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    L'embellie entre Québec et le Front commun est écorchée

    Les syndicats ont été surpris de retrouver dans le budget des éléments qui limitent la négociation en cours

    La présidente de la Fédération des infirmières, Régine Laurent, a tenu sa garde haute devant le ministre de la Santé, Yves Bolduc, hier. Les différents syndicats du Front commun auront un dur combat à mener pour arriver à une entente négociée avec Québec.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir La présidente de la Fédération des infirmières, Régine Laurent, a tenu sa garde haute devant le ministre de la Santé, Yves Bolduc, hier. Les différents syndicats du Front commun auront un dur combat à mener pour arriver à une entente négociée avec Québec.
    Québec — Le budget d'hier a mis fin à la brève embellie de lundi soir, où l'optimisme a régné dans les négociations entre les syndicats et le gouvernement. «Les jours se suivent et ne se ressemblent pas», a soutenu Lucie Martineau, présidente générale du Syndicat de la fonction publique du Québec.

    La rencontre de lundi avait été constructive, a-t-elle rappelé, mais «ce matin [hier matin], en ouvrant les documents du budget, je me suis demandé: "Comment on va arriver à avoir une entente dans les premiers jours d'avril?" Ça va prendre des miracles. C'est le congé pascal. On va espérer...»

    Même s'ils ne perdent pas espoir d'en arriver bientôt à une solution négociée, les syndicats ont été surpris de retrouver dans le budget des éléments qui limitent la négociation en cours.

    Le remplacement d'un employé sur deux partant à la retraite, par exemple. Selon le gouvernement, la mesure, mise en place en 2004, aurait permis de réduire de 6 % (équivalant à une diminution de 4557 postes à temps complet de 2004-05 à 2008-09) l'effectif de la fonction publique. Or, dans son budget 2010-11, non seulement le gouvernement souhaite conserver cette mesure, mais il veut l'étendre au personnel administratif du réseau de la santé et des services sociaux et du réseau de l'éducation, y compris les cadres.

    Le gouvernement ajoute une autre règle: «la croissance de la masse salariale, résultant notamment des augmentations salariales et des progressions dans les échelles, devra être compensée par des gains d'efficacité et le remplacement partiel des départs à la retraite». Enfin, le gouvernement a annoncé qu'il gèle la masse salariale globale des ministères et des organismes de la fonction publique «à son niveau actuel» jusqu'en 2013-14.

    Ces mesures ont été comparées à un «coup de massue au Front commun» par le président de la Centrale des syndicats du Québec, Réjean Parent. Lucie Martineau a fait valoir pour sa part que les services publics, ce ne sont pas des entreprises de production comme les autres. Les gains de productivité y sont plus difficilement évaluables. «Est-ce que je dois fermer la ligne à un citoyen parce qu'il a de la difficulté à s'exprimer? Est-ce que je ne dois pas m'occuper d'un élève en difficulté parce que c'est trop long?»

    L'extension de la mesure du remplacement d'un employé sur deux partant à la retraite au monde de l'éducation a été qualifiée «d'abominable» par la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau: «Ça va être un retour à la sous-traitance, aux agences privées. Ça va continuer de nous coûter les yeux de la tête; c'est une gifle pour le personnel!»












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