Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous

    Le Québec en marche vers le bogue de l'an 2012

    Des données confirment de prochaines pénuries majeures de main-d'oeuvre dans plusieurs secteurs

    Le transport, tout comme l’énergie, les technologies de l’information, la construction et la santé font partie des secteurs qui risquent bientôt de souffrir d’une pénurie de main-d’œuvre. Dans le domaine du transport, on évalue les besoins à 70 000 nouveaux travailleurs d’ici à cinq ans, uniquement pour remplacer les retraités.
    Photo: Agence France-Presse (photo) David McNew Le transport, tout comme l’énergie, les technologies de l’information, la construction et la santé font partie des secteurs qui risquent bientôt de souffrir d’une pénurie de main-d’œuvre. Dans le domaine du transport, on évalue les besoins à 70 000 nouveaux travailleurs d’ici à cinq ans, uniquement pour remplacer les retraités.
    Le plus récent Bilan des perspectives du marché du travail vient apporter de l'eau au moulin de ceux qui estiment, à l'instar de Claude Castonguay, qu'il est urgent de mettre en place des mesures afin de maintenir les personnes âgées sur le marché du travail. Les données publiées hier confirment en effet que le Québec se dirige très rapidement vers des pénuries majeures de main-d'œuvre dans plusieurs secteurs névralgiques de l'économie, dont l'énergie, les technologies de l'information, la construction, le transport et la santé.

    «La marche vers ce que nous avons déjà appelé "le bogue de 2012" sera peut-être ralentie par la récession, mais ce que nous observons depuis près d'une décennie, tant d'un point de vue sectoriel que régional, confirme la tendance vers le manque, voire les pénuries de main-d'oeuvre, certaines étant déjà bien identifiées, explique Patricia Richard, directrice générale des contenus pour Jobboom.com. Ce phénomène va évidemment accentuer les difficultés déjà ressenties à former une relève suffisante, surtout dans certains secteurs de la formation professionnelle et technique.»

    «Le bogue de 2012, c'est quelque chose qui est annoncé depuis plusieurs années. Mais ç'a pris du temps pour vraiment s'en rendre compte et pour prendre des actions contre ça, souligne aussi la directrice, recherche et rédaction de l'édition 2010 du guide Les Carrières d'avenir, Julie Gobeil. Mathématiquement, on voit arriver un mur.»

    De quoi appuyer l'idée, défendue par Claude Castonguay, que les Québécois devraient porter plus longtemps leur chapeau de travailleur. Dans une étude publiée la semaine dernière, il plaidait d'ailleurs pour des correctifs aux règles fiscales, aux régimes de retraite et aux programmes de formations destinés aux travailleurs, mais aussi pour un changement d'attitude de l'ensemble des acteurs de la société. Appliquer tout un train de mesures en ce sens permettrait, selon lui, d'ajouter l'équivalent de 270 000 travailleurs dans la province. On compenserait ainsi près de la moitié de l'impact prévu du choc démographique sur la croissance économique québécoise.

    Besoins importants

    L'idée de M. Castonguay fait son chemin, surtout que les besoins en main-d'oeuvre auxquels le Québec sera confronté apparaissent importants. Selon les données contenues dans le Bilan 2010 des perspectives du marché du travail, l'énergie et les technologies de l'information et des communications (TIC) se démarquent par leurs projections et leurs investissements importants.

    Le domaine de l'énergie, poussé par les projets d'efficacité énergétique et de développement de sources d'énergie renouvelables mis sur pied par Québec, devrait en fait créer 130 000 emplois d'ici à 2015, dont 31 000 uniquement pour l'énergie éolienne. Et Hydro-Québec, où 1000 employés quitteront la vie active chaque année jusqu'en 2012, prévoit aussi des embauches importantes.

    Les principaux acteurs de l'industrie des TIC espèrent quant à eux créer 60 000 emplois d'ici à 2015. Or, les faibles cohortes des universités et des cégeps dans le domaine de l'informatique et du logiciel laissent entrevoir un important manque de main-d'oeuvre. Par exemple, au Collège de Rosemont, à Montréal, de 20 à 30 étudiants du DEC Techniques de l'informatique obtiennent leur diplôme; le service de placement de l'établissement reçoit toutefois de huit à dix offres de stages par étudiant. Une situation qui vaut pour plusieurs programmes dans la province.

    Dans le domaine du transport, on évalue les besoins à 70 000 nouveaux travailleurs d'ici à cinq ans, uniquement pour remplacer les retraités. Du côté de la construction, où le roulement de main-d'oeuvre est élevé et les projets d'infrastructures nombreux, la Commission de la construction du Québec estime que 14 000 travailleurs seront nécessaires chaque année d'ici à 2013.

    En santé, où la pénurie est déjà criante dans bien des corps d'emploi, on vit en outre le vieillissement de la population sur deux plans: d'abord, les patients sont plus nombreux et requièrent plus de soins, ce qui amènera la création de 37 000 nouveaux postes dans le réseau d'ici à la fin de 2013, selon les données d'Emploi-Québec. «En même temps, les salariés expérimentés quittent le réseau en masse pour prendre leur retraite. En tout, le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec embauchera de 13 000 à 22 000 personnes par an jusqu'en 2015», ajoute Patricia Richard.

    La hausse de l'embauche en environnement, qui a progressé de 2 % entre 2007 et 2009, devrait par ailleurs se poursuivre sur la même lancée au cours des prochaines années, en raison des nouvelles lois et réglementations.

    Au total, selon le ministre de l'Emploi, Sam Hamad, 640 000 emplois seront disponibles au cours des prochaines années, dont un tiers exigeront une formation professionnelle au secondaire ou une formation technique au collégial.












    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.