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    Exploration gazière - Le Québec accuse un déficit de connaissances

    «Les informations qu'on a [...] viennent de l'extérieur» - Pierre Arcand

    Photo : Annik MH De Carufel - Le Devoir
    Après la ministre des Ressources naturelles, c'est au tour du tout nouveau ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Pierre Arcand, de se faire rassurant quant à l'exploration gazière en sol québécois. Il admet toutefois que les connaissances dans ce domaine sont encore embryonnaires au Québec. De quoi fournir des arguments à ceux, de plus en plus nombreux, qui réclament un moratoire.

    «Ce que je comprends, et ce que les gens du ministère m'ont expliqué, c'est qu'il y a très peu de connaissances québécoises dans ce domaine, a-t-il déclaré hier, en marge du Conseil des ministres. Les informations qu'on a, ce sont des informations qui viennent de l'extérieur dans bien des cas et qui font en sorte que parfois la situation n'est pas très claire.» Il estime néanmoins que cette nouvelle filière énergétique présente de «belles opportunités» en matière de développement économique.

    Bien conscient des nombreuses inquiétudes qui ont surgi au sujet de cette exploration — qui se développe sans qu'aucune étude indépendante ait déterminé s'il existe des risques pour l'environnement —, le ministre entend donc rassurer les citoyens. «Ce que je comprends, c'est que les gens veulent être sécurisés sur un certain nombre de choses, dont la qualité de l'eau, a-t-il expliqué en fin de journée au Devoir. Ils veulent s'assurer que les forages ne dévasteront pas les champs. Ils veulent connaître le nombre de puits qu'il y aura. Ce sont toutes des préoccupations qui ont été mentionnées.»

    M. Arcand promet ainsi que le gouvernement agira en toute «transparence». «Nous allons prendre nos responsabilités. Il est certain que nous allons au moins nous organiser pour que la population puisse s'exprimer, que les gens soient rencontrés avant qu'on se lance dans une exploration qui soit complète et totale.» Lundi, la Fédération québécoise des municipalités (FQM) disait notamment ne pas avoir été consultée jusqu'à présent dans l'élaboration du projet de loi censé encadrer l'exploration et l'exploitation des hydrocarbures au Québec.

    En ce qui a trait à ce fameux projet de loi, promis pour l'automne, M. Arcand précise en avoir discuté avec sa collègue des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau. Tous deux devraient d'ailleurs procéder à une annonce au sujet des gaz de schiste dans le courant de la semaine prochaine, selon les informations qui ont circulé hier. Impossible cependant d'en connaître la teneur.d'investissements massifs. «Sans faire d'annonce formelle, il est certain que la façon de faire habituelle était toujours d'avoir un BAPE et on va regarder de ce côté-là», a-t-il dit.

    Demandes de moratoire

    Selon ce qui se dégage des indications données par différents ministres, le gouvernement Charest tente visiblement de démontrer qu’il est à l’écoute des préoccupations formulées depuis quelques semaines. Le ministre des Affaires municipales, Laurent Lessard, a justement donné raison, hier, au président de la FQM, Bernard Généreux, qui se préoccupe de l’exploration gazière faite dans des zones habitées.

    «Il exprime une préoccupation normale, à savoir que, nécessairement, peu importe si on fait du développement de gaz de schiste ou autre, ça se passe sur le territoire de municipalités», a souligné M. Lessard à l’entrée du Conseil des ministres. L’exploitation minière s’est surtout faite dans le nord, dans des territoires peu habités, a rappelé le ministre. «Ça fait longtemps qu’on n’a pas exploré les territoires centraux du Québec, a-t-il dit. Ce serait intéressant de regarder ça avec un autre œil.»

    Mais ni les bons mots des ministres libéraux ni ceux des acteurs de l’industrie ne semblent calmer le jeu. En fait, l’Union des consommateurs a réclamé à son tour hier un moratoire sur toute forme d’exploration. De son côté, le Parti québécois a réclamé la tenue d’audiences du BAPE sur l’ensemble de cette filière.

    En entrevue à la radio de Radio-Canada, la ministre Normandeau a cependant fermé de nouveau la porte à toute forme de moratoire. «Il n’y aura pas de moratoire. Toutes les compagnies quitteraient le Québec et ce serait un très mauvais signal», a-t-elle déclaré sans hésiter. Elle a aussi affirmé que l’exploitation du gaz extrait du sous-sol québécois représenterait «une source de fierté» et que le Québec se devait de contrôler ses ressources. Fait à noter, la vaste majorité des entreprises qui souhaitent exploiter cette énergie fossile proviennent de l’extérieur de la province.

    ***

    Avec la collaboration de Robert Dutrisac
     
     
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