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Desjardins, la coopérative - Le modèle prouve toute sa pertinence

Monique Leroux: «nous ne sommes pas jugés sur le cours du titre en Bourse au jour le jour»

Monique Leroux<br />
Photo : Pedro Ruiz - Le Devoir
Monique Leroux

À retenir

    • Employés: 42 000
    • Membres: 5,8 millions
    • Actifs: 160 milliards
Si certains craignent que le Mouvement Desjardins puisse un jour perdre de vue le fait qu'il est d'abord et avant tout une coopérative, sa présidente, Monique Leroux, se veut pour le moins convaincue de la force de ce modèle d'affaires, particulièrement lorsqu'une crise économique frappe. Elle précise d'ailleurs avoir orchestré l'importante réorganisation des structures de l'institution dans le but d'en assurer la force et la pérennité.

Monique Leroux l'affirme sans hésiter: la profonde crise économique que le monde a traversée a permis de démontrer que le mouvement coopératif est toujours aussi pertinent. «Je pense que ça ne l'a pas seulement démontré pour nous, explique-t-elle en rencontre éditoriale au Devoir. Ça l'a démontré pour d'autres, et pas seulement dans le monde financier.»

Mais elle se garde de bien d'en faire un incontournable. Celle qui dirige les destinées de Desjardins depuis mars 2008 souligne plutôt que les modèles publics strictement capitalistes ont aussi leur importance. «Mais force est de constater que le modèle coopératif est résilient et il a l'avantage de garder la propriété de l'entreprise collective près des personnes et des communautés. Vous ne pouvez pas faire de prise de contrôle non sollicitée sur le Mouvement Desjardins. C'est une entreprise qui appartient à ses membres et qui, donc, a une pérennité.» Qui plus est, puisque Desjardins est une coopérative plutôt qu'une société par actions, les déboires de la Bourse ont beaucoup moins frappé ses actifs.

Monique Leroux invite d'ailleurs à faire la comparaison entre cette façon de faire et celle — plutôt commune dans le monde des affaires — qui permet à des entreprises étrangères de prendre «le contrôle de nos richesses naturelles» ou «de grandes activités qui ont un impact considérable sur la vie économique du Canada et sur notre futur». Sans donner d'exemple précis, elle souligne tout de même que ce genre modèle engendre souvent des «exagérations», notamment en ce qui a trait aux «gains substantiels réalisés par des membres de la direction». «En voyant cela, on se dit que le mouvement coopératif a sa place pour permettre de garder des entreprises qui sont importantes pour la création de richesse et de prospérité.»

Plan d'évolution


Même si elle défend avec vigueur le modèle coopératif, elle reconnaît que la crise majeure que le monde a traversée — et traverse toujours, à bien des égards — a suscité une réflexion au sein du Mouvement Desjardins. «La crise ne nous a pas mis à mal. Je pense qu'on s'en est bien sorti. Mais cette crise a eu pour effet de renforcer nos convictions sur l'importance de la solidité financière.»

Il faut rappeler que Desjardins avait essuyé de lourdes pertes dans les papiers commerciaux, après l'effondrement de 2007, mais a levé 3 milliards de dollars en capitaux, dont 1 milliard en parts permanentes, afin d'accroître sa capitalisation.

Et l'institution fondée par Alphonse Desjardins s'en tire plutôt bien, selon un classement produit cette semaine par le magazine américain Global Finance. Elle se classe en fait au quatrième rang des institutions financières nord-américaines jouissant des plus «solides positions» en matière capitalisation et de gestion du risque. Dans la période ayant précédé la crise, ce n'était visiblement pas le cas de tous. «On avait perdu, dans le monde financier, cette notion très importante de la capitalisation, qui nous assure d'avoir les coussins requis pour pouvoir protéger une institution en cas de choc financier», soutient celle qui est à la tête d'une institution qui peut compter sur des actifs totaux de près de 160 milliards.

La direction a donc lancé la réflexion ayant mené à son «plan d'évolution» dans la foulée de la récente crise. Le but de cette «réorganisation»? Se doter d'une structure de gestion mieux «regroupée» et s'assurer de pouvoir agir avec plus d'«agilité de gestion», surtout en cas de crise. On a ainsi annoncé l'abolition de plus de 900 postes en trois ans dans les diverses instances administratives, et ce, hors du réseau des caisses. Monique Leroux assure toutefois que la croissance de Desjardins permettra de compenser amplement les postes abolis. On a aussi mis de l'avant la «formule 1/3» pour le partage des «excédents». Ceux-ci sont divisés également entre les ristournes, le volet «développement» et la capitalisation nécessaire pour assurer la «pérennité». «Si on veut assurer notre pérennité, il nous faut un groupe bien capitalisé», souligne Mme Leroux.

Jusqu'à présent, tout se déroulerait bien. «Nous sommes sur le bon chemin, estime la présidente. On ne peut pas faire un changement aussi important et penser que ça peut se réaliser en six mois. Mais les activités qu'on a faites avec nos gestionnaires nous démontrent que les gens ont compris le sens du changement, qui était d'unir nos forces pour travailler.» Il s'agit d'un changement de ton puisqu'au moment où elle avait été annoncée, cette opération avait suscité de grandes craintes chez certains cadres du Mouvement.

S'ouvrir sur le monde

Bien en selle après plus de deux ans en poste, Mme Leroux chérit particulièrement certains projets, dont celui de contribuer à accroître la présence de ce fleuron de l'économie québécoise à l'échelle canadienne. «Nous avons commencé depuis un an à nous ouvrir davantage sur notre marché canadien. Le partenariat avec Promutuel est un exemple de cela. Il y a actuellement des équipes qui font, dans le respect des structures, des contacts réguliers avec d'autres groupes coopératifs canadiens.» Après tout, rappelle-t-elle, Alphonse Desjardins entrevoyait déjà, de son temps, «une perspective de développement nord-américaine».

Des partenariats seraient en discussions ailleurs au pays, selon ce qu'indique celle qui sera en poste au moins jusqu'en 2012. «On cherche à savoir comment on peut créer de la valeur pour d'autres joueurs du coopératif canadien. On peut par exemple penser au domaine agroalimentaire.» Cette croissance, dit-elle, ne se ferait pas au détriment de la mission. «Nous avons la perspective du temps. Nous ne sommes pas jugés sur le cours du titre en Bourse au jour le jour.» Ce qui n'empêche pas de développer divers projets, notamment en étudiant les possibilités du côté européen.

À la tête d'une institution qui compte plus de 42 000 employés et 5,8 millions de membres, elle souhaite également organiser au Québec un forum réunissant les plus importants joueurs du mouvement coopératif dans le cadre de l'Année internationale des coopératives, en 2012. «Au-delà des concepts philosophiques, il serait intéressant de voir quelles sont leurs contributions à travers le monde dans la création de richesse et de prospérité», explique-t-elle.

Sans oublier le développement international de certaines activités, notamment à travers Développement international Desjardins, qui a pour objectif d'améliorer l'accès des communautés des pays en développement à des services financiers qui répondent à leurs besoins. On peut prendre en exemple le microcrédit, que Mme Leroux considère comme un «modèle intéressant» à développer davantage. Surtout que dans certains pays dits émergents, les conditions de financement ressemblent parfois aux situations quasi usuraires que dénonçait le fondateur Alphonse Desjardins à son époque.
 
 
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  • Claude Kamps
    Inscrit
    samedi 4 septembre 2010 08h49
    Mme Leroux j'ai vu de mes yeux vu
    Votre succursale aux Iles Cayman, lieu privilégié pour trop de monde pour privé l'état de nos impôts et de transactions douteuses..

    En ce qui concerne la coopérative, vos manières de nous traiter son calquée sur les banques à chartes, tout comme vos pré-requit chez nous pour un prêt.

  • martin grenier
    Inscrit
    samedi 4 septembre 2010 09h26
    Les coopérative
    Si vous adhérer a une coopérative vous ete sur a 99% que L 'administration est fait selon les normes et sans (cafouyage)
    grenier.martin@videotron.ca

  • Jacques Lalonde
    Abonné
    samedi 4 septembre 2010 11h44
    Célébration bien méritée pour ce fleuron de l'économie québécoise
    Des articles comme celui que publie aujourd'hui Le Devoir sont de nature à augmenter la confiance des gens du Québec envers le Mouvement Desjardins qui est de toute évidence un fleuron de l'économie québécoise.

    Le fils est là chante Félix Leclerc. Que l'arbre a grandi depuis sa plantation à Lévis par un visionnaire de notre nation !

    Et il importe de souligner la présence d'une femme brillante et dynamique à la direction de cette institution qui compte 42 000 employés, près de six millions d'adhérents et 160 milliards d'actifs.

    Jacques Lalonde
    Gatineau
    jlalonde@ca.inter.net

  • NELL HALLE
    Inscrit
    samedi 4 septembre 2010 11h52
    nellhalle
    @ Me Kamps
    Vous m'apprenez que les caisses ont une succursale au îles cayman
    Me kamps, j,en suis choqué. Ils n'ont pas affaire dans cette région
    Qu'ils s'occupent de brasser des affaires içi au Québec , d'accord mais le coté international n'est pas pour eux, souvent ils ont tendance a oublier que leur patente est coopérative . non

  • roger montreal
    Abonné
    samedi 4 septembre 2010 13h03
    2$ par mois pour mettre son livre a date ce n est plus une copérativde
    Une copérative qui charge a ses petits membres 2 $ par mois pour mettre son livre a date .
    Je crois que DESJARDIN doit se retourner dans sa tombe
    ROGER MONTREAL

  • TRIPOD
    Inscrit
    dimanche 5 septembre 2010 01h37
    Ouais, Desjardins, la coopérative - Le modèle prouve toute sa pertinence !!!
    Ouais, Desjardins, la coopérative - Le modèle prouve toute sa pertinence !!!

    On est très loin du vrai modèle de la coopérative, je vous donne un exemple, ma fille, alors écolière avait 10$ qui lui restait dans son compte, 10$ que la Caisse a voulu lui "voler" parce que son compte était inactif, elle était écolière, pas magnat de la finance ! Quand nous avons appelé le gérant, il était intraitable, c'étaient des directives qu'il avait eues de plus haut ! Cependant, à intraitable, intraitable et demi, j'ai écrit au président du Mouvement Desjardins d'alors pour lui demander quel bel exemple d'économie cette expérience aurait chez nos enfants, parce qu'en plus de ne pas donner d'intérêts sur leurs comptes, on en était rendu à faire du "shylocking" sur le dos des enfants d'école !

    Pas besoin de vous dire que le "bon" gérant a dû rectifier son tir et que la décision devait, encore une fois, venir de plus haut et que même, à ce niveau, on s'est aperçu que cela n'avait pas du tout d'allure ! Je n'ai jamais hésité avant d'écrire, je le faisais pour les enfants !

    Encore aujourd'hui, hélas, on semble s'acharner sur les petits épargnants en les surchargeant de frais de toutes sortes, pourtant si le Mouvement Desjardins en est là où il est maintenant, c'est justement grâce aux petits épargnants ! Ça, chez Desjardins, on semble l'avoir oublié depuis un bout de temps déjà, comme d'ailleurs la vocation première de l'entreprise qui a vu le jour pour aider les petits épagnants !

  • Pierre Samuel
    Abonné
    dimanche 5 septembre 2010 06h46
    prestige acquis sur le dos des membres!!!
    «La crise ne nous a pas mis à mal. jepense qu'on s'en est bien sorti.» (Dixit Monique Leroux).

    Hors de sa condescendance, madame la présidente pourrait-elle expliquer à ses membres détenteurs de titres CPG Gestion active (?!?) comment ils ont été carrément «floués» par le Mouvement lors de cette fameuse crise dont elle se vante tant d'avoir survécu si admirablement...

    Comment Desjardins a-t-il pu écrire à ses membres concernés dans une lettre datée du 2 mars 2009 que: «afin d'éviter d'encourir des pertes substantielles et aussi afin de pouvoir continuer à garantir votre capital (i.e. montant déjà investi par le dit membre), nous avons dû applquer le protocole usuel à savoir le retrait complet des sommes à savoir que ce désinvestissement signifie qu'à échéance, les placements que vous avez effectué dans ce type de produit ne procureront AUCUN RENDEMENT.»

    Conséquemment, se peut-il, par l'effet du pur hasard (?!?), que Desjardins se soit servi de l'argent des «ses épargnants» de CPG Gestion active pour renflouer dans une bonne mesure ses pertes, autant celles liées aux émissions précédentes de ce même produit (CPG Gestion active) que celles concernant ses fameux papiers commerciaux (PCCA) en plus de la gaffe commise par leur courtier en bourse, Disnatv, qui les avait menés à une provision pour perte de 10$ millions???

    Où se situe exactement le «pouvoir des membres» en pareils cas lorsqu'ils sortent plus amochés que l'institution à laquelle ils font confiance en se basant justement sur leurs beaux «principes coopératifs»???

  • Rodrigue Tremblay
    Inscrit
    dimanche 5 septembre 2010 07h43
    madame leroux
    L'autre jour j'ai failli faire une crise cardiaque en entrant dans ma Caisse pop que je fréquente depuis 43 ans en voyant une femme voilée DERRIÈRE le comptoir.
    Comment une féministe comme vous peut accepter pareil vêtement dégradant dans vos Caisses?

  • Andre Vallee
    Abonné
    dimanche 5 septembre 2010 10h27
    5 millions de patrons
    Puisse le mouvement continuer à s'améliorer et prendre de la puissance. Au moins, les dirigeants ne se sauvent pas avec la caisse comme dans les banques à charte.
    J'ai tout chez Desjardins: compte, assurances, placements. Et. à voir comment la Caisse de dépôts et placements est gérée, pourquoi ne pas la confier à Desjardins, avec une présence gouvernementale, au lieu de la confier au petits amis.

  • Mario Jodoin
    Inscrit
    dimanche 5 septembre 2010 12h40
    Virage «affaires» de Desjardins
    Les exemples mentionnés par les précédents commentateurs au sujet du virage «affaires» de Desjardins sont loin d'être les seuls. Quand j'ai entendu l'économiste en chef de Desjardins, François Dupuis, vanter le dernier budget du Québec, son absence de hausse d'impôts et ses hausses de tarifs, je me suis aussi dit que l'époque de Claude Béland était loin derrière nous. La différence entre Desjardins et les banques n'est plus évidente du tout.

  • Pierre Samuel
    Abonné
    dimanche 5 septembre 2010 17h15
    @ M. André Vallée
    «Au moins, les dirigeants ne se sauvent pas avec la caisse comme dans les banques à charte», dites-vous. Cher Monsieur, ils sont simplement plus hypocrites à leur façon!

    Quelle est cette «présence gouvernementale» dont vous parlez? Le Mouvement Desjardins est absolument autonome et n'est absolument pas sous la «tutelle» du gouvernement québécois d'aucune façon.

    Comme le mentionne ci-haut M. Jodoin, l'époque où les Caisses possédaient une «vision sociale» est définitivement disparue avec le départ de M. Claude Béland.

    Les banques à charte canadiennes n'ont plus rien à leur envier à ce sujet!

  • l poisson
    Inscrit
    lundi 6 septembre 2010 03h18
    Plus capitaliste qu'une banque
    Desjardins:coopérative qui refuse de faire l'éducation coopérative de ses membres,

    Aujourd'hui, Alphonse Desjardins ferait affaire avec la Caisse d'économie solidaire.
    Pas avec une caisse pop-pépère qui fait tirer un écran HD pour attirer quelques sociétaires aux assemblées annuelles pour sauver une apparence de coop... Pas étonnant qu'une petite nomenklatura s'incruste aux postes de commande.

    Avis aux membres de la FTQ et aux personnes vivant sous leur toit:
    forfait bancaire GRATUIT sans aucun solde minimum ( pour 20 transactions mensuelles) à la Banque Laurentienne (une banque plus syndiquée que les caisses Pop) grâce au programme ""Complicité''...au lieu de payer 6$ ou 7$ chaque mois dans la simili-coop du mouvement Desjardins. Et cette banque augmente sa marge bénéficiaire en respectant sa clientèle et ses employés.
    Cherchez l'erreur et dites-le à Mme Leroux

    Aucune explication claire ne sera soumise face au légitime questionnement de M. Pierre Samuel sur le CPG Gestion Active si ce n'est via l'entourloupette d'un obscur ''protocole habituel''. Mme Leroux n'aurait pas toléré une telle situation du temps qu'elle était à la Banque Royale au nom de l'éthique.

    Desjardins ferme des caisses dans les villages et les quartiers populaires qui ont mis au monde ce mouvement au lieu de faire des partenariats avec les commissions scolaires, les fabriques paroissiales ou les municipalités pour revitaliser le tissu social tout en réduisant ses frais d'opération. Bel exemple de fonctionnement en "silo'' soli-t-aire. Et on parle de coopération?

    Avec l'implantation d'Internet un peu partout, le Mouvement Desjardins et sa fâcheuse fixation à copier servilement les grosses banques se prive de sa proximité géographique et (surtout) psychologique dans le coeur des Québécois, sa vraie pérennité, par-delà la simple capitalisation financière. Est-il déjà trop tard pour réagir ?

  • Luke3469
    Abonné
    lundi 6 septembre 2010 19h33
    Employer
    Je suis consultant pour Desjardins et j'ai travaille 22 ans dans une caisse ils sont loin d'etre cooperatif avec leur employe

  • Claude Saint-Jarre
    Inscrit
    samedi 18 septembre 2010 09h41
    qu'est-ce qu'une coopérative?
    La coopérative Desjardins devrait offrir des cours aux membres, et les informer que ces cours existent, afin de les conscientiser sur leurs pouvoirs de coopérants et de leurs responsabilités.
    De plus, les coopératives Desjardins devraient investir pour favoriser la souveraineté alimentaire: pourquoi pas acheter des terres agricoles pour que les membres puisssent avoir des jardins collectifs. Le tarissement des réserves de pétrole nous oblige à créer une agriculture de prosimité et la démocratiser. L'agriculture est pleine de pétrole; nous devons le remplacer par une fertiliasation naturelle comme l'enseigne l'agroécologie.
    Notre système alimentaire nous conduit au système de santé ( à l'hôpital) nous dit Miahael Pollan dans ses livres. Il contribue aussi beaucoup trop aux changements climatiques.
    claude saint-jarre

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