations avec les Premières Nations chez Brookfield Renewable Power, et Sakae Muto, responsable du nucléaire à la Tokyo Electric Power Company.

    L'exploration des gaz de schiste et les risques que certains y voient retiennent de plus en plus l'attention, à tel point que l'Association pétrolière et gazière du Québec, dirigée par André Caillé, a entamé des assemblées publiques pour entendre la population des régions concernées. La première séance, tenue mardi soir à Bécancour, a été décrite comme houleuse.

    La présentation n'a fait aucune mention spécifique des gaz de schiste, mais Mme Brochu a été invitée à préciser sa pensée lors d'un bref entretien téléphonique. Gaz Métro, qui réfléchit activement à l'intégration des gaz de schiste à son réseau, n'est qu'un distributeur de gaz naturel, a-t-elle insisté. La compagnie peut expliquer les bienfaits du gaz naturel en général, mais les explorateurs et producteurs ont aussi leur bout à faire.

    Priée de dire si les explorateurs de gaz de schiste ont bien expliqué leurs projets, Mme Brochu a été catégorique. «Non, visiblement non parce que les gens ne les comprennent pas. Mais je ne blâme pas, je ne juge pas, je ne fais que poser un constat. Je leur dis [aux compagnies]: "Venez, déplacez-vous, et écoutez. Avant de parler et de dire ce que vous voulez faire, écoutez les préoccupations de la population et prenez-les en note."»

    «Ce que je dis aux producteurs, c'est: "Viens expliquer à la population pourquoi tu penses que tu peux développer ça de manière responsable. C'est à toi à le faire. N'envoie pas des avocats ou des firmes de relations publiques. Faut pas juste que tu investisses, mais que tu t'investisses"», a-t-elle dit.

    Mme Brochu dit qu'elle déplore par ailleurs que des militants se soient donné pour mission de démolir les projets, car cela «est un jusqu'au-boutisme nuisible à la société». Elle déplore la «polarisation» qui s'est installée entre les consommateurs et les producteurs au fil du temps. Autrefois, les producteurs vendaient leur gaz directement au distributeur. Or, puisqu'ils peuvent maintenant le faire sur les marchés, il est devenu difficile pour le client de les identifier.

    Le Congrès mondial de l'énergie, tenu à Montréal depuis lundi, prend fin aujourd'hui.












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