La crise passée, il faut préparer l'avenir, dit l'OCDE
Le temps est venu de stimuler la croissance et de revenir à l'équilibre budgétaire, selon l'organisation
Le temps est venu pour les gouvernements d'amorcer la délicate transition des mesures d'urgence de lutte contre la crise à des politiques économiques à plus long terme visant la stimulation de la croissance et le retour à l'équilibre budgétaire, estime l'OCDE.
La menace d'un chômage persistant et l'explosion de la dette publique comptent parmi les principaux problèmes auxquels sont confrontés les pays riches aujourd'hui, constate l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dans l'édition 2010 de son rapport Objectif croissance dévoilé hier. L'un de leurs défis sera de trouver la façon de mettre un terme à la plupart de leurs mesures de relance adoptées au pire de la crise et d'augmenter leurs recettes fiscales sans pour autant compromettre une reprise encore fragile.
«Le plus fort de la crise étant passé, le temps est venu de passer de la gestion de la crise à une accélération de la reprise et à la préparation d'un avenir économique plus viable et plus juste», a déclaré Pier Carlo Padoan, secrétaire général adjoint et économiste en chef de l'organisation, qui compte 30 pays membres. «Étant donné l'ampleur de l'assainissement budgétaire requis dans la plupart des pays, aussi bien des réductions de dépenses que des mesures fiscales seront vraisemblablement requises», prévient le rapport.
Bonnes dépenses et bonnes taxes
Côté dépenses, les gouvernements devront notamment mettre un terme à leurs généreux programmes de dépenses d'infrastructures et d'aide à des secteurs industriels comme celui de l'automobile, mais aussi aux assouplissements des règles d'assurance-emploi qui risquent trop, à terme, d'encourager les travailleurs les plus vulnérables à rester définitivement sur la touche, estime l'OCDE.
D'autres mesures aussi adoptées durant la crise gagneraient, au contraire, à être maintenues à cause de leurs effets positifs sur la croissance à long terme. On pense notamment aux subventions et crédits d'impôt à la recherche et au développement dans les entreprises. Il faudrait aussi ménager autant que possible les autres dépenses «les plus productives», notamment celles en éducation, en santé, en transport et en infrastructures de communication. Pour y arriver, on devra cependant y améliorer autant que possible «l'efficacité des dépenses publiques». Il faudra aussi offrir aux chômeurs de meilleurs programmes de formation et plus d'incitations à se chercher un emploi.
Côté recettes, les gouvernements devront encore une fois privilégier les mesures fiscales les moins dommageables pour la croissance. Les impôts sur le revenu des entreprises et des particuliers, comme les charges sociales liées à la main-d'oeuvre, seront à éviter autant que possible, dit l'OCDE. Les plus avisés recourront plutôt aux taxes à la consommation et à l'impôt foncier.
«Les pays de l'OCDE ont su jusqu'ici éviter les principales erreurs commises lors de certaines crises précédentes», se félicitent les auteurs du rapport, se référant notamment à la Grande Dépression des années 1930 et aux crises économiques des années 1970.
Relâchements et cicatrices
Ils devront continuer de se garder loin des démons du protectionnisme et tenir leurs promesses de resserrement des règles du monde de la finance, souligne-t-on. «Étant donné le rôle central des marchés financiers dans la genèse de la crise, les autorités de régulation de tous les pays de l'OCDE doivent intensifier leur action favorisant un renforcement de la réglementation de ces marchés», a déclaré un Pier Carlo Padoan inquiet en ces heures «où les efforts de réforme menacent de se relâcher, voire de s'interrompre».
«La récession mondiale a laissé de profondes cicatrices, a néanmoins constaté le secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurría. La seule façon de commencer à panser nos plaies consiste à prendre maintenant des mesures qui permettront à nos économies de retrouver leur potentiel perdu.»
L'OCDE estime que la perte permanente de croissance subie par ses pays membres s'élève à une moyenne de 3 % du produit intérieur brut (PIB). Venant pour les deux tiers de la hausse permanente du coût du capital et pour un tiers de l'augmentation du chômage structurel, ces dommages ont été un peu moins élevés au Canada (-2,4 %), aux États-Unis (-2,4 %) et au Japon (-2,1 %), alors qu'ils ont été plus sévères en Allemagne (-3,9 %) et en Italie (-4,1 %), et dévastateurs en Espagne (-10,8 %) et en Irlande (-11,8 %).
La menace d'un chômage persistant et l'explosion de la dette publique comptent parmi les principaux problèmes auxquels sont confrontés les pays riches aujourd'hui, constate l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dans l'édition 2010 de son rapport Objectif croissance dévoilé hier. L'un de leurs défis sera de trouver la façon de mettre un terme à la plupart de leurs mesures de relance adoptées au pire de la crise et d'augmenter leurs recettes fiscales sans pour autant compromettre une reprise encore fragile.
«Le plus fort de la crise étant passé, le temps est venu de passer de la gestion de la crise à une accélération de la reprise et à la préparation d'un avenir économique plus viable et plus juste», a déclaré Pier Carlo Padoan, secrétaire général adjoint et économiste en chef de l'organisation, qui compte 30 pays membres. «Étant donné l'ampleur de l'assainissement budgétaire requis dans la plupart des pays, aussi bien des réductions de dépenses que des mesures fiscales seront vraisemblablement requises», prévient le rapport.
Bonnes dépenses et bonnes taxes
Côté dépenses, les gouvernements devront notamment mettre un terme à leurs généreux programmes de dépenses d'infrastructures et d'aide à des secteurs industriels comme celui de l'automobile, mais aussi aux assouplissements des règles d'assurance-emploi qui risquent trop, à terme, d'encourager les travailleurs les plus vulnérables à rester définitivement sur la touche, estime l'OCDE.
D'autres mesures aussi adoptées durant la crise gagneraient, au contraire, à être maintenues à cause de leurs effets positifs sur la croissance à long terme. On pense notamment aux subventions et crédits d'impôt à la recherche et au développement dans les entreprises. Il faudrait aussi ménager autant que possible les autres dépenses «les plus productives», notamment celles en éducation, en santé, en transport et en infrastructures de communication. Pour y arriver, on devra cependant y améliorer autant que possible «l'efficacité des dépenses publiques». Il faudra aussi offrir aux chômeurs de meilleurs programmes de formation et plus d'incitations à se chercher un emploi.
Côté recettes, les gouvernements devront encore une fois privilégier les mesures fiscales les moins dommageables pour la croissance. Les impôts sur le revenu des entreprises et des particuliers, comme les charges sociales liées à la main-d'oeuvre, seront à éviter autant que possible, dit l'OCDE. Les plus avisés recourront plutôt aux taxes à la consommation et à l'impôt foncier.
«Les pays de l'OCDE ont su jusqu'ici éviter les principales erreurs commises lors de certaines crises précédentes», se félicitent les auteurs du rapport, se référant notamment à la Grande Dépression des années 1930 et aux crises économiques des années 1970.
Relâchements et cicatrices
Ils devront continuer de se garder loin des démons du protectionnisme et tenir leurs promesses de resserrement des règles du monde de la finance, souligne-t-on. «Étant donné le rôle central des marchés financiers dans la genèse de la crise, les autorités de régulation de tous les pays de l'OCDE doivent intensifier leur action favorisant un renforcement de la réglementation de ces marchés», a déclaré un Pier Carlo Padoan inquiet en ces heures «où les efforts de réforme menacent de se relâcher, voire de s'interrompre».
«La récession mondiale a laissé de profondes cicatrices, a néanmoins constaté le secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurría. La seule façon de commencer à panser nos plaies consiste à prendre maintenant des mesures qui permettront à nos économies de retrouver leur potentiel perdu.»
L'OCDE estime que la perte permanente de croissance subie par ses pays membres s'élève à une moyenne de 3 % du produit intérieur brut (PIB). Venant pour les deux tiers de la hausse permanente du coût du capital et pour un tiers de l'augmentation du chômage structurel, ces dommages ont été un peu moins élevés au Canada (-2,4 %), aux États-Unis (-2,4 %) et au Japon (-2,1 %), alors qu'ils ont été plus sévères en Allemagne (-3,9 %) et en Italie (-4,1 %), et dévastateurs en Espagne (-10,8 %) et en Irlande (-11,8 %).
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