Cherchez la femme (bis)
La marche des femmes vers l'égalité avec les hommes est l'un des phénomènes les plus importants de l'histoire économique contemporaine. Il pourrait aussi être au cœur des stratégies de sortie de crise et de croissance des pays ces prochaines années.
L'ascension économique des femmes est vraisemblablement le plus grand changement social de notre époque, rappelait récemment la revue britannique The Economist dans un dossier sur le sujet. En seulement une génération, des millions de femmes sont passées d'un monde où elles étaient largement confinées à la maison et à un choix de métiers restreint à un monde où leurs perspectives sont presque aussi ouvertes que celles des hommes.
Longtemps inférieure à 25 %, la proportion de femmes en âge de travailler qui occupent un emploi, ou s'en cherchent un, s'élève maintenant en moyenne à 60 % dans les pays riches de l'OCDE. Au Québec, c'est presque 80 % des femmes de 25 à 44 ans qui occupent un emploi même si elles sont les plus susceptibles d'avoir des enfants en bas âge. Il faut dire que le travail aujourd'hui n'est plus une affaire de gros bras, mais se passe beaucoup plus entre les deux oreilles, et qu'au Québec, comme dans la plupart des autres pays développés, les femmes sont désormais plus nombreuses que les hommes à mener à bout leurs études.
Les salaires versés aux femmes demeurent encore inférieurs en moyenne de 15 % à ceux des hommes, mais cela ne les empêche pas d'apporter une contribution formelle à l'économie qui s'élève à plus de 40 % du produit intérieur brut (PIB) des pays développés. Le Pew Research Center rapportait dans une recherche publiée en janvier que chez les Américains mariés et âgés de 30 à 44 ans, la proportion de couples où c'est la femme qui gagne plus que son mari est passée de seulement 4 %, en 1970, à 22 %, en 2007.
La crise pourrait bien marquer une nouvelle étape dans cette évolution. Nombreux sont ceux qui ont observé que la Grande Récession a été particulièrement sévère dans les secteurs où se trouve une large proportion d'hommes, comme celui de l'industrie manufacturière et de la construction, alors que des secteurs comptant plus de femmes, comme celui des services, ont été moins touchés.
Des économistes se sont aussi demandé à voix haute si les choses ne se seraient pas passées autrement s'il y avait eu plus de femmes à la tête des grandes entreprises. Les psychologues et autres spécialistes du comportement ne disent-ils pas que les femmes se montrent beaucoup plus réfléchies et circonspectes que les hommes lorsque vient le temps d'évaluer le degré de risque d'une décision?
Chose certaine, on doit trouver désormais des façons de relancer l'économie mondiale. «Les facteurs les plus importants dans la croissance des économies modernes sont le degré de formation, les compétences et la productivité de leur main-d'oeuvre. Et les femmes comptent pour la moitié de ce potentiel des pays», notait un rapport du Forum économique mondial cet automne.
Le fait de combler l'écart entre les taux d'emploi masculin et féminin pourrait faire grimper le PIB des États-Unis de 9 %, celui de la zone euro de 13 % et celui du Japon de 16 %, selon une étude de Goldman Sachs de 2008.
Le seul rétrécissement de cet écart mènerait à des gains beaucoup plus grands encore dans les pays qui accusent un retard plus marqué en ce domaine, comme les économies émergentes chinoise, indienne et brésilienne. La firme américaine estime, dans ce cas, que l'augmentation de revenu par habitant pourrait être aussi élevée que 14 % d'ici 2020 et 20 % d'ici 2030.
Cela fait d'ailleurs des années que l'ONU et les autres organisations humanitaires disent que, si l'on ne pouvait investir que dans une seule chose pour aider le développement des pays les plus pauvres, il faudrait que ce soit dans l'éducation des filles. Cela permettrait non seulement d'augmenter leur présence dans l'économie et leur productivité, mais aussi, entre autres choses, de réduire les taux de natalité et d'avoir une population en meilleure santé.
Mais pour augmenter la présence des femmes dans l'économie, il faut les aider à concilier la famille et le travail. Le Québec s'est fait remarquer par son réseau de garderies publiques. De plus en plus d'entreprises comprennent l'importance de donner plus de souplesse à leur organisation du travail pour ne pas perdre des ressources précieuses aussitôt qu'elles deviennent mères.
L'ascension des femmes dans l'économie semble bien loin d'être terminée. Le Bureau américain de la statistique estime, par exemple, qu'elles représentent plus des deux tiers des travailleurs dans 10 des 15 types d'emplois promis à la plus forte croissance ces prochaines années.
L'augmentation de leur niveau d'éducation et de leur pouvoir d'achat leur confère également une influence grandissante qui pourrait s'avérer positive pas seulement en ce qui a trait à la croissance économique, constatait l'année dernière une autre étude de Goldman Sachs. «Les femmes ont plus tendance que les hommes à acheter des biens et des services qui améliorent le bien-être de la famille», disaient ses auteurs. Il serait à prévoir, en conséquence, une augmentation de l'épargne des ménages et de la demande de nourriture, de soins de santé, d'éducation, de garderies, de vêtements et de biens durables.
L'ascension économique des femmes est vraisemblablement le plus grand changement social de notre époque, rappelait récemment la revue britannique The Economist dans un dossier sur le sujet. En seulement une génération, des millions de femmes sont passées d'un monde où elles étaient largement confinées à la maison et à un choix de métiers restreint à un monde où leurs perspectives sont presque aussi ouvertes que celles des hommes.
Longtemps inférieure à 25 %, la proportion de femmes en âge de travailler qui occupent un emploi, ou s'en cherchent un, s'élève maintenant en moyenne à 60 % dans les pays riches de l'OCDE. Au Québec, c'est presque 80 % des femmes de 25 à 44 ans qui occupent un emploi même si elles sont les plus susceptibles d'avoir des enfants en bas âge. Il faut dire que le travail aujourd'hui n'est plus une affaire de gros bras, mais se passe beaucoup plus entre les deux oreilles, et qu'au Québec, comme dans la plupart des autres pays développés, les femmes sont désormais plus nombreuses que les hommes à mener à bout leurs études.
Les salaires versés aux femmes demeurent encore inférieurs en moyenne de 15 % à ceux des hommes, mais cela ne les empêche pas d'apporter une contribution formelle à l'économie qui s'élève à plus de 40 % du produit intérieur brut (PIB) des pays développés. Le Pew Research Center rapportait dans une recherche publiée en janvier que chez les Américains mariés et âgés de 30 à 44 ans, la proportion de couples où c'est la femme qui gagne plus que son mari est passée de seulement 4 %, en 1970, à 22 %, en 2007.
La crise pourrait bien marquer une nouvelle étape dans cette évolution. Nombreux sont ceux qui ont observé que la Grande Récession a été particulièrement sévère dans les secteurs où se trouve une large proportion d'hommes, comme celui de l'industrie manufacturière et de la construction, alors que des secteurs comptant plus de femmes, comme celui des services, ont été moins touchés.
Des économistes se sont aussi demandé à voix haute si les choses ne se seraient pas passées autrement s'il y avait eu plus de femmes à la tête des grandes entreprises. Les psychologues et autres spécialistes du comportement ne disent-ils pas que les femmes se montrent beaucoup plus réfléchies et circonspectes que les hommes lorsque vient le temps d'évaluer le degré de risque d'une décision?
Chose certaine, on doit trouver désormais des façons de relancer l'économie mondiale. «Les facteurs les plus importants dans la croissance des économies modernes sont le degré de formation, les compétences et la productivité de leur main-d'oeuvre. Et les femmes comptent pour la moitié de ce potentiel des pays», notait un rapport du Forum économique mondial cet automne.
Le fait de combler l'écart entre les taux d'emploi masculin et féminin pourrait faire grimper le PIB des États-Unis de 9 %, celui de la zone euro de 13 % et celui du Japon de 16 %, selon une étude de Goldman Sachs de 2008.
Le seul rétrécissement de cet écart mènerait à des gains beaucoup plus grands encore dans les pays qui accusent un retard plus marqué en ce domaine, comme les économies émergentes chinoise, indienne et brésilienne. La firme américaine estime, dans ce cas, que l'augmentation de revenu par habitant pourrait être aussi élevée que 14 % d'ici 2020 et 20 % d'ici 2030.
Cela fait d'ailleurs des années que l'ONU et les autres organisations humanitaires disent que, si l'on ne pouvait investir que dans une seule chose pour aider le développement des pays les plus pauvres, il faudrait que ce soit dans l'éducation des filles. Cela permettrait non seulement d'augmenter leur présence dans l'économie et leur productivité, mais aussi, entre autres choses, de réduire les taux de natalité et d'avoir une population en meilleure santé.
Mais pour augmenter la présence des femmes dans l'économie, il faut les aider à concilier la famille et le travail. Le Québec s'est fait remarquer par son réseau de garderies publiques. De plus en plus d'entreprises comprennent l'importance de donner plus de souplesse à leur organisation du travail pour ne pas perdre des ressources précieuses aussitôt qu'elles deviennent mères.
L'ascension des femmes dans l'économie semble bien loin d'être terminée. Le Bureau américain de la statistique estime, par exemple, qu'elles représentent plus des deux tiers des travailleurs dans 10 des 15 types d'emplois promis à la plus forte croissance ces prochaines années.
L'augmentation de leur niveau d'éducation et de leur pouvoir d'achat leur confère également une influence grandissante qui pourrait s'avérer positive pas seulement en ce qui a trait à la croissance économique, constatait l'année dernière une autre étude de Goldman Sachs. «Les femmes ont plus tendance que les hommes à acheter des biens et des services qui améliorent le bien-être de la famille», disaient ses auteurs. Il serait à prévoir, en conséquence, une augmentation de l'épargne des ménages et de la demande de nourriture, de soins de santé, d'éducation, de garderies, de vêtements et de biens durables.
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