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    Les ministres devront accélérer s'ils veulent conclure Doha en 2010

    3 décembre 2009 |Agence France-Presse (photo) - Agence France-Presse | Actualités économiques
    Le représentant américain au Commerce, Ron Kirk (à droite), échange une poignée de main avec le directeur de l’Organisation mondiale du commerce, Pascal Lamy, après la clôture de la ministérielle qui se tenait depuis lundi à Genève.
    Photo: Agence Reuters Valentin Flauraud Le représentant américain au Commerce, Ron Kirk (à droite), échange une poignée de main avec le directeur de l’Organisation mondiale du commerce, Pascal Lamy, après la clôture de la ministérielle qui se tenait depuis lundi à Genève.
    Genève — Le rythme des négociations dites du cycle de Doha sur la libéralisation des échanges doit être accéléré, et une percée obtenue avant fin mars, pour permettre avec certitude un accord avant fin 2010, a averti hier à Genève le directeur général de l'OMC, Pascal Lamy.

    «À ce rythme de négociations, conclure en 2010 sera un défi. Voilà pourquoi il faut accélérer», a déclaré M. Lamy lors d'une conférence de presse, à l'issue d'une réunion ministérielle de l'Organisation mondiale du Commerce.

    Les ministres ou représentants des 153 États membres, réunis depuis lundi à Genève, ont pourtant multiplié les promesses d'engagement à conclure avant fin 2010. Mais cet objectif sera presque impossible à tenir si aucune percée dans les négociations n'est obtenue avant fin mars, date butoir fixée par les ministres pour évaluer les progrès accomplis.

    Les Américains

    De nombreux membres ont pointé du doigt la mauvaise volonté des Américains qui paralysent les négociations depuis des mois.

    «Doha ne semble pas encore complètement à l'agenda des États-Unis», avait ainsi déploré mardi la secrétaire d'État française au Commerce extérieur, Anne-Marie Idrac.

    Le représentant américain au Commerce, Ron Kirk, a toutefois assuré qu'il était disposé à aller «jusqu'au bout de la partie». Mais, a-t-il aussitôt ajouté, l'accord ne se fera que si les pays émergents et en développement acceptent une plus grande ouverture de leurs marchés.

    «La question réside dans la volonté de nos partenaires de s'engager de manière significative», a-t-il insisté lors d'une conférence de presse, ajoutant: «Nous estimons qu'il est désormais temps d'agir sur ces engagements et de bouger en dehors des zones de confort pour faire les choix difficiles nécessaires.»

    Les remarques de M. Kirk ont fait l'effet d'une douche froide sur les pays émergents. Le blocage des négociations de Doha, démarrées en 2001 mais enlisées depuis en raison de différends Nord-Sud sur l'ampleur des concessions à accepter de part et d'autre, «ne dépend pas de nous», a rétorqué hier devant la presse le ministre argentin des Affaires étrangères, Jorge Taiana.

    Quelque 80 % de l'accord sur le cycle de Doha est acquis, ne cesse de répéter M. Lamy, les 20 % restants dépendant, selon lui, de la volonté politique des pays membres.

    Et c'est là que le bât blesse pour de nombreux pays. «Nous ne pouvons pas contrôler le rythme [de la négociation] même si nous le voulions. Ils ont leur propre rythme, mais nous attendons que les États-Unis fassent preuve de leadership», a déclaré hier devant la presse le ministre indien du Commerce, Arnand Sharma.

    Selon l'OMC, une conclusion du cycle de Doha apporterait pourtant un «paquet de relance» mondiale qui ne coûterait pas un centime aux budgets publics déjà sous pression, alors que le commerce mondial devrait baisser cette année de plus de 10 %.

    Les pays émergents et en développement, devenus ces dernières années les meilleurs avocats de la libéralisation des échanges après s'en être beaucoup méfiés, entendent néanmoins aller de l'avant. Vingt-deux d'entre eux, dont l'Inde et le Brésil, ont annoncé hier la signature d'un accord visant à réduire les droits de douane dans leurs échanges.

    Cet accord Sud-Sud prouve que «les pays en développement ont la volonté et la capacité de parvenir à un accord», a assuré M. Taiana, en référence à Doha.

    Ce changement d'attitude des pays du Sud envers le commerce mondial comble en tout cas M. Lamy.

    «Entendre des pays en développement préconiser la conclusion d'un accord est une bouffée d'air frais, revigorant comme un matin de début décembre à Genève», a-t-il écrit mardi sur son blogue.












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