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La Banque Nationale fait l'acquisition d'Altamira

Un coût entre 277,1 et 314,1 millions

La Banque Nationale a annoncé hier l'achat de la compagnie Altamira. Cette transaction lui permettra de doubler ses actifs de fonds communs de placement et de poser le pied en Ontario.

L'acquisition d'Altamira coûtera entre 277,1 et 314,1 millions de dollars à la Banque Nationale pour toutes les catégories d'actions. La variation du prix dépend de la valeur du volume des actifs sous la gestion d'Altamira au moment où la transaction sera entièrement ficelée, soit le 12 août. De plus, la BN épongera la dette de 195,9 millions de la compagnie.


«Cette acquisition s'inscrit exactement dans [notre] stratégie de développement», a souligné hier après-midi le président et chef de la direction de la Banque Nationale, Réal Raymond, lors d'une conférence de presse. Tout sourire, il a ajouté que la banque améliorera ainsi sa place dans le marché canadien des fonds d'investissement. Dorénavant, elle gérera des fonds d'investissement d'une valeur de 10,4 milliards de dollars.





Bénéfice immédiat


Selon les dirigeants de la Banque Nationale, ce nouveau pas se traduira par un bénéfice par action de 4 ¢ en 2003 et de 10 ¢ pour les années suivantes lorsque la période de transition sera terminée. «Il est rare de pouvoir faire une acquisition stratégique et faire des profits dès le premier jour», a insisté M. Raymond.


Altamira administre 47 fonds de placement et compte 240 000 clients dont 137 000 sont directement desservis par la compagnie. Plus de la moitié des actifs sous sa gestion viennent de clients ontariens et 15 % de clients québécois. L'entreprise compte 300 employés, dont 115 conseillers financiers.


«Cette transaction est une occasion en or de bâtir et de faire croître notre entreprise», a indiqué le président et chef de la direction d'Altamira, Gordon Cheesbrough. «La Banque Nationale nous servira de plateforme pour augmenter notre part du marché, dont l'accès à des services bancaires, à de nouveaux produits et à la technologie. Nos clients auront plus de choix, plus de commodités et plus de flexibilité.»


Altamira pourra donc offrir à ses clients des services qui sont au menu de la Banque Nationale. Ces services vont de la simple carte de crédit au prêt hypothécaire en passant par les régimes enregistrés d'épargne-retraite et les certificats de dépôt garanti.


Interrogé sur l'impact de la transaction sur les employés d'Altamira, Réal Raymond a indiqué qu'il n'y avait pas d'inquiétude à avoir. «Il s'agit d'une transaction complémentaire. On fait de la synergie de revenus et non de dépenses. On n'essaie pas de couper des postes. On mise plutôt sur la croissance des actifs et des activités.» Il a également assuré que les gestionnaires clés d'Altamira resteraient en poste.


Au cours de deux dernières années, Altamira a connu des contre-performances dans la gestion de certains fonds. «Je ne connais pas beaucoup de firmes de gestion de portefeuilles de placement qui n'ont pas des hauts et des bas», a expliqué Michel Tremblay, premier vice-président à la Banque Nationale et nouveau président du conseil d'administration d'Altamira.


«Nous n'allons pas changer la philosophie de la maison mais il y aura quelques changements», a précisé M. Tremblay. Ainsi, le style de gestion des fonds communs de placement sera moins agressif tout en demeurant tourné vers la croissance de l'actif. À titre d'exemple, il entend aligner la performance des gestionnaires de portefeuilles avec le rendement des fonds qu'ils gèrent.


Pour le moment, la Banque Nationale n'a pas l'intention de greffer ses activités ou son logo à celui d'Altamira. «On a beaucoup à gagner à garder des fonds distincts et des noms distincts», soutient Michel Tremblay. De même, le siège social de la compagnie demeurera à Toronto.


Il faut souligner que la transaction entre la Banque Nationale et Altamira s'inscrit dans un mouvement général de consolidation de l'industrie canadienne des fonds d'investissement. Au cours des dernières années, le Groupe Investors (filiale de Power Corporation) a acheté Mackenzie et la Banque de Montréal a fait l'acquisition de Guardian Capital Group.
 
 
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