Coupez les dépenses, disent les Québécois
Sondage Léger Marketing-Le Devoir - Rejet massif d'une hausse des tarifs d'électricité
À retenir
À quelques jours du budget, le gouvernement du Québec cherche de nouveaux revenus pour retrouver l'équilibre dans ses finances. Or, selon un nouveau sondage Léger Marketing-Le Devoir, les Québécois rejettent massivement une hausse des tarifs d'électricité et sont très divisés sur la possibilité d'augmenter les droits de scolarité à l'université.
En fait, les Québécois souhaitent d'abord que le gouvernement se serre la ceinture avant de penser à trouver de nouveaux revenus. Ainsi, 65 % des répondants estiment que le gouvernement doit «retrouver l'équilibre budgétaire le plus tôt possible en réduisant les dépenses». Une forte majorité préfère donc que le budget déposé le 25 mars prochain soit austère et centré sur des compressions.
En revanche, 24 % des Québécois affirment qu'en cette fin de récession, le gouvernement doit avant tout «dépenser afin de soutenir la croissance économique». Près de 11 % des répondants ont dit ne pas avoir d'opinion sur ce que le gouvernement devrait faire.
Le vice-président de Léger Marketing, Christian Bourque, affirme que les citoyens comprennent que le gouvernement doit trouver un moyen de réduire le déficit. Mais pour y parvenir, la majorité des Québécois préfère que l'on réduise les dépenses, et donc les services, plutôt que d'envisager une hausse des revenus au moyen des taxes ou des tarifs.
«Les gens ont l'impression que le pire de la récession est passé et qu'on peut maintenant s'attaquer au déficit, dit-il. Par contre, pour arriver à l'équilibre budgétaire, ils ne veulent pas que ça leur coûte de l'argent. Les Québécois semblent dire qu'ils ne sont plus capables de payer et qu'il faut que le gouvernement se serre la ceinture plutôt que de venir piger dans leurs poches.»
Une opinion qui semble se répercuter sur une possible hausse des tarifs d'électricité, que le gouvernement a déjà envisagée. Sur ce point, l'opinion des Québécois est claire: pas question de toucher aux tarifs d'Hydro-Québec. Ainsi, 79 % des répondants au sondage se disent «défavorables» à une augmentation «importante» des tarifs d'électricité pour rétablir l'équilibre dans les finances publiques. Ils sont 17 % à approuver une telle hausse. Près de 4 % ne savent pas ou ont refusé de répondre.
Selon Christian Bourque, l'argument selon lequel hausser les tarifs d'électricité serait bon pour l'environnement et encouragerait les gens à économiser l'énergie n'a pas encore convaincu la population. Tout comme le fait que le Québec affiche les tarifs d'électricité les plus bas en Amérique du Nord. «Les gens considèrent Hydro-Québec comme une richesse parce que les tarifs sont bas. Il y a un symbole fort ici. Les gens ne veulent pas payer plus pour leur électricité», dit-il.
Pas de consensus sur une hausse des droits de scolarité
Par contre, davantage de gens sont favorables à une hausse importante des droits de scolarité, même s'il n'y a pas de consensus sur le sujet. En fait, les Québécois sont profondément divisés dans ce débat de société qui touche l'accessibilité de l'éducation postsecondaire et la qualité de l'enseignement.
Ainsi, 45 % des répondants se disent «favorables» à une hausse importante des droits de scolarité à l'université, contre 47 % qui s'y opposent. Huit pour cent ne se prononcent pas.
Christian Bourque affirme que cela fait plusieurs années que les Québécois sont divisés sur cette question, mais que d'année en année, l'option de la hausse des droits gagne du terrain.
Le sondeur ajoute qu'il y a davantage de citoyens en faveur de l'augmentation des droits de scolarité que de gens favorables à une hausse des tarifs d'électricité pour une raison bien simple: les tarifs d'électricité touchent tout le monde, alors que moins de gens sont étudiants à l'université ou ont des enfants à l'université. «C'est le concept du "pas dans ma cour", dit M. Bourque. Quand ils ont à choisir, les citoyens vont prendre la hausse qui les affecte le moins.»
Comment hausser les droits de scolarité?
Par contre, la question sur la manière de hausser les droits de scolarité a intéressé les analystes de Léger Marketing. Si le gouvernement va de l'avant dans les prochaines années avec des augmentations, il devrait considérer l'idée de moduler les frais en fonction du futur revenu des étudiants, disent les répondants (voir tableau).
Ainsi, 44 % des citoyens souhaiteraient qu'une partie des droits de scolarité soit payée après les études, ce qui permettrait de moduler les coûts en fonction du revenu du diplômé. Ainsi, une fois sur le marché du travail, une enseignante aurait moins à rembourser à l'État qu'un médecin ou un avocat, qui obtient un meilleur salaire.
En revanche, 23 % des répondants disent préférer que l'on module la hausse des droits en fonction du coût de la formation d'un étudiant. Certains programmes, comme la médecine dentaire ou l'ingénierie, coûtent plus cher à mettre en place que la philosophie ou les sciences sociales. Finalement, 21 % des gens préfèrent que l'on applique une hausse uniforme à tous les programmes et à tous les étudiants.
«Les gens aimeraient bien résoudre l'équation des frais de scolarité avec un modèle plus juste, plus égalitaire, dit Christian Bourque. C'est très intéressant de voir que les Québécois sont ouverts à l'innovation sur ce plan.»
Ce sondage a été réalisé en ligne auprès de 1000 répondants du 8 au 11 mars. Le coup de sonde Internet a été réalisé selon une méthodologie fiable et éprouvée. Un échantillon probabiliste de la même taille présente une marge d'erreur de 3,1 %, 19 fois sur 20.
*****
Sondage sur les finances de l'État
En fait, les Québécois souhaitent d'abord que le gouvernement se serre la ceinture avant de penser à trouver de nouveaux revenus. Ainsi, 65 % des répondants estiment que le gouvernement doit «retrouver l'équilibre budgétaire le plus tôt possible en réduisant les dépenses». Une forte majorité préfère donc que le budget déposé le 25 mars prochain soit austère et centré sur des compressions.
En revanche, 24 % des Québécois affirment qu'en cette fin de récession, le gouvernement doit avant tout «dépenser afin de soutenir la croissance économique». Près de 11 % des répondants ont dit ne pas avoir d'opinion sur ce que le gouvernement devrait faire.
Le vice-président de Léger Marketing, Christian Bourque, affirme que les citoyens comprennent que le gouvernement doit trouver un moyen de réduire le déficit. Mais pour y parvenir, la majorité des Québécois préfère que l'on réduise les dépenses, et donc les services, plutôt que d'envisager une hausse des revenus au moyen des taxes ou des tarifs.
«Les gens ont l'impression que le pire de la récession est passé et qu'on peut maintenant s'attaquer au déficit, dit-il. Par contre, pour arriver à l'équilibre budgétaire, ils ne veulent pas que ça leur coûte de l'argent. Les Québécois semblent dire qu'ils ne sont plus capables de payer et qu'il faut que le gouvernement se serre la ceinture plutôt que de venir piger dans leurs poches.»
Une opinion qui semble se répercuter sur une possible hausse des tarifs d'électricité, que le gouvernement a déjà envisagée. Sur ce point, l'opinion des Québécois est claire: pas question de toucher aux tarifs d'Hydro-Québec. Ainsi, 79 % des répondants au sondage se disent «défavorables» à une augmentation «importante» des tarifs d'électricité pour rétablir l'équilibre dans les finances publiques. Ils sont 17 % à approuver une telle hausse. Près de 4 % ne savent pas ou ont refusé de répondre.
Selon Christian Bourque, l'argument selon lequel hausser les tarifs d'électricité serait bon pour l'environnement et encouragerait les gens à économiser l'énergie n'a pas encore convaincu la population. Tout comme le fait que le Québec affiche les tarifs d'électricité les plus bas en Amérique du Nord. «Les gens considèrent Hydro-Québec comme une richesse parce que les tarifs sont bas. Il y a un symbole fort ici. Les gens ne veulent pas payer plus pour leur électricité», dit-il.
Pas de consensus sur une hausse des droits de scolarité
Par contre, davantage de gens sont favorables à une hausse importante des droits de scolarité, même s'il n'y a pas de consensus sur le sujet. En fait, les Québécois sont profondément divisés dans ce débat de société qui touche l'accessibilité de l'éducation postsecondaire et la qualité de l'enseignement.
Ainsi, 45 % des répondants se disent «favorables» à une hausse importante des droits de scolarité à l'université, contre 47 % qui s'y opposent. Huit pour cent ne se prononcent pas.
Christian Bourque affirme que cela fait plusieurs années que les Québécois sont divisés sur cette question, mais que d'année en année, l'option de la hausse des droits gagne du terrain.
Le sondeur ajoute qu'il y a davantage de citoyens en faveur de l'augmentation des droits de scolarité que de gens favorables à une hausse des tarifs d'électricité pour une raison bien simple: les tarifs d'électricité touchent tout le monde, alors que moins de gens sont étudiants à l'université ou ont des enfants à l'université. «C'est le concept du "pas dans ma cour", dit M. Bourque. Quand ils ont à choisir, les citoyens vont prendre la hausse qui les affecte le moins.»
Comment hausser les droits de scolarité?
Par contre, la question sur la manière de hausser les droits de scolarité a intéressé les analystes de Léger Marketing. Si le gouvernement va de l'avant dans les prochaines années avec des augmentations, il devrait considérer l'idée de moduler les frais en fonction du futur revenu des étudiants, disent les répondants (voir tableau).
Ainsi, 44 % des citoyens souhaiteraient qu'une partie des droits de scolarité soit payée après les études, ce qui permettrait de moduler les coûts en fonction du revenu du diplômé. Ainsi, une fois sur le marché du travail, une enseignante aurait moins à rembourser à l'État qu'un médecin ou un avocat, qui obtient un meilleur salaire.
En revanche, 23 % des répondants disent préférer que l'on module la hausse des droits en fonction du coût de la formation d'un étudiant. Certains programmes, comme la médecine dentaire ou l'ingénierie, coûtent plus cher à mettre en place que la philosophie ou les sciences sociales. Finalement, 21 % des gens préfèrent que l'on applique une hausse uniforme à tous les programmes et à tous les étudiants.
«Les gens aimeraient bien résoudre l'équation des frais de scolarité avec un modèle plus juste, plus égalitaire, dit Christian Bourque. C'est très intéressant de voir que les Québécois sont ouverts à l'innovation sur ce plan.»
Ce sondage a été réalisé en ligne auprès de 1000 répondants du 8 au 11 mars. Le coup de sonde Internet a été réalisé selon une méthodologie fiable et éprouvée. Un échantillon probabiliste de la même taille présente une marge d'erreur de 3,1 %, 19 fois sur 20.
*****
Sondage sur les finances de l'État
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

