Péladeau: un passage obligé
Les employés du Journal, comme ceux de TVA, devront acheter le modèle d'affaires de Quebecor
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Pierre Karl Péladeau, président et chef de la direction de Quebecor, et Brian Mulroney, administrateur de la société, lors de l’assemblée annuelle des actionnaires.
Pierre Karl Péladeau persiste et signe. Alors que le lock-out perdure au Journal de Montréal et qu'un autre conflit se profile à TVA, le président et chef de la direction de Quebecor s'est porté hier à la défense du modèle d'affaires que l'entreprise a décidé d'imposer à ses employés. Un modèle qui passe plus que jamais par une réduction des effectifs et la multiplication des plateformes de diffusion, surtout après la «période extrêmement difficile» qu'a traversée le secteur des médias.
Le fils de feu Pierre Péladeau s'en est d'ailleurs pris directement aux 253 lock-outés du quotidien le plus lu de la province, qu'il a appelés à «faire preuve de réalisme». Car si le conflit perdure depuis janvier 2009 au Journal de Montréal, c'est «en raison de l'incapacité des représentants syndicaux d'admettre la nécessité de diminuer nos effectifs», a-t-il plaidé au cours d'une allocution prononcée lors de l'assemblée annuelle des actionnaires de l'entreprise.
«L'ensemble de cette industrie a traversé une période extrêmement difficile où les réductions d'effectifs se sont multipliées à coups de milliers d'employés», a-t-il rappelé. Ce n'est pas le cas du Journal, qui est on ne peut plus rentable, répète le syndicat depuis des mois. Un argument qui ne suffit pas pour exclure les mises à pied de la négociation, a répondu hier M. Péladeau. «Il est bien évident que nous ne pouvons souscrire à cette logique qui n'a aucune assise économique. En vertu de tels principes, il faudrait être au bord du gouffre pour agir et assurer la pérennité d'une entreprise.»
Or le président et chef de la direction de Quebecor compte bien tout mettre en oeuvre pour que le géant demeure «l'entreprise canadienne la plus rentable dans ce secteur». Pour réaliser cet objectif, «nous avons entrepris un changement culturel et de notre modèle d'affaires», a rappelé M. Péladeau devant un parterre d'actionnaires. Cette restructuration comprend des réductions d'effectifs, la consolidation des réseaux de distribution et des activités de prépresse, mais aussi la centralisation des processus administratifs. Et les mesures entreprises depuis plusieurs mois «ont porté fruits».
Dans le cas du quotidien de la rue Frontenac, il aurait bien sûr préféré éviter le lock-out. «Mais devant le refus persistant des représentants syndicaux et l'existence de closes de sécurité d'emploi, nous avons dû nous résoudre à cette avenue.» Un représentant du syndicat présent à l'assemblée a cependant rappelé que La Presse a signé une convention avec ses employés sans y avoir recours. Celle-ci vend pourtant moins d'exemplaires et a moins de lecteurs que le Journal, tout en évoluant dans le même marché.
Est-ce que la même «avenue» se dessine dans le cas de TVA? «Nous avons confiance dans la poursuite des négociations. Nous avons bon espoir de conclure une convention collective», a-t-il indiqué, sans plus de précision. Les négociations sont rompues depuis mardi avec les 800 employés travaillant pour LCN, TVA ou Argent.
Pierre Karl Péladeau est également demeuré vague sur l'implantation de l'agence QMI, qui «se passe très bien». Elle devrait être complétée pour le début de juillet, au moment où cessera l'entente entre Quebecor et La Presse canadienne. Selon les documents de Quebecor, «cette agence de presse a pour fonction d'agréger et de relayer les textes, photos et vidéos des nouvelles publiées par les différentes filiales médiatiques du groupe, de susciter de nouvelles sources de revenus et d'alimenter nos plateformes mobiles, télévisuelles et imprimées en contenu et en information».
Résultats financiers
Quebecor a par ailleurs annoncé au cours de l'assemblée que son bénéfice net a glissé au premier trimestre à 38,3 millions de dollars, comparativement à 57,7 millions à la même date l'an dernier. Ses revenus ont par contre progressé de 45 millions, à 948,1 millions. Pour l'ensemble de l'exercice 2009, le bénéfice net avait atteint 277,7 millions.
Le secteur des télécommunications sert de véritable «locomotive», a expliqué M. Péladeau, en raison de la progression importante du nombre de clients. Le service de câble de Vidéotron et l'accès Internet comptent plus d'un million de clients, tout comme la téléphonie filaire. Le géant devrait ajouter un nouveau service à son «bouquet» d'ici l'automne: le sans-fil. Le lancement du réseau était initialement prévu pour l'été.
M. Péladeau voit d'un bon oeil, pour les consommateurs, l'arrivée d'un nouveau joueur dans cette industrie. Un «succès citoyen», a-t-il dit, alors qu'était projetée derrière lui, sur écran géant, une carte du Canada entourée des logos des fleurons de l'entreprise — TVA, Sun Media, Vidéotron, Archambault, Canoe, etc. — qui, reliés entre eux, formaient une toile recouvrant le pays.
Et le grand patron de Quebecor caresse toujours le rêve de voir une nouvelle équipe de hockey de la Ligue nationale au Québec. «Le Québec est certainement un endroit merveilleux pour installer une équipe de hockey», a-t-il jugé. M. Péladeau a d'ailleurs dit travailler à son «plan d'affaires».
Le fils de feu Pierre Péladeau s'en est d'ailleurs pris directement aux 253 lock-outés du quotidien le plus lu de la province, qu'il a appelés à «faire preuve de réalisme». Car si le conflit perdure depuis janvier 2009 au Journal de Montréal, c'est «en raison de l'incapacité des représentants syndicaux d'admettre la nécessité de diminuer nos effectifs», a-t-il plaidé au cours d'une allocution prononcée lors de l'assemblée annuelle des actionnaires de l'entreprise.
«L'ensemble de cette industrie a traversé une période extrêmement difficile où les réductions d'effectifs se sont multipliées à coups de milliers d'employés», a-t-il rappelé. Ce n'est pas le cas du Journal, qui est on ne peut plus rentable, répète le syndicat depuis des mois. Un argument qui ne suffit pas pour exclure les mises à pied de la négociation, a répondu hier M. Péladeau. «Il est bien évident que nous ne pouvons souscrire à cette logique qui n'a aucune assise économique. En vertu de tels principes, il faudrait être au bord du gouffre pour agir et assurer la pérennité d'une entreprise.»
Or le président et chef de la direction de Quebecor compte bien tout mettre en oeuvre pour que le géant demeure «l'entreprise canadienne la plus rentable dans ce secteur». Pour réaliser cet objectif, «nous avons entrepris un changement culturel et de notre modèle d'affaires», a rappelé M. Péladeau devant un parterre d'actionnaires. Cette restructuration comprend des réductions d'effectifs, la consolidation des réseaux de distribution et des activités de prépresse, mais aussi la centralisation des processus administratifs. Et les mesures entreprises depuis plusieurs mois «ont porté fruits».
Dans le cas du quotidien de la rue Frontenac, il aurait bien sûr préféré éviter le lock-out. «Mais devant le refus persistant des représentants syndicaux et l'existence de closes de sécurité d'emploi, nous avons dû nous résoudre à cette avenue.» Un représentant du syndicat présent à l'assemblée a cependant rappelé que La Presse a signé une convention avec ses employés sans y avoir recours. Celle-ci vend pourtant moins d'exemplaires et a moins de lecteurs que le Journal, tout en évoluant dans le même marché.
Est-ce que la même «avenue» se dessine dans le cas de TVA? «Nous avons confiance dans la poursuite des négociations. Nous avons bon espoir de conclure une convention collective», a-t-il indiqué, sans plus de précision. Les négociations sont rompues depuis mardi avec les 800 employés travaillant pour LCN, TVA ou Argent.
Pierre Karl Péladeau est également demeuré vague sur l'implantation de l'agence QMI, qui «se passe très bien». Elle devrait être complétée pour le début de juillet, au moment où cessera l'entente entre Quebecor et La Presse canadienne. Selon les documents de Quebecor, «cette agence de presse a pour fonction d'agréger et de relayer les textes, photos et vidéos des nouvelles publiées par les différentes filiales médiatiques du groupe, de susciter de nouvelles sources de revenus et d'alimenter nos plateformes mobiles, télévisuelles et imprimées en contenu et en information».
Résultats financiers
Quebecor a par ailleurs annoncé au cours de l'assemblée que son bénéfice net a glissé au premier trimestre à 38,3 millions de dollars, comparativement à 57,7 millions à la même date l'an dernier. Ses revenus ont par contre progressé de 45 millions, à 948,1 millions. Pour l'ensemble de l'exercice 2009, le bénéfice net avait atteint 277,7 millions.
Le secteur des télécommunications sert de véritable «locomotive», a expliqué M. Péladeau, en raison de la progression importante du nombre de clients. Le service de câble de Vidéotron et l'accès Internet comptent plus d'un million de clients, tout comme la téléphonie filaire. Le géant devrait ajouter un nouveau service à son «bouquet» d'ici l'automne: le sans-fil. Le lancement du réseau était initialement prévu pour l'été.
M. Péladeau voit d'un bon oeil, pour les consommateurs, l'arrivée d'un nouveau joueur dans cette industrie. Un «succès citoyen», a-t-il dit, alors qu'était projetée derrière lui, sur écran géant, une carte du Canada entourée des logos des fleurons de l'entreprise — TVA, Sun Media, Vidéotron, Archambault, Canoe, etc. — qui, reliés entre eux, formaient une toile recouvrant le pays.
Et le grand patron de Quebecor caresse toujours le rêve de voir une nouvelle équipe de hockey de la Ligue nationale au Québec. «Le Québec est certainement un endroit merveilleux pour installer une équipe de hockey», a-t-il jugé. M. Péladeau a d'ailleurs dit travailler à son «plan d'affaires».
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

