Hausse de 0,2 % du PIB
La fin de la récession se confirme, mais la reprise risque d'être timide
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Le secteur manufacturier a stagné en octobre, après avoir augmenté de 1 % en septembre. L’augmentation de la demande internationale a profité à certaines entreprises exportatrices, mais n’a pas empêché les fabricants de matériel de transport autres que les automobiles, comme ceux du secteur aéronautique québécois, d’accuser un recul.
L'économie canadienne a connu en octobre un quatrième mois positif sur cinq, avec une croissance mensuelle de 0,2 %. Ce nouveau résultat semble confirmer la fin de la récession au pays, tout en laissant entrevoir une lente reprise.
Le taux réel de croissance du produit intérieur brut (PIB) de 0,2 % affiché en octobre est inférieur au taux de 0,3 % qui avait été prédit par les analystes et est moitié moins élevé que la croissance de 0,4 % rapportée le mois d'avant. Il reflète néanmoins, comme en septembre, une augmentation de la production dans la plupart des grands secteurs de l'économie canadienne, a rapporté hier Statistique Canada.
La forte remontée du marché de la revente des maisons existantes a mené à une hausse de 7,2 % de l'activité des courtiers et des agents immobiliers et a servi de principal moteur de la croissance de 0,2 % enregistrée dans le secteur des services. Le domaine de la construction a connu une augmentation d'activité moins marquée (+ 0,1 %) et qui s'est surtout observée dans le secteur résidentiel.
Les consommateurs ont mis l'épaule à la roue en permettant au secteur du commerce au détail (+ 0,3 %) de poursuivre une tendance à la hausse amorcée depuis six mois, au plus grand bonheur, notamment, des concessionnaires de voitures neuves. Même mère Nature a fait sa part, des températures plus froides que la normale ayant fait croître la demande d'électricité et de gaz naturel, d'où une hausse de 2,4 % des services publics.
Les industries productrices de biens ont malgré tout connu une croissance moindre (+ 0,1 %) que celle des services, entre autres parce qu'elles ont été tirées vers le bas par le secteur de l'extraction minière, pétrolière et gazière (- 0,4 %), mais aussi parce que le secteur manufacturier a stagné en octobre, après avoir augmenté de 1 % en septembre. L'augmentation de la demande internationale a profité à certaines entreprises exportatrices, mais n'a pas empêché les fabricants de matériel de transport autres que les automobiles, comme ceux du secteur aéronautique québécois, de connaître un recul.
Au total, l'économie canadienne accusait toujours en octobre un recul de 3,2 % par rapport à la même période 12 mois plus tôt, en raison d'une baisse de 10,8 % dans les industries productrices de biens et d'une progression symbolique de 0,2 % dans le secteur des services. Le taux de croissance mensuel du PIB de 0,2 % en octobre faisait suite à des taux de + 0,1 % en mai, 0 % en juillet, - 0,1 % en août et + 0,4 % en septembre.
Finir 2009 en force
Si la tendance affichée en septembre et octobre se maintient en novembre et en décembre, on pourrait espérer que le quatrième et dernier trimestre affiche un rythme de croissance annualisé de 2 %, a estimé hier Benoit P. Durocher, économiste senior au Mouvement Desjardins, ce qui serait déjà nettement mieux que le maigre gain de 0,4 % du troisième trimestre. «La plupart des secteurs profitent de plus en plus de la remise sur pied de la demande intérieure au pays et de l'accélération du commerce international», fait-il toutefois remarquer, ce qui le porte à croire que la croissance au 4e trimestre pourrait être de 3 %, et que l'année 2009 pourrait se conclure par un recul annuel de 2,9 %.
Les économistes Yanick Desnoyers et Marco Lettieri de la Financière Banque Nationale se montrent un peu plus optimistes. «La demande américaine étant en mode de reprise, le volume des exportations continuera de croître», ont-ils déclaré. Qui plus est, les statistiques sur la construction ne reflètent encore pas bien, selon eux, la hausse du nombre de mises en chantier observée récemment. Aussi s'attendent-ils à une remontée de l'activité économique durant les deux derniers mois de l'année qui porterait le taux de croissance du PIB au dernier trimestre de l'année à 4 % en rythme annualisé.
Reprise timide
Même si cela était vrai, la plupart des analystes doutent que l'économie canadienne maintienne un rythme de croissance vigoureux. «Cet élan pourrait se poursuivre durant le premier trimestre de 2010, mais la suite s'annonce moins rose une fois que les entreprises américaines auront reconstitué leurs inventaires», a observé par exemple Krishen Rangasamy de la Banque CIBC.
«Bien qu'il soit clair que la reprise est en cours, elle s'annonce beaucoup plus timide que ce à quoi on assiste habituellement après une récession aussi profonde», a renchéri l'économiste Dina Cover de la Banque TD.
«C'est l'exemple classique du verre à moitié plein et à moitié vide», a conclu Douglas Porter de la Banque de Montréal à propos des statistiques dévoilées hier par Statistique Canada. La partie à moitié pleine est que l'économie est arrivée à connaître deux mois consécutifs de croissance pour la première fois depuis la fin 2007 et qu'elle est en train d'émerger de la récession. La partie à moitié vide est que la reprise manque, au mieux, de lustre.»
Le taux réel de croissance du produit intérieur brut (PIB) de 0,2 % affiché en octobre est inférieur au taux de 0,3 % qui avait été prédit par les analystes et est moitié moins élevé que la croissance de 0,4 % rapportée le mois d'avant. Il reflète néanmoins, comme en septembre, une augmentation de la production dans la plupart des grands secteurs de l'économie canadienne, a rapporté hier Statistique Canada.
La forte remontée du marché de la revente des maisons existantes a mené à une hausse de 7,2 % de l'activité des courtiers et des agents immobiliers et a servi de principal moteur de la croissance de 0,2 % enregistrée dans le secteur des services. Le domaine de la construction a connu une augmentation d'activité moins marquée (+ 0,1 %) et qui s'est surtout observée dans le secteur résidentiel.
Les consommateurs ont mis l'épaule à la roue en permettant au secteur du commerce au détail (+ 0,3 %) de poursuivre une tendance à la hausse amorcée depuis six mois, au plus grand bonheur, notamment, des concessionnaires de voitures neuves. Même mère Nature a fait sa part, des températures plus froides que la normale ayant fait croître la demande d'électricité et de gaz naturel, d'où une hausse de 2,4 % des services publics.
Les industries productrices de biens ont malgré tout connu une croissance moindre (+ 0,1 %) que celle des services, entre autres parce qu'elles ont été tirées vers le bas par le secteur de l'extraction minière, pétrolière et gazière (- 0,4 %), mais aussi parce que le secteur manufacturier a stagné en octobre, après avoir augmenté de 1 % en septembre. L'augmentation de la demande internationale a profité à certaines entreprises exportatrices, mais n'a pas empêché les fabricants de matériel de transport autres que les automobiles, comme ceux du secteur aéronautique québécois, de connaître un recul.
Au total, l'économie canadienne accusait toujours en octobre un recul de 3,2 % par rapport à la même période 12 mois plus tôt, en raison d'une baisse de 10,8 % dans les industries productrices de biens et d'une progression symbolique de 0,2 % dans le secteur des services. Le taux de croissance mensuel du PIB de 0,2 % en octobre faisait suite à des taux de + 0,1 % en mai, 0 % en juillet, - 0,1 % en août et + 0,4 % en septembre.
Finir 2009 en force
Si la tendance affichée en septembre et octobre se maintient en novembre et en décembre, on pourrait espérer que le quatrième et dernier trimestre affiche un rythme de croissance annualisé de 2 %, a estimé hier Benoit P. Durocher, économiste senior au Mouvement Desjardins, ce qui serait déjà nettement mieux que le maigre gain de 0,4 % du troisième trimestre. «La plupart des secteurs profitent de plus en plus de la remise sur pied de la demande intérieure au pays et de l'accélération du commerce international», fait-il toutefois remarquer, ce qui le porte à croire que la croissance au 4e trimestre pourrait être de 3 %, et que l'année 2009 pourrait se conclure par un recul annuel de 2,9 %.
Les économistes Yanick Desnoyers et Marco Lettieri de la Financière Banque Nationale se montrent un peu plus optimistes. «La demande américaine étant en mode de reprise, le volume des exportations continuera de croître», ont-ils déclaré. Qui plus est, les statistiques sur la construction ne reflètent encore pas bien, selon eux, la hausse du nombre de mises en chantier observée récemment. Aussi s'attendent-ils à une remontée de l'activité économique durant les deux derniers mois de l'année qui porterait le taux de croissance du PIB au dernier trimestre de l'année à 4 % en rythme annualisé.
Reprise timide
Même si cela était vrai, la plupart des analystes doutent que l'économie canadienne maintienne un rythme de croissance vigoureux. «Cet élan pourrait se poursuivre durant le premier trimestre de 2010, mais la suite s'annonce moins rose une fois que les entreprises américaines auront reconstitué leurs inventaires», a observé par exemple Krishen Rangasamy de la Banque CIBC.
«Bien qu'il soit clair que la reprise est en cours, elle s'annonce beaucoup plus timide que ce à quoi on assiste habituellement après une récession aussi profonde», a renchéri l'économiste Dina Cover de la Banque TD.
«C'est l'exemple classique du verre à moitié plein et à moitié vide», a conclu Douglas Porter de la Banque de Montréal à propos des statistiques dévoilées hier par Statistique Canada. La partie à moitié pleine est que l'économie est arrivée à connaître deux mois consécutifs de croissance pour la première fois depuis la fin 2007 et qu'elle est en train d'émerger de la récession. La partie à moitié vide est que la reprise manque, au mieux, de lustre.»
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