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Pétrole - L'OPEP maintient ses quotas

L'organisation garde toutefois un oeil inquiet sur la reprise

Luanda — L'OPEP, qui vient de clore hier une brève réunion sur le sol angolais, a maintenu comme prévu ses quotas de production de pétrole en se félicitant des prix du baril, même si la fragilité de la reprise économique mondiale continue de jeter une ombre.

«Alors que le monde reste confronté à la contraction de la production industrielle, à une faible consommation et à un chômage élevé, la conférence [de l'OPEP] a une nouvelle fois décidé de laisser inchangé son niveau de production», indique le communiqué de l'organisation.

Rassemblés à Luanda dans un centre de conférence tout juste inauguré, les douze États membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) maintiennent donc leur objectif de production à 24,84 millions de barils par jour (mbj), fixé il y a un an pour enrayer la chute des cours tombés à 32 $US.

Depuis, les cours se sont ressaisis et évoluent autour de 75 $US, permettant la relance de «neuf ou dix» projets pétroliers gelés pendant la récession, selon le secrétariat de l'organisation.

La peur panique qui s'était emparée des pays producteurs, inquiets de voir leurs ressources se tarir, laisse donc place à une satisfaction évidente. «Les prix sont excellents», a résumé le ministre saoudien du Pétrole, Ali al-Nouaïmi, chef de file de facto de l'OPEP.

L'horizon n'est pourtant pas entièrement dégagé: l'abondance de l'offre pétrolière et la fragilité de la demande risquent toujours d'entraîner les prix du pétrole à la baisse. Les stocks, qui atteignent des niveaux historiquement élevés dans les pays riches, «sont un peu élevés», observe le secrétaire général de l'OPEP, Abdallah el Badri, ajoutant que l'OPEP devait «les ramener à des niveaux raisonnables».


Lettre morte

Ce voeu pourrait cependant rester lettre morte. Selon l'Agence internationale de l'énergie, (AIE), les pays du cartel respectent de moins en moins leurs quotas et les appels à une plus grande discipline ont été plutôt rares à Luanda.

Les ministres braquent davantage leur regard sur l'activité économique, qui conditionne la demande mondiale d'or noir. Dans son communiqué, l'OPEP juge qu'«il n'est toujours pas évident de savoir si la reprise économique sera forte ou durable». «Des doutes sur les moteurs de la reprise économique persistent», a affirmé le président en exercice de l'OPEP, l'Angolais José Maria Botelho de Vasconcelos, citant les «incertitudes persistantes dans le secteur financier» et s'inquiétant d'un arrêt prématuré des plans de relance.

Un autre sujet de préoccupation s'est en revanche évaporé entre Vienne et Luanda. En septembre, le cartel s'inquiétait de l'offensive mondiale contre le réchauffement climatique et de l'appel à réduire la consommation d'énergies fossiles, dont le pétrole.

Mais la donne a changé depuis l'échec la semaine dernière des négociations de Copenhague sur le climat. Et à Luanda, les ministres de l'OPEP avaient peine à cacher leur soulagement. «Nous ne sommes pas inquiets [face au texte de Copenhague]. Il y a des moyens de réduire des émissions de CO2 sans arrêter la consommation d'énergies fossiles», a affirmé M. Nouaïmi. «Le fait qu'une taxe carbone n'ait pas été mise en place nous satisfait parce que cela aurait pénalisé les pays producteurs», a souligné de son côté le ministre algérien des Mines et du Pétrole, Chakib Khelil.

Le réchauffement climatique «a été causé par les pays développés et ce sont eux qui doivent en payer le prix», a estimé M. el Badri.

La conférence de Luanda met un terme à une année de présidence de l'Angola, qui cède la place à l'Équateur. La prochaine réunion de l'OPEP se tiendra le 17 mars à Vienne.
 
 
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