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    Contrat du métro - L'offensive chinoise ne fera pas dévier la STM

    Il serait trop coûteux de changer de technologie pour le métro de Montréal, estime la STM.
    Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Il serait trop coûteux de changer de technologie pour le métro de Montréal, estime la STM.
    La Société de transport de Montréal (STM) a confié à son service juridique le soin d'examiner la mise en demeure que lui a expédiée le constructeur chinois Zhuzhou Electric Locomotive au sujet du renouvellement de son parc de voitures du métro. Elle affirme toutefois avoir suivi les règles de procédures lorsque l'appel d'offres a été lancé en 2008 et ne voit pas pourquoi elle suspendrait les négociations avec Bombardier et Alstom comme le réclame l'entreprise chinoise.

    La STM entend répondre aujourd'hui à la demande de Zhuzhou Electric Locomotive. Mais d'emblée, elle se défend de ne pas avoir suffisamment publicisé l'appel d'offres de 2008. Un avis d'intention avait d'abord paru dans plusieurs publications internationales spécialisées et sur leurs sites Internet en mai 2008, soit deux mois avant le lancement de l'appel d'offres, a rappelé hier la porte-parole de la STM, Odile Paradis: «Ils [Zhuzhou Electric Locomotive] ont accès à ces sites-là comme tous les autres fabricants afin de s'enquérir des avis d'intention, a-t-elle dit. Tout s'est fait selon les procédures habituelles et voilà que soudain, ils manifestent leur intérêt. Ils avaient pourtant la même chance que les autres ont eue. Pourquoi on arrêterait tout?»

    Une mise en demeure a été remise par un huissier lundi soir au maire Gérald Tremblay, qui participait à une séance du conseil municipal à l'Hôtel de Ville. Des lettres semblables ont été acheminées par Zhuzhou Electric Locomotive au président du conseil d'administration de la STM, Michel Labrecque, au premier ministre Jean Charest, à la ministre des Transports, Julie Boulet, et à la procureure générale, Kathleen Weil.


    À moindre coût?

    Comme le révélait Le Devoir hier, Zhuzhou Electric Locomotive affirme pouvoir fournir de nouvelles voitures de métro à moindre coût que Bombardier et Alstom et réclame le droit de pouvoir faire une soumission à la STM. Pour ce faire, l'entreprise demande que les négociations en cours avec le consortium soient suspendues pendant 60 jours afin qu'elle puisse soumettre une proposition. Elle a accordé 48 heures à la Ville de Montréal et au gouvernement du Québec pour répondre à sa requête et songe à s'adresser aux tribunaux pour tenter de court-circuiter le processus d'octroi du contrat.

    Zhuzhou Electric Locomotive, qui a construit des voitures pour plusieurs réseaux de métro chinois, dont celui de Shanghai, est toutefois d'avis que la STM devrait opter pour des wagons sur roues d'acier plutôt que sur pneumatiques, et le constructeur ne cache pas qu'il proposerait ce type de voitures.

    La STM soutient qu'il est hors de question de changer son système, car cela nécessiterait des investissements trop importants. «En 1960, le maire de Montréal a opté pour une technologie sur pneumatiques. Il faudrait modifier les gabarits, la hauteur des tunnels et la longueur des quais. On a un réseau performant qui a fait ses preuves. On a juste besoin de remplacer le matériel roulant. C'est aux fournisseurs de répondre à nos besoins», estime Odile Paradis. Lorsqu'un particulier veut faire des rénovations dans sa maison, il expose ses besoins aux entrepreneurs intéressés, qui doivent s'y conformer, illustre-t-elle.

    Le représentant de Zhuzhou Electric Locomotive au Canada, Glen Fisher, persiste à dire que la façon dont la STM a lancé son appel d'offres était inadéquate. Selon lui, la STM aurait dû communiquer avec une vingtaine de fabricants dans le monde et diffuser son appel d'offres de manière plus étendue.


    Inquiétudes

    Glen Fisher a indiqué qu'une décision avec les avocats de l'entreprise serait arrêtée jeudi quant aux suites à donner aux procédures déjà engagées. «Mais j'estime que notre proposition représente une situation gagnant-gagnant. Bombardier devrait accepter de confronter sa proposition à celle d'un concurrent», a-t-il indiqué. Selon lui, Zhuzhou Electric Locomotive pourrait offrir un meilleur prix pour ses voitures que Bombardier et Alstom. Il estime à 2 millions le coût des wagons chinois, contre environ 4 millions pour ceux du consortium. Le contrat, qui prévoit le remplacement d'au moins 765 voitures MR-63 et MR-73, doit être signé bientôt et sa valeur pourrait atteindre 3,4 milliards. M. Fisher ne cache pas que l'entreprise chinoise souhaite également percer le marché nord-américain.

    L'arrivée soudaine d'une entreprise chinoise dans le paysage inquiète l'Association des manufacturiers d'équipement de transport et de véhicules spéciaux. Son directeur général, Denis Robillard, a qualifié cette nouvelle d'alarmante, rapportait hier Radio-Canada. Ses craintes portent notamment sur le changement de technologie évoqué par Zhuzhou Electric Locomotive. Il doute aussi de la capacité du constructeur chinois, qui ne dispose pas d'installations au Québec, de respecter l'exigence de 60 % de contenu canadien.

    Ce nouveau rebondissement survient alors que la STM s'apprête à signer un contrat avec Bombardier et Alstom au terme de longues négociations. Au départ, le gouvernement du Québec avait négocié de gré à gré en 2006 avec Bombardier, mais Alstom avait contesté cette décision devant les tribunaux. La Cour supérieure avait donné raison au constructeur français. La STM avait alors été forcée de lancer un appel d'offres international, mais seuls Bombardier et Alstom y ont répondu en soumettant une proposition conjointe.












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