Pétrole - L'ambition de l'Irak, une épine dans le pied de l'OPEP
Photo : Agence Reuters ESSAM AL-SUDANI
Des moutons paissent aux abords du champ pétrolifère d’Halfaya, en Irak. Après l’attribution de sept champs pétrolifères à des compagnies étrangères, de retour dans le pays après 35 d’absence, l’Irak pourra produire en théorie 12 millions de barils de pétrole par jour en 2016.
Luanda — L'ambition affichée par l'Irak de quintupler sa production d'ici à 2016 devrait poser d'ici quelques années un problème majeur au sein de l'OPEP et menacer la cohésion du cartel, estiment des analystes.
Après l'attribution la semaine dernière de sept champs pétrolifères à des compagnies étrangères, de retour dans le pays après 35 d'absence, l'Irak pourra produire en théorie 12 millions de barils de pétrole par jour (mbj) en 2016. Le pays a le potentiel de redevenir un géant pétrolier de la taille de l'Arabie saoudite et ses 11 pairs de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) devront lui faire de la place sur le marché.
Et de son côté, l'Irak sera tenu de se plier comme les autres États membres à un quota de production, obligation dont il est exempté depuis près de 20 ans en raison de la guerre. «Combien de temps encore l'OPEP tolérera-t-elle que l'Irak soit en dehors de son système de quotas?», se demande ainsi Peter Hutton, analyste du cabinet NBC Energy, pour qui l'Irak est «un énorme problème que l'organisation refuse d'admettre».
Pour ne pas faire de vagues, le ministre irakien du Pétrole, Hussein Chahristani, a souligné dimanche que la question ne se poserait pas avant 2011. «Je ne m'attends à aucune discussion sur la fixation de quotas [...] avant que la production irakienne n'augmente de façon significative», ce qui ne sera pas le cas avant 2011 ou même 2012, a-t-il affirmé à l'avant-veille d'une réunion de l'OPEP à Luanda.
Le ministre a toutefois laissé entendre que son pays entendait obtenir une autorisation de production élevée, à la mesure de ses besoins de reconstruction. «Les besoins de reconstruction d'un pays [devront] être l'un des critères essentiels, en plus des capacités de production, des réserves, et de l'histoire de la production» d'un pays, a-t-il souligné. Son pays dispose des troisièmes réserves mondiales d'or noir.
Un exercice d'équilibriste
«Ce sera un exercice d'équilibriste pour l'OPEP de préserver la cohésion de son organisation tout en satisfaisant les besoins énormes de l'Irak, qui sont supérieurs à ceux de n'importe quel autre membre», observe ainsi Ruba Husari, fondatrice du site www.iraqoilforum.com, dans un article de Middle East Economic Studies (MEES).
«Le retour potentiel de l'Irak comme producteur majeur de pétrole créé indéniablement un défi pour l'Arabie saoudite plus que pour n'importe quel autre membre», ajoute Mme Husari. Selon l'experte, Riyad s'inquiète de la proximité nouvelle, fondée sur le chiisme, entre l'Iran, son grand rival, et l'Irak.
Officiellement, l'OPEP affiche une parfaite sérénité, jugeant que le problème ne se pose pour l'instant. «L'Irak est un membre fondateur [de l'OPEP] avec un grand potentiel [...]. Un jour ou l'autre nous aurons à discuter [de son quota], cela viendra mais pas maintenant», plutôt dans «cinq, six ans», a affirmé hier à Luanda le secrétaire général du cartel, Abdallah el-Badri.
«Nous ne sommes pas menacés par les plans de l'Irak d'augmenter sa production pétrolière», déclarait récemment aussi le cheikh Mohammad al-Sabah, ministre des Affaires étrangères du Koweït.
D'ici là, le cartel compte aussi sur l'essor de la demande pétrolière mondiale pour absorber les nouveaux barils irakiens. «La demande pétrolière devrait augmenter de façon importante d'ici quelques années [...] ce qui diminue le danger que représente l'Irak pour l'OPEP», admet Alex Munton, analyste chez Wood Mackenzie.
Après l'attribution la semaine dernière de sept champs pétrolifères à des compagnies étrangères, de retour dans le pays après 35 d'absence, l'Irak pourra produire en théorie 12 millions de barils de pétrole par jour (mbj) en 2016. Le pays a le potentiel de redevenir un géant pétrolier de la taille de l'Arabie saoudite et ses 11 pairs de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) devront lui faire de la place sur le marché.
Et de son côté, l'Irak sera tenu de se plier comme les autres États membres à un quota de production, obligation dont il est exempté depuis près de 20 ans en raison de la guerre. «Combien de temps encore l'OPEP tolérera-t-elle que l'Irak soit en dehors de son système de quotas?», se demande ainsi Peter Hutton, analyste du cabinet NBC Energy, pour qui l'Irak est «un énorme problème que l'organisation refuse d'admettre».
Pour ne pas faire de vagues, le ministre irakien du Pétrole, Hussein Chahristani, a souligné dimanche que la question ne se poserait pas avant 2011. «Je ne m'attends à aucune discussion sur la fixation de quotas [...] avant que la production irakienne n'augmente de façon significative», ce qui ne sera pas le cas avant 2011 ou même 2012, a-t-il affirmé à l'avant-veille d'une réunion de l'OPEP à Luanda.
Le ministre a toutefois laissé entendre que son pays entendait obtenir une autorisation de production élevée, à la mesure de ses besoins de reconstruction. «Les besoins de reconstruction d'un pays [devront] être l'un des critères essentiels, en plus des capacités de production, des réserves, et de l'histoire de la production» d'un pays, a-t-il souligné. Son pays dispose des troisièmes réserves mondiales d'or noir.
Un exercice d'équilibriste
«Ce sera un exercice d'équilibriste pour l'OPEP de préserver la cohésion de son organisation tout en satisfaisant les besoins énormes de l'Irak, qui sont supérieurs à ceux de n'importe quel autre membre», observe ainsi Ruba Husari, fondatrice du site www.iraqoilforum.com, dans un article de Middle East Economic Studies (MEES).
«Le retour potentiel de l'Irak comme producteur majeur de pétrole créé indéniablement un défi pour l'Arabie saoudite plus que pour n'importe quel autre membre», ajoute Mme Husari. Selon l'experte, Riyad s'inquiète de la proximité nouvelle, fondée sur le chiisme, entre l'Iran, son grand rival, et l'Irak.
Officiellement, l'OPEP affiche une parfaite sérénité, jugeant que le problème ne se pose pour l'instant. «L'Irak est un membre fondateur [de l'OPEP] avec un grand potentiel [...]. Un jour ou l'autre nous aurons à discuter [de son quota], cela viendra mais pas maintenant», plutôt dans «cinq, six ans», a affirmé hier à Luanda le secrétaire général du cartel, Abdallah el-Badri.
«Nous ne sommes pas menacés par les plans de l'Irak d'augmenter sa production pétrolière», déclarait récemment aussi le cheikh Mohammad al-Sabah, ministre des Affaires étrangères du Koweït.
D'ici là, le cartel compte aussi sur l'essor de la demande pétrolière mondiale pour absorber les nouveaux barils irakiens. «La demande pétrolière devrait augmenter de façon importante d'ici quelques années [...] ce qui diminue le danger que représente l'Irak pour l'OPEP», admet Alex Munton, analyste chez Wood Mackenzie.
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