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Les sociétés chinoises pourraient acheter de plus en plus d'actifs canadiens

Toronto — Les fonds de placement chinois et les sociétés d'État sont appelés à devenir des joueurs de plus en plus importants dans le secteur canadien des fusions et des acquisitions, affirment des experts, et ils se concentreront sur des transactions de plus en plus importantes.

Même si ce secteur a connu un regain de vie en 2009 en raison d'un assouplissement de l'accès au crédit et d'une amélioration de la confiance des investisseurs, de nombreuses entreprises canadiennes hésitent encore à aller de l'avant avec un regroupement d'envergure dans un contexte d'incertitude économique.

Conséquemment, les sociétés d'État et les investisseurs privés provenant d'économies émergentes — surtout la Chine, mais aussi l'Inde et d'autres — deviendront des acteurs de plus en plus importants dans le monde canadien des affaires. «Nous croyons que l'intérêt actuel des entreprises [étatiques] chinoises et des fonds de placement [...] envers nos ressources naturelles se poursuivra, et pourrait même s'accélérer en se concentrant davantage sur des compagnies d'envergure», a dit Andre Hidi, de BMO Marché des capitaux.

M. Hidi a participé hier à une discussion organisée par le Conference Board du Canada. Il a expliqué qu'il est peu probable de voir une entreprise chinoise s'attaquer à un des joyaux canadiens, puisque la transaction serait vraisemblablement bloquée par le gouvernement fédéral.

Toutefois, plusieurs entreprises de moindre envergure, comme Talisman Energy et Nexen dans le secteur des sables bitumineux, pourraient être ciblées puisqu'elles ont toutes deux des activités à l'extérieur du Canada, ce qui pourrait les rendre attirantes pour un acheteur chinois.

Sinopec International Petroleum Exploration a récemment mis la main sur Addax Petroleum, qui a des activités en Afrique et en Irak, tandis que PetroChina a acheté la canadienne PetroKazakhstan pour plus de 4 milliards en 2005.

L'analyste Douglas MacDonald, de la firme Morgan Stanley, prévient que les transactions du genre risquent de se multiplier, au fur et à mesure qu'Ottawa deviendra de plus en plus confortable avec les investissements chinois au Canada. «Dans la foulée de la crise économique, le gouvernement fédéral semble avoir réalisé qu'en tant que pays, nous devons nous assurer d'approfondir nos liens commerciaux avec la Chine, et il semble donc y avoir davantage d'ouverture envers l'achat d'actifs canadiens par des entreprises associées au gouvernement», a-t-il ajouté.

Par ailleurs, un rapport rendu public hier par la firme Crosbie & Company révèle que 221 fusions et acquisitions ont été réalisées au Canada au troisième trimestre, une progression de 12 % par rapport au trimestre précédent. La valeur de ces transactions a été de 30,2 milliards, en hausse de 27 %. La firme estime que cette progression reflète une amélioration à la fois de l'accès au crédit et de l'évaluation des entreprises.

Crosbie ajoute que les acheteurs stratégiques, les firmes de placement privées et les investisseurs ont tous accru leurs activités au cours des deux derniers trimestres. Le secteur des fusions et acquisitions demeure toutefois nettement moins dynamique qu'avant la récession.

L'industrie des hydrocarbures a connu le plus grand nombre de transactions, suivi du secteur des produits industriels.
 
 
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