Montréal, un marché «difficile» pour les raffineurs
Le propriétaire de la raffinerie de Petro-Canada ne s'inquiète pas d'un éventuel arrêt des activités de Shell
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Suncor, propriétaire de la raffinerie de Petro-Canada à Montréal-Est, partage avec Shell le coût d’un pipeline pétrolier de 380 km.
L'éventualité d'un arrêt des activités à la raffinerie de Shell ne semble pas préoccuper le président de Suncor, qui partage avec Shell le coût d'un pipeline pétrolier de 380 kilomètres en provenance de l'État du Maine. Mais Montréal est un marché «difficile», a dit son président.
Lors d'une conférence téléphonique portant sur les résultats du deuxième trimestre, Le Devoir a demandé à la direction de Suncor, maintenant propriétaire de Petro-Canada et de sa raffinerie de Montréal-Est, comment elle réagirait si elle devait un jour assumer la totalité des coûts d'entretien du pipeline.
«Nous avons évalué toutes les possibilités, et nous ne prévoyons pas que cela [le sort de la raffinerie Shell] va être un facteur énorme dans notre capacité à exploiter notre raffinerie montréalaise», a répondu le président de Suncor, Rick George.
Suncor, acteur de premier plan dans l'exploitation des sables bitumineux en Alberta, a pris le contrôle de Petro-Canada l'an dernier dans une transaction de 17 milliards.
Shell négocie présentement la vente de sa raffinerie avec la société américaine Delek, à défaut de quoi elle voudrait la démanteler pour convertir le site en simple terminal de carburants qui arriveraient par transport maritime.
Cette possibilité d'amener de l'essence par bateau fait de Montréal un marché très particulier, a immédiatement poursuivi M. George. «Montréal est un marché difficile parce qu'il est possible d'importer au port de Montréal des produits déjà raffinés, et cela influence la dynamique des choses. Dans l'ensemble de nos marchés, celui de Montréal est un des plus difficiles.»
Lors d'une conférence téléphonique en novembre 2009, M. George avait affirmé que «nous voyons [la raffinerie] comme un actif que nous allons garder à long terme». Du même souffle, il avait répété que Suncor souhaite vivement que le flux du pipeline pétrolier Montréal-Sarnia soit de nouveau inversé de manière à pouvoir importer au Québec du pétrole des sables bitumineux. Jusqu'en 1999, le pipeline coulait en direction de Montréal.
Une nouvelle inversion en direction de Montréal nécessiterait cependant une capacité de raffinage adéquate pour accommoder ce pétrole. Ou encore, elle nécessiterait l'inversion du flux du pipeline qui amène le pétrole à Montréal en provenance de Portland, dans l'État du Maine.
Selon les calculs du Devoir, grâce aux tarifs de base fournis par le trésorier du pipeline à Portland, la facture annuelle que doivent payer Shell et Suncor tournerait autour de 35,5 millions. Cela tient compte d'un scénario dans lequel les deux raffineries, qui peuvent traiter 290 000 barils par jour, fonctionnent à 95 % de leur capacité.
À la lecture des documents de la société Montreal Pipe Line, dont les actionnaires sont notamment la Pétrolière impériale (Esso) et Suncor, le tarif pour amener un baril de pétrole brut à Montréal atteint environ 35 ¢. Cela ne comprend pas le prix du pétrole lui-même.
Le sort de la raffinerie de Shell est une source de préoccupation pour le syndicat des employés de Suncor, qui compte 240 membres. La raffinerie emploie aussi environ 150 cadres, selon le syndicat.
«Si ça ferme, ça va nous inquiéter. D'après ce que je comprends, le partage des coûts pour le pipeline va durer encore trois ans. Après ça, il arrive quoi?», a demandé le trésorier et président par intérim du syndicat, Harry Dunn, lors d'un entretien. «L'employeur nous dit qu'il n'entrevoit pas de fermeture, mais ce que l'employeur dit, on ne se fie pas là-dessus.»
Aux yeux de M. Dunn, il est très improbable que les gouvernements laissent Suncor fermer sa raffinerie.
Lors d'une conférence téléphonique portant sur les résultats du deuxième trimestre, Le Devoir a demandé à la direction de Suncor, maintenant propriétaire de Petro-Canada et de sa raffinerie de Montréal-Est, comment elle réagirait si elle devait un jour assumer la totalité des coûts d'entretien du pipeline.
«Nous avons évalué toutes les possibilités, et nous ne prévoyons pas que cela [le sort de la raffinerie Shell] va être un facteur énorme dans notre capacité à exploiter notre raffinerie montréalaise», a répondu le président de Suncor, Rick George.
Suncor, acteur de premier plan dans l'exploitation des sables bitumineux en Alberta, a pris le contrôle de Petro-Canada l'an dernier dans une transaction de 17 milliards.
Shell négocie présentement la vente de sa raffinerie avec la société américaine Delek, à défaut de quoi elle voudrait la démanteler pour convertir le site en simple terminal de carburants qui arriveraient par transport maritime.
Cette possibilité d'amener de l'essence par bateau fait de Montréal un marché très particulier, a immédiatement poursuivi M. George. «Montréal est un marché difficile parce qu'il est possible d'importer au port de Montréal des produits déjà raffinés, et cela influence la dynamique des choses. Dans l'ensemble de nos marchés, celui de Montréal est un des plus difficiles.»
Lors d'une conférence téléphonique en novembre 2009, M. George avait affirmé que «nous voyons [la raffinerie] comme un actif que nous allons garder à long terme». Du même souffle, il avait répété que Suncor souhaite vivement que le flux du pipeline pétrolier Montréal-Sarnia soit de nouveau inversé de manière à pouvoir importer au Québec du pétrole des sables bitumineux. Jusqu'en 1999, le pipeline coulait en direction de Montréal.
Une nouvelle inversion en direction de Montréal nécessiterait cependant une capacité de raffinage adéquate pour accommoder ce pétrole. Ou encore, elle nécessiterait l'inversion du flux du pipeline qui amène le pétrole à Montréal en provenance de Portland, dans l'État du Maine.
Selon les calculs du Devoir, grâce aux tarifs de base fournis par le trésorier du pipeline à Portland, la facture annuelle que doivent payer Shell et Suncor tournerait autour de 35,5 millions. Cela tient compte d'un scénario dans lequel les deux raffineries, qui peuvent traiter 290 000 barils par jour, fonctionnent à 95 % de leur capacité.
À la lecture des documents de la société Montreal Pipe Line, dont les actionnaires sont notamment la Pétrolière impériale (Esso) et Suncor, le tarif pour amener un baril de pétrole brut à Montréal atteint environ 35 ¢. Cela ne comprend pas le prix du pétrole lui-même.
Le sort de la raffinerie de Shell est une source de préoccupation pour le syndicat des employés de Suncor, qui compte 240 membres. La raffinerie emploie aussi environ 150 cadres, selon le syndicat.
«Si ça ferme, ça va nous inquiéter. D'après ce que je comprends, le partage des coûts pour le pipeline va durer encore trois ans. Après ça, il arrive quoi?», a demandé le trésorier et président par intérim du syndicat, Harry Dunn, lors d'un entretien. «L'employeur nous dit qu'il n'entrevoit pas de fermeture, mais ce que l'employeur dit, on ne se fie pas là-dessus.»
Aux yeux de M. Dunn, il est très improbable que les gouvernements laissent Suncor fermer sa raffinerie.
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