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Jour J pour Air Canada

Le transporteur et ses pilotes ont jusqu'à minuit pour s'entendre

Outre des concessions financières de 250 millions que l’on souhaite récurrentes, les attentes d’Air Canada comprendraient notamment l’élimination de 800 des quelque 3200 postes de pilote.
Photo : Agence Reuters
Outre des concessions financières de 250 millions que l’on souhaite récurrentes, les attentes d’Air Canada comprendraient notamment l’élimination de 800 des quelque 3200 postes de pilote.
Le juge James Farley, de la Cour supérieure de l'Ontario, donne à Air Canada jusqu'à minuit ce soir pour conclure une entente avec ses pilotes. Près des concessions financières souhaitées, mais loin de la flexibilité opérationnelle recherchée par le transporteur, les pilotes sont conviés à former un consensus avec les autres syndicats à défaut de quoi une déclaration de faillite pourrait être prononcée dès demain.

Deux jours après l'échéancier fixé par la cour ontarienne, Air Canada n'avait toujours pas soutiré les concessions souhaitées de ses pilotes, dernier syndicat restant à impliquer dans ses efforts de restructuration. Le transporteur, qui cumule les pertes au rythme de cinq millions de dollars par jour, a obtenu hier du juge Farley un délai additionnel, la cour ontarienne donnant aux deux parties jusqu'à ce soir, minuit, tout en rappelant que la situation financière du transporteur avait atteint un degré de décrépitude tel qu'il n'y a plus de temps à perdre. La veille, le cabinet Ernst & Young avait fait état d'un déficit de 238 millions au fonds de roulement au 26 mai dernier, lorsque recalculé pour tenir compte des engagements du transporteur pris depuis le 1er avril, date du recours à la Loi sur les arrangements avec les créanciers de compagnie. On rappelle également que le rythme d'accumulation des pertes s'est accéléré sous l'effet de l'épidémie du SRAS, ces pertes passant de quatre millions par jour, au premier trimestre de 2003, à cinq millions par jour en avril.

Chez Jazz

Air Canada (et sa filiale régionale Jazz) a déjà reçu de ses syndicats des réductions de coûts de quelque 600 millions. Aux pilotes, il est demandé des concessions annuelles totalisant désormais 250 millions, contre 150 millions initialement. Au total, Air Canada estime que, pour espérer renouer avec la rentabilité, il se doit de se transformer en transporteur à bas prix. Ce faisant, il lui faut réduire ses effectifs de 40 000 employés du quart et obtenir de son personnel syndiqué des concessions atteignant désormais 850 millions sur une masse salariale de trois milliards, concessions susceptibles d'atteindre le milliard en ajoutant la contribution attendue de la part du personnel non syndiqué.

En incluant les renégociations avec ses fournisseurs et ses créanciers, la diminution annuelle des frais d'exploitation ciblée atteint les 2,5 milliards.

«Air Canada poursuivra les négociations avec l'Association des pilotes d'Air Canada [APAC] en fin de semaine avec l'objectif de conclure une entente avant minuit le samedi 31 mai, conformément à la demande du juge Farley de la Cour supérieure de l'Ontario. Si aucun arrangement n'est intervenu à l'expiration du délai imposé par la cour, les parties devront se présenter devant le juge Farley à 8h le dimanche 1er juin pour obtenir d'autres directives», a souligné Air Canada dans un communiqué émis en début de soirée hier. Auparavant, le transporteur avait demandé l'arrêt des transactions sur son action à la Bourse de Toronto.

Air Canada a ajouté qu'«à 11h aujourd'hui [hier], l'APAC a présenté à la société une proposition détaillant sa contribution au réalignement des coûts de main-d'oeuvre. La proposition de l'APAC prévoyait des réductions de salaire temporaires, sans les augmentations de productivité nécessaires, et était de beaucoup inférieure à l'objectif fixé pour ce groupe d'employés. Elle n'a pas été acceptée, car cela aurait pu compromettre les ententes de principe conclues récemment avec les huit autres syndicats d'Air Canada et d'Air Canada Jazz.»

Éliminer des postes

Outre les concessions financières, que l'on souhaite récurrentes, les attentes d'Air Canada comprendraient l'élimination de 800 des quelque 3200 postes de pilote. Surtout, Air Canada espère obtenir d'eux qu'ils renoncent à leurs privilèges empêchant le transporteur, 11e au monde, de déployer ses appareils selon les particularités des routes — notamment des réactés à 70 sièges sur les routes régionales — et de se doter d'une structure de coûts concurrentiels avec les transporteurs à escompte du type Westjet.

Ainsi, les plans prévoient une expansion de la filiale régionale Jazz, avec l'ajout d'une trentaine d'appareils à 70 places. La filiale exploite présentement une vingtaine de ces appareils dans sa version à 50 sièges. Il est estimé que l'expansion prévue impliquerait l'embauche de 300 pilotes et de 600 agents de bord.
 
 
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