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Assurance stabilisation - Les agriculteurs craignent pour leur survie

Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
La Financière agricole va beaucoup trop loin dans sa réforme du Programme d'assurance stabilisation des revenus agricoles imposée par Québec, au point de menacer la survie de milliers de fermes de la province, soutient l'Union des producteurs agricoles (UPA).

«La Financière est intransigeante et elle a décidé de mettre en place les pires mesures jamais connues pour l'avenir de l'agriculture québécoise. Ce sont des milliers de familles qui vivent de l'agriculture qui sont poussées tout droit vers l'abandon», affirme son président, Christian Lacasse. C'est tout le modèle de la ferme dite «familiale» qui risque de disparaître, ajoute-t-il.

L'UPA, qui manifestait hier devant les bureaux de la Financière agricole du Québec (FADQ), en a particulièrement contre la décision, annoncée le 1er avril, d'exclure le quart des fermes les moins performantes du calcul du coût de production moyen. Cette mesure représenterait des compressions de l'ordre de 85 millions de dollars et ferait en sorte que les agriculteurs recevraient moins d'argent pour «stabiliser» leurs revenus. Les producteurs de porc, de bovin et d'agneau seraient particulièrement vulnérables, précise M. Lacasse.

Selon lui, «ces mesures additionnelles auraient un impact désastreux à la ferme et elles ne sont pas nécessaires pour respecter le nouveau cadre financier annoncé en novembre 2009». Le ministre Claude Béchard avait alors décidé d'imposer une enveloppe annuelle fermée de 630 millions à la Financière, et ce, pour les cinq prochaines années. Le bras financier du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ) accumule en effet les déficits année après année — pour un total d'un milliard de dollars —, d'où l'obligation de mettre en place un plan de redressement passant par une réforme de l'assurance stabilisation des revenus agricoles. Celle-ci sert à combler la différence entre les coûts de production et la valeur marchande.

Dans l'espoir de mieux juguler le coût des mesures de soutien au revenu agricole, Québec compte aussi sur une décroissance de l'élevage porcin, une production en crise depuis plus de trois ans. Le nombre de têtes de bétail assurées passera donc de 7,8 à 7 millions. La réduction du cheptel porcin permettra à l'État de faire des économies d'environ 13 millions de dollars par année.

Le syndicat agricole avait bien accueilli le plan de redressement de Québec et a déjà accepté des mesures de resserrement de l'ordre de 80 millions par année. Mais M. Lacasse trouve que l'on va maintenant trop loin. Au point que la Financière engrangerait des surplus de 400 à 500 millions de dollars en cinq ans.

À la FADQ, on réfute les chiffres avancés par l'UPA: la décision d'exclure le quart des fermes les moins performantes du calcul du coût de production moyen réduira de seulement 3 % le revenu stabilisé des agriculteurs. Quant aux surplus de centaines de millions évoqués, ils sont «nettement exagérés». On souligne en outre que l'objectif du plan de redressement demeure «d'agir avec prudence, réalisme et rigueur afin d'assurer la pérennité» du programme d'assurance.

Du côté du MAPAQ, on répond qu'à la demande du président-directeur général de La FADQ, Jacques Brind'Amour, le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, Robert Dutil, a décidé récemment de mettre sur pied un comité formé de membres du Conseil du trésor, du ministère des Finances, du MAPAQ, de La Financière agricole et de l'UPA. Son mandat porte exclusivement «sur la divergence quant aux prévisions de la FADQ et de l'UPA au regard des besoins futurs du programme d'assurance stabilisation des revenus agricoles». Aucun échéancier n'a été fixé quant à la durée des travaux de ce comité.
 
 
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  • Pierre-E. Paradis - Inscrit
    4 mai 2010 09 h 26
    La fin du monopole de l'UPA
    L'UPA n'a qu'à se blâmer elle-même pour la disparition des fermes familiales.

    L'UPA n'à qu'à se blâmer elle-même pour la crise des algues bleues sur les lacs du Québec. etc. etc. etc. la liste est longue.

    Encore un maudit syndicat qui lutte pour sa survie... en essayant de passer pour défenseur de la veuve et de l'orphelin.

    Les réformes vont dans le bon sens. Les contribuables n'ont pas à assumer le coût financier et environnemental de la surproduction de bétail... Une surproduction « stabilisée » qui a d'ailleurs donné naissance aux Barons du cochon, une classe d'industriels simili-mafieux qui n'a rien à voir avec des agriculteurs.

    La fin du monopole s'en vient à grand pas. Les agriculteurs et les consommateurs auront enfin le choix de soutenir une agriculture bio, de proximité et sans OGM sans avoir ces emmerdeurs d'UPA dans les pattes.
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  • pierre m de ruelle - Inscrit
    4 mai 2010 12 h 55
    libre entreprise.
    Bravo si cela est vrai, que cela sera la fin d'un regime subventionne, et donc paye a meme nos taxes et impots. Maintenant je n'y crois pas vraiment car les votes des regions est plus fort que celui des centres industriels urbains,,,en conclusion on n'a pas fini de subventionner l'occupation de notre territoire, territoire ou les maringouins sont plus nombreux que les etres humains, mais que faire, payons.... pour les producteurs agricoles assistes sociaux !!!
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  • Sylvain Auclair - Abonné
    4 mai 2010 13 h 30
    Pourquoi...
    faut-il subventionner la production porcine? Un manque à gagner temporaire, comme pour une mauvaise récolte, je comprendrais, mais il me semble que la production porcine est renflouée année après année? Pourquoi donc?
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