Lacroix témoigne pour ses victimes
L'ancien p.d.-g. de Norbourg a parlé ouvertement de son stratagème dans un procès intenté à l'AMF par 139 investisseurs floués
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Vincent Lacroix a expliqué hier, à la barre des témoins, la façon dont il a détourné 135 millions.
Québec — Pour une des rares fois depuis que le scandale Norbourg a éclaté, Vincent Lacroix a réjoui des investisseurs qu'il a floués, hier, en décrivant, devant un tribunal, de quelle manière il a procédé pour détourner ultimement 135 millions de dollars.
Pierre Grenier a affirmé que le témoignage de M. Lacroix aidera un groupe de 139 investisseurs, dont il fait partie, qui contestent une décision de l'Autorité des marchés financiers (AMF), qui a refusé de les dédommager.
La comparution de M. Lacroix, qui purge actuellement une peine de prison dans un pénitencier fédéral, a été précédée d'un affrontement entre les avocats du groupe et ceux de l'AMF, qui s'opposaient à ce que l'ancien financier s'exprime à nouveau dans ce dossier.
Mais le juge Bernard Godbout, de la Cour supérieure, s'est rendu aux arguments des requérants, qui réclament un dédommagement de 7,5 millions. M. Lacroix, qui a déjà été condamné au pénal et au criminel, a passé l'après-midi à la barre des témoins.
En marge des audiences, qui ont commencé hier, M. Grenier s'est félicité que M. Lacroix ait évoqué son implication à la fois dans la gestion des fonds communs de placement de Norbourg ainsi que dans la distribution de ces produits.
«Je pense qu'on vient de gagner une bataille, même si on n'a pas gagné la guerre», a-t-il dit.
Selon M. Grenier, cet élément est au coeur de la requête de son groupe, que l'AMF a refusé d'indemniser en soutenant que M. Lacroix n'avait pas participé à la distribution des produits financiers dans lesquels ils ont investi. «C'est notre cheval de bataille, a-t-il dit. C'est de démontrer que Lacroix possédait toutes les compagnies et que c'est lui qui gérait tout ça par des hommes de paille.»
Les 139 investisseurs, dont la cause est entendue cette semaine, avaient confié leurs fonds à Investissements SPA, un cabinet qui a été acheté par Norbourg en 2004.
Hier, M. Lacroix a expliqué au tribunal comment les actifs de SPA ont été transférés dans des produits Norbourg, les fonds Perfolio, qui étaient déjà fortement dévalués par les retraits irréguliers opérés dans le cadre du vaste détournement de fonds, mis à jour en 2005.
M. Lacroix a affirmé que Norbourg était une société intégrée avec ses composantes de distribution, contrairement à ce que l'AMF soutient face aux requérants. «La main droite ne pouvait pas ignorer ce que la main gauche faisait», a-t-il dit.
Pour illustrer son propos, M. Lacroix a raconté qu'il s'est opposé à une décision du gestionnaire des fonds SPA, Claude Boisvenu, de se désinvestir Perfolio, car il savait que ces fonds n'avaient pas les liquidités suffisantes.
Récit contesté par l'AMF
L'avocate de l'AMF, Geneviève Cotnam, a soutenu que l'organisme a respecté les procédures avant d'arriver, avec les informations disponibles au moment de l'enquête, à la conclusion que les investisseurs n'avaient pas droit à un dédommagement.
Alors qu'elle s'opposait à ce que le témoignage de M. Lacroix soit entendu, Mme Cotnam a affirmé que le financier n'avait jamais dirigé Investissements SPA. «Le détournement s'est fait à un autre niveau que le cabinet de SPA», a-t-elle dit.
Selon l'avocate de l'AMF, 2000 des 9200 investisseurs floués ont déposé une demande d'indemnisation à l'AMF après avoir découvert le détournement de fonds. Là-dessus, 887 ont reçu une réponse positive.
Un porte-parole de l'AMF, Sylvain Théberge, a affirmé que l'organisme de régulation du secteur financier devait fonctionner avec la loi en vigueur.
Pierre Grenier a affirmé que le témoignage de M. Lacroix aidera un groupe de 139 investisseurs, dont il fait partie, qui contestent une décision de l'Autorité des marchés financiers (AMF), qui a refusé de les dédommager.
La comparution de M. Lacroix, qui purge actuellement une peine de prison dans un pénitencier fédéral, a été précédée d'un affrontement entre les avocats du groupe et ceux de l'AMF, qui s'opposaient à ce que l'ancien financier s'exprime à nouveau dans ce dossier.
Mais le juge Bernard Godbout, de la Cour supérieure, s'est rendu aux arguments des requérants, qui réclament un dédommagement de 7,5 millions. M. Lacroix, qui a déjà été condamné au pénal et au criminel, a passé l'après-midi à la barre des témoins.
En marge des audiences, qui ont commencé hier, M. Grenier s'est félicité que M. Lacroix ait évoqué son implication à la fois dans la gestion des fonds communs de placement de Norbourg ainsi que dans la distribution de ces produits.
«Je pense qu'on vient de gagner une bataille, même si on n'a pas gagné la guerre», a-t-il dit.
Selon M. Grenier, cet élément est au coeur de la requête de son groupe, que l'AMF a refusé d'indemniser en soutenant que M. Lacroix n'avait pas participé à la distribution des produits financiers dans lesquels ils ont investi. «C'est notre cheval de bataille, a-t-il dit. C'est de démontrer que Lacroix possédait toutes les compagnies et que c'est lui qui gérait tout ça par des hommes de paille.»
Les 139 investisseurs, dont la cause est entendue cette semaine, avaient confié leurs fonds à Investissements SPA, un cabinet qui a été acheté par Norbourg en 2004.
Hier, M. Lacroix a expliqué au tribunal comment les actifs de SPA ont été transférés dans des produits Norbourg, les fonds Perfolio, qui étaient déjà fortement dévalués par les retraits irréguliers opérés dans le cadre du vaste détournement de fonds, mis à jour en 2005.
M. Lacroix a affirmé que Norbourg était une société intégrée avec ses composantes de distribution, contrairement à ce que l'AMF soutient face aux requérants. «La main droite ne pouvait pas ignorer ce que la main gauche faisait», a-t-il dit.
Pour illustrer son propos, M. Lacroix a raconté qu'il s'est opposé à une décision du gestionnaire des fonds SPA, Claude Boisvenu, de se désinvestir Perfolio, car il savait que ces fonds n'avaient pas les liquidités suffisantes.
Récit contesté par l'AMF
L'avocate de l'AMF, Geneviève Cotnam, a soutenu que l'organisme a respecté les procédures avant d'arriver, avec les informations disponibles au moment de l'enquête, à la conclusion que les investisseurs n'avaient pas droit à un dédommagement.
Alors qu'elle s'opposait à ce que le témoignage de M. Lacroix soit entendu, Mme Cotnam a affirmé que le financier n'avait jamais dirigé Investissements SPA. «Le détournement s'est fait à un autre niveau que le cabinet de SPA», a-t-elle dit.
Selon l'avocate de l'AMF, 2000 des 9200 investisseurs floués ont déposé une demande d'indemnisation à l'AMF après avoir découvert le détournement de fonds. Là-dessus, 887 ont reçu une réponse positive.
Un porte-parole de l'AMF, Sylvain Théberge, a affirmé que l'organisme de régulation du secteur financier devait fonctionner avec la loi en vigueur.
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