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Du tourisme à l'horticulture, les aînés ont la cote

«Ils sont là pour compléter une équipe et ce sont des personnes fiables et motivées»

Richard Bélisle est parti pour six mois de découverte à travers le monde. Ce guide de voyages à vélo de 69 ans accompagne des groupes férus du deux-roues. Pour lui, «la retraite, ça n’existe plus».<br />
Photo : Jacques Grenier - Le Devoir
Richard Bélisle est parti pour six mois de découverte à travers le monde. Ce guide de voyages à vélo de 69 ans accompagne des groupes férus du deux-roues. Pour lui, «la retraite, ça n’existe plus».
Certaines entreprises n'ont pas attendu d'être à court de personnel pour s'intéresser au potentiel des aînés. Forts d'une expérience professionnelle et d'un vécu précieux pour les employeurs, les plus de 50 ans sont sollicités par plusieurs secteurs. Tour d'horizon des initiatives.

Depuis les premières têtes blanches apparues dans les rayons des quincailleries Rona, d'autres entreprises ont emboîté le pas en engageant des personnes à la retraite. Dans le tourisme, par exemple, ils sont devenus une main-d'oeuvre incontournable.

Pour Sylvie Lamarche, directrice du partenariat au comité sectoriel du Conseil québécois de ressources humaines en tourisme, ils sont essentiels pour suppléer aux difficultés de recrutement éprouvées par le domaine. «Cela va s'accentuer dans les dix prochaines années. Nous employons beaucoup de jeunes, mais ils ont tendance à travailler toute l'année et de moins en moins l'été, alors que c'est là que nous avons le plus de besoins, explique-t-elle. De plus, avec le vieillissement de la population, nous prévoyons une diminution de plus de 13 % de la population âgée de 15 à 24 ans. Il y aura 30 000 postes à combler, dont 19 000 qui sont normalement occupés par des étudiants.»

Pour le moment, seulement 12 % des 352 000 emplois dans le tourisme au Québec sont occupés par des 55 ans et plus. C'est près de 2,5 % de moins que le reste de l'industrie. Sylvie Lamarche reconnaît que ces derniers ne sont pas encore très présents, mais que des efforts sont faits pour encourager les entreprises. Une série de vidéos vient d'ailleurs d'être tournée afin de solliciter les employeurs.

Pouce vert


L'horticulture est un autre secteur où les retraités ont la cote. Depuis six ans, Horticompétences, le comité sectoriel de main-d'oeuvre en horticulture ornementale, a mis en place un programme d'intégration en jardinerie pour les personnes de 50 ans et plus. Le projet comprend trois jours gratuits de formation et l'intégration à une équipe.

Chaque année, une quinzaine de personnes postulent. «Les candidats se réorientent. Ce sont d'anciens enseignants, des personnes de la santé ou encore d'institutions financières. Ils sont tous passionnés de jardinage et ont de bonnes connaissances souvent acquises dans leur propre jardin, assure Catherine Lamothe, chargée de projet chez Horticompétences. Les conditions d'emplois doivent respecter les besoins des candidats et assurer un salaire minimum de 11 à 12 $ pour une première expérience.»

D'après elle, c'est une bonne solution pour les entreprises qui ont de la difficulté à recruter: «Ils sont là pour compléter une équipe et ce sont des personnes fiables et motivées.»

Un intérêt croissant

Les associations et autres fédérations regroupant les 50 ans et plus et des retraités ont aussi commencé un travail de sensibilisation auprès des entreprises. Forte de près de 53 000 membres, l'Association des retraitées et retraités de l'éducation et des autres services publics du Québec (AREQ) a vu croître l'intérêt de ses membres pour un retour au travail. «Lors d'un sondage interne, nous avons appris que 14 % de nos répondants aimeraient avoir une activité professionnelle et que 20 % en ont déjà repris une», indique Mariette Gélinas, présidente de l'AREQ.

Pour répondre aux demandes, l'association a mis en place sur son site Internet une section «retour au travail» donnant accès à de petites annonces d'emplois et des conseils. De plus, un partenariat avec le Cégep@distance pour l'encadrement pédagogique des personnes qui suivent le cours de francisation en ligne vient d'être conclu.

«Si nous pouvons apporter notre contribution, c'est un bon moyen de nous valoriser, explique Mariette Gélinas qui tient à préciser l'importance des conditions de travail: Nous ne sommes pas des "bénévoleurs", c'est-à-dire que nous voulons une rémunération décente et nous ne sommes pas là pour prendre le travail de personnes qui en ont besoin.»

À la Fédération de l'âge d'or du Québec (FADOQ), le programme Défi travail 50+ existe depuis 2007. Pour Danis Prud'homme, directeur général du réseau FADOQ, il y a cependant encore beaucoup à faire. «Les préjugés persistent et les horaires ne sont pas encore assez souples pour rendre accessible le travail aux aînés», assure-t-il. La Fédération a envoyé un questionnaire à près de 2000 entreprises québécoises pour cibler son intervention. Elle a également rassemblé les témoignages de plusieurs de ses membres encore actifs et donne aussi des informations sur son site Internet.
 
 
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