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    Toyota stoppe la vente de huit modèles

    Les modèles retirés temporairement des vitrines des concessionnaires représentaient pas moins de 70 % des ventes de Toyota aux États-Unis, son plus gros marché.
    Photo: Agence Reuters Kim Kyung-Hoon Les modèles retirés temporairement des vitrines des concessionnaires représentaient pas moins de 70 % des ventes de Toyota aux États-Unis, son plus gros marché.
    Modèles visés par le rappel

    Rav4 2009 et 2010

    Corolla 2009 et 2010

    Matrix 2009 et 2010

    Avalon 2005 à 2010

    Camry 2007 à 2010

    Highlander 2010

    Tundra 2007 à 2010

    Sequoia 2008 à 2010
    Une pédale défectueuse force de plus le constructeur à interrompre la production dans six usines nord-américaines, dont ses deux installations ontariennes

    Grosse tuile pour le premier constructeur automobile mondial. Après avoir annoncé la semaine dernière le rappel de plus de deux millions de véhicules dont la pédale d'accélération pourrait être défectueuse, Toyota ordonne maintenant l'arrêt des ventes et de la production de huit de ses modèles. Une mesure sans précédent qui risque d'entacher la réputation de fiabilité de l'entreprise.

    Preuve de la gravité de la situation, les modèles retirés temporairement des vitrines des concessionnaires représentaient pas moins de 70 % des ventes de Toyota aux États-Unis, son plus gros marché. La multinationale a de plus décidé d'interrompre la production dans pas moins de six usines nord-américaines, y compris ses deux installations canadiennes situées en Ontario.

    Les huit modèles touchés (voir encadré ci-contre) ont déjà fait l'objet d'un rappel massif la semaine dernière. Il s'agit au total de plus de deux millions de véhicules aux États-Unis et de 270 000 au Canada, dont 80 000 au Québec. Qui plus est, le géant japonais envisagerait d'autres rappels de voitures en sol européen. Lundi dernier, le quotidien nippon Yomiuri Shimbun a affirmé que Toyota s'apprête à y annoncer le rappel de deux millions de véhicules.

    Tout ce branle-bas de combat a été provoqué par une pédale d'accélération qui peut rester bloquée en position enfoncée «dans de rares cas», selon ce qu'a fait savoir Toyota. La pièce en question est fabriquée par l'usine ontarienne de la société américaine CTS Corp., établie à Elkhart, en Indiana. Ce défaut de fabrication aurait entraîné la mort d'au moins quatre personnes aux États-Unis, et 16 autres décès pourraient lui être imputés.

    Déjà, à l'automne dernier, le groupe avait rappelé 4,2 millions de véhicules Toyota et Lexus en raison du risque que la pédale d'accélération se coince à cause du tapis de sol. Le constructeur a précisé qu'environ 1,7 million de véhicules sont concernés par les deux rappels à la fois.

    Plusieurs analystes dénoncent maintenant l'obsession de la direction pour la réduction des coûts et la pression qui serait exercée sur les équipementiers pour qu'ils réduisent leurs prix. Autant de facteurs qui peuvent avoir un impact sur le produit fini.


    Impact important

    La situation promet déjà de nuire à l'entreprise, qui espère hausser ses ventes en 2010, après une baisse de 13 % en 2009. Toyota prévoit en fait vendre 8,3 millions de véhicules dans le monde cette année, soit 6 % de plus que l'an dernier. Or son plus gros marché se trouve aux États-Unis. La suspension des ventes et de la production de certains des meilleurs vendeurs pourrait d'ailleurs se traduire par des pertes de centaines de millions de dollars en revenus, selon un ancien ingénieur de chez Ford, Chrysler et Mazda. Et le titre a perdu 8 % hier à la Bourse de New York.

    L'année débute donc très mal pour Toyota. Par exemple, uniquement au Québec, l'arrêt des ventes représente 8000 véhicules pour le mois de janvier, selon ce qu'a fait valoir le directeur régional de Toyota, Jean-Pierre Gagnon, à un média montréalais. Le constructeur compte 75 concessionnaires dans la province. Il n'a toutefois pas été possible d'obtenir plus de détails de la part de M. Gagnon, qui était visiblement occupé à organiser la gestion de crise hier.

    Car il s'agit bien d'un gros pavé qui vient de tomber sur le capot du géant japonais. Et à un bien mauvais moment. Le groupe nippon s'est en effet hissé en 2008 au premier rang mondial au prix d'une expansion spectaculairement rapide. Il lui est même arrivé d'accroître ses capacités de production de plus d'un demi-million de véhicules en un an. Mais il a depuis été frappé de plein fouet par la crise économique et l'effondrement du marché nord-américain, qui constituait sa principale vache à lait.

    Reste maintenant à voir l'impact qu'auront les événements sur la confiance des consommateurs, une donnée centrale dans un marché qui carbure au marketing axé sur la fiabilité et la sécurité. «Toyota avait une très solide réputation en matière de qualité, mais aujourd'hui celle-ci a été sérieusement entachée», estime Louis Hébert, professeur à HEC Montréal. Selon lui, la direction a toutefois bien fait de jouer la carte de la «transparence» et devra maintenant travailler à projeter de nouveau une image de «fiabilité» et de «sécurité».

    Un point de vue partagé par Yan Cimon, professeur à la Faculté des sciences de l'administration de l'Université Laval. Il juge d'ailleurs que la situation «ne conduira pas nécessairement à un retournement radical de l'opinion des consommateurs à l'égard de Toyota».

    General Motors a toutefois flairé la bonne affaire hier, promettant des rabais alléchants aux propriétaires d'une Toyota qui souhaiteraient changer de véhicule. Comme quoi le malheur des uns...












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