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    Londres taxe les primes des banquiers

    10 décembre 2009 |Agence France-Presse (photo) - Agence France-Presse | Actualités économiques
    Finis, les excès, pour les banquiers britanniques? Jusqu’au 5 avril prochain, toutes les banques actives au Royaume-Uni devront payer une taxe de 50 % sur le montant des primes versées à leurs employés, au-delà d’un plafond de 25 000 livres (43 250 $CAN).
    Photo: Agence France-Presse (photo) Leon Neal Finis, les excès, pour les banquiers britanniques? Jusqu’au 5 avril prochain, toutes les banques actives au Royaume-Uni devront payer une taxe de 50 % sur le montant des primes versées à leurs employés, au-delà d’un plafond de 25 000 livres (43 250 $CAN).
    Londres — Le gouvernement britannique a décidé hier de frapper au portefeuille les banques qui persisteraient à payer de copieux bonus à leurs employés, en les taxant lourdement, une mesure inédite très décriée dans la City, mais qui pourrait l'aider à marquer des points dans l'opinion.

    À compter d'hier, et jusqu'au 5 avril prochain, toutes les banques actives au Royaume-Uni, y compris les filiales de groupes bancaires étrangers, devront payer une taxe de 50 % sur le montant des primes versées à leurs employés, au-delà d'un plafond de 25 000 livres (43 250 $CAN). Cette taxe devrait rapporter à l'État plus de 600 millions d'euros, a calculé le ministre des Finances Alistair Darling.

    M. Darling, qui a annoncé au Parlement cette mesure apparemment sans équivalent dans le monde, a expliqué que la somme récoltée servirait à financer des aides au retour à l'emploi.

    Selon lui, cette taxe antiprimes vise à inciter les banques à consacrer leurs bénéfices au redressement de leurs fonds propres plutôt qu'à verser d'énormes primes, ce que nombre d'établissements de la City semblent à nouveau tentés de faire, à commencer par la reine des banques d'affaires, l'américaine Goldman Sachs.

    «Toutes les banques ont bénéficié directement ou indirectement» des aides considérables de l'État pour enrayer la crise financière, et «ce devrait être le moment pour les banques de reconstituer leurs réserves de capitaux», a plaidé le chancelier. «Cependant, certaines banques croient toujours que leur priorité est de verser des bonus substantiels à leurs employés qui reçoivent déjà des salaires élevés», et «donc je leur donne le choix: elles peuvent utiliser leurs bénéfices pour augmenter leurs fonds propres, mais si elles persistent à vouloir verser des bonus importants, je suis déterminé à récupérer de l'argent pour le compte des contribuables», a-t-il expliqué.

    Le gouvernement s'est réservé la possibilité de prolonger cette taxe au-delà du 5 avril, et a ajouté qu'il veillerait à faire rentrer dans le rang les banques qui tenteraient de contourner cette mesure dissuasive.

    La création de cette taxe n'est pas une totale surprise. Des fuites dans la presse laissaient entendre depuis quelques jours que le gouvernement allait s'en prendre aux bonus des banquiers, dans l'espoir de marquer des points au sein de l'opinion avant les prochaines élections législatives prévues d'ici la mi-2010.

    La création de cette bonus tax a immédiatement déclenché, comme on pouvait s'y attendre, une vague de critiques au sein de la City.

    L'Association des banquiers britanniques a dénoncé une mesure qui risque de réduire l'attractivité de la place londonienne, et a répété que seules les réformes mises en place au niveau international étaient efficaces.

    Les assureurs n'ont pas caché leur soulagement d'échapper à cette taxe anti-bonus, et ont relevé que celle-ci pourrait s'avérer contre-productive, en incitant les banques à remplacer les primes par des augmentations de salaire.

    Le patron des patrons, Richard Lambert, a dénoncé quant à lui «une mesure destinée à accaparer les gros titres qui pourrait trouver un écho populiste», mais pourrait aussi déclencher un exode des employés les plus talentueux hors du Royaume. «Envoyer le message que les employés à hauts revenus ne sont pas les bienvenus au Royaume-Uni ne peut que réjouir les places financières rivales», a renchéri Stuart Fraser, numéro deux de la mairie de la City.

    L'opposition a également pourfendu cette mesure. Le libéral-démocrate, Vince Cable, y a ainsi vu «un exemple de la pire espèce d'une politique de pure gesticulation» et «une invitation sur un plateau à l'évasion fiscale».












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