samedi 26 mai 2012 Dernière mise à jour 00h05
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

SGF: Claude Blanchet refuse le rôle de bouc émissaire

«On fait de la politique sur mon dos. Il faut me juger sur ce que j'ai fait et sur mes compétences. Le bilan est sur la table, il faut le regarder.»

Claude Blanchet prévoit des mises à pied advenant un changement de mandat de la SGF. «Ça me semble inévitable. [...] Les employés tombent un peu des nues. Plusieurs se cherchent déjà un autre emploi. S’ils n’ont pas de nouvelles bientôt, les
Photo : Jacques Nadeau
Claude Blanchet prévoit des mises à pied advenant un changement de mandat de la SGF. «Ça me semble inévitable. [...] Les employés tombent un peu des nues. Plusieurs se cherchent déjà un autre emploi. S’ils n’ont pas de nouvelles bientôt, les
Irrité par les critiques et les sous-entendus qui fusent à son endroit depuis quelques jours, l'ex-p.-d.g. de la Société générale de financement (SGF), Claude Blanchet, en a assez d'être le bouc émissaire politique du nouveau gouvernement libéral. Il en a également marre qu'on l'utilise pour faire ombrage à sa conjointe, Pauline Marois.

«On peut attaquer la SGF, mais qu'on regarde le bilan au lieu de seulement dire que ce n'est pas bon parce que deux dossiers d'investissement n'ont pas fonctionné», a déclaré Claude Blanchet lors d'une entrevue. «On fait de la politique sur mon dos. Il faut me juger sur ce que j'ai fait et sur mes compétences. Le bilan est sur la table, il faut le regarder.»

Il s'agissait de la première sortie publique de M. Blanchet depuis son départ de la SGF. Pour ce faire, hier matin, il avait choisi de rencontrer des journalistes de trois quotidiens, dont Le Devoir. Visiblement blessé dans son orgueil, il a fait le tour de son expérience professionnelle avant son arrivée à la SGF pour prouver qu'il n'avait pas été embauché parce qu'il était le mari d'une ministre péquiste.

De son expérience à la firme privée Campeau et à la Société de développement des coopératives jusqu'à ses 13 années et demie à titre de président du Fonds de solidarité de la FTQ, l'ancien dirigeant affirme avoir toujours travaillé pour le développement économique du Québec. «Je suis un bâtisseur d'entreprises collectives.»

Il précise qu'à son arrivée à la SGF, le 7 avril 1997, l'institution était quasi anémique. «De mémoire, il y avait 11 placements et 38 employés. Pour un gars qui venait de monter le Fonds de solidarité, ce n'était pas très très stimulant de s'embarquer dans une affaire comme ça.» Déposant en preuve le bilan de ses cinq premières années de mandat, Claude Blanchet répète que la SGF a, depuis, largement contribué à la santé de l'économie québécoise. «Notre plan de développement a permis d'injecter plus de 10,6 milliards.»

Combien de projets auraient de toute façon vu le jour sans coup de pouce? Sans l'intervention de la SGF, on peut oublier tous les projets greenfield, clame-t-il. «On parle ici de 36 projets [soit 16 % du lot], de 45 % des mises de fonds pour un total de 4,7 milliards. Et ça, c'est surtout des jobs qui n'existeraient pas.»

Des erreurs

Claude Blanchet ne cache pas qu'il a aussi commis des erreurs. Il est vrai qu'il aurait préféré ne pas inscrire un Métaforia ou un Magnola à sa feuille de route. Il ajoute cependant que son bulletin comprend de très bonnes notes comme Interquisa, Gaspésia et DSM. «Sur 220 projets, il y en a peut-être une dizaine qui ont foiré. Je crois qu'on a une bonne moyenne au bâton.»

Il défend d'ailleurs la participation de la SGF avec Noranda dans l'usine Magnola, participation qui transformera l'encre noire de ses états financiers 2002 en encre rouge. «Quand je suis entré en poste, le dossier était très avancé. J'aurais pu changer la décision, mais tous les fondamentaux pointaient dans la bonne direction. [...] On n'a pas vu arriver les Chinois. Noranda non plus», tonne-t-il en lançant la circulaire des actionnaires de Noranda sur la table. «Regardez, ils ont inscrit des pertes de 700 millions et tous les dirigeants ont reçu des bonis.»

Quant aux critiques au sujet de l'interventionnisme trop prononcé de l'État en économie qu'incarnerait la SGF, M. Blanchet rappelle que le bras industriel de l'État n'a jamais pris la place du secteur privé. «On aide les entreprises dans le sens où on facilite la prise de décision de venir s'installer au Québec. On diminue leur risque. Comment? En prenant de l'équité. Mais nous sommes toujours minoritaires. Nous ne dirigeons pas les entreprises.»

Et nous sommes suffisamment en concurrence avec d'autres pays à travers le monde pour savoir qu'il est absolument essentiel d'avoir des outils de développement, reprend Claude Blanchet. «Surtout que nous, au Québec, on a un petit facteur qui s'appelle la langue et la culture. Si je suis un Japonais, un Allemand ou même un Français, pourquoi j'irais m'implanter dans une place où six millions et quelques personnes parlent français alors que l'économie se déroule en anglais?»

Pertes d'emploi

Pour M. Blanchet, la partie prospection de la SGF est donc essentielle. «On a quelque chose à vendre et on ne peut pas rester dans nos bureaux en se disant que les gens vont venir découvrir le Canada comme Jacques Cartier l'a fait.»

Il a d'ailleurs beaucoup de difficulté à comprendre les objectifs du nouveau gouvernement en ce qui a trait à la SGF. «Quand j'entends le ministre [Michel Audet] dire qu'il ne mettra plus une cenne, ça me laisse perplexe. J'espère qu'ils vont voir que, fondamentalement, la SGF n'est pas une patente à subventions.» M. Blanchet ajoute que la masse salariale représente 1,5 % de son budget d'exploitation. «Ce n'est pas cher pour aller chercher des investissements et des retombées fiscales.»

Comme près de 80 % du personnel de la boîte de 250 employés fait de la prospection, M. Blanchet prévoit des mises à pied advenant un changement de mandat. «Ça me semble inévitable. [...] Les employés tombent un peu des nues. Plusieurs se cherchent déjà un autre emploi. S'ils n'ont pas de nouvelles bientôt, les meilleurs seront partis dans six mois.»

Entre-temps, Claude Blanchet ignore ce que demain lui apportera. Il doute fort de reprendre le travail avant l'automne, profitant de sa liberté retrouvée pour faire des travaux forestiers sur son terrain de 50 acres à l'île Bizard. «Être dans la nature, c'est extraordinaire», souligne-t-il.

Chose certaine, il fait une croix sur un poste lié de près ou de loin au gouvernement. «Je ne prendrai plus de job comme ça, tranche-t-il. J'ai beaucoup hésité avant d'accepter le poste à cause de la proximité du politique et parce que ma femme était en politique même si, à l'époque, elle était très loin des dossiers économiques [elle était ministre de l'Éducation]. C'est Lucien Bouchard qui m'avait convaincu.»
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Cet article vous intéresse?
0 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012