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    Encore quelques mois pour regagner la confiance

    Michael Sabia s'accorde encore quelques mois pour finir de mettre en place les changements qui ramèneront la confiance des déposants et de la population en général à l'égard de la Caisse de dépôt et placement du Québec. Les réformes viseront notamment à prendre ses distances des produits dérivés, mais aussi à améliorer son offre de service auprès des déposants et à augmenter la présence de l'institution sur le marché québécois.

    «On est bien conscients que la meilleure façon de relever le niveau de confiance à notre égard passe par l'amélioration de notre performance», a déclaré hier le président et chef de la direction de la Caisse de dépôt en rencontre éditoriale au Devoir. «Mais ça ne se fera pas comme cela», a-t-il dit en claquant des doigts.

    Nommé à la tête de la Caisse en mars, quelques semaines à peine après que cette dernière avait rapporté des pertes de 39,8 milliards en 2008, l'ancien patron de BCE dit vouloir amener un changement de culture au sein de l'institution afin que ses 25 organismes déposants soient désormais traités comme le seraient les clients d'une firme privée. Comptant entre autres comme déposants la Régie des rentes du Québec et la caisse de retraite des employés de l'État québécois, la Caisse de dépôt ajoutera désormais à son offre de placement des types de produits spécialement conçus pour répondre à leur besoin particulier en matière, par exemple, de protection contre les variations des taux de change ou de l'inflation.


    Retour au Québec

    Pour améliorer son image auprès de la population en général, la Caisse de dépôt s'est finalement inclinée devant les demandes répétées voulant qu'elle fasse preuve de plus de transparence dans ses résultats. Elle présentera désormais un «aperçu» de ses résultats au 30 juin, en plus de l'habituel rapport annuel basé sur les chiffres au 31 décembre. Elle se promet également d'augmenter sa présence au Québec, en haussant le niveau de ses investissements auprès des PME, mais en faisant aussi profiter les entreprises québécoises de ses réseaux à l'étranger. Elle compte aussi donner un coup de pouce au secteur financier montréalais.

    Michael Sabia ne croit pas qu'il faille que la Caisse de dépôt se fixe une cible des montants totaux à investir au Québec chaque année. «L'important, c'est l'impact de ces investissements», a-t-il dit. «Mais vous verrez. Le niveau de notre présence va augmenter», a-t-il néanmoins assuré. Déjà, de 900 millions à 1 milliard supplémentaires ont été investis dans l'économie québécoise durant la crise pour venir en aide aux compagnies aux prises avec le gel du crédit, a-t-il noté. On vient aussi de s'associer avec le Mouvement Desjardins pour créer un nouveau fonds de 600 millions destiné au développement des PME en région.

    Cette plus grande présence au Québec devrait aider la Caisse de dépôt à augmenter sa visibilité auprès de la population, a expliqué son patron. Elle devrait aussi se traduire par de bons rendements pour ses déposants.


    Exit les produits dérivés trop complexes

    «Nous devons simplifier notre action et nous recentrer sur les domaines où nous disposons d'un avantage comparatif. C'est la seule façon d'avoir de bons rendements», a martelé Michael Sabia qui s'accorde encore entre 12 et 18 mois pour mener ses réformes à terme.

    Outre l'économie québécoise, la nouvelle équipe de direction de la Caisse de dépôt estime pouvoir compter sur quatre secteurs d'expertise, «quatre piliers» sur lesquels asseoir «les fondations» d'une «maison» qu'elle pourra ensuite reconstruire «brique par brique». Il s'agit du secteur des actions canadiennes, celui des opérations immobilières, celui du placement privé et celui des obligations gouvernementales.

    Les produits dérivés trop complexes, qui étaient la marotte de l'ancien chef de la Caisse de dépôt, Henri-Paul Rousseau, et qui ont amené l'institution à s'embourber jusqu'au cou dans les funestes papiers commerciaux, ne font pas partie du lot. «On doit bien comprendre ses investissements pour avoir de bons résultats à long terme», a déclaré Michael Sabia.

    On apprendra peut-être un jour à mieux user de ces instruments financiers, mais, avant cela, on aura essayé d'étendre la présence de la Caisse de dépôt dans les économies émergentes du Brésil, de l'Inde et de la Chine. «Il faut aller chercher la croissance là où elle est. Mais cette étape viendra plus tard. Quand nous serons prêts», a-t-il dit.












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