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Chute brutale du tourisme

Tourisme<br />
Photo : Pedro Ruiz - Le Devoir
Tourisme
Depuis 2002, le Québec a perdu 40 % de touristes américains et 28 % de touristes canadiens. L'industrie connaît pourtant une croissance marquée partout ailleurs dans le monde. Autopsie d'un problème.

La semaine dernière, Montréal accueillait pas moins de 17 000 délégués des clubs Rotary, réunis pour le congrès mondial de l'organisation humanitaire. En y ajoutant le Grand Prix de Formule 1, on parle de retombées de plus de 100 millions de dollars dans la seule métropole. Bref, la manne pour un secteur touristique qui en avait bien besoin. Mais ce beau mois de juin, accueilli avec soulagement par les hôteliers, restaurateurs et toute la ribambelle d'entreprises qui gravitent autour de l'industrie du voyage, ne reflète pas la tendance lourde des dernières années, à savoir que le Québec attire de moins en moins de touristes étrangers, mais aussi en provenance des autres provinces.

En fait, depuis 2002, on parle d'une diminution de plus de 40 % du nombre de touristes américains, un marché traditionnellement considéré comme «naturel». Une chute brutale qui ne peut s'expliquer uniquement par la hausse du dollar et la nécessité de détenir un passeport pour entrer au pays, affirment les gens bien au fait des tendances dans l'industrie. La baisse des visiteurs en provenance des autres régions du Canada s'élève quant à elle à 28 %. Ce recul a été en partie compensé par la hausse du nombre de Québécois qui ont décidé de passer leurs vacances ici. Mais ces voyageurs, qui représentent 75 % des touristes bon an, mal an, dépensent à peine 30 % de ce que dépense un Américain en visite chez nous.

Cette perte de vitesse vaut aussi pour le Canada, qui a essuyé un recul de 20 % du nombre de touristes étrangers depuis 2002. Le pays, qui figurait auparavant parmi les 10 destinations favorites sur la planète, se situe maintenant au 14e rang. Il est même 106e, sur 130 pays, pour ce qui est de la compétitivité des prix, selon les données compilées par le Forum économique mondial.

Le pire, c'est que cette baisse s'est produite alors que le secteur, à l'échelle mondiale, connaissait une croissance très marquée. De 2002 à 2008, le tourisme international a grimpé de 31 %. L'an dernier, pas moins de 800 millions de personnes ont voyagé sur la planète. Un chiffre qui devrait doubler d'ici 10 ans. «Pratiquement tous les pays ont enregistré une croissance... sauf le Canada», soulignait dernièrement le président et chef de la direction de Transat, Jean-Marc Eustache, dans un discours où il a fait état de ses inquiétudes pour l'avenir de l'industrie canadienne du tourisme international. «Au Canada, on n'arrive pas à "penser tourisme" et à agir stratégiquement.»

Pour ajouter aux difficultés, la concurrence internationale se fait de plus en plus forte. «Auparavant, environ 10 pays se partageaient 75 % des touristes internationaux, explique M. Archambault. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. Ils représentent peut-être 40 %, parce que d'autres pays se sont démarqués, comme la Tunisie, le Maroc, l'Arabie saoudite, la Turquie, etc.» Des pays qui recrutent directement dans des marchés importants pour le Québec, notamment du côté de la France, de l'Allemagne, de la Belgique, et bien sûr des États-Unis.

«Quand on regarde le succès des destinations qui ont réussi, on constate qu'il y a eu une volonté gouvernementale, ajoute-t-il. On ne parle pas d'un ministère du Tourisme, mais du gouvernement.» C'est le cas de la Turquie, devenue huitième destination dans le monde en faisant passer le nombre de touristes qu'elle accueille de 5 à 27 millions en moins de 20 ans. «Ils ont choisi de développer une offre distinctive, de calibre international et répondant à une tendance de fond. On a donc beaucoup de travail à faire.»

Québec fait peu

Que fait le Québec pour freiner cette dégringolade dans une industrie dont dépendent 135 000 emplois et 30 000 entreprises? Peu de choses, affirment à peu près tous les acteurs de l'industrie questionnés par Le Devoir. «Il y a un manque de vision intégrée, et ce, à tous les niveaux», résume Michel Archambault, titulaire de la Chaire de tourisme Transat, à l'Université du Québec à Montréal (UQAM). Il affirme que les différents acteurs de l'industrie ont tendance à travailler chacun pour soi et que, dans certaines régions, les administrations municipales font carrément preuve de «myopie» quand vient le temps de planifier l'offre touristique. Et malgré un budget annuel de commercialisation qui dépasse les 125 millions, il y a selon lui «un manque d'intégration des efforts qui sont faits» afin de promouvoir le Québec.

La ministre du Tourisme, Nicole Ménard, a annoncé en mai qu'elle mettrait sur pied un comité de concertation pour se pencher sur les «défis» pour le Québec. En entrevue au Devoir, Mme Ménard dit qu'elle souhaite doter la province d'une «vision globale» et d'un «plan concret axé sur la croissance économique», mais aussi «élaborer un plan triennal basé sur des investissements publics et privés». Le comité en question — composé d'une douzaine d'«experts» qui proviennent de l'industrie ou qui la connaissent bien — se réunira pour la première fois en septembre et aura six mois pour remettre un «plan d'action» au gouvernement. Les associations touristiques régionales (ATR) le réclament depuis plusieurs années.

Malgré cette récente initiative, certaines sources ont dénoncé le manque de leadership de la part du ministère du Tourisme, qui peut compter cette année sur un budget de 146 millions de dollars. Les ministres y défilent trop rapidement, estiment certains. Mais surtout, «l'industrie touristique n'est pas assez considérée comme un outil de développement économique pour le Québec», juge le directeur général des ATR associées du Québec, Louis Rome. Il rappelle que les dépenses touristiques au Québec s'élèvent pourtant chaque année à plus de 10 milliards de dollars.

«C'est à peu près la seule industrie très diversifiée qui est présente dans toutes les régions. Elle a un impact majeur dans beaucoup de régions, quand elle n'est pas tout simplement capitale», ajoute-t-il. Qui plus est, «c'est une industrie qui est très résiliente. Mais il faut maintenant passer à une vitesse supérieure et augmenter nos parts de marché. Il faut faire une meilleure mise en marché, mais aussi présenter une offre adaptée aux clientèles». Et le Québec a des «atouts majeurs», selon M. Rome. Il est riche au plan culturel, il représente le fait français en Amérique du Nord, il peut offrir un produit touristique étalé sur quatre saisons et il est considéré comme une destination sécuritaire. La province est aussi très bien outillée pour tirer profit, par exemple, d'un créneau «nature» toujours plus recherché.

Infrastructures déficientes

Les structures d'accueil sont souvent déficientes quand vient le temps de séduire une clientèle de plus en plus exigeante et qui a tout le loisir de voyager où bon lui semble sur la planète. Michel Archambault souligne ainsi que, des 75 000 chambres qu'offrent les établissements hôteliers de la province — en majorité cotées deux ou trois étoiles —, au moins la moitié aurait besoin de rénovations. Les petits motels figés dans les années 70 ont peut-être leur cachet un peu kitsch, mais ils ne répondent plus à la demande. Côté restauration aussi, il faudrait encourager davantage la diversification, particulièrement en région. Pourquoi, par exemple, ne pas miser encore plus sur les produits locaux. Des efforts ont été faits depuis quelques années, mais il reste un bon bout de chemin à parcourir.

Le hic, c'est que des investissements d'une telle ampleur nécessiteraient des capitaux souvent inaccessibles. «Les programmes gouvernementaux et les institutions financières ne sont pas souvent au rendez-vous, ou alors ce n'est pas adapté. Le retour sur l'investissement doit souvent être trop rapide pour la réalité de l'industrie touristique. On ne peut pas y arriver», déplore Louis Rome. Pourtant, selon une récente étude de la Commission canadienne du tourisme, les investissements privés et publics dans le secteur touristique donnent un rendement «solide et constant».

Le gouvernement aurait aussi un rôle majeur à jouer, clame l'industrie. Côté transport par exemple, le Québec fait bien piètre figure. Le train est à peu près absent et les routes n'ont pas nécessairement tout le lustre nécessaire. Du côté de Montréal, première porte d'entrée de la province pour les touristes étrangers, on répète depuis des années que des efforts substantiels devraient être faits. À commencer par la route qui sépare l'aéroport PET et le centre-ville, que plusieurs associent à une pure horreur urbanistique. M. Archambault insiste également sur la nécessité d'améliorer le lien entre l'île et le fleuve Saint-Laurent et d'augmenter le nombre d'espaces verts. L'urgence d'agir fait d'autant moins de doute que, pour cette année, malgré le rebond de l'économie, Tourisme Montréal s'attend au mieux à une «reprise modeste».

En plus d'améliorer substantiellement les structures d'accueil, il faudrait aussi être en mesure de renouveler l'offre de façon à séduire les marchés les plus prometteurs pour les prochaines années (voire autre texte en page ). En tête de liste, la Chine, qui a récemment accordé au Canada le statut de destination «approuvée». En même temps, affirme M. Eustache, il est impératif de mettre fin à certaines «insultes». Un exemple? Ottawa a annoncé en 2009 son intention de développer une «stratégie touristique nationale». À peine quelques semaines plus tard, le gouvernement conservateur décidait d'imposer un visa aux voyageurs mexicains, quatrième marché en importance pour le Canada. Les impacts ne se sont pas fait attendre. Le nombre de visiteurs en provenance de ce pays partenaire de l'ALENA a diminué de près de 40 % à peu près du jour au lendemain.

**
NDLR: Une modification à ce texte a été apportée le 29 novembre 2010, pour mieux préciser une phrase.
 
 
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  • Jacques Brunelle
    Abonné
    samedi 3 juillet 2010 04h51
    Pourquoi? Quoi!
    Pourquoi attendre la retraite pour visiter le Canada, quand on peut le faire sans argent a titre de réfugier politique?

  • Assez merci
    Inscrit
    samedi 3 juillet 2010 05h30
    Pourquoi venir ici?
    Rien de nouveau, pourquoi aurions nous des tourisres ici.

    Quelle différence de chez eux?

    Les touristes sont comme chez eux, tout se passe en anglais. Ils ne sont pas dépaysés comme nous le sommes si on va à Cuba ou en Asie.
    Montréal est comme une autre ville des usa, multiculturel, anglophone, malpropre à l'occasion, essence à gros prix, les starbusss, wal-mart, les mc do comme chez eux, des travaux qui bloque la circulation tous les étés etc.

    Je ne suis pas surpris!

  • Georges Paquet
    Abonné
    samedi 3 juillet 2010 06h43
    Question de promotion...
    Est-ce qu'une forme très efficace de promotion du tourisme au Québec ne se ferait pas par les Québécois eux-mêmes, lorsqu'ils voyagent à l'étranger?

    Est-ce que l'encouragement aux Québécois de voyager dabord au Québec, et le fait qu'ils le fassent en très grand nombre, ne sont pas des facteurs qui freinent la connaissance du Québec à l'étranger et l'envie d'y venir?

    Une sorte de protectionnisme, dans ce domaine, n'aurait-il pas le même effet que le protectionnisme dans d'autres domaines?

  • Claude Kamps
    Inscrit
    samedi 3 juillet 2010 07h05
    Dans un monde « en chômage » chaque $ compte
    Je prends quelques éléments de tourisme bien simple, pour démontrer que le Québec est vraiment pas concurrentiel...

    Un voyage en voiture au Québec contre la même distance aux US...
    Les routes ont le même climat au Vermont qu'au Québec, mais vraiment pas le même confort, un billard aux USA.. Tout le monde a 110km heure, vous êtes sur d'avoir un RADAR de vitesse a tout les 100km....
    Le prix de l'essence, 1.10$ le litre au Qc, 0,71$ au USA

    Le prix du logement et des repas est vraiment trop chère par rapport à la concurrence.

    Une autre différence énorme est le voyage en Avion pour la Floride ou tout autre voyage qui n'est pas un tout compris...

    Partir de Dorval, il faut passer la fouille USA pour toutes destinations et en plus la douane US si on s'arrête au USA, minimum 2h de files plus le temps de s'enregistrer 1 à 2h...
    Partir de Plattsburgh ou de Burlington, le temps de passage des douanes par les petites frontières proche en voiture est de 5 minutes, le temps de fouille de 10 minutes et l enregistrement de 10 minutes, ce qui compense amplement pour le temps perdu à Dorval, sans parler des problèmes du rond point Dorval...

    ET LE PRIX est coupé en deux... En plus Jetblue de Burlington, vous offre des prix très bas et de la place pour des longues jambes dans tout l'avion...

    Si on part de Plattsburgh le parking est en plus gratuit...

    «On n'attire pas des mouches avec du vinaigre....»

  • Fred Letey
    Inscrit
    samedi 3 juillet 2010 09h10
    La complaisance et l'ignorance
    Voilà plus de 15 ans que je suis guide touristique au Québec entre autre.

    J'ai fait tous les sites, de la Gaspésie, au Saguenay etc... Et toujours la même chose typique de notre pays.

    Tout d'abord la complaisance; "on est les meilleurs, les plus accueillants, les plus sympathiques... etc.." C'est FAUX!

    Je n'énumérerais pas tous les exemples de la mauvaise qualité d'accueil en particulier dans les hôtels, et sans parler de ces restaurants qui confondent encore la Miracle Whip avec de la mayonnaise, ce qui est un stupide exemple de l'ignorance et surtout de l'orgueil mal placé quand quelqu'un a le malheur de dire que ce n'est pas de la mayonnaise (surtout si c'est un français!), il a droit alors à un regard de dédain alors que l'ignorant n'est pas celui qu'on pense. On ne veut pas apprendre, "on sait tout nous autres!". Attitude de perdants généralisée.

    En Gaspésie, on a construit une usine (Gaspesia) pour 300 millions mais il n'y a pas UNE SEULE toilette digne de ce nom sur la route!! Une vraie honte!
    On ne peut pas accéder aux phares sauf rares exception et alors AUCUN service. etc etc..

    À Tadoussac les service sur les bateaux sont dignes du 19ème siècle et faut surtout pas critiquer ni les Dufour ni les autres, ils "tiennent" la région. À percé, les hôtels sont minables sauf 1 exception.

    Quant au camping Sepaq, sous couvert d'hygiène on a ensablé avec du mauvais gravier les emplacements de camping et le dépanneur est toujours aussi minable que n'importe quel dépanneur.

    Mis à part le Bic et quelques Villages à peu près corrects grâce à certains citoyens engagés (et non pas les élus), le reste du Québec n'est qu'une série de Tim Horton et de Wall-Mart avec un chapelet de routes cahoteuses.

  • Fred Letey
    Inscrit
    samedi 3 juillet 2010 09h11
    suite
    Et on ne parle pas de Montréal, littéralement dégueulasse pour au moins encore 2 ans, mais il était temps de bouger un peu.

    Sinon? Pas de TRAINS, routes insipides, circulation agressive et malpolie. manque de classe....etc...
    bref, tant qu'on se pensera les "pluss beaux au monde" on va crouler sous les risées et pour commencer, les touristes préfèrent aller ailleurs.... en silence ils nous délaissent et je les comprends.

    J'ai vu plus de 8000 touristes étrangers dans mes bus, je sais de quoi je parle! Je me bats chaque fois pour tirer le meilleur de ces tours mais je ne peux expliquer les piètres sites visités... (avez-vous vu la croix de Jacques Cartier à gaspé??!)

    Nous seuls, notre complaisance, notre ignorance et inaction sont responsables de cette situation. Pauvre Québec!!
    ;-(

  • Alain Lavallée
    Abonné
    samedi 3 juillet 2010 09h18
    Cibler au delà des États-Unis
    Bonne analyse de la problématique du tourisme au Québec.

    J'ajouterais simplement que depuis 10 ans le Ministère du tourisme a trop ciblé, les États-Unis et le Canada comme marché, ce fut une erreur.
    Vous signalez que le tourisme a baissé de 40% depuis 2002. Nous sommes trop dépendant des USA pour le tourisme et les Étatsuniens ont dramatiquement diminuée leurs escapades touristiques à compter de 2002 (11 sept, 2001).
    j'ai lu dans le NY Times en 2006, une enquête qui disait que 70% des États-Uniens se sentaient insécures lorsqu'ils étaient à plus de 100 milles de leur résidence (résultat de 4 ou 5 années BUSH d'alerte orange, alerte jaune, etc.)
    Puis en 2007-2008.... l'économie états unienne s'est effondrée, le tourisme a suivi.

    Aujourd'hui le touriste utilise l'avion
    IL faut que le Québec cible davantage l'Europe , l'Asie et l'Amérique latine.

    1- les touristes européens (France, Belgique, Allemagne, Italie, Suisse aiment bien le QUébec, sa couleur culturelle, et ses grands espaces , et sont très "payants, ils vont en région (alors que les États-Uniens et les Canadiens ont les mêmes vastes espaces pourquoi se taper 3 jours d'auto)

    2- les Latinos sont sous estimés comme touristes.... les Mexicains étaient depuis quelques années le 4e groupe touristique en importance au Québec. (il y avait 4 vols nolisés par semaine Mexico QUébec entre autres...) mais Harper l'a presque tué avec l'imposition de ses visas obligatoires.
    Il faut se débarasser du stéréotype du Mexicain cueilleur de légumes, travailleurs saisonniers.... il y a 15 millions de Mexicains qui sont très à l'aise et qui ont vraiment les moyens de voyager... et qui se sentent mal à l'aise aux USA car ils sont regardés de haut... ils aimaient venir ici.... Harper les a assommés

    dans une bonne dizaine de pays d'Amériques latines il y a quelques millions de personnes, parfois plusieurs millions qui aiment voyager et en ont les moyens....

    3- l'Asie... les Asiati

  • Mary Coleman
    Abonné
    samedi 3 juillet 2010 09h35
    Bonjour de Ohio (Etats-Unis)
    Bonjour tout le monde ! Je suis Américaine. Je viens de Ohio. J’adore Québec ! Mais le problème avec la chute de tourisme est que beaucoup de Américains ne connaissent pas aucune chose de Québec. Quand des Américains pensent de Canada, ils pensent de Toronto, Windsor et Columbia Britanique pas de Québec ! Vous avez besoin de faire de la publicité (surtout à la MidWest)! Aussi, la frais d’avion est vraiment cher (presque la même coute de voyager à France). Je parle toujours de Québec et les gens de Québec. Vous êtes très sympas.

  • Bernard Gervais
    Abonné
    samedi 3 juillet 2010 09h41
    Une décision de Stephen Harper qui a aussi nui au tourisme
    Je travaille dans l'industrie touristique à Montréal depuis plus de vingt ans.

    C'est vrai que les touristes des États-Unis et du reste du Canada sont moins nombreux qu'avant, mais c'est également le cas pour ceux du Mexique, surtout depuis la décision prise au printemps 2009 par le PM Stephen Harper d'imposer un visa à toute personne de ce pays voulant venir chez nous.

    L'impact de cette décision a été brutal : aussitôt des centaines de groupes mexicains ont annulé leur voyage qu'ils devaient faire au Québec et en Ontario. Et la situation n'a guère changé cette année : ils sont pratiquement absents.

    Dommage car, après les Américains et les Français, les Mexicains étaient devenus, au fil des ans, notre troisième clientèle touristique la plus importante !

  • France Marcotte
    Abonnée
    samedi 3 juillet 2010 10h28
    Le principal attrait du Québec
    Bien sûr, le tourisme c'est payant mais franchement, quoi de plus débile que de voir ces désoeuvrés en pèlerinage dans les villes et les campagnes à la recherche du petit frisson qui manque à leur bonheur? Je frémis à l'idée que la demande doublera d'ici dix ans. D'un point de vue environnemental, c'est un désastre, on le dit de l'autre côté de la bouche. Ne pourrions-nous laisser braire ailleurs et faire autrement les choses ici? Plutôt que de compter sur ces sources de revenus désespérées et désespérantes, pourquoi ne pas susciter envie et admiration en devenant vraiment un peuple extraordinaire puisque le principal attrait du Québec, ce sont les Québécois?

  • Jean Martinez
    Inscrit
    samedi 3 juillet 2010 10h50
    L'incertitude politique?
    Si le Parti québécois était au pouvoir, il y aurait certainement un ou deux illuminés pour dire que la baisse du tourisme s'explique par l'incertitude politique. Mais là, c'est moins aisé, il faut trouver autre chose...

    À moins que statut provincial du Québec ne lui permette pas d'aménager une politique touristique plus ambitieuse?

  • François Dugal
    Abonné
    samedi 3 juillet 2010 11h11
    Ligues mineures
    Quand le touriste sort de Dorval, il se tape le foutu rond-point. Il se dit: suis-je au tiers-monde?
    Rendu à l'échangeur Turcot, il se dit: voilà, je suis effectivement au tiers-monde.
    Il regarde les nouvelles à la télé, il voit la police qui tape sur tout ce qui bouge; il a peur.
    Il retourne chez lui et ne reviens plus jamais.

  • Stéphane Martineau
    Abonné
    samedi 3 juillet 2010 11h26
    Tourisme...pas surpris !
    M. Letey a raison, le Québec n'a rien de bien intéressant à offrir...au contraire...cher, mal entretenu, pas si accueillant que cela, inculture qui s'affiche avec satisfaction - l'endroit dans le monde où je suis le moins bien accueilli comme touriste, c'est toujours chez moi au Québec...
    bref, je ne sais si il faut sauver l'industrie, mais une chose est certaine, la baisse du tourisme est un révélateur très fiable de ce que nous n'offrons pas.

  • Mathieu Gagnon
    Abonné
    samedi 3 juillet 2010 11h37
    Un beau Québec
    Le truc pour attirer des touristes, c'est d'avoir un beau pays! Architecturalement, culinairement, musicalement, , etc. Ça attire les touristes, et ça rend les Québécois fiers et heureux de vivre dans leur pays.
    La mentalité de ciblage de clientèle touristique comme fondement d'un urbanisme-marketing servant à attirer des grosses poches chez nous détruit nos villes et le tourisme. Le tourisme qui augmente est beaucoup celui des petites familles et des backpackers. Or, Québec (la ville en tout cas) s'est développée sur un modèle servant à accueillir surtout des gros riches. La vieille ville (intra-muros) a littéralement été colonisée par le tourisme : plus d'épicerie, plus de pharmacie, rien qui ne permette d'habiter réellement ce quartier.
    Attirer les touristes ne doit pas se faire au détriment de la population locale. Ce qui attire le plus les touristes, c'est quand les gens sont accueillants. L'hospitalité est une règle ancienne qui fonctionne toujours aujourd"hui, alors il faut donner le goût auz Québécois d'attirer des touristes en proposant des plans de développement qui tiennent compte d'abord des habitants, ensuite des touristes.

  • Walkyre
    Inscrite
    samedi 3 juillet 2010 16h27
    La suite .... comment traiter les touristes ...
    Mais Transat n'était pas la seule compagnie agissant de cette manière.

    Les hébergements : bien souvent, et là, je parle surtout des groupes français, les touristes étaient "jetés" dans des hotels ou motels au fin fond de tout, pas d'accès à rien, pourtant le programme parlait du "centre-ville" ou la description était tellement nébuleuse, que tout le monde s'est trompé. Ces hotels-là, étaient très souvent pas seulement médiocres mais tout simplement une honte. Sales, négligés, et je ne raconte même pas les pires histoires. Ou "l'acceuil en famille" ... cela se faisait régulièrement avec les Français. Un cauchemar pour bien des guides et chauffeurs. Et quelle hypocrisie ! Au Lac-St-Jean, on pouvait voir des ˝ bonnes femmes˝ (désolée, mais c’était très rare que cela était un homme) se moquer des français – leurs clients = leur argent. Je m’excuse, mais ça ne se fait pas et en plus, ce n’est vraiment pas professionnel.

    Les compagnies d’autobus : il y avaient et il y a toujours de très bonnes compagnies d’autobus ici au Québec. Ils ont de très bons chauffeurs, qui sont respectés par la compagnie, seul problème : la qualité a un prix. Et on revient toujours au même point, le fric. Bien de compagnies de voyages ne voulait pas payer le prix pour la qualité. Conséquence : des bus datant de la ˝pré-histoire˝, avec lesquels on allait de surprise en surprise. Il ne fallait pas que ça pleuve, autrement les clients devraient utiliser leurs parapluies – dans le bus. Ou le chauffeur devait s’arrêter, sortir du bus – pour mettre en marche les essuie-glaces - de l’extérieur.

    La nourriture : même problème ! Le ˝cheap˝ suffit pour les touristes.

    Et cette liste-là, je pourrais continuer des pages et des pages.

    Parfois, il y avaient des personnes qui ont eu le courage d’en parler – devinez qu’est-ce qu’ils/elles sont devenues ?

  • Walkyre
    Inscrite
    samedi 3 juillet 2010 16h28
    Dernière suite ... comment traiter les touristes
    Non, ce n’est pas une façon de traiter les touristes, ce n’est pas une façon de traiter n’importe quel client. Il faut toujours y penser, même les ˝maudits français˝, ça se parle entre eux. Et ça se parle en revenant à la maison ... zut, alors ! Et c’est pour cela, que, aujourd’hui, en d’abord écoutant cette nouvelle à la radio et puis la lire au ˝Devoir˝,elle a fait ma journée.

  • Renée Lavaillante
    Inscrite
    samedi 3 juillet 2010 17h34
    Français
    Le principal attrait du Québec n'est-il pas la langue française? Or on peut voyager ici sans entendre un mot de français. On peut faire mille restaurants sans entendre même le mot bonjour en français, si on a le moindrement une gueule de touriste. Les (horribles) boutiques de souvenirs du Vieux-Montréal sont pour la plupart tenues par des anglophones, la plupart du temps unilingues, leur camelote est faite en Chine, porte des inscriptions en anglais... Avez-vous cherché un t-shirt avec inscription en français? Courage.

    Nous sommes masos. Ça n'a rien d'attirant.

  • Marc Tremblay
    Inscrit
    samedi 3 juillet 2010 18h05
    Manque d'information
    Je comprend que la hausse du dollar et le passeport obligatoire rebute bien des Étatsuniens ( 40 % de baisse des touristes au Québec ). Le journaliste n'explique cependant pas la baisse de 28 % des touristes provenant du ROC.

  • Pierrecnd
    Abonné
    samedi 3 juillet 2010 19h37
    Tout à fait d'accord avec Fred Letey
    L'an passé je suis allé à New York accompagné de ma grande soeur âgée disons milieu soixantaine. Pour moi rien de bien nouveau j'ai toujours adoré cette ville même dans les années 70 et 80. Pour elle c'était la première fois et elle y allait avec le préjugé typique des Québécois envers les Américains: ils sont stupides, impolis et violents.

    Après 2 jours nous étions au mileu de la foule de Manhattan en attente d'un tour guidé et elle me dit: "Je n'en reviens pas encore comment les gens, piétons et automobilistes, sont disciplinés et polis et presque pas de klaxon, ce serait complètement impossible à Montréal" de plus les gens nous répondent toujours avec le sourire lorsque l'on a un renseignement à demander. Vous avez une partie de la réponse du déclin du tourisme, on attire pas les mouches avec du vinaigre.

    Que Montréal laisse de côté ses manières provinciales et accepte de devenir adulte et tout ira probablement mieux. Il y a moins d'Américains? C'est certain que si j'en étais un j'y penserais à 2 fois avant de dépenser mon argent à Montréal; avant de simplement songer à Montréal j'irais probablement à Toronto, qui en passant est maintenant une ville plus qu'excitante et la capitale culturelle du Canada après avoir ravi le titre de capitale financière. À croire que les artistes sont probablement plus attirés par l'argent que par l'ambiance!

    Montréal et le Québec se font tout simplement servir à eux-mêmes le retour du balancier de société distincte. Tant qu'à cette stupidité de ne pas parler anglais je ne sais quoi dire, partout où je suis allé dans le monde: Italie, Cuba, Panama, France et Allemagne, j'ai toujours utilisé l'anglais, sauf en France, après avoir sorti mes rudiments d'espagnol, Italien et Allemand.

    C'est mon opinion

  • Francois Taylor
    Inscrit
    samedi 3 juillet 2010 22h11
    culture soigner nos atouts le beau
    Le tourisme n'est pas le premier chainon de la chaine alimentaire mais plutôt l'un des derniers. Nous devons d'abord penser à investir en amont de manière intelligente. Continuons à développer nos institutions culturelles. Soyons audacieux au niveau architectural. Entourons d'un soin particulier ces atouts qui sont uniques en leur genre: le fleuve, notre paysage rural et nos villages. Prenons aussi des mesures énergiques pour combattre la laideur qui est le propre du développement urbain qui n'obéit qu'à de strictes considérations mercantiles.

  • Michelle Bergeron
    Abonné
    dimanche 4 juillet 2010 03h21
    Bienvenue dans le tiers monde à gros prix avec pas beaucoup à offrir
    Transfert des subventions pour festivale à majorité cucu vers le développement afin d'améliorer les attraits touristique.
    Réfléchissons il est possible d'aller vers la température assuré pour 1000$ tout compris avion, hotel, repas même bar ouvert.
    Faire le tour d'une région éloignée comme Gaspésie en coûte davantage avec en prime le tape c...pendant des heures pour faire quoi arrivé à destination en espérant que la température est au rendez-vous. Une semaine pluvieuse et de brume enfermé dans un motel ou hôtel sans trop de choix on revient en maudit de voir son compte de banque qui a baisser autant.

  • Normand Chaput
    Abonné
    dimanche 4 juillet 2010 06h04
    ROC
    la baisse de 28% du tourisme du ROC n'est due qu'à l'augmentation du dollar canadien. Les canadiens en profitent pour dépenser aux USA ou ailleurs. Avec raison.

  • Jacques Roussel
    Abonné
    dimanche 4 juillet 2010 09h03
    Oh ma chaire!
    Est-ce sérieux que cette histoire de chaire Air Transat en tourisme? Tant qu'à faire pourquoi pas la chaire Ultramar en environnement.
    Avec Lemire qui prête son nom à AML, tout est maintenant possible et comme le dira Bastarache, pas de conflit d'intérêt, même pas en apparence. J'entends déjà les justifications d'éthique à géométrie variable.

  • DenisH 2010
    Inscrit
    dimanche 4 juillet 2010 14h32
    Amitoia, l'arc en ciel de la vie.
    Moi et ma conjointe avons un gîte au Saguenay, nous aimons recevoir nos amis Français et Américain et Canadien chez nous. Même si il se font attendre parfois. Si nous voulons plus de touristes chez nous il faut avant tout changer notre mentalité. Se dire que nous partageons notre amitié avec des gens tout comme nous avec leur peines et leur bonheurs. Ne pas avoir peur de ce que nous sommes et ne pas se sentir agresser par nos visiteurs. les aider à trouver de choses à voir et des endroits pour fêter.

    Les municipalités eux doivent se poser une question, j'y crois ou non.

    Si c'est oui alors on fait en sorte de ...

    Pour ce qui est de la langue, le français est mon âme et l'anglais ma raison.

    C'est bien que se préoccupe du tourisme et que l'on y mentionne les lacunes. Bravo pour les critiques.

  • perez
    Inscrit
    dimanche 4 juillet 2010 15h38
    Quelques évidences...
    A l'arrivée à l'aéroport
    - Des douaniers capables de dire "bonjour madame", "bonjour Monsieur" et qui ne vous considèrent pas d'emblée comme un dangereux terroriste
    - Une liaison ferroviaire aéroport-centre ville
    - Des loueurs de voiture qui affichent les vrais tarifs sur leur site internet. Car entre le prix affiché et le prix réel avec taxes, taxe d'aéroport, taxe "pneumatique" (si,si ca existe),etc. on double pratiquement le prix initial.
    En ville:
    - Mettre en place un signalisation routière digne de ce nom. Celle en place est incompréhensible.
    - Afficher le plan des lignes dans les autobus. Avoir des plans plus compréhensibles à l'arrêt des bus.
    - Forcer les restaurateurs à afficher les prix avec taxes et service compris. Très frustrant de penser payer $40 pour un repas alors qu'au final l'addition sera plus près des $60.
    - Apprendre aux jeunes vendeuses et vendeurs dans les boutiques d'éviter le tutoiement systématique ainsi que les "petite madame - petit monsieur"
    - Avoir une charte de qualité pour les particuliers louant leurs appartement pour de courte durée. Les annonces disant "appartement sur le boulevard Henri-bourassa à proximité du centre-ville" sont carrément frauduleuses.

  • Bouletrouge
    Inscrit
    dimanche 4 juillet 2010 18h14
    @perez
    Je suis d'accord avec la majoroté de ce que vous dites sauf:

    J'ai été en France cet été et nous arrivons tout juste des États-Unis, Les douaniers canadiens (québecois) sont nettement plus chaleureux que ceux des États-Unis. Je dirais qu'une fois sur trois ou quatre, ce sont de vrais policiers avec lesquels vous avez intérêt à faire ce qu'ils vous disent. C'est bien beau la sécurité mais certains douaniers américains font leur travail de façon nettement plus cordiale que d'autres.

    Je ne crois pas que le tutoiement soit un problème. Certains n'aiment pas mais d'autres oui car avec cela vient une attitude chaleureuse. Un peu comme celle que vous retrouvez sur la Côte-Nord. C'est une de nos caractéristique et je crois qu'elle nous sert plus dans la mesure où l'accueil est chaleureux. Quand on voit le trouriste comme un touriste et non plus comme un voyageur venu de loin, on manque un principe de base: l'hospitalité (voir les nombreux commentaires ci-dessus).

    Le tout-inclu peut être chiant avec les taxes, là-dessus je vais dans votre sens. Pour le pourboire, c'est une autre histoire. Le tout-inclu a l'avantage d'être simple (je sais de quoi je parle, je déteste toutes ces histoires de pourboire). Il a le désavantage d'être le même, peu importe la qualité du service. Alors je dis que ce n'est qu'une façon différente de fonctionner.

  • Lebazy
    Inscrit
    lundi 5 juillet 2010 20h03
    Voyager au Québec
    Je suis d'accord avec la plupart des commentaires. Quelles belles critiques!
    Personnellement, j'évite les régions pour l'hébergement: trop cher pour ce cela vaut! Pourquoi les beds and breakfast doivent-ils obligatoirement avoir un look ''chez ma tante dans le québec des années 50'' ? Les déjeuners en région ne sont pas mangeables et quand ils nous mettent 3 fraises, le déjeuner est baptisé ''santé''. Les tables en dehors de Québec et de Montréal: souvent trop chères et tellement décevantes à chaque fois (et cela me dérange pas de payer quand c'est bon!)... Accueil en région, exécrable! Un exemple? des proprios d'un beds

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