Cauchemar dans les aéroports
Le nouveau zèle de sécurité provoque des files d'attente interminables
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
À l’aéroport Montréal-Trudeau, les vols à destination américaine affichaient des retards atteignant parfois deux heures.
Pour couronner une année déjà laborieuse dans le transport aérien, sur fond de crise économique et de passagers qui digèrent mal les nouveaux frais chez certaines compagnies, il ne fallait plus qu'une tentative d'attentat en sol américain. Tant à Montréal qu'à Toronto, le resserrement des mesures de sécurité, hier, s'est traduit par l'inévitable: des files d'attente.
À la demande de Washington, qui enquête toujours sur l'incident survenu vendredi au-dessus de Detroit, les aéroports canadiens, comme ailleurs dans le monde, ont mis en place des règles temporaires pour les passagers en route vers les États-Unis. Entre autres, il y a une limite d'un bagage de cabine et les passagers sont soumis à une nouvelle fouille par palpation juste avant l'embarquement.
À l'aéroport Montréal-Trudeau, les vols à destination américaine affichaient souvent des retards, ceux-ci atteignant parfois une ou deux heures. Selon Jacques Nadeau, photographe du Devoir, le dispositif de sécurité était beaucoup plus lourd qu'à l'habitude. Il a été impossible de joindre la direction d'Aéroports de Montréal.
À Toronto, la situation était bien pire qu'à Montréal. Une porte-parole de l'aéroport Pearson, interviewée par La Presse canadienne, a dit que la journée était «difficile» et marquée de retards «très significatifs».
Au service de réseautage social Twitter, de la part de plusieurs usagers immobilisés à l'aéroport Pearson, on n'hésitait pas à parler de «cauchemar». «C'est fou ici», a dit Gary Gehiere, qui habite Kitchener, dans un courriel transmis au Devoir. Son vol pour San Francisco était prévu en soirée.
«Tout le monde est assis par terre.»
Air Canada a fait savoir que les vols en provenance des États-Unis étaient eux aussi en retard, tout comme des vols intérieurs et internationaux. À Toronto, la compagnie a dû annuler plusieurs vols assurant la liaison avec le nord-est américain.
«Les mesures vont être en place pendant plusieurs jours, pour une période indéterminée», a dit le porte-parole de Transports Canada, Patrick Charette.
Aucun signe de complot
Washington, pour l'instant, ne décèle rien d'un vaste complot terroriste, a indiqué Janet Napolitano, ministre de la Sécurité intérieure des États-Unis, sur les ondes de CNN. Washington veut toutefois revoir les procédures de sécurité aéroportuaires.
Samedi, les autorités fédérales ont accusé un Nigérian de 23 ans, Umar Farouk Abdulmutallab, d'avoir tenté de détruire un avion de ligne avec de la penthrite.
Hier après-midi, toutefois, le doute s'est brièvement installé en raison d'un nouvel incident survenu au-dessus de Detroit. L'équipage a maîtrisé un homme d'affaires nigérian après que ce dernier eut refusé de sortir de la toilette. Il semble toutefois qu'il souffrait d'un malaise.
Parmi les nouvelles mesures adoptées dans les aéroports canadiens figurent l'interdiction de transporter plus d'un article comme bagage de cabine et deux fouilles complètes, d'abord à un point de contrôle puis juste avant l'embarquement. Transports Canada suggère aux passagers d'arriver trois heures avant leur vol.
Certaines informations provenant de l'étranger faisaient même état d'une interdiction de se lever pendant la dernière heure de vol et de l'obligation de se couvrir les genoux d'une couverture.
«Le personnel d'Air Canada fait tout en son pouvoir pour que les horaires de vol soient respectés le plus possible, et nous réacheminons les passagers touchés par les annulations dès que nous le pouvons, notamment en assurant certaines liaisons-clés au moyen de plus gros appareils», a affirmé Duncan Dee, vice-président général d'Air Canada, en début de soirée.
Pas beaucoup d'utilité
S'exprimant auprès du quotidien The Guardian de Manchester, en Grande-Bretagne, l'ancien patron de BAA, qui gère l'aéroport de Heathrow, a toutefois émis des réserves au sujet de telles mesures. «La limite des bagages vise seulement à contrôler la quantité de pièces qui doivent être fouillées, et ce n'est pas une option à long terme», a dit Norman Shanks.
M. Abdulmutallab, un Nigérian musulman âgé de 23 ans, fils d'un riche banquier et étudiant brillant, est interrogé par le FBI depuis son arrestation vendredi. Le jeune homme aurait affirmé avoir été entraîné par des membres d'al-Qaïda au Yémen, où sa famille dit qu'il s'est rendu cet été. Selon Mme Napolitano, il est trop tôt pour «conjecturer» sur les éventuels liens de l'auteur de l'attentat manqué avec al-Qaïda.
Depuis son lieu de vacances à Hawaii, le président Barack Obama a demandé la révision des listes de personnes à surveiller dans les aéroports. On s'interroge aussi sur la façon dont l'étudiant a réussi à glisser entre les mains de la sécurité à Amsterdam.
***
Avec Agence France-Presse
À la demande de Washington, qui enquête toujours sur l'incident survenu vendredi au-dessus de Detroit, les aéroports canadiens, comme ailleurs dans le monde, ont mis en place des règles temporaires pour les passagers en route vers les États-Unis. Entre autres, il y a une limite d'un bagage de cabine et les passagers sont soumis à une nouvelle fouille par palpation juste avant l'embarquement.
À l'aéroport Montréal-Trudeau, les vols à destination américaine affichaient souvent des retards, ceux-ci atteignant parfois une ou deux heures. Selon Jacques Nadeau, photographe du Devoir, le dispositif de sécurité était beaucoup plus lourd qu'à l'habitude. Il a été impossible de joindre la direction d'Aéroports de Montréal.
À Toronto, la situation était bien pire qu'à Montréal. Une porte-parole de l'aéroport Pearson, interviewée par La Presse canadienne, a dit que la journée était «difficile» et marquée de retards «très significatifs».
Au service de réseautage social Twitter, de la part de plusieurs usagers immobilisés à l'aéroport Pearson, on n'hésitait pas à parler de «cauchemar». «C'est fou ici», a dit Gary Gehiere, qui habite Kitchener, dans un courriel transmis au Devoir. Son vol pour San Francisco était prévu en soirée.
«Tout le monde est assis par terre.»
Air Canada a fait savoir que les vols en provenance des États-Unis étaient eux aussi en retard, tout comme des vols intérieurs et internationaux. À Toronto, la compagnie a dû annuler plusieurs vols assurant la liaison avec le nord-est américain.
«Les mesures vont être en place pendant plusieurs jours, pour une période indéterminée», a dit le porte-parole de Transports Canada, Patrick Charette.
Aucun signe de complot
Washington, pour l'instant, ne décèle rien d'un vaste complot terroriste, a indiqué Janet Napolitano, ministre de la Sécurité intérieure des États-Unis, sur les ondes de CNN. Washington veut toutefois revoir les procédures de sécurité aéroportuaires.
Samedi, les autorités fédérales ont accusé un Nigérian de 23 ans, Umar Farouk Abdulmutallab, d'avoir tenté de détruire un avion de ligne avec de la penthrite.
Hier après-midi, toutefois, le doute s'est brièvement installé en raison d'un nouvel incident survenu au-dessus de Detroit. L'équipage a maîtrisé un homme d'affaires nigérian après que ce dernier eut refusé de sortir de la toilette. Il semble toutefois qu'il souffrait d'un malaise.
Parmi les nouvelles mesures adoptées dans les aéroports canadiens figurent l'interdiction de transporter plus d'un article comme bagage de cabine et deux fouilles complètes, d'abord à un point de contrôle puis juste avant l'embarquement. Transports Canada suggère aux passagers d'arriver trois heures avant leur vol.
Certaines informations provenant de l'étranger faisaient même état d'une interdiction de se lever pendant la dernière heure de vol et de l'obligation de se couvrir les genoux d'une couverture.
«Le personnel d'Air Canada fait tout en son pouvoir pour que les horaires de vol soient respectés le plus possible, et nous réacheminons les passagers touchés par les annulations dès que nous le pouvons, notamment en assurant certaines liaisons-clés au moyen de plus gros appareils», a affirmé Duncan Dee, vice-président général d'Air Canada, en début de soirée.
Pas beaucoup d'utilité
S'exprimant auprès du quotidien The Guardian de Manchester, en Grande-Bretagne, l'ancien patron de BAA, qui gère l'aéroport de Heathrow, a toutefois émis des réserves au sujet de telles mesures. «La limite des bagages vise seulement à contrôler la quantité de pièces qui doivent être fouillées, et ce n'est pas une option à long terme», a dit Norman Shanks.
M. Abdulmutallab, un Nigérian musulman âgé de 23 ans, fils d'un riche banquier et étudiant brillant, est interrogé par le FBI depuis son arrestation vendredi. Le jeune homme aurait affirmé avoir été entraîné par des membres d'al-Qaïda au Yémen, où sa famille dit qu'il s'est rendu cet été. Selon Mme Napolitano, il est trop tôt pour «conjecturer» sur les éventuels liens de l'auteur de l'attentat manqué avec al-Qaïda.
Depuis son lieu de vacances à Hawaii, le président Barack Obama a demandé la révision des listes de personnes à surveiller dans les aéroports. On s'interroge aussi sur la façon dont l'étudiant a réussi à glisser entre les mains de la sécurité à Amsterdam.
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Avec Agence France-Presse
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