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    Échec de l'achat d'Énergie NB - La stratégie d'Hydro reste indemne

    Le plan 2009-2013 ne tenait pas compte de l'entente, selon des experts

    L’entente avec Énergie NB contenait de «belles possibilités», mais «l’avantage concurrentiel du Québec demeure», estime Pierre-Olivier Pineau, professeur à HEC Montréal.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir L’entente avec Énergie NB contenait de «belles possibilités», mais «l’avantage concurrentiel du Québec demeure», estime Pierre-Olivier Pineau, professeur à HEC Montréal.
    L'échec de l'entente entre Hydro-Québec et Énergie Nouveau-Brunswick (Énergie NB) n'affecte pas la stratégie de la société d'État, car son annonce en octobre, qui avait pris tout le monde par surprise, ne faisait même pas partie du plan 2009-2013 dévoilé quelques mois plus tôt, ont signalé hier des spécialistes en matière de politique énergétique.

    La direction d'Hydro-Québec a refusé de faire des commentaires concernant l'abandon du contrat de 3,2 milliards, lequel reposait sur l'acquisition de plusieurs actifs d'Énergie NB et dont la mort a été annoncée dans un bref communiqué émanant du bureau du premier ministre Jean Charest.

    «Le plan stratégique en 2009 ne parlait absolument pas du Nouveau-Brunswick, a dit Pierre-Olivier Pineau, professeur à HEC Montréal. C'était un peu un cadeau du ciel pour Hydro-Québec, le fait d'avoir un parc de production étendu avec des lignes de transmission vers les États-Unis. Ça donnait de la flexibilité dans la production.» Selon lui, l'entente contenait de «belles possibilités», mais «l'avantage concurrentiel du Québec demeure».

    Le désavantage pour les consommateurs du Nouveau-Brunswick, a dit M. Pineau, c'est qu'ils continueront d'être exposés aux fluctuations des prix du pétrole, du gaz naturel et du charbon, car une partie de l'électricité de la province est produite à partir de ça. En vertu de l'entente, ils auraient pu acheter leur électricité d'Hydro-Québec à prix fixe de 7,35 ¢/kWh pendant cinq ans. Le prix aurait ensuite été indexé à l'inflation.

    En comparaison, le prix moyen de vente à l'exportation étrangère, au cours des neuf premiers mois de 2009, a été de 7 ¢/MWh. Pendant la même période en 2008, le prix moyen avait été de 9 ¢/MWh.

    «Ce n'est rien de dramatique pour Hydro-Québec. C'était un plus, et là, le plus ne peut pas se faire», a ajouté M. Pineau, selon qui la mort de l'entente s'explique par des raisons politiques et non des raisons financières comme celles fournies par le bureau du premier ministre Charest.

    Le protocole d'entente, annoncé en grande pompe par M. Charest et son homologue Shawn Graham, permettait à Hydro-Québec de s'assurer d'avoir un client à long terme et à prix fixe pour écouler ses surplus d'énergie. «Hydro-Québec fera l'acquisition d'actifs de qualité permettant d'optimiser ses exportations, tandis que les Néo-Brunswickois bénéficieront d'un approvisionnement fiable et avantageux sur les plans tarifaire et environnemental» , a dit M. Charest en janvier dernier.

    Mais depuis octobre 2009, l'entente a fait l'objet de fortes critiques au Nouveau-Brunswick. «Je suis plus ou moins surpris par l'annulation», a dit M. Pineau, selon qui M. Charest a «fait un cadeau» à M. Graham, qui cherchait selon lui à s'en sortir.

    «Le bénéfice qu'Hydro-Québec aurait tiré de cette entente n'aurait pas été énorme. Le marché du Nouveau-Brunswick représentait environ 2 % de la production annuelle d'Hydro-Québec», a dit pour sa part Jean-Thomas Bernard, professeur à l'Université Laval, qui est présentement en année sabbatique à l'Université d'Ottawa.

    «Je pense que c'était une bonne entente pour le Nouveau-Brunswick, car ça lui donnait un approvisionnement stable à un prix relativement bas, et une mauvaise entente pour le Québec, car on payait cher», a ajouté M. Bernard.

    Le contrat d'acquisition portait sur sept centrales hydroélectriques, deux au diesel — servant à satisfaire la demande de pointe de la province — et la centrale nucléaire de Point Lepreau. Un premier versement de 1,8 milliard était prévu le ou vers le 31 mars 2010, et un deuxième, de 1,4 milliard, à la clôture de la transaction concernant la centrale nucléaire une fois sa réfection complétée.

    L'entente portait aussi sur les droits de transport d'électricité vers la Nouvelle-Angleterre, ce que certains voyaient comme un actif de grande qualité.

    M. Bernard a rappelé de son côté que des exportations vers les États-Unis se font déjà via le Nouveau-Brunswick, et ce, même si Hydro ne possède pas les droits. «Ça changeait très peu de choses», a-t-il fait valoir.












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