Le Québec émerge de la récession
Une première hausse du PIB depuis l'automne 2008
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Les investissements des entreprises dans le secteur de la construction non résidentielle ont contribué à la hausse du PIB au Québec.
La reprise économique est bien engagée au Québec. Le produit intérieur brut est en effet revenu en territoire positif au troisième trimestre, avec une augmentation de 0,6 %. Une amélioration de la situation attribuable à la meilleure santé de la demande intérieure, qui affiche une «croissance robuste», selon ce qui ressort des données rendues publiques hier par l'Institut de la statistique du Québec (ISQ).
Cette première hausse du PIB depuis l'automne 2008 constitue un revirement par rapport au trimestre précédent, au cours duquel il avait affiché un recul de 1,6 %. La preuve aussi que le Québec s'est bel et bien extirpé de la récession, après avoir commencé 2009 par un trimestre à - 5,4 %.
Cette croissance de 0,6 % — à rythme annualisé — est en bonne partie le résultat d'une croissance des dépenses de consommation de 3,6 %, croissance qui est survenue après une première moitié d'année plutôt hésitante. La plus grande poussée se situe du côté des dépenses en «biens durables», notamment les voitures et les meubles. L'investissement résidentiel a lui aussi repris du mieux pour croître de 10,4 %, mettant ainsi fin à trois trimestres consécutifs de reculs. Dans ce cas, c'est la hausse dans le domaine de la construction neuve qui est principalement à l'origine de la progression.
Le document de l'ISQ, intitulé Comptes économiques du Québec, 3e trimestre 2009, indique également que les investissements des entreprises en machines et matériel ont crû pour la première fois depuis le premier trimestre de 2008. Leurs investissements en construction non résidentielle sont eux aussi retournés en territoire positif.
«Les dépenses gouvernementales ont pour leur part maintenu un bon rythme, stimulées notamment par les dépenses en immobilisation», ajoute-t-on chez Desjardins. Le taux de croissance est de l'ordre de 5,3 %.
Mauvaises nouvelles
Au chapitre des mauvaises nouvelles prévisibles, les exportations de biens et services ont fait du «surplace» au troisième trimestre, le commerce extérieur continuant d'afficher une piètre performance (- 0,2 %), essentiellement à cause des exportations internationales. Ces dernières ont ainsi affiché une baisse de 3,6 %. Celle-ci «provient essentiellement des produits aérospatiaux, la catégorie d'exportations la plus importante au Québec, souligne Marc Pinsonneault, de la Banque Nationale, dans une analyse publiée hier. Au cours des prochains trimestres, la relance de l'économie américaine devrait permettre une croissance économique durable au Québec. Toutefois, elle pourrait être inférieure à la moyenne nationale, car la reprise de l'industrie aéronautique a tendance à être tardive».
Selon Hélène Bégin, économiste principale aux Études économiques Desjardins, la situation dans le secteur aéronautique devrait effectivement demeurer difficile pour encore «quelques trimestres». La reprise, qui pourrait survenir courant 2010, risque également d'être «très faible». En fait, en matière d'exportations, le Québec continue aussi d'attendre une reprise dans les pâtes et papier et dans la forêt, ce dernier secteur étant dépendant de la reprise à venir dans l'industrie de la construction résidentielle du côté américain. L'économie québécoise subit en outre les contrecoups d'un dollar canadien fort, précise-t-elle.
Le redressement du PIB réel au troisième trimestre confirme néanmoins que la reprise de l'économie du Québec est bien engagée, estime le Mouvement Desjardins. «Même si certaines difficultés persistent pour le commerce extérieur, il y a lieu de se réjouir du retour en force des ménages et des investissements des entreprises, souligne d'ailleurs Mme Bégin. Le fait que la relance ne repose pas uniquement sur les efforts des gouvernements augure bien pour les trimestres à venir. L'indice précurseur Desjardins, qui pointe toujours vers le haut, confirme que l'économie continuera de prendre du mieux au cours des prochains mois.» L'institution prévoit toujours un taux de croissance du PIB de 2 % au quatrième trimestre. Fait à noter, ses économistes avaient vu juste pour le troisième trimestre.
Par ailleurs, toujours selon les données publiées par l'ISQ, les importations ont augmenté de 8,6 % au Québec, en rythme annualisé, de sorte que le déficit du commerce extérieur a progressé pour un troisième trimestre consécutif.
Cette première hausse du PIB depuis l'automne 2008 constitue un revirement par rapport au trimestre précédent, au cours duquel il avait affiché un recul de 1,6 %. La preuve aussi que le Québec s'est bel et bien extirpé de la récession, après avoir commencé 2009 par un trimestre à - 5,4 %.
Cette croissance de 0,6 % — à rythme annualisé — est en bonne partie le résultat d'une croissance des dépenses de consommation de 3,6 %, croissance qui est survenue après une première moitié d'année plutôt hésitante. La plus grande poussée se situe du côté des dépenses en «biens durables», notamment les voitures et les meubles. L'investissement résidentiel a lui aussi repris du mieux pour croître de 10,4 %, mettant ainsi fin à trois trimestres consécutifs de reculs. Dans ce cas, c'est la hausse dans le domaine de la construction neuve qui est principalement à l'origine de la progression.
Le document de l'ISQ, intitulé Comptes économiques du Québec, 3e trimestre 2009, indique également que les investissements des entreprises en machines et matériel ont crû pour la première fois depuis le premier trimestre de 2008. Leurs investissements en construction non résidentielle sont eux aussi retournés en territoire positif.
«Les dépenses gouvernementales ont pour leur part maintenu un bon rythme, stimulées notamment par les dépenses en immobilisation», ajoute-t-on chez Desjardins. Le taux de croissance est de l'ordre de 5,3 %.
Mauvaises nouvelles
Au chapitre des mauvaises nouvelles prévisibles, les exportations de biens et services ont fait du «surplace» au troisième trimestre, le commerce extérieur continuant d'afficher une piètre performance (- 0,2 %), essentiellement à cause des exportations internationales. Ces dernières ont ainsi affiché une baisse de 3,6 %. Celle-ci «provient essentiellement des produits aérospatiaux, la catégorie d'exportations la plus importante au Québec, souligne Marc Pinsonneault, de la Banque Nationale, dans une analyse publiée hier. Au cours des prochains trimestres, la relance de l'économie américaine devrait permettre une croissance économique durable au Québec. Toutefois, elle pourrait être inférieure à la moyenne nationale, car la reprise de l'industrie aéronautique a tendance à être tardive».
Selon Hélène Bégin, économiste principale aux Études économiques Desjardins, la situation dans le secteur aéronautique devrait effectivement demeurer difficile pour encore «quelques trimestres». La reprise, qui pourrait survenir courant 2010, risque également d'être «très faible». En fait, en matière d'exportations, le Québec continue aussi d'attendre une reprise dans les pâtes et papier et dans la forêt, ce dernier secteur étant dépendant de la reprise à venir dans l'industrie de la construction résidentielle du côté américain. L'économie québécoise subit en outre les contrecoups d'un dollar canadien fort, précise-t-elle.
Le redressement du PIB réel au troisième trimestre confirme néanmoins que la reprise de l'économie du Québec est bien engagée, estime le Mouvement Desjardins. «Même si certaines difficultés persistent pour le commerce extérieur, il y a lieu de se réjouir du retour en force des ménages et des investissements des entreprises, souligne d'ailleurs Mme Bégin. Le fait que la relance ne repose pas uniquement sur les efforts des gouvernements augure bien pour les trimestres à venir. L'indice précurseur Desjardins, qui pointe toujours vers le haut, confirme que l'économie continuera de prendre du mieux au cours des prochains mois.» L'institution prévoit toujours un taux de croissance du PIB de 2 % au quatrième trimestre. Fait à noter, ses économistes avaient vu juste pour le troisième trimestre.
Par ailleurs, toujours selon les données publiées par l'ISQ, les importations ont augmenté de 8,6 % au Québec, en rythme annualisé, de sorte que le déficit du commerce extérieur a progressé pour un troisième trimestre consécutif.
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