mardi 7 février 2012 Dernière mise à jour 23h03
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

100 patrons 174 fois mieux payés que les travailleurs

Les crises n'ont aucun effet sur les salaires «stratosphériques» versés au Canada

Un groupe d’employés ontariens de chez Chrysler. Les travailleurs canadiens gagnent en moyenne 174 fois moins que les 100 patrons les mieux payés au pays.
Photo : Agence Reuters Peter Jones
Un groupe d’employés ontariens de chez Chrysler. Les travailleurs canadiens gagnent en moyenne 174 fois moins que les 100 patrons les mieux payés au pays.
Même les crises économiques n'ont pas de prise sur les salaires «stratosphériques» des dirigeants des plus grandes entreprises canadiennes, observe le Centre canadien de politiques alternatives.


Le déclenchement d'une récession en fin d'année n'a pas empêché les dirigeants des 100 plus grandes entreprises canadiennes inscrites en Bourse de toucher une rémunération totale moyenne de 7,4 millions en 2008. Ce montant, qui comprend les salaires, bonus et autres options d'achat d'actions, était 174 fois plus élevé que le revenu total de 42 305 $ que gagnait cette même année au Canada le travailleur moyen à temps plein.

«Autrement dit, au moment où la plupart des travailleurs canadiens reviennent de leur heure de dîner à leur premier jour de travail de l'année, ces dirigeants d'entreprise ont déjà gagné l'équivalent de leur salaire annuel», résume Hugh Mackenzie, dans une étude de 17 pages dévoilée hier par le centre de recherche de gauche. L'écart est encore plus spectaculaire si on compare le salaire de ces patrons à la moyenne de 18 833 $ que touchaient cette année-là les travailleurs à temps plein payés au salaire minimum.

Le cercle des élus

Au sommet du classement des dirigeants d'entreprise les mieux payés au pays en 2008, on retrouve Thomas Glocer, président et chef de Thomson Reuters, avec 36,7 millions. Il est suivi de plusieurs autres représentants du secteur des médias et des télécommunications, tels que l'aujourd'hui défunt Ted Rogers (21,5 millions), président fondateur de Rogers Communication, et George Cope, de BCE (4e avec 19,6 millions).

Comme toujours, les secteurs du pétrole, des mines et des ressources naturelles sont bien représentés, tout comme celui des banques et des compagnies d'assurance. Dominique D'Allessandro, de Manulife, arrive 8e avec 13,3 millions, Edmund Clark, de la TD, est 14e avec 11 millions, Gordon Nixon, de la Banque Royale, est 19e avec 9,6 millions et Richard Waugh, de la Banque Scotia, est 21e avec 9,2 millions.

Ce cercle des élus comprend aussi des Québécois, comme Robert Brown, de CAE (5e avec 17,3 millions), Jeffrey Orr, de la Financière Power (12e avec 11,3 millions), Louis Vachon, de la Banque Nationale (17e avec 10,5 millions), Pierre Beaudoin, de Bombardier (32e avec 7,8 millions), Pierre Karl Péladeau, de Quebecor (35e avec 7 millions), Jacques Lamarre, de SNC-Lavallin (47e avec 6,3 millions), Ian Greenberg, d'Astral Media (61e avec 5,3 millions), ou encore Paul Desmarais fils, de Power (62e avec 5,2 millions).

Plus ça change...

Le versement de ces salaires «stratosphériques» se révèle être un phénomène à la fois «relativement récent et hautement résistant», note Hugh Mackenzie. Après tout, seulement 10 ans auparavant, les 100 patrons les mieux payés ne gagnaient toujours «que» 104 fois plus que la moyenne des travailleurs canadiens. Leur rémunération allait ensuite rapidement augmenter. La hausse a été de 70 % entre 1998 et 2008, lorsqu'on tient compte de l'inflation, contre un recul net de 6 % pour l'ensemble des travailleurs.

La crise qui s'est abattue sur le pays à partir de la fin de 2008, et qui s'est poursuivi durant la première moitié de l'année dernière, ne semble pas devoir changer fondamentalement cette tendance, disent les chercheurs du Centre canadien de politiques alternatives, même si on a observé un recul, de 2007 à 2008, en ce qui a trait à la rémunération moyenne des 100 patrons les mieux payés (10,4 millions contre 7,4) et à leur écart avec l'ensemble des travailleurs (259 fois mieux payés, contre 174). «Je ne m'attends pas à un changement important pour 2009 non plus», a commenté Hugh Mackenzie lors d'un entretien téléphonique avec Le Devoir.

Cela tient, selon lui, à plusieurs facteurs, dont le manque d'indépendance des conseils d'administration et les immenses difficultés de recrutement que s'imposerait une entreprise qui voudrait faire bande à part. Cela tient beaucoup aussi au fait que la plus grande partie de la rémunération de ces patrons repose sur l'attribution d'actions ou d'options d'achat d'actions, dont la valeur n'a souvent rien à voir avec la performance réelle de l'entreprise. «Ils ont bien pu vendre leurs actions avant l'effondrement de la Bourse en 2008 et obtenu qu'on fixe le prix de leurs options d'achat durant le creux du marché en 2009», a-t-il dit.

Gouvernement demandé

«Le gouvernement est le seul acteur qui reste pour injecter un peu de bon sens dans un système de rémunération irrationnel», conclut le rapport. Une option serait de resserrer la réglementation, mais le risque est qu'elle soit rapidement contournée. La meilleure solution serait de passer par la fiscalité et d'augmenter l'impôt sur les revenus élevés, estime-t-on.

On pourrait, par exemple, commencer par interdire aux détenteurs d'options d'achat d'actions de se prévaloir du taux d'impôt préférentiel appliqué aux gains en capital lorsqu'ils exercent leurs options et qu'ils achètent à rabais des actions pour les revendre immédiatement. Après tout, contrairement à n'importe quel autre investisseur, ils ne courent absolument aucun risque dans l'opération. Cette simple mesure aurait représenté en 2008 un impôt supplémentaire moyen de 374 000 $ pour chacun des 100 patrons les mieux payés au pays.

CORRECTIF du 6 janvier 2010:

A l'origine de l'étude citée dans cet article, le Centre canadien de politiques alternatives fait savoir qu'il a commis une erreur dans le calcul de la rémunération totale du président de la Banque Nationale, Louis Vachon. Celle-ci ne s'élève pas à 10,5 millions, comme il est écrit, mais à 5,3 millions, faisant dégringoler le banquier québécois dans le classement général du 17e au 60e rang.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Yves1953
    Inscrit
    mardi 5 janvier 2010 08h16
    Patrons 174 fois mieux payés
    J'en ai le poil redressé!! Doit-on comprendre que les bandits à cravate ne sont pas que des courtiers en valeurs mobilières? Ces chefs d'entreprise, avec tout le respect qu'on peut leur devoir pour leurs succès, ont-ils le droit ÉTHIQUE de s'offrir ces faramineux revenus? Ont-ils vraiment MÉRITÉ cet argent par un effort remarquable au travail ou ne sont-ils que profiteurs de contextes et de molesse de conseils d'administration (formées de petits "amis") ??
    Qui mettra un jour un frein à ces exagérations qui s'amplifient sans cesse depuis une décennie? Quel gouvernement aura un jour le courage de sacrifier (dit-on...) une réélection et enfin remettre les choses au GROS BON SENS!!
    Ceux qui se tiendront debout auront mon vote, les autres, vous n'êtes que des marionnettes assoifées de pouvoir et rien d'autre!

  • Sanzalure
    Inscrit
    mardi 5 janvier 2010 08h33
    Pour injecter un peu de bon sens...
    Ce n'est pas une loi que ça prend pour injecter un peu de bon sens dans cette affaire, c'est une remise en question du rôle et de la compétence de ces gens-là. Je suis sur le marché du travail depuis assez longtemps pour savoir que plus on monte dans la hiérarchie, plus on est déconnecté de la réalité du travail et moins on est compétent dans la mission de l'entreprise.

    Il faut que la population se rende compte que les patrons sont des gens normaux, pas si intelligents que ça et que plusieurs de ces entreprises seraient bien mieux gérées par les employés que par les patrons.

    Je ne comprend pas pourquoi les journalistes ne questionnent pas ce modèle de gestion pyramidal qui est en train de mettre la planète dans le trou alors que les modèles de gestion plus horizontaux ont prouvé leur efficacité et sont généralement utilisés dans toutes les entreprises qui sont en train de réparer les pots cassés par les multinationales.

  • Bernard Gervais
    Abonné
    mardi 5 janvier 2010 08h35
    Cette classe moyenne qui faisait la force de l'Occident !
    Même si nos élus politiques (qui ont eux même d'assez bons salaires ainsi que de généreuses pensions et primes de transit) n'osent le dire tout haut, nous sommes en train de retourner à l'époque des Charles Dickens et Émile Zola : d'un côté, quelques dirigeants de grandes entreprises qui contrôlent presque toute la richesse et, de l'autre, le reste de la population qui - sauf les travailleurs de la fonction publique ayant une sécurité d'emploi - a des conditions de travail de plus en plus précaires et, par conséquent, est de plus en plus nombreuse à vivre sous le seuil de la pauvreté !

    La classe moyenne - celle qui paie pour tout et qui, il y a à peine une quarantaine d'années, faisait la force des sociétés occidentales en raison, notamment, de la distribution plus équitable de la richesse d'alors - est de plus en plus étouffée et absente !

  • Maco
    Abonné
    mardi 5 janvier 2010 08h47
    Un commentaire ?
    Je crois que ceci se passe de commentaires.

  • Michel Gaudette
    Inscrit
    mardi 5 janvier 2010 08h48
    L'indécence des riches
    Mais qu'est-ce qu'ils font de si extraordinaire ces gens pour gagner 174 fois le salarié de classe moyenne ?

    Déguelasse....

  • André Michaud
    Inscrit
    mardi 5 janvier 2010 09h04
    injustice
    Je comprends que certains entrepreneurs ont mis des années de travail à bâtir leur entreprise et qu'ils méritent leur richesse. J'ai énormément de respect pour ces bâtisseurs..

    Cependant il y a trop de gestionnaires qui font travailler les AUTRES et vivent de l'argent des AUTRES sans rien risquer. Pour ces parasites, quand ça va mal ce sont les travailleurs uniquement qui doivent se serrer la ceinture, et quand ça va bien ils s'emplissent les poches encore plus...c'est dégoûtant! Ces parasites ne méritent que notre mépris, car ce ne sont que de gros BS qui vivent en parasitant les autres ..Il faudra que l'état combatte ce parasitisme comme elle combat celui des petits bs...

  • Charles Reny
    Abonné
    mardi 5 janvier 2010 09h08
    Boycottons
    Au moins je me donne bonne conscience en évitant d'acheter dans l'une de ses entreprises. Comme je tente d'acheter Équitable. lorsqu'il m'apparait qu'une entreprise ne l'est pas - équitable- je recherche une solution plus en rapport avec mes valeurs personnelles. De voir certains patrons recevoir plusieurs millions comme- BCE par exemple -me donne la chair de poule. Je souscrirais à l'idée qu'une norme (ISO, Equiterre) prenne ce genre de critère en considération dans une future certification.

  • Stéphane Doré
    Abonné
    mardi 5 janvier 2010 09h59
    Une seule chose à faire ... mes nos gouvernements sont trop morons pour le faire....
    Taxer à 90% toute rémunération, sous une quelconque forme, au delà de 500 000. Taxer à 80% entre 200 000 et 500 000 et taxer à 70% de 100 000 à 200 000.

    Ce serait alors similaire à ce que l'administration Roosevelt a fait après la grande dépression et qui est resté en vigueur pendant plusieurs décennies.

  • André_Côté
    Inscrit
    mardi 5 janvier 2010 11h20
    La démesure n'atteind pas ces personnes...
    Si tout le monde reconnait l'égalité fondamentale entre les humains, le système économique dans lequel nous vivons justifie des inégalités économiques honteuses sur la base des compétences(?) des individus. Pourquoi le plus fort aurait-il économiquement plus de droit que le plus faible? Dans ce cas-ci, il me semble évident que le simple principe de justice sociale est largement bafoué. En 1979, Roger Garaudy écrivait: «Si la concurrence est la loi de notre société pourquoi ne serait-elle pas la loi de ma vie personnelle et ne déboucherait-elle pas sur l'affirmation, par tous les moyens, de ma propre volonté de puissance, selon l'exemple donné tous les jours par les entreprises et les États, où la réussite se définit par la victoire sur l'autre et son écrasement.» On voit bien que la résistance au changement, dans nos sociétés dites démocratiques et plus justes, est tenace quelque soit la nécessité.

  • Roland Berger
    Abonné
    mardi 5 janvier 2010 12h10
    Violence gratuite
    Et on dit souvent de la violence qu'elle est gratuite.
    Roland Berger
    St. Thomas

  • Khayman
    Abonné
    mardi 5 janvier 2010 12h21
    Gestes concrets
    Ça fait longtemps que cette situation est dénoncée et elle ne changera pas toute seule ou en invoquant bêtement nos gouvernements. Dans une démocratie, nous sommes le gouvernement.

    Je vous invite donc à poser des gestes concrets qui me semblent aider à contrer cette farce macabre.

    1- Joindre le Mouvement d'éducation et de défense des actionnaires (MÉDAC). Plus il y aura de membres, plus nous pourrons contrer l'indépendance des CA.
    2- Encourager le commerce équitable et boycotter les entreprises les plus crottées. Nous frappons ainsi le cœur même de cette folie : une trop grande quantité d'argent gérée par une trop petite quantité de personnes.
    3- Explorer le concept de simplicité volontaire. Couper ainsi la course à la croissance effrénée qui mène au genre d'aberration soulevées par l'article. De toute manière, avec une population mondiale toujours croissante et un rythme de vie comme le nôtre qui ne permet pas le développement durable, nous passerons bientôt en mode de simplicité involontaire.


  • Abonné
    mardi 5 janvier 2010 15h28
    Hé, boss! Les syndicats, ... !!
    Les dernières 25 dernières années ont servi à la droite pour développer un modèle afin de prendre et se maintenir en charge des gouvernements dits démocratiques, aux États-Unis, en Allemagne, en Italie, en Russie, en France, au Québec, au Canada et ailleurs, sans oublier les gouvernements non-démocratiques tel que la Chine.

    La démocratie se meurt, les gens riches maintiennent dans leurs mains droites les rennes du pouvoir, forçant les gouvernements à l'endettement pour maintenir un système économique voué à l'éclatement, la croissance exponentielle UTOPIQUE.

    Comme d'habitude, l'humanité devra attendre la grande MISÈRE avant de s'engager dans les changements nécessaires. Et encore là, les plus riches pourront mieux s’en tirer et continuer à organiser l'économie en leurs faveurs.

    Le boss a toujours raison, même quand il a tort !!

  • Michel Sinclair
    Inscrit
    mardi 5 janvier 2010 15h49
    Petits dejeuners
    Merci de tous vos commentaires, une personne qui travaille fort
    et qui fait en sorte que je recois des dividendes pour avoir une retraite
    agreable ce n'est pas une personne correcte meme si il ou elle gagne un
    bon salaire. Votez aussi pour le club des petits dejeuners
    payons pour les enfants que leurs parents s'achetent de la biere et des billets
    de loterie avant de nourrir leurs enfants

  • Philippe Champagne
    Inscrit
    mardi 5 janvier 2010 17h39
    PATRONS MIEUX PAYÉS que leurs travailleurs
    On est loin de la philosophie d'Henry Ford qui lui n'acceptait que 40 % de plus que ses manoeuvres..

  • Lou de Sand
    Inscrit
    mardi 5 janvier 2010 21h30
    Enrichir les riches
    «Le versement de ces salaires «stratosphériques» [174 fois plus élevé que le revenu total de 42 305 $ que gagnait cette même année au Canada le travailleur moyen à temps plein] se révèle être un phénomène à la fois «relativement récent et hautement résistant», note Hugh Mackenzie. Après tout, seulement 10 ans auparavant, les 100 patrons les mieux payés ne gagnaient toujours «que» 104 fois plus que la moyenne des travailleurs canadiens. Leur rémunération allait ensuite rapidement augmenter. La hausse a été de 70 % entre 1998 et 2008, lorsqu'on tient compte de l'inflation, contre un recul net de 6 % pour l'ensemble des travailleurs.»

    «La meilleure solution serait de passer par la fiscalité et d'augmenter l'impôt sur les revenus élevés, estime-t-on.»

    Intéressons-nous donc pourquoi les patrons les mieux payés en tant que contribuables sont, par ailleurs, les principaux bénéficiaires des mesures de réduction des taux de l’impôt sur le revenu puisque la tranche supérieure imposable qui excède 126 264 $ a été ramené à 29 %. Mais plus intéressant, il a été d’évaluer le montant des « dépenses fiscales » (terme désignant le manque à gagner du fisc dû a une mesure conduisant à minorer l’imposition) occasionnées par l’ensemble des dispositifs permettant de s’exonérer des impôts ou d’en réduire le montant, en limitant l’assiette ou en le réduisant le taux . Aujourd’hui, les hauts revenus bénéficient de tous ces dispositifs, qui sont à eux seuls responsables de 50 % environ du manque à gagner fiscal de l’État . Plus grave, les bénéficiaires de ces dépenses fiscales font le plus souvent d’une pierre deux coups, puisqu’elles leur permet non seulement de payer moins d’impôts, mais aussi d’accumuler du capital et du patrimoine.

    Mais pire encore, en ne versant pas leur dû les mêmes s’enrichissent une deuxième fois. Car, en contribuant ainsi, par ricocher, à creuser la dette publique, ils se mettent aussi en position de se rendre créanciers de l’État par l’intermédiaire des banques, des compagnies d’assurance, des fonds de placement, etc. qui centralisent leur épargne et qui la placent en titres de la dette publique . Si bien que la dette publique est ce qui permet de convertir des impôts qu’ils ne paient pas en un capital financier qui rapporte intérêt.

  • Marcel Arteau
    Abonné
    dimanche 10 janvier 2010 07h13
    Seulement 12 fois chez Desjardins !
    Dans ce club de privilégiés excessifs, la plus grande institution financière du Québec, et la sixième au Canada, le Mouvement des caisses Desjardins, se démarque avantageusement, je pense. Bien que je n’aie pas les chiffres exacts, je serais surpris que la présidente et chef de direction, Monique Leroux, gagne plus de 500 000 $ par année, soit « seulement » 12 fois plus que le travailleur moyen à temps plein au Canada en 2008.
    La raison est bien simple, Desjardins est une coopérative et ses dirigeants sont redevables devant leurs 5,5 millions de membres et clients. De plus, en tant que coopérative, il n’y a pas de capital action qui peut se transformer en rémunération cachée grâce à la spéculation sur la valeur des actions. Il est vrai cependant que les grandes composantes de Desjardins, comme Visa et les assurances, sont constituées sous forme de compagnies à capital action, mais je doute fort que les dirigeants puissent obtenir une partie de ces actions en rémunération.
    Il aurait été intéressant que l’article soulève ce point pour montrer qu’il reste encore de grandes entreprises qui sont gouvernées par des valeurs de justice et d’équité et que, à ce chapitre, le Québec fait différemment les choses.

    C’est à nous de changer les choses puisque le gouvernement, c’est nous ! Un geste facile à poser et qui peut compter : que ceux qui sont indignés par cette situation transfèrent leurs affaires dans la Caisse d’économie solidaire Desjardins, qui offre ses services à la grandeur du Québec via Accès D. Cette caisse ouvre la voie chez Desjardins depuis des années en matière d’éthique et de solidarité collective. Par exemple, les membres renoncent chaque année à recevoir des ristournes individuelles (ou dividendes, pour ceux qui connaissent plus le langage capitaliste) sur les excédents annuels pour alimenter un Fonds de développement qui supporter des projets collectifs par une aide pouvant aller jusqu’à 30 000 $.

    C’est d’abord aux clients de changer leur culture… les patrons n’auront pas le choix de suivre !

    Marcel Arteau
    abonné
    Québec

  • Gérard Raymond
    Abonné
    mardi 19 janvier 2010 09h12
    Une solution fiscale
    Pour calmer l’appétit de ces ambitieux patrons,
    on devrait imposer leur revenu de façon suivante :
    Le premier million de revenu serait imposé à raison de 50 % ;
    Le deuxième million le serait à raison de 60 % ;
    Le troisième million à raison de 70 % ;
    Le quatrième million à raison de 80 % et
    Tous les autres à raison de 90 %.
    Encore faudrait-il que les politiciens …

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
17 réactions
3 votes Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Chroniques
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012