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    Le salaire minimum passera à 9,50 $ l'heure

    Les salariés les moins bien rémunérés au Québec verront leur sort s'améliorer en mai prochain puisque le salaire minimum passera alors à 9,50 $, soit une augmentation de 50 ¢. Cette troisième majoration en autant d'années est cependant jugée ou bien insuffisante, ou bien risquée pour les petites entreprises, fragilisées par la crise.

    Cette hausse de 5,5 % devrait profiter à quelque 323 000 petits salariés, en majorité des femmes, a précisé hier le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Sam Hamad. «Sur les 323 000 personnes, 60 % sont des femmes. On parle de 200 000 femmes touchées par cette mesure. Le retour massif des femmes sur le marché du travail mérite d'être récompensé», a-t-il ajouté au cours d'un point de presse à l'Assemblée nationale. L'augmentation représente environ 1000 $ de plus par année pour un travailleur à temps plein.

    Depuis 2003, le salaire minimum au Québec a progressé de près de 30 %, passant de 7,30 $ à 9,50 $. Il s'agit d'une hausse supérieure à celle qu'a connue l'indice des prix à la consommation, qui a bondi de 13 % pendant la même période. Selon ce qu'a fait valoir le ministre Hamad, on peut donc conclure que le pouvoir d'achat des plus petits salariés s'est accru «de 17 % par rapport à 2003».

    Avec cette annonce, le Québec passe aussi au troisième rang des provinces et territoires canadiens pour ce qui est du salaire minimum le plus élevé, à égalité avec Terre-Neuve-et-Labrador et derrière l'Ontario et le Nunavut. L'Ontario obligera les employeurs à verser un salaire minimum de 10,25 $ à compter du 31 mars prochain. La Saskatchewan exige un salaire minimum de 9,25 $, tandis que la Nouvelle-Écosse et le Manitoba imposent un salaire minimum de 9 $. La Colombie-Britannique est la province où les travailleurs au salaire minimum gagnent le moins. Ils reçoivent 8 $ l'heure.

    En tenant compte du coût de la vie, le Québec est toutefois en tête de peloton, a soutenu le ministre. «On est en bas de l'Ontario, c'est vrai. Par contre, le coût de la vie en Ontario est plus élevé. Alors, toutes proportions gardées, le salaire minimum au Québec devient très intéressant par rapport à l'Ontario», a-t-il souligné.

    Par ailleurs, le salaire minimum payable aux travailleurs à pourboires sera majoré de 0,25 $ l'heure, pour être fixé à 8,25 $ à compter du 1er mai.


    Insuffisant ou risqué?

    L'annonce du ministre Hamad a été saluée par le Front de défense des non-syndiqués. Mais si elle est bienvenue, la hausse de 50 ¢ ne permettra pas aux salariés, à elle seule, de franchir le seuil de faible revenu. «À 9,50 $ l'heure sur 40 heures, le salaire annuel est 19 760 $, soit 11 % en deçà du seuil de faible revenu pour une personne seule avant impôt», a indiqué la porte-parole du Front, Mélanie Gauvin.

    La Fédération des femmes du Québec craint quant à elle que cette augmentation soit accompagnée d'une plus grande tarification des services publics. En fait, cette hausse du salaire minimum risque d'être annulée, selon l'organisme. «J'espère que le gouvernement n'adopte pas cette mesure pour faire passer en douce la hausse des tarifs en santé, en transport et en électricité», s'inquiète Alexa Conradi, présidente de la FFQ. Celle-ci estime en outre qu'il faudrait faire passer le taux horaire minimum à 10,66 $, «un montant qui permettrait à celles et ceux au bas de l'échelle de commencer à vivre décemment».

    La Fédération canadienne de l'entreprise indépendante estime pour sa part que cette annonce «n'aurait pas pu être proposée à une plus mauvaise période». «La décision d'augmenter le salaire minimum de 50 ¢ aujourd'hui est un non-sens pour les petits entrepreneurs, qui commencent à peine à se relever d'un ralentissement économique important, a affirmé l'organisation par voie de communiqué. C'est de faire porter la générosité du gouvernement sur le dos des entreprises qui en arrachent actuellement.»

    Mais d'après les évaluations du ministère, cette nouvelle majoration ne compromettra pas la compétitivité des entreprises même si elles devront absorber une croissance de 1 % de leur masse salariale.

    Enfin, sur une question aussi sensible que le salaire minimum, il est impossible de satisfaire tout le monde, a convenu le ministre. «Il y a des groupes de lutte contre la pauvreté qui demandent d'augmenter le salaire minimum et, de l'autre côté, les employeurs qui demandent de geler le salaire minimum. Nous sommes dans le chemin du centre», a-t-il expliqué.

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    Avec La Presse canadienne












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