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Toyota Canada à Ottawa - Juger la plainte ou le défaut?

Baird est prêt à changer la loi

Ray Tanguay et Yoshi Inaba, de chez Toyota, ont témoigné devant un comité parlementaire, hier matin.
Photo : Agence Reuters Chris Wattie
Ray Tanguay et Yoshi Inaba, de chez Toyota, ont témoigné devant un comité parlementaire, hier matin.
Ottawa — Les dirigeants de Toyota Canada ont passé un quart d'heure inconfortable devant un comité parlementaire, hier matin, devant expliquer pourquoi ils ont mis quelques mois à signaler les problèmes de leurs véhicules au ministère fédéral des Transports.

Aux membres du comité, députés fédéraux de toute allégeance, qui lui faisaient ces reproches, le président-directeur général de Toyota Canada, Yoichi Tomihara, a souligné «la différence entre une plainte et un défaut» de fabrication. «Nous avons l'obligation d'analyser et d'enquêter afin de voir si la plainte est liée à un défaut de fabrication ou non. Et une fois que nous avons établi que c'est un défaut, nous devons tout de suite faire rapport à Transports Canada», a-t-il expliqué.

Comme la loi ne force pas les entreprises à signaler les problèmes dès le dépôt d'une plainte, les députés d'opposition estiment que cette loi devrait être changée. «La loi est inutile depuis des années», a déclaré Brian Masse, député néo-démocrate, à sa sortie de la séance du comité. Son collègue libéral, Joe Volpe, acquiesce. «Il faut corriger la loi ou la rendre plus contemporaine», a-t-il fait valoir.

De son côté, le bloquiste Mario Laframboise estime qu'il est urgent de changer la loi surtout «quand on s'aperçoit que les entreprises ont l'air à se protéger [...] Vous avez vu la culture chez Toyota, on essaie de régler ça à l'interne.»

En après-midi, le ministre des Transports John Baird s'est dit ouvert à la possibilité de changer la loi, mais, «si nous le faisons, nous baserons [les éventuels changements] sur des faits», a-t-il dit sans plus de précision.

Cette ouverture n'a pas convaincu l'opposition et M. Volpe est revenu à la charge, accusant le gouvernement de changer souvent d'avis. «D'abord on avait l'impression qu'il n'y avait aucun problème et aujourd'hui, on dit peut-être il faut changer la loi [...] Mais il est évident que le gouvernement n'a rien fait et qu'il faut faire quelque chose.»


Plaintes fondées et infondées

En matinée, lors de sa présentation initiale devant le comité, le directeur gestionnaire principal de Toyota Canada, Stephen Beatty, a déclaré que seulement un des 17 cas signalés par les consommateurs au ministère des Transports représentait bel et bien un problème d'accélération involontaire.

Les députés fédéraux ont remis en question sa façon de présenter le problème, lui reprochant entre autres, d'avoir omis dans son compte les cinq plaintes reçues directement par la compagnie et visant spécifiquement un problème de pédale d'accélérateur qui colle. Ce sont ces cinq plaintes qui ont conduit, finalement, au rappel des véhicules au Canada; quatre ou cinq mois trop tard, d'après les parlementaires.

«Pendant cinq mois, vos véhicules se sont promenés sur nos routes, ont mis en danger les propriétaires et aussi les propriétaires des autres véhicules», a dit M. Laframboise à M. Beatty pendant sa comparution devant le comité.
 
 
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