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Jugement de la Cour suprême: une victoire pour Wal-Mart

Wal-Mart avait le droit de fermer sa succursale de Jonquière alors que ses employés s’apprêtaient à se syndiquer, a tranché la Cour suprême du Canada ce matin.

Dans un jugement partagé, le plus haut tribunal du pays vient clore une saga judiciaire qui dure depuis plusieurs années.

Six juges contre trois ont conclu que Wal-Mart pouvait mettre à pied les 190 employés de sa succursale saguenéenne, le jour même où un arbitre était désigné pour imposer une toute première convention collective au géant du détail.

Selon le tribunal, fermer un magasin est une raison suffisante pour mettre à pied des employés, et l’entreprise n’a pas l’obligation légale d’expliquer pourquoi elle prend cette décision.

Le magasin Wal-Mart de Jonquière a été fermé en 2005. L'entreprise avait alors justifié cette fermeture en évoquant le peu de rentabilité de la succursale. Les tribunaux inférieurs qui se sont penchés sur le dossier avaient, en majorité, donné raison au géant du commerce de détail.

Quelques mois auparavant, le Wal-Mart de Jonquière avait été le premier en Amérique du nord à obtenir une accréditation syndicale.

Dans sa décision, le tribunal estime que les employés du magasin ne pouvaient se prévaloir du mécanisme de recours prévu dans le Code du travail québécois — qui interdit la discrimination pour des motifs syndicaux —, et ce, pour la simple raison que la succursale n’existe plus.

Le jugement «n’a rien à voir avec un examen général des pratiques de Wal-Mart en matière de relations du travail»,  a écrit le juge William Binnie, auteur du jugement majoritaire.

La question est plutôt de savoir si la présomption en faveur du salarié prévue à l’article 17 du Code du travail pouvait s’appliquer dans le cas où le magasin où il travaillait n’existe plus. Selon cette présomption, la Cour assume que c’est en raison des activités syndicales du salarié qu’une sanction, telle que la mise à pied, a été imposée. C’est à l’employeur de prouver le contraire.

Selon le juge Binnie, cette présomption ne peut cependant être possible que s’il y a «existence d’un lieu de travail encore en activité».

Au moment des audiences devant la Cour suprême, en janvier dernier, la direction de la compagnie s’était défendue d’avoir congédié ses employés parce qu’ils s’étaient récemment syndiqués. L’entreprise avait expliqué qu’ils avaient été mis à pied tout simplement parce que le magasin lui-même fermait.

Mais les travailleurs de la succursale avaient répliqué qu’ils savaient très bien que les affaires roulaient rondement.

La Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) croit que les motifs de la fermeture du magasin de Jonquière sont évidents.

«Ils ne diront jamais qu’ils ont fermé pour une raison antisyndicale (...), mais c’est un secret de Polichinelle», a déclaré aujourd'hui Louis Bolduc, directeur québécois des Travailleurs et travailleuses unis de l’alimentation et du commerce (TUAC).

S’il se déclare déçu par le jugement de la cour, il trouve malgré tout du réconfort dans certains passages du jugement, qui selon la FTQ ouvrent la porte à la possibilité de scruter les raisons de fermeture d’une entreprise.






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  • Richard Larouche
    Inscrit
    vendredi 27 novembre 2009 13h55
    Une défaite pour la justice sociale !
    Étant la plus grosse entreprise au monde, Wal-Marde a une grande influence sur les décisions de ses compétiteurs. Un tel jugement permettra à ces entreprises de justifier le fait qu'elles accordent de mauvaise conditions de travail, dont notamment un salaire inférieur au seuil de la pauvreté pour de nombreux travailleurs à temps plein.

    Je vais fièrement continuer à boycotter Wal-Marde, même s'il y a une succursale à deux minutes de marche de chez moi (bien sur un magasin hideux sur un seul étage avec un immense stationnement qui est est vide la plupart du temps : vive le développement durable).

  • Jasette
    Abonné
    vendredi 27 novembre 2009 16h30
    Wal Mart a comme but de mettre ses employés dans la cale, pour que ses clients poteltiels dansent gaiement sur le pont.
    Comme c'est écrit: « Selon le tribunal, fermer un magasin est une raison suffisante pour mettre à pied des employés, et l’entreprise n’a pas l’obligation légale d’expliquer pourquoi elle prend cette décision. » Selon la philosophie de Wal-Mart, le but de ce commerce est de vendre le moins cher possible à sa clientèle. Avec ce jugement et cette histoire que tout le monde connaît, j'ajouterais que Wal-Mart a comme objectif (selon sa prétention fallacieuse) de vendre le moins cher possible à sa clientèle, au détriment de ses employés.

    Si au moins tout ce que Wal Mart prétend comme politique de prix était vrai. Mais ce n'est pas vraiment le cas. Au fond, ce n'est qu'un commerce socialement sans scrupule et une pure stratégie de marketing. Par conséquent, il faut croire que Wal Mart aime à savoir que ses clients sont implicitement naïfs. C'est mon hypothèse!

  • Claude Archambault
    Inscrit
    vendredi 27 novembre 2009 16h58
    Un propriétaire doit toujours être libre de disposer
    Un propriétaire doit toujours être libre de disposer de SES biens à sa guise. Il n'y a personne sur terre qui peu imposer à un homme d'affaire de rester en affaire si les chiffres ne sont pas ceux qu'il désire,

    Wall Mart est considéré par la majorité de ses employés comme un bon employeur, Wall Mart est la compagnie la plus verte en amérique.

    Bravo à Wall Mart pour résister à l'emprise des syndicats, réducteur de motivation individuel.

  • l poisson
    Inscrit
    vendredi 27 novembre 2009 21h19
    La décision
    http://csc.lexum.umontreal.ca/fr/2009/2009csc54/20

    Pour lire la décision avant de la commenter.

    Qui aurait dit que la Cour se diviserait à 6 contre 3 ?

    Grâce aux femmes majoritaires au Wal-Mart de Jonquière, la compagnie fait dorénavant très attention pour ne plus violer aussi ouvertement les droits individuels de base de ses ''associés'' québécois... et conteste férocement toute plainte, même la plus flagrante, en multipliant les délais, peu importe le prix, malgré sa fallacieuse devise.

    Mais cette méga-multinationale quasi-familiale qui regroupe beaucoup d'actionnaires (peut-être même votre fonds de pension) refuse tout regroupement de ses employé(e)s. Diviser pour régner...même au détriment de l'esprit de nos lois. Là-dessus Wal-Mart n'a pas le monopole

    Aucun citoyen québécois ne croit bien sûr la version de Wal-Mart dont le porte-parole doit se faire des ampoules à force de se croiser l'index et le majeur en débitant sa cassette. Faudrait s'en souvenir avant le magasinage des Fêtes

    Pour l'un de ses ultimes tours de piste, le vieux mercenaire antii-syndical Roy L. Heenan (de Heenan Blaikie.; un des derniers bastions des pouvoirs occultes) réussit donc à retarder un peu l'affirmation claire du respect des petits salariés et de leurs droits collectifs.

    L'étiquette sans éthique, en solde chez Wal-Mart. Sauf à St-Hyacinthe et pour le même prix; donc le respect ne coûterait pas plus cher à ces intégristes du commerce de détail.
    La vraie décision n'est plus celle de la Cour Suprême mais sera celle du consommateur. Est-ce que Wal-Mart entendra votre jugement ?

  • Sylvie Brodeur
    Abonnée
    samedi 28 novembre 2009 03h31
    Moi, je n'y vais plus.
    S.V.P. Éclairez-moi. J'ai le désagréable «feeling» que les décisions de la Cour suprême n'a aucune emprise sur les Québécois.

    N'a-t-on jamais approuvé et signé leur Constitution?

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