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    Lutte contre les déficits - Cap sur l'équilibre budgétaire d'ici trois ans

    «Nous avons fait des déficits par nécessité, nous allons les résorber par devoir»

    Le ministre Raymond Bachand à l’Assemblée nationale, hier, après la lecture de son budget.
    Photo: Agence Reuters Jacques Boissinot Le ministre Raymond Bachand à l’Assemblée nationale, hier, après la lecture de son budget.
    Québec — Le gouvernement Charest estime toujours pouvoir retrouver l'équilibre budgétaire d'ici trois ans, disant hier avoir désormais trouvé plus de 90 % de l'effort global de 12,3 milliards qui sera nécessaire, comparativement à 65 % l'automne dernier. Au menu: gestion serrée des dépenses et mise à contribution des particuliers.

    Grâce à un contrôle des coûts plus strict que prévu et au recours à des mécanismes de taxe et de tarification, le premier budget du ministre des Finances, Raymond Bachand, prévoit revenir à l'équilibre d'ici 2013-14 avec un déficit de 4,5 milliards en 2010-11, de 2,9 milliards et de 1,2 milliard l'année suivante. Les finances publiques, croit le ministre, reviendront ensuite au point zéro en 2013-14.

    «Nous avons fait des déficits par nécessité, nous allons les résorber par devoir, a dit le ministre Bachand. Le contexte démographique ajoute à ce défi. À compter de 2014, il y aura moins de personnes en âge de travailler pour créer de la richesse. Il faut donc rétablir l'équilibre budgétaire le plus rapidement possible.»

    Sur les mesures nécessaires pour boucler le budget d'ici trois ans, 8,4 milliards seront des efforts de l'État. Il s'agit là de limitation des dépenses, notamment grâce à une révision en profondeur de tous les programmes, et des fruits de la lutte contre l'évitement et l'évasion fiscale.

    De plus, Québec propose que les nouveaux programmes mis de l'avant par des ministères et organismes soient autofinancés, que les programmes ne fassent plus l'objet de renouvellements automatiques, que le gel d'embauche jusqu'au 31 mars 2010 soit peut-être reconduit, et qu'une trentaine de fonds et organismes d'État soient abolis ou intégrés ailleurs dans l'appareil gouvernemental.

    Les primes au rendement dans la haute fonction publique ont aussi été suspendues pour les deux prochaines années.

    Dans les poches des contribuables

    Mais l'État plonge aussi la main dans la poche des particuliers. L'effort des contribuables est chiffré à 3,5 milliards, alors que celui des entreprises sera de 4,2 milliards.

    Selon les économistes du Mouvement Desjardins, le plan de retour à l'équilibre présenté par Québec — qui nécessitait selon eux un certain courage, car il pose des gestes délicats — est «crédible et sérieux».

    Le ralentissement économique, qui a forcé Québec à soutenir l'économie et à réduire les revenus du gouvernement, a fait mal. La récession a provoqué des déficits totalisant 12,8 milliards de 2009-10 à 2012-13, ce qui augmente la dette — qui est de 122,5 milliards.

    Ainsi, le service de la dette va passer de 7 milliards cette année à 9,6 milliards au cours de l'année où Québec croit atteindre l'équilibre. Rendu là, ce poste budgétaire représentera près de 13 % des dépenses totales du gouvernement.

    Le retour à l'équilibre, a dit le ministre, se fera notamment par un contrôle des dépenses de programmes plus important que ce qui avait été annoncé. Québec affirme depuis des mois qu'il souhaite maintenir à 3,2 % la croissance, bien que celle-ci se soit élevée à 4,8 % de 2003-04 à 2009-10.

    Mais dans son budget, il va en deçà de cet objectif. Pour 2010-11, les dépenses de programmes augmenteront de 2,9 %, puis de 2,2 % lors de chacune des trois années suivantes. En 2014-15, Québec prévoit redémarrer la croissance des dépenses avec une augmentation de 3,9 %.

    Par ailleurs, Québec prévoit que les sommes découlant de la hausse des tarifs d'électricité, à partir de 2014, seront consacrées au Fonds des générations, mis sur pied en 2006 pour rembourser la dette. En 2014, cette somme représentera 315 millions, ce qui s'ajoutera au versement de 1,2 milliard prévu cette année-là.












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