Exploration gazière - Normandeau évoque la création d'une commission indépendante
Québec prend visiblement la mesure du mécontentement qui croît de jour en jour autour de l'industrie de l'exploration des gaz de schiste. La ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, a d'ailleurs dit hier être consciente de l'importance d'«avoir un regard indépendant et objectif sur ce qui se passe actuellement» dans le développement de cette nouvelle filière énergétique. Elle devrait faire une annonce en ce sens la semaine prochaine.
En entrevue sur les ondes du 98,5 FM, la ministre Normandeau a fait savoir qu'elle annoncerait «plusieurs actions au cours des prochains jours» en compagnie de son collègue Pierre Arcand, nouveau ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs. Ces actions devraient être structurées de façon à ce qu'«on puisse avoir un regard objectif et indépendant sur les façons de développer une filière qui soit respectueuse de l'environnement, propre et responsable».
«On est conscient qu'il faut avoir un regard indépendant et objectif sur ce qui se passe actuellement», a-t-elle ajouté lorsque pressée de questions par l'animateur Benoît Dutrizac. Est-ce que cela veut dire que Québec mettra sur pied un comité chargé de surveiller ce que font les joueurs de l'industrie, qui ont fait l'objet de nombreuses critiques pour leurs façons de faire au cours des dernières semaines? La ministre n'a pas voulu s'avancer davantage.
Selon des informations qui circulent depuis quelques jours, le ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF) étudierait la possibilité de mettre en place une «commission des hydrocarbures» qui pourrait être chargée de superviser l'exploration et l'exploitation des gaz de schiste et du pétrole sur la terre ferme, mais aussi de délivrer les permis de forage et d'autoriser les constructions de routes et de gazoducs nécessaires pour la phase commerciale.
Une telle structure existe déjà en Colombie-Britannique. «On parle de la création d'une commission, comme en Colombie-Britannique», affirmait d'ailleurs récemment Jean-Yves Laliberté, coordonnateur de l'exploration gazière et pétrolière au MRNF, en entrevue au journal Les Affaires. «Maintenant, est-ce qu'elle sera créée? Il y a toutes sortes de choses sur la table.» L'attachée de presse de la ministre a quant à elle dit hier vouloir laisser à Mme Normandeau le soin d'annoncer les «actions».
Chose certaine, a assuré Mme Normandeau, «il n'est pas question de laisser l'industrie travailler seule». Elle s'est même montrée ferme quant aux cas où des maires ont appris la présence d'entreprises d'exploration par l'entremise des journaux. «Quand un maire apprend dans le journal qu'une compagnie débarque chez eux, c'est sûr que ça n'a pas de maudit bon sens», a lancé la ministre. Elle a rappelé qu'elle avait convenu l'année dernière, avec l'Association pétrolière et gazière du Québec, d'un «code de conduite entre les compagnies et les milieux d'accueil». Un code qui n'a toutefois pas force de loi.
Mme Normandeau s'est en outre portée à la défense de cette industrie qu'elle juge «naissante» même si elle est active au Québec depuis déjà quelques années. «Ce n'est pas vrai que les entreprises s'installent ici et agissent en matamores», a-t-elle assuré. «Évitons de condamner une industrie avant de lui avoir donné la chance de naître», a ajouté la ministre.
Elle a répété que l'imposition d'un moratoire pourrait avoir des conséquences catastrophiques. «On enverrait un très mauvais signal à l'industrie et on ferait mourir une filière qui est naissante.» Il faut cependant dire que le Québec peut compter sur d'énormes quantités de gaz de schiste de qualité. Certains évoquent des réserves récupérables de 10 000 à 25 000 milliards de pieds cubes dans les shales de l'Utica. Il est même possible que ces quanstités augmentent avec l'amélioration des techniques d'extraction.
Mais aucune exploitation ne sera possible avant l'adoption du projet de loi, prévu pour encadrer l'exploration et l'exploitation et qui devrait être déposé cet automne. Nathalie Normandeau estime d'ailleurs qu'«on prévoit une phase d'exploitation au Québec quelque part en 2014». Le Devoir précisait toutefois récemment que la société albertaine Questerre Energy, en partenariat avec Talisman, compte tirer profit de ses premiers puits en sol québécois d'ici la mi-2011. Gaz Métro attend des autorisations de Québec pour les brancher à son réseau.
Pendant que la contestation se fait entendre, l'industrie prépare sa réplique à ses détracteurs. Elle lancera d'ici deux semaines une vaste campagne de relations publiques qui ciblera les élus, les médias et la population. Qui plus est, l'Association pétrolière et gazière a embauché des lobbyistes afin de plaider sa cause auprès des ministères participant à l'élaboration du projet de loi.
Par ailleurs, l'Union des municipalités du Québec est venue hier ajouter sa voix à celles, de plus en plus nombreuses, qui s'inquiètent du développement gazier au Québec. Pour son président, Marc Gascon, «il est inconcevable que des entreprises qui reçoivent des droits d'exploration n'aient aucune obligation de tenir compte des pouvoirs municipaux en matière d'aménagement et de développement du territoire».
En entrevue sur les ondes du 98,5 FM, la ministre Normandeau a fait savoir qu'elle annoncerait «plusieurs actions au cours des prochains jours» en compagnie de son collègue Pierre Arcand, nouveau ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs. Ces actions devraient être structurées de façon à ce qu'«on puisse avoir un regard objectif et indépendant sur les façons de développer une filière qui soit respectueuse de l'environnement, propre et responsable».
«On est conscient qu'il faut avoir un regard indépendant et objectif sur ce qui se passe actuellement», a-t-elle ajouté lorsque pressée de questions par l'animateur Benoît Dutrizac. Est-ce que cela veut dire que Québec mettra sur pied un comité chargé de surveiller ce que font les joueurs de l'industrie, qui ont fait l'objet de nombreuses critiques pour leurs façons de faire au cours des dernières semaines? La ministre n'a pas voulu s'avancer davantage.
Selon des informations qui circulent depuis quelques jours, le ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF) étudierait la possibilité de mettre en place une «commission des hydrocarbures» qui pourrait être chargée de superviser l'exploration et l'exploitation des gaz de schiste et du pétrole sur la terre ferme, mais aussi de délivrer les permis de forage et d'autoriser les constructions de routes et de gazoducs nécessaires pour la phase commerciale.
Une telle structure existe déjà en Colombie-Britannique. «On parle de la création d'une commission, comme en Colombie-Britannique», affirmait d'ailleurs récemment Jean-Yves Laliberté, coordonnateur de l'exploration gazière et pétrolière au MRNF, en entrevue au journal Les Affaires. «Maintenant, est-ce qu'elle sera créée? Il y a toutes sortes de choses sur la table.» L'attachée de presse de la ministre a quant à elle dit hier vouloir laisser à Mme Normandeau le soin d'annoncer les «actions».
Chose certaine, a assuré Mme Normandeau, «il n'est pas question de laisser l'industrie travailler seule». Elle s'est même montrée ferme quant aux cas où des maires ont appris la présence d'entreprises d'exploration par l'entremise des journaux. «Quand un maire apprend dans le journal qu'une compagnie débarque chez eux, c'est sûr que ça n'a pas de maudit bon sens», a lancé la ministre. Elle a rappelé qu'elle avait convenu l'année dernière, avec l'Association pétrolière et gazière du Québec, d'un «code de conduite entre les compagnies et les milieux d'accueil». Un code qui n'a toutefois pas force de loi.
Mme Normandeau s'est en outre portée à la défense de cette industrie qu'elle juge «naissante» même si elle est active au Québec depuis déjà quelques années. «Ce n'est pas vrai que les entreprises s'installent ici et agissent en matamores», a-t-elle assuré. «Évitons de condamner une industrie avant de lui avoir donné la chance de naître», a ajouté la ministre.
Elle a répété que l'imposition d'un moratoire pourrait avoir des conséquences catastrophiques. «On enverrait un très mauvais signal à l'industrie et on ferait mourir une filière qui est naissante.» Il faut cependant dire que le Québec peut compter sur d'énormes quantités de gaz de schiste de qualité. Certains évoquent des réserves récupérables de 10 000 à 25 000 milliards de pieds cubes dans les shales de l'Utica. Il est même possible que ces quanstités augmentent avec l'amélioration des techniques d'extraction.
Mais aucune exploitation ne sera possible avant l'adoption du projet de loi, prévu pour encadrer l'exploration et l'exploitation et qui devrait être déposé cet automne. Nathalie Normandeau estime d'ailleurs qu'«on prévoit une phase d'exploitation au Québec quelque part en 2014». Le Devoir précisait toutefois récemment que la société albertaine Questerre Energy, en partenariat avec Talisman, compte tirer profit de ses premiers puits en sol québécois d'ici la mi-2011. Gaz Métro attend des autorisations de Québec pour les brancher à son réseau.
Pendant que la contestation se fait entendre, l'industrie prépare sa réplique à ses détracteurs. Elle lancera d'ici deux semaines une vaste campagne de relations publiques qui ciblera les élus, les médias et la population. Qui plus est, l'Association pétrolière et gazière a embauché des lobbyistes afin de plaider sa cause auprès des ministères participant à l'élaboration du projet de loi.
Par ailleurs, l'Union des municipalités du Québec est venue hier ajouter sa voix à celles, de plus en plus nombreuses, qui s'inquiètent du développement gazier au Québec. Pour son président, Marc Gascon, «il est inconcevable que des entreprises qui reçoivent des droits d'exploration n'aient aucune obligation de tenir compte des pouvoirs municipaux en matière d'aménagement et de développement du territoire».
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