Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous

    Réflexion sur les tarifs - Une «révolution culturelle», selon Raymond Bachand

    Dans un discours devant le Conseil du patronat, hier, le ministre des Finances, Raymond Bachand, a évoqué l’«effort collectif important» qui permettra d’effacer les déficits.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Dans un discours devant le Conseil du patronat, hier, le ministre des Finances, Raymond Bachand, a évoqué l’«effort collectif important» qui permettra d’effacer les déficits.
    Sans offrir le moindre détail au sujet de son prochain budget, le ministre des Finances du Québec a néanmoins eu recours à l'expression «révolution culturelle», hier, pour qualifier la réflexion qu'il souhaite au sujet de la gratuité des services publics, en particulier la part que devrait payer le citoyen comparativement à celle de l'État.

    Le ministre Raymond Bachand n'avait jamais utilisé cette expression auparavant, mais il s'en est servi à deux reprises lors d'un discours devant le Conseil du patronat pour décrire l'état d'esprit dans lequel il faudra se mettre à l'approche du budget et de la question des tarifs.

    Chiffres et tableaux à l'appui, il a martelé le message selon lequel le gouvernement du Québec n'a pas le choix de limiter à 3,2 % la croissance annuelle de ses dépenses, et ce, même si la croissance moyenne des dernières années se situe à 4,6 %.

    Le gouvernement, qui enregistre présentement un déficit de 4,7 milliards pour 2009-2010, souhaite aussi augmenter ses revenus pour les années à venir.

    «Sur chaque service que l'État offre, il y a une question fondamentale, et je pense que c'est une révolution culturelle, qui est celle-ci: "Quelle est la juste part que moi, comme citoyen, je dois payer, et que la collectivité doit payer?"», a répété le ministre lors d'un point de presse en marge de son allocution.

    L'expression «révolution culturelle», archiconnue pour sa description de la purge chinoise qui a fait des centaines de milliers de morts dans les années 60 et 70, a aussi fait irruption hier dans le troisième fascicule du comité consultatif prébudgétaire. Ce comité est coprésidé par M. Bachand.

    Dans le fascicule, les quatre économistes mandatés par le ministre pour analyser le financement du système et son avenir utilisent l'expression six fois en 102 pages. Ils s'en servent toutefois pour évoquer une nouvelle façon de «gérer les dépenses publiques».

    Lors de son allocution, le ministre Bachand a dit que le gouvernement Charest veut maintenir les services publics, car «ce n'est pas en période de récession qu'il faut couper là-dedans». Le retour à l'équilibre budgétaire sera l'affaire de tout le monde, a-t-il prévenu lors d'un point de presse.

    «On a un effort collectif à faire, parce qu'on veut maintenir les valeurs québécoises. On veut maintenir la santé pour nos enfants et nos parents, on n'a pas le choix. On veut un système d'éducation performant, et on veut maintenir le soutien aux familles», a dit M. Bachand.

    «Quand vous regardez ça, y compris ce que coûte le ministère des Transports, c'est 80 % des dépenses du gouvernement. Alors, il faut plus de productivité. Tous ensemble, si ce sont les services qu'on veut, il faut accepter de payer pour ça», a conclu le ministre auprès des journalistes.

    Le «gros effort» en santé, a dit M. Bachand, pourrait porter sur des améliorations de productivité.

    Québec veut rééquilibrer son budget d'ici à l'exercice 2013-2014. Dans un rapport déposé la semaine dernière à l'Assemblée nationale, le Vérificateur général a estimé que, pour atteindre cet objectif, le gouvernement Charest devra trouver des mesures de 28,2 milliards d'ici quatre ans, dont les trois quarts ne sont toujours pas déterminées.

    «Quand j'ai dit la semaine dernière que ça serait difficile, n'interprétez pas ça pour penser qu'on ne le fera pas. Ça va être difficile parce que c'est un effort collectif important», a dit M. Bachand.












    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.