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Gaz Métro a tout à gagner au développement de la filière du gaz de shiste

Si l'exploitation à venir du gaz de schiste du sous-sol québécois soulève de nombreuses inquiétudes, Gaz Métro voit pour sa part la chose d'un bon œil. L'entreprise a d'ailleurs salué hier la décision de Québec de confier au Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) le soin de proposer «un cadre de développement» pour cette industrie.

Il faut dire que l'exploitation à venir pourrait un jour permettre au distributeur d'approvisionner ses 180 000 clients de la province sans passer par des importations en provenance de l'Ouest canadien.

Pour Gaz Métro, il s'agit donc d'une très bonne nouvelle, notamment parce que cette démarche permettra «de continuer les recherches et la mise en place de projets pour démontrer le potentiel de cette importante filière pour le Québec». Cette phase d'exploration, menée dans plusieurs municipalités avant même le début d'un débat public sur la question, est essentielle pour déterminer avec précision le «potentiel économique» des hydrocarbures qui se retrouvent dans les basses terres du Saint-Laurent.

Selon les évaluations actuellement disponibles, la zone située essentiellement entre Montréal et Québec, de part et d'autre de l'autoroute 20, contiendrait des réserves récupérables de 10 000 à 25 000 milliards de pieds cubes de gaz. Cette zone est celle qu'on appelle le «shale» de l'Utica. Il est même possible que les quantités de gaz augmentent avec l'amélioration des techniques d'extraction.

Pas étonnant donc que Gaz Métro salue ce développement tous azimuts d'une source d'énergie fossile. Après tout, en cas de production à grande échelle, ce distributeur gazier — qui détient le monopole au Québec, à l'exception de l'Outaouais — pourrait alimenter ses 180 000 clients de la province avec du gaz d'ici extrait du sous-sol par des entreprises provenant surtout de l'extérieur du Québec.

Sa présidente et chef de la direction, Sophie Brochu, a déjà souligné qu'elle souhaiterait être en mesure de pouvoir fournir le réseau de distribution avec du gaz de schiste québécois. «La présence de gaz naturel au Québec contribuerait favorablement à la diversification des sources d'approvisionnement en gaz naturel au bénéfice de milliers de clients. Rappelons que le gaz naturel est une source d'énergie essentielle pour le chauffage des écoles, hôpitaux et nombreuses résidences et entreprises au Québec», a aussi fait valoir Gaz Métro dans un communiqué publié hier.

Réserves importantes

D'importantes découvertes de gaz de schiste ont été réalisées en Amérique du Nord au cours des dernières années. Outre le Québec, d'énormes quantités sont maintenant exploitables dans l'Ouest canadien, mais surtout du côté américain. Le président Barack Obama a même déjà évoqué une véritable «révolution» pour cette filière énergétique. Alors qu'ils ne représentaient que 1 % de la production des États-Unis en 2000, les gaz de schiste atteignent aujourd'hui 20 % et pourraient dépasser les 50 % d'ici 2030.

Ce gonflement des réserves, doublé de la récente récession, a eu pour effet de faire chuter considérablement les prix. On prévoit maintenant plusieurs années de prix relativement bas. Une situation tout à l'avantage de Gaz Métro, qui peut ainsi l'offrir à plus faibles coûts à ses clients. On pourrait aussi voir la liste des clients s'allonger à la faveur d'un maintien, au cours des prochaines années, de prix très compétitifs. Qui plus est, le gaz possède une meilleure image de marque que le pétrole, surtout depuis la catastrophe du golfe du Mexique.

Pour le moment, le distributeur n'a reçu qu'une seule demande provenant de l'industrie pour le branchement de deux puits, un à Saint-Édouard-de-Lotbinière et un Leclerville, sur la rive sud du Saint-Laurent. La demande, révélait récemment Le Devoir, provient de la société albertaine Questerre Energy, qui travaille en partenariat avec Talisman pour ses deux puits. Celle-ci prévoit que la production pourrait démarrer dès la mi-2011.

D'autres demandes devraient suivre, et Gaz Métro compte bien en profiter. Puisque l'industrie prévoit que les réserves québécoises pourraient répondre à la demande de gaz de clients québécois pendant plus d'un siècle, l'entreprise «entend prolonger son réseau pour raccorder les sites de production afin de récupérer et distribuer le gaz naturel disponible au Québec». Son réseau compte déjà 10 000 kilomètres de gazoduc.

Le président de l'Association pétrolière et gazière du Québec, André Caillé, a d'ailleurs déjà prédit une vague de «conversion» au gaz dans la province. «Il y a beaucoup de Québécois qui sont "nationalistes" sur le plan énergétique, confiait-il au Devoir il y a quelques mois. Je le sais, j'ai travaillé assez longtemps dans le secteur. Ils ne sont peut-être pas convertis au gaz, mais quand le gaz sera québécois, ils seront plus nombreux à se convertir au gaz.» Reste qu'il s'agit tout de même d'un hydrocarbure. Oui, admettait-il alors, mais au Québec, notamment en raison de l'image de marque développée par Gaz Métro, «le gaz est bleu et le pétrole est noir».
 
 
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  • retina - Inscrit
    31 août 2010 08 h 12
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  • Paul Racicot - Inscrit
    31 août 2010 10 h 21
    Conclusion?
    Avec un BAPE "téléguidé" par le parti en place, un BAPE bridé et édenté, dirais-je, il semble pour le moins évident que l'industrie du gaz, suite à quelques ajustements "acceptables", aura bientôt le vent dans les voiles, peu importe l'opposition (sensée ou insensée) des citoyens-électeurs...

    Serait-il alors possible à notre gouvernement de prélever des redevances substantielles de Gaz Métro, le distributeur, plutôt que des extracteurs? Le contrôle et la gestion en seraient simplifiés. Mais, question : la perte de revenus chez Gaz Métro serait-elle alors automatiquement comblée par une hausse correspondante des prix chargés à ses clients et/ou par une diminution des prix payés aux extracteurs?

    D'autre part, et à long terme, quel sera l'impact du développement de cette filière énergétique sur celle de l'hydro-électricité? Et sur notre bilan carbone (GES)?
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  • Fernand Trudel - Abonné
    1 septembre 2010 11 h 17
    Quand le "pas dans ma cour" est devenu la mode...
    Le dereck de gaz n'est pas plus dérangeant que les éoliennes. Naturellement c'est dérangeant pour certains mais l'économie collective prédomine. L'intolérance de certains est bâti en exergue par les groupes environmnementaux qui visent la décroissance écionomique et démographique selon leur religion verte.

    Le gaz naturel est moins polluant que le mazout des édifices commerciaux, des édifices à bureaux et de l'industrie ou le diézel des camions qui sillonnent nos routes. Mais quand le "pas dans ma cour" est devenu la mode...
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  • De St-Éloi - Abonné
    6 février 2011 08 h 21
    Une précipitation à dénoncer
    Quand la président de gaz Métro parle de réserve pour 100 ans elle ne tient pas compte du mode de développement de l'industrie qui tend à l'intensification de l'exploitation qui est une des clés de sa rentabilité. L''exploitation risque donc d'être très courte en durée et exportatrice. Mais si l'on prend au mot les propos de gaz métro, pourquoi se précipiter? Pour des fins de substitution des exportations? Si l'on fait une transfert massif des énergies vers le gaz et que la ressource est exportée nous nous retrouverons dans 20 ans avec une dépendance marquée envers les énergies fossiles. La solution est indubitablement de réduire sa dépendance envers les énergies fossiles par des politiques de réduction de la consommation et d'énergies renouvelables. Dans ces conditions, l'on pourra exporter plus d'électricité. C'est une solution durable à la dette qui en obsède plusieurs.
    Pour ce qui est du syndrome pas dans ma cour! On épiloguera pas encore une fois sur le déficit de gouvernance de ce gouvernement qui est la cause principale de tout ce qui survient actuellement. Éoloien : mal développé surtout en fonction d'intérêts particuliers. Mais plus précisément, l'impact d'une seule opération de fracturation est très lourd pour l'environnement et il y a plusieurs fracturations par puits et plusieurs puits par site et des sites aux 2.5 km carrré en moyenne. Le concept tout fait «de pas dans ma cour» ne s'applique au développement de l'industrie des gaz de schiste parce que de sont toutes les cours qui sont affectées.
    Pour ce qui est de la pseudo découverte des formations de shale, Ceux-ci sont connus depuis longtemps. Ce que recherche l'industrie c'est de prouver la rentabilité financière de l'exploitation des shales par la technique de fracturation hydraulique. Or celle-ci laisse une grande partie de la ressource dans le sous-sol, qui risque de ne plus pouvoir être extraite par une technique plus efficace, plus propre et plus
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  • Archange Gabriel - Inscrit
    25 mars 2011 14 h 17
    Gaz de shale
    La ministre Laurendeau a foncé tête baissée dans les Gaz de shale.
    Elle qui semlait tout connaître sur le sujet, n'y connaissant strictement rien. Ses pets de vache quant à moi l'on baptisé pour la vie. Quand on a le mensonge si facile, émule de Jean Charest, quelle crédibilité lui reste-il? Les ambitions politiques de Mme l'aveugle. Elle est prête à se garocher sur n'importe quoi et de façon arrogante et agressive.
    Non merci, Mme.
    Question? Si on importe pour 2 millards de Gaz annuellement, combien cela nous coûterait ces beaux gaz de chez nous? Pas sûr qu'on n'y gagnerait. Chiffrons les impact négatifs et voyons si le Québec mérite ça. On peut prendre quelques années pour voir venir.

    Suggestion: je comprend que nous n'avons pas l'expertise nécessaire.
    C'est comme donner du poisson à des gens au lieu de leur apprendre à pêcher. Pourquoi ne va-ton pas chercher les meilleurs spécialistes dans le domaine en les payant grassement (là c'est le temps) pour qu'ils nous aprennent. Procurons-nous le matériel nécessaire et faisons-le nous-même. Qu'est ce que l'Alberta et les autres ont à faire ici. De l'argent et bonjour. Qui va nettoyer? Faut-il avoir un esprit de colonisé pour nous plonger là dedans et nous associer avec l'alberta, la plus contaminante des provinces de ce si beau Canada.
    Voyez-vous ça d'ici ? le Québec devenu un pays ayant, sous Jean Charest, vendu ses droits de ressources aux voisins.

    Resaisissez-vous Mme Normendeau. Faites de la politique si vous voulez mais gardez toute votre tête.

    Dernière suggestion: Messieurs les jounalistes, quand vous intervieuvez les Jean Charest et la famille libérale, en plus du micro , présentez leur un détecteur de mensonges. Merci

    C'est ma première chonique en tant qu'abonné. Je me sens beaucoup mieux. Le temps achève que l'on va nous faire avaler n'importe quoi.
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