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Perspectives - L'enfer québécois

Certains sont prêts à toutes les outrances pour convaincre les autres de les suivre dans leurs projets. Il ne faudrait pas cependant qu'à force de noircir le tableau au Québec, on en finisse par occulter tout le chemin parcouru.

À en croire le ministre conservateur déchu sur le retour Maxime Bernier «il devrait être évident qu'un interventionnisme étatique effréné ne conduit pas à la prospérité. Si c'était le cas, le Québec serait la région la plus riche en Amérique du Nord au lieu d'être l'une des plus pauvres». «Les choix politiques des 40 dernières années nous ont menés dans un cul-de-sac financier», a-t-il asséné à son auditoire il y a dix jours, apparemment au plus grand bonheur des militants venus l'entendre à Mont-Saint-Grégoire et de tous les autres qui ont pu le lire dans tout le pays après qu'il s'est empressé de faire traduire ses bonnes paroles pour les leur transmettre grâce à la magie d'Internet.

Il n'y a évidemment rien d'étonnant à ce qu'un politicien posant en champion du néolibéralisme trouve peu de vertu à un «modèle québécois» qui, depuis la Révolution tranquille, a eu beaucoup plus recours à l'État pour aider son développement économique que les autres gouvernements d'Amérique du Nord. Il n'est pas surprenant non plus que sa charge contre cette «économie distincte» ait plu à nos compatriotes que cette différence agace.

Mais Maxime Bernier n'était pas le seul, la semaine dernière, à remettre en cause les acquis des dernières décennies. «Qu'a donc dit de si terrible le député fédéral de Beauce?», demandait jeudi l'éditorialiste en chef de La Presse, André Pratte. «Ce que soutient M. Bernier, bien d'autres l'ont dit avant lui, affirmait-il, des "lucides" à Mario Dumont, en passant par Jean Charest.»

Marcel Côté, associé fondateur de la firme-conseil Secor, dénonçait le même jour à Montréal «l'immobilisme» de la société québécoise lors d'un colloque sur l'avenir du Québec auquel participaient près 300 gens d'affaires. «La Révolution tranquille a 50 ans aujourd'hui, disait-il. Depuis 50 ans, l'économie québécoise n'a pas vraiment décollé. [...] Il est donc temps de tourner la page et de faire une nouvelle révolution».

Un instant, s.v.p. !

Mais avant de «tourner la page» et de chercher un moyen de sortir «du cul-de-sac» comme «bien d'autres l'ont dit», il serait utile de se rappeler quelques faits.

Entre autres choses que cette économie «qui n'a pas décollé en 50 ans» avait un produit intérieur brut par habitant de 30 % inférieur à celui de l'Ontario en 1960 et qu'elle avait réduit cet écart à 14 % en 2008.

Il faut rappeler aussi qu'au début de ces années 70 dont parle M. Bernier, le fait de parler français au Québec n'était ni plus ni moins qu'une tare économique. Les travailleurs qui avaient les meilleurs revenus étaient, dans l'ordre, les anglophones bilingues, suivis de près par les anglophones unilingues, puis par les allophones bilingues, les francophones bilingues, les allophones parlant anglais et, tout en bas, les francophones unilingues issus de la majorité. En dépit de son «immobilisme», le Québec verra le taux de contrôle de ses industries par des francophones passer de 47 %, en 1961, à 60 %, en 1987.

Il est vrai que le Québec accuse encore un retard sur ses voisins en matière de revenus des ménages et de taux de chômage, mais ces écarts n'ont pas cessé de se réduire depuis la fin des années 90. Cela permet même au Québec d'afficher depuis la crise un taux de chômage inférieur à celui du Canada et des États-Unis. Quant aux revenus des familles québécoises, après impôt et transferts gouvernementaux, ils dépassent ceux des familles ontariennes depuis 2006 si l'on tient compte des différences du coût de la vie.

On pourrait aussi parler de la productivité du Québec qui est en voie de rejoindre celle du reste du pays depuis une dizaine d'années; ou des Québécoises qui ont fini de rattraper leur propre retard sur les Ontariennes en matière de taux d'emploi; ou encore du reste du pays qui est en train de se faire distancer par le Québec en matière de lutte contre la pauvreté et les inégalités. Et l'on passe, évidemment, sur toutes les autres facettes de la société québécoise, comme son système d'éducation, la défense de sa langue, ses institutions démocratiques, sa culture et son ouverture sur le monde.

«La conjoncture économique à court terme risque de trop facilement éclipser les progrès accomplis par notre économie au cours des dernières décennies», notait fort justement l'économiste Luc Godbout dans un récent ouvrage sur le sujet, qu'il codirigeait avec son confrère Marcelin Joanis et d'où la plupart de ces données ont été tirées. On ne doit pas pour autant passer outre aux retards économiques que continue d'accuser le Québec en d'autres domaines, ni à l'ampleur des défis posés par le choc démographique et la dette publique, écrivait-il quelques semaines à peine avant de se joindre au fameux comité consultatif du ministre des Finances, Raymond Bachand.

Le gouvernement présente aujourd'hui ses réformes comme un moyen de défendre les acquis des dernières décennies et de continuer à avancer. On peut le croire, ou ne pas le croire.

D'autres en appellent ouvertement à une rupture avec une période durant laquelle, selon eux, l'économie québécoise aurait été frappée d'immobilisme, ou se serait égarée. Malheureusement pour eux, et heureusement pour les Québécois, les faits disent le contraire.
 
 
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  • Segre Granger - Inscrit
    26 avril 2010 03 h 26
    Rien n'arrête l'immobilisme des lucides (Faure)
    Les lucides ne peuvent imaginer d'autres sources de financement que par les hausses de taxes, tarifs et impôts déguisés. Avez-vous lu quelque part le mot évasion fiscale de la part des lucides ? non. Pas surprenant de voir Pratte acquiescer aux lucides aveugles puisque son journal avancait l'idée que l'évasion fiscale au Québec se limitait à 3 milliards/an dont 300 millions de taxes non perçues sur la vente de tabac. En ce qui concerne le cannabis: 0$. Tant qu'à écrire des conneries et les répéter sans cesse, ce mensonge devient une vérité au Québec drug free.
    Décidemment nos lucides sont des aveugles immobiles et il faut les suivre
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  • Andrew Savage - Inscrit
    26 avril 2010 04 h 22
    IMPORTANCE DE L’ÉTAT : la dérive des pseudo-lucides.

    Depuis que tout le monde a vu, lors de la crise financière de 2008, les banques demander à l’état de les soutenir afin d’éviter la débâcle, nul citoyen conscient ne peut accréditer la thèse de l’obésité et de l’inutilité de l’état. Il y a des limites.

    «Too big to fail» disait les banquiers, mais pas trop gros pour quêter le trésor public.

    Bernier, les pseudo-lucides et autres zigotos qui s’acharnent à vouloir diminuer le rôle de l’état sont dangereux ou dépassés, et toujours intéressés. Ils s’imaginent que les sous qui n’iront pas vers le trésor public iront à l’entreprise privée. Et que par la suite une sorte de main invisible assurera l’harmonie DE LA SOCIÉTÉ: pensée magique.

    On a besoin de l’état pour assurer la sécurité, et une plus juste redistribution de la richesse. Un rôle, faut-il le rappeler, qu’il n’assume pas toujours très bien depuis quelques années déjà, À CAUSE DE SON PENCHANT POUR LES CHERCHEURS DE PROFITS : LES FAUX CRÉATEURS DE RICHESSES.

    Pourquoi veut-on dépouiller l’état québécois ? Il est imparfait certes, mais absolument nécessaire à la survie de la nation. Il y a quelque chose de croche dans le discours visant à réduire l’appareil public.

    Alerte à la fraude intellectuelle.
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  • Nicolas St-Gilles - Inscrit
    26 avril 2010 04 h 25
    Article lucide (au sens étymologique et 'non-bouchardien' du vocable)

    Article lucide (au sens étymologique et 'non-bouchardien' du vocable)

    Au reste, de manière générale (et cela dit sans crainte de se tromper, disons, à hauteur de 98,9 %) il suffit de retourner comme une crêpe les propos (ou plus justement : la propagande) d'André Pratte (La Presse / Gesca / Power Corporation) et de Marcel Côté (Secor) pour être illico (disons, à hauteur de 98,9 %) dans la vérité des faits.

    Et ce, depuis des décennies. Et des décennies.

    Et dire qu'il y a encore des gens pour les lire ou les écouter. Et les payer grassement comme par surcroît...

    Alors Merci à vous pour mettre ainsi les pendules à l'heure, M. Éric Desrosiers.
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  • Rodrigue Tremblay - Inscrit
    26 avril 2010 06 h 25
    Et que dire du déficit?
    Québec: 4,6 milliards
    Ontario: 21,9 milliards
    Ottawa: 56 milliards

    Faut un sacré culot pour venir nous dire que notre économie est trop interventioniste lorsque Toronto et Ottawa ont allongé la somme incroyable de 1,400,000$ par emploi sauvé dans le secteur de l'automobile

    Québec
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  • Eric Allard - Abonné
    26 avril 2010 07 h 09
    L'idéologie économique
    Tous ces commentateurs qui veulent changer la donne économique du Québec sont des idéologues qui analysent la situation selon leur filtre, soit celui de l'enrichissement individuel sans égard au bien-être de la société (pauvreté, acces aux services essentiels, criminalité).

    Tous ces ultra-libéraux économiques tentent de faire du Québec une société a l'image du reste de l'Amérique du Nord, soit un endroit qui ne privilégie que l'élite, au détriment du reste de la société.

    Le seul facteur qui a ralenti l'économie québécoise lors des 50 dernieres années, c'est les interventions économiques du fédéral, qui a tout fait pour déplacer les emplois vers l'Ontario et les autres provinces. D'ailleurs, pendant qu'ils subventionnaient le secteur de l'automobile pour le sauver, les entreprises québécoises tombaient comme des mouches, surtout dans le secteur du bois d'oeuvre et du papier.
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  • Richard Larouche - Inscrit
    26 avril 2010 07 h 29
    Défaire les idées reçues
    Très bon article qui s'attaque aux idées reçues en économie !

    À force de nous faire répéter "le Québec dans le rouge" ad nauseum par les quotidiens québécois (tous sauf un sont contrôlés par des ultra néo-libéraux.. donc ce n'est guère surprenant), plusieurs québécois viennent à accepter cette interprétation. Hitler dirait : "Un mensonge répété dix fois reste un mensonge ; répété dix milles fois, il devient une vérité".

    Je me demande comment nos politiciens patentés comme Maxime Bernier peuvent expliquer qu'une grande partie des pays qui ont les dettes par habitant les plus faibles sont en Scandinavie, le royaume de la social-démocratie. À l'opposé, des pays ou prime l'idéologie conservatrice, comme les États-Unis et le Royaume-Uni, sont parmi les pays industrialisés les plus endettés.
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  • Maryse Papineau - Inscrit
    26 avril 2010 08 h 23
    Bravo M. Desrosiers
    Il nous faudrait beaucoup PLUS d'Eric Desrosiers et beaucoup, beaucoup MOINS de Maxime Bernier et compagnie.
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  • alen - Inscrit
    26 avril 2010 09 h 09
    Busines as usual!
    Je le répète, allez relire le document <Un avenir qui promet> publié par l'Association des manufacturiers canadien au début des années 1980 et vous y retrouverez la base du Manifeste pour un Québec lucide des dits lucides.

    Tout le reste, le manifeste, les éditoriaux, les sorties publiques de Bouchard, Bernier et autres, ne servent qu'à ancrer le message dans le public.

    Comme on dit, parlez en, parlez en, parlez en encore, à la fin il en restera quelque chose, c'est-à-dire que même celui qu'on égorge nous approuvera avec fierté... Le con!
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  • Mathieu Belisle - Inscrit
    26 avril 2010 09 h 09
    Excellent article
    Merci, M. Desrosiers, de rétablir une forme d'équilibre dans ce débat où les néolibéraux jouent de plus en plus aux démagogues. Oui, il y a encore du travail à faire pour amener le Québec au niveau des autres provinces. Oui, il y a peut-être encore ici une dépendance plus forte qu'ailleurs à l'intervention de l'État (ce qui se traduit chez certains par une forme d'immobilisme ou d'attentisme: "le gouvernement va s'en occuper..."). Mais les progrès réalisés montrent bien que le Québec est sur la bonne voie, et qu'il n'est pas nécessaire de lui imposer le remède de cheval que les Bernier, Dumont et autres démagogues de ce monde réclament. Ces gens-là n'ont guère le souci du bien commun; ils sont à la solde d'une pseudo-pensée, dont ils ne maîtrisent ni les tenants ni les aboutissants.
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  • gilbert troutet - Inscrit
    26 avril 2010 09 h 10
    Excellent article
    Excellent article, que Monsieur Bernier ferait bien de lire, mais je crois qu'il lit surtout André Pratte et les «lucides aveugles», comme le dit un des lecteurs.
    J'ai vécu en Saskatchewan à l'époque du gouvernement «socialiste» d'Allan Blakeney. L'économie marchait bien, en dépit du prix relativement bas des produits agricoles et des matières premières. Les services de santé y étaient impeccables, il y avait même un programme de soins dentaires universel pour les enfants d'âge scolaire. Quand les conservateurs ont pris le pouvoir, en 1986, la plupart des programmes «sociaux» ont été supprimés et l'économie a basculé dans le marasme. Dès la première année, le budget du gouvernement provincial, qui était jusque-là équilibré, affichait un déficit d'un milliard $. C'est la recette des conservateurs : on le voit bien avec Stephen Harper, qui fait des dépenses faramineuses en matériel militaire (ça, c'est pourtant bien l'intervention de l'État!) et nous replonge dans les déficits.
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  • Bernard Gervais - Abonné
    26 avril 2010 09 h 19
    La pensée un peu trop magique des lucides
    Même si aucun modèle de gouvernement n'est parfait, je ne peux pas croire qu'il existe encore des gens qui s'imaginent que l'intervention minimale de l'État dans l'économie puisse assurer la prospérité économique.

    On oublie un peu vite que ce genre de politique a donné lieu en 2008, aux États-Unis, aux pires excès et plongé ce pays dans une crise financière sans précédent. Et dire que les entreprises, responsables de ce gâchis, se sont ensuite tournées vers l'État (les contribuables) pour les sortir du pétrin !

    Au sujet de Maxime Bernier et des autres lucides, j'ai parfois l'impression qu'ils s'ennuient un peu du Québec des années 1950, Certes, à l'époque de Duplessis, le Gouvernement du Québec était très peu interventionniste et n'avait jamais de dette. Cependant, que possédait-il comme actifs au plan financier ? Presque rien !

    S'il est vrai que le type de gouvernement que se sont donné les Québécois depuis la Révolution tranquille semble souffrir d'immobilisme, comme le déplorent certains lucides, vous avez quand même tout à fait raison, M. Desrosiers, de rappeler que ce sont plusieurs initiatives prises sous Jean Lesage (création de l'Hydro-Québec, de la SGF, de la Caisse de Dépôt) qui ont permis aux francophones du Québec de contrôler une très forte partie de l'économie de leur province !
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  • glanglais - Inscrit
    26 avril 2010 09 h 27
    Des mamelles à la tétine
    Bonjour,

    Ainsi va la vie. Comme les mamelles du Québec allaitent la société d'ici, une tétine du Canada nourrit M. Maxime Bernier depuis longtemps. Mais enfin, pourquoi attacher tant d'importance aux propos d'un ministre congédié qui ne sait plus comment reprendre sa limousine?

    Gaston Langlais - Gaspé.
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  • Bernard Terreault - Abonné
    26 avril 2010 10 h 06
    Et les Provinces maritimes, et le Manitoba ?
    Les Provinces Maritimes et le Manitoba reçoivent plus de péréquation per capita que le Québec. Et leurs populations stagnent bien plus lamentablement que celle du Québec. Et c'était aussi le cas jusqu'à récemment de Terre-Neuve et de la Saskatchewan, jusquà ce qu'on y exploite du pétrole dans un cas ou que le prix de la potasse explose dans l'autre cas, deux développements qui n'ont rien à voir avec la sagesse de leur gouvernement ou le dynmisme de leur population. Est-ce que M. Bernier va les traiter de paresseux, de socialistes et de racistes anti-immigration ?
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  • Carol Cote - Inscrit
    26 avril 2010 11 h 02
    Bernier a la douche
    Tres bonne article,je vous lirez plus souvent dans l'avenir.En revenant a nos moutons,quand on n'est pas foutus de preserver des documents classes confidentiels,comment preter foi a ce que Bernier peut dire,cela serait tres dangeureux pour l'administation publique de le voir a la tete d'un gouvernement.
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  • Rironie - Inscrit
    26 avril 2010 11 h 29
    M. Bernier a raison
    Avec moins de gouvernements, nous nous porterions que mieux. Débarassons-nous du gouvernement fédéral!
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  • Pierre Rousseau - Inscrit
    26 avril 2010 11 h 52
    Profiteurs!
    Il est bien évident que ceux qui profitent du système capitaliste débridé, c'est-à-dire les bien nantis, voient l'intervention des états comme une tare car ça freine leur enrichissement effréné. M. Bernier est parmi ceux-là car il est le premier à bénéficier du système capitaliste. Les autres, les moins nantis qui sont souvent sans voix, sont à la merci de la propagande des Bernier, Desmarais et cie. Souvent les médias sont les instruments de propagande de ces gens en publiant des prétendues nouvelles qui sont en fait fondées sur la propagande de ces gens et qui deviennent des « vérités » car elles ne sont pas contredites.

    Merci à M. Desrosiers et à plusieurs lecteurs de remettre les pendules à l'heure et d'offrir une information moins biaisée.
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  • Jocelyn Roy - Inscrit
    26 avril 2010 12 h 18
    Ils sont prêts
    Le secteur privé ne cherche qu'à croître. Suite aux nombreux invetissements qui ont permis au Québec de se doter de services publics de qualité, voilà qu'on cherche tout simplement à se les approprier. Et ce, au nom de la croissance économique, de la productivité, des bienfaits de la privatisation et des avantages d'instaurer la compétition.

    Le jeu me semble tellement clair: le marché veut tout simplement prendre notre patrimoine collectif. Et la droite politique joue le jeu. Non?
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  • pierre savard - Inscrit
    26 avril 2010 12 h 30
    Ontario-Québec
    Le Québec a rejoint partiellement l'Ontario pour une raison. L'Ontario s'est appauvrie ! Le modèle québécois n'a profité qu'aux fonctionnaires de l'État. Rappelons qu'il y a toujours 450 000 assistés sociaux au Québec, près de 300 000 chômeurs, un taux de décrochage scolaire les plus élevés, des routes trouées, des services de santé digne d'une médecine de brousse, de la corruption, des hausses de taxes continuelles au municipal , au scolaire, au provincial, etc. Et il faudrait défendre ce système ??? Non merci. Et que Bernier continue de brasser la cage dorée du Québec.
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  • G. Tremblay - Inscrit
    26 avril 2010 18 h 31
    De l'importance des journalistes non-inféodés au pouvoir financier
    Merci pour cette mise en perspective M. Desrosiers. Les chroniqueurs et éditorialistes du Devoir sont les seuls, avec J-F Lisée, à faire contrepoids à l'idéologie dominante. En lisant le dernier budget, j'ai appris que la prétendue dépendance de nos finances publiques au pétrole albertain n'était qu'une pure fumisterie inventée par les petits soldats de Gesca ; comme quoi, il vaut mieux toujours douter de tout.
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  • Marie-Claude Bélanger - Abonnée
    26 avril 2010 19 h 48
    Richesse collective
    Ceux qui promeuvent la richesse individuelle exclusive oublient que la richesse collective est garante de cette richesse individuelle. Même avec des revenus nets de 100 000$, on peut se ruiner rapidement si un cancer survient.

    Sans compter que les disparités importantes de niveau de vie menacent l'ordre public et la sécurité des citoyens. Qui veut vivre dans des enclaves entourées de hauts murs et patrouillées par des gardiens armés? C'est pourtant ce qu'on voit au Mexique ou partout où sévissent les inégalités sociales: les gens des hautes classes sentent le besoin de se protéger de la populace affamée.
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  • Gilles Champagne - Abonné
    27 avril 2010 07 h 28
    L`enfer québécois
    Bravo, Eric Desrosiers ! Vos commentaires contribuent à faire ressortir beaucoup d`aspects positifs de l`évolution de la société québécoise; autrement, à force de se faire dire à répétition que tout est mauvais le risque est grand de croire ces prophètes de malheur qui souvent n`ont que leurs intérêts à protéger ou à faire valoir. Heureusement que nous avons Le Devoir pour nous informer. C`est très encourageant de voir le grand nombre de lecteurs apprécier vos commentaires pertinents. Merci !
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  • Democrite101 - Inscrit
    27 avril 2010 11 h 05
    Pédale à fond sur droite et sur gauche, et sans contradiction !
    Un conservateur a toujours une pensée pauvre, et en tout domaine.

    Donnez toute l'économie aux capitalistes, c'est croire que les milliardaires redistribueront leur fortune si généreusement que la misère, la pauvreté et l'inégalité se résorberont.

    De même que le populisme gauchiste généralise la médiocrité en redistribuant sans dynamiser l'esprit d'entreprise, le tout-au-marché c'est tout aussi primaire et, à terme, une sorte de faillite.

    Les bonnes mesures sont non seulement à droite comme à gauche, mais aussi différentes. Dynamiser l'entreprise sans enrichir les oligarchies financières, pétrolières et pharmaceutiques doit aller de pair avec soutenir la protection sociale et la lutte aux inégalités sans générer des parasites sociaux qui se servent de leur infériorité sociale comme capital de renvendication sans discipline personnelle (refus de toute sorte de toxicomanie, refus d'instruction et de formation).

    Il n'y a pas d'ultra gauche ou d'ultra droite qui ait réussi dans le monde une économie prospère et relativement juste.

    Bref, pour dynamiser l'économique de tout un pays, il nous faut peser à fond à la fois sur la pédale de gauche (taxation progressive, impôts sans privilèges fiscaux, taxation de la malbouffe, etc.) comme sur celle de droite (efficacité, productivité, mobilité, rendements, contrôles).

    Bref, tout en mesure, tout en nuance, tout en intégrité.

    Jacques Légaré, ph.d. en philosophie politique
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  • Pierre-S Lefebvre - Inscrit
    27 avril 2010 12 h 11
    Lucifer ou belzébute
    À croire les sages citoyens du Canada Lucifer serait né au Québec! Vive Saint-Michel et le dragon terassé!
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  • Jean-Renaud Dubois - Abonné
    28 avril 2010 14 h 36
    Les libertariens style "cowboys américain" devraient réfléchir UN PEU...

    Bonjour M.Desrosiers,

    Excellent article !

    Les libertariens style "cowboys américain" devraient réfléchir UN PEU...

    Quelles sont les nations, qui années après années, performent le mieux depuis 15 ans ?

    Toujours les mêmes : celles dont l'État est présent : vous ne les connaissez-pas ?

    Cherchez et vous trouverez !


    Bonne journée,
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  • Susie Lamarche - Inscrit
    28 avril 2010 16 h 58
    C'est quoi le projet, déjà?
    Bel article, merci!

    Si vous permettez, deux petits rappels historiques (c'est très "in" en ce moment, à Ottawa).
    a) L'idéologue initial du libéralisme économique, l'Écossais Adam Smith - fameux inventeur de la "main invisible" du marché qui redistribuerait comme par magie richesse et prospérité - a, dans ses tout derniers écrits, émis des doutes sérieux quant au génie financier et commercial des grands capitalistes qui servirent de modèles à sa théorie, lorsqu'il réalisa que la fortune de ces chevaliers d’industrie tant vantés se fondait d'abord et avant tout sur l'exploitation éhontée d'une main-d'oeuvre littéralement captive: esclaves nègres dans les champs d'Amérique, paysans sans terre et miséreux des villes dans les usines de Grande-Bretagne. Smith exprime d'ailleurs quelque crainte que, de ce fait, le modèle n'atteigne assez rapidement un niveau intolérable de tension économique et sociale, très néfaste aux affaires. Peut-être nos "lucides" devraient-ils relire leurs classiques.

    b) L'économie d'une province ne peut être celle d'un pays. On ne fait pas les mêmes projets, on n'a pas les mêmes budgets, ni la même perspective de développement. Par deux fois, le Québec a voulu se doter d'un grand projet "national" et se donner tous les moyens d'un développement choisi par nous, pour nous, selon nos priorités, nos valeurs, nos aspirations, notre identité et notre présence au monde toute particulière. Nous sommes encore une province. Nous fonctionnons avec les moyens, les contraintes, les limites d'une province. On peut difficilement nous reprocher de faire avec! Et assez bien, somme toute.

    Que nos fédérastres à tout crin, pourfendeurs de séparatisssss et carriéristes de pointe du "Quebec bashing", traitent encore et toujours le Québec et les Québécois en éternels mineurs légaux, en ados insatiables et fainéants qu'il faut remettre au plus vite dans le droit chemin du néo-libéralisme canadian, dont ne rougirait pas l'Adam Smith première manière, est assez indécent. Mais, tel que le penseur dut l'admettre dans ses vieux jours, attention aux oreilles quand la "main invisible" fait un aller-retour!
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