Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous

    Sortie de crise inorthodoxe pour la Fed

    Pour éponger les masses de liquidités injectées dans l'économie depuis plus de deux ans, Bernanke aura recours à un ensemble de méthodes inédites

    Le président de la Réserve fédérale américaine, Ben Bernanke
    Photo: Agence Reuters Jason Reed Le président de la Réserve fédérale américaine, Ben Bernanke
    La Réserve fédérale américaine (Fed) se montrera tout aussi inorthodoxe dans sa stratégie de sortie de crise qu'elle l'a été dans sa façon de venir en aide à l'économie ces derniers mois.

    Le président de la Fed, Ben Bernanke, a levé hier une partie du voile sur la façon dont la banque centrale entend commencer à retirer tous les stimuli qu'elle a mis en place pour éviter que l'économie ne s'effondre. Il n'a pas dit quand cela débuterait, ni combien de temps cela durerait, mais il a révélé que l'on ne s'y prendrait probablement pas comme on l'aurait fait ordinairement.

    Le principal moyen envisagé par la Fed pour commencer à resserrer les conditions monétaires serait d'augmenter les taux d'intérêt qu'elle verse aux banques qui laissent des liquidités dans ses coffres plutôt que de faire comme d'habitude et d'augmenter son fameux taux directeur qui fixe le loyer qu'elle exige des banques qui lui empruntent temporairement de l'argent. Elle compte aussi avoir recours à un ensemble d'autres méthodes inédites pour éponger, ou à tout le moins neutraliser, les masses de liquidités qu'elle a injectées dans l'économie depuis plus de deux ans, explique Ben Bernanke dans le texte d'une présentation qu'il devait faire hier devant un comité du Congrès américain, mais qui a finalement été remise à plus tard à cause d'une tempête de neige. Mais pour l'heure, l'économie américaine a toujours besoin d'une politique monétaire «très accommodante», répète-t-il.

    Expert mondialement reconnu de la Grande Dépression, Ben Bernanke n'a reculé devant aucun moyen ni aucune nouvelle idée afin d'éviter à l'économie américaine de revivre la catastrophe des années 30. Sous sa gouverne, la Réserve fédérale a abaissé son taux directeur à un plancher historique de zéro et a plus que doublé la valeur de ses actifs, à la somme record de 2200 milliards.

    Comme les autres banques centrales, la Fed se trouve placée aujourd'hui devant un dilemme. Il lui faut trouver le moment et la façon de commencer à retirer toutes ces liquidités qu'elle a injectées dans l'économie sans compromettre la timide reprise en cours, mais sans non plus laisser l'économie s'emballer de nouveau et foncer dans un autre mur. La mise au point et le dévoilement d'une stratégie de sortie de crise claire et crédible constituent l'une des étapes de ce défi.

    Saute d'humeur des marchés

    Les marchés n'ont pas semblé aimer hier que le président de la Fed évoque si tôt le scénario d'une stratégie de sortie de crise. Leur saute d'humeur a, somme toute, été bénigne, les principaux indices de Wall Street ne reculant tout au plus que de 1 % dans les heures qui ont suivi la diffusion de la présentation de Ben Bernanke pour ensuite remonter un peu.

    Selon des analystes, la Fed ne commencera pas à resserrer les conditions monétaires avant au moins six mois, et il y a une bonne raison pour laquelle elle ne le fera pas comme d'habitude en relevant son taux directeur. Ce taux est celui de l'intérêt qu'elle impose aux banques qui ont besoin de liquidités à très court terme, et les banques sont loin de manquer de liquidités ces temps-ci. Il est donc à craindre qu'une hausse du taux directeur ne soit pas vraiment ressentie par les banques et, par voie de conséquence, qu'elle ne se répercute pas sur l'ensemble de l'économie.

    En revanche, une hausse du taux d'intérêt versé par la Fed aux banques en échange de leurs dépôts les encouragerait à laisser plus de liquidités dans les coffres de la Fed, ou à réclamer elles-mêmes des taux d'intérêt plus élevés aux entreprises et aux ménages qui empruntent chez elles. Dans les deux cas, cela contribuerait à freiner la croissance économique.

    Ben Bernanke évoque également l'idée de vendre sur le marché une partie de ses actifs en échange de la promesse de les racheter plus tard, ainsi que d'offrir aux banques l'équivalent de certificats de dépôt. Ensemble, ces deux seuls outils permettraient de retirer «très rapidement» de l'économie des centaines de milliards en liquidités, dit-il.

    ***

    Avec l'Agence France-Presse et Associated Press












    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.