États-Unis - La reprise se révèle moins spectaculaire que prévu
Washington — La sortie des États-Unis de la récession durant l'été a été beaucoup moins spectaculaire qu'initialement prévu, avec une croissance revue en baisse hier à 2,2 % au troisième trimestre, signe de la fragilité de la reprise.
Ce chiffre de la croissance en rythme annuel, mesurée par rapport au trimestre précédent, est nettement moins fort que la précédente estimation de 2,8 % publiée en novembre, et surtout que la première estimation de 3,5 % fin octobre. «C'est un peu surprenant: les révisions entre la deuxième et la troisième estimation ne sont d'habitude pas très importantes», a souligné Ian Shepherdson, de High Frequency Economics.
Il s'agit du premier trimestre de croissance après quatre trimestres de recul de PIB. Mais étant donné le plongeon de l'activité de la première économie mondiale fin 2008 (-5,4 % au quatrième trimestre) et début 2009 (-6,4 % au premier trimestre), la relative faiblesse de la croissance montre que le chemin reste long avant de remettre les États-Unis sur la voie des performances des années 2003 à 2007.
Pour Augustin Faucher, de Moody's Economy.com, «la reprise est en cours, mais cela suscite des inquiétudes sur sa force et les perspectives d'amélioration du marché du travail».
La bonne nouvelle du trimestre est restée celle du rebond de la consommation (+2,8 %, chiffre quasi inchangé par rapport à l'estimation précédente), qui a contribué à la croissance à hauteur de 1,96 point. Mais le moteur traditionnel de l'économie américaine, qui a représenté 71 % du PIB sur ce trimestre, a été aidé: la consommation a été dopée par les achats de véhicules (0,81 point de croissance à eux seuls) réalisés grâce à une «prime à la casse» qui a eu un fort succès cet été.
Pour les économistes, l'économie américaine ne rééditera pas cette performance au quatrième trimestre, avec un chômage qui a franchi la barre des 10 % pour la première fois depuis 1983. Certains tablent sur une baisse de la consommation. «Le mauvais état du marché du travail décourage la consommation, la progression des revenus est faible, le crédit reste très resserré», a résumé M. Faucher.
La déception hier est venue de l'investissement, en hausse de 5 % sur le trimestre (contre +8,4 % estimés auparavant). En dehors de la hausse des stocks des entreprises (comptabilisée comme un investissement), l'investissement affiche son neuvième trimestre consécutif de recul (-1,3 % lors de ce trimestre).
Du potentiel
Mais pour d'autres économistes, l'économie américaine garde du potentiel. «L'accélération récente de l'activité économique mondiale signifie que la croissance des exportations américaines va brusquement reprendre», a estimé Nariman Behravesh, d'IHS Global Insight. D'après l'économiste indépendant Joel Naroff, les statistiques du troisième trimestre «préparent une croissance très solide au quatrième trimestre, [...] les stocks ayant été reconstitués», signalant l'optimisme des entreprises.
Pour l'ensemble de l'année 2009, la banque centrale américaine (Fed) table sur un recul du PIB compris entre 0,1 % et 0,4 %, avant une croissance de 2,5 % à 3,5 % en 2010. Mais elle table aussi sur le maintien d'un chômage élevé.
Ce chiffre de la croissance en rythme annuel, mesurée par rapport au trimestre précédent, est nettement moins fort que la précédente estimation de 2,8 % publiée en novembre, et surtout que la première estimation de 3,5 % fin octobre. «C'est un peu surprenant: les révisions entre la deuxième et la troisième estimation ne sont d'habitude pas très importantes», a souligné Ian Shepherdson, de High Frequency Economics.
Il s'agit du premier trimestre de croissance après quatre trimestres de recul de PIB. Mais étant donné le plongeon de l'activité de la première économie mondiale fin 2008 (-5,4 % au quatrième trimestre) et début 2009 (-6,4 % au premier trimestre), la relative faiblesse de la croissance montre que le chemin reste long avant de remettre les États-Unis sur la voie des performances des années 2003 à 2007.
Pour Augustin Faucher, de Moody's Economy.com, «la reprise est en cours, mais cela suscite des inquiétudes sur sa force et les perspectives d'amélioration du marché du travail».
La bonne nouvelle du trimestre est restée celle du rebond de la consommation (+2,8 %, chiffre quasi inchangé par rapport à l'estimation précédente), qui a contribué à la croissance à hauteur de 1,96 point. Mais le moteur traditionnel de l'économie américaine, qui a représenté 71 % du PIB sur ce trimestre, a été aidé: la consommation a été dopée par les achats de véhicules (0,81 point de croissance à eux seuls) réalisés grâce à une «prime à la casse» qui a eu un fort succès cet été.
Pour les économistes, l'économie américaine ne rééditera pas cette performance au quatrième trimestre, avec un chômage qui a franchi la barre des 10 % pour la première fois depuis 1983. Certains tablent sur une baisse de la consommation. «Le mauvais état du marché du travail décourage la consommation, la progression des revenus est faible, le crédit reste très resserré», a résumé M. Faucher.
La déception hier est venue de l'investissement, en hausse de 5 % sur le trimestre (contre +8,4 % estimés auparavant). En dehors de la hausse des stocks des entreprises (comptabilisée comme un investissement), l'investissement affiche son neuvième trimestre consécutif de recul (-1,3 % lors de ce trimestre).
Du potentiel
Mais pour d'autres économistes, l'économie américaine garde du potentiel. «L'accélération récente de l'activité économique mondiale signifie que la croissance des exportations américaines va brusquement reprendre», a estimé Nariman Behravesh, d'IHS Global Insight. D'après l'économiste indépendant Joel Naroff, les statistiques du troisième trimestre «préparent une croissance très solide au quatrième trimestre, [...] les stocks ayant été reconstitués», signalant l'optimisme des entreprises.
Pour l'ensemble de l'année 2009, la banque centrale américaine (Fed) table sur un recul du PIB compris entre 0,1 % et 0,4 %, avant une croissance de 2,5 % à 3,5 % en 2010. Mais elle table aussi sur le maintien d'un chômage élevé.
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